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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 19:20

 

 

 

 

 

Alors que la Centrafrique sombre dans le chaos, le rôle de l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, apparaît de plus en plus capital pour éviter le pire.

 

La foule était en colère, mardi 27 août, à l’aéroport de Bangui. Fuyant les exactions des éléments de la Séléka, l’ex-rébellion au pouvoir depuis le 24 mars, environ 3000 Centrafricains, selon des témoins, s’étaient réfugiés à l’aéroport international : terrorisés et excédés par le comportement des ex-rebelles qui, sous le couvert d’une opération de désarmement, les pillent et les violentent (au moins 11 morts parmi les civils). 

 

Alerté, l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, se rend aussitôt sur place, traverse les barrages, gagne la piste, écoute les revendications de la population. Sa présence rassure les déplacés. Il est connu pour être un homme de paix, un homme qui ne recule pas devant la menace des armes pour apporter, au plus fort des accrochages, là de l’aide aux civils, ici de la nourriture et de l’eau.

 

Ce jour-là, il écoute les revendications de la foule. « Elle se sentait plus en sécurité sur la piste de l’aéroport que dans ses quartiers, explique à La Croix l’archevêque. Je leur ai demandé de nommer un comité chargé de les représenter. Ensemble, nous sommes allés rencontrer le chef de la Mission internationale de soutien en Centrafrique (Misca), la force panafricaine déployée en Centrafrique. Ce dernier s’est engagé à envoyer ses hommes dans leurs quartiers. Et j’ai obtenu que le président Djotodia reçoive ce comité, jeudi. » 

 

MGR NZAPALAINGA SAIT SE FAIRE ENTENDRE

 

Comme le montre ce dernier épisode, Mgr Nzapalainga sait se faire entendre pour le bien de son pays. Né le 14 mars 1967 à Mbomou dans le diocèse de Bangassou (sud de la RCA), Dieudonné Nzapalainga est prêtre de la congrégation des spiritains. Titulaire d’une licence de théologie obtenue à Paris au Centre Sèvres (jésuite), il a vécu en France entre 1998 et 2005 : tour à tour aumônier des orphelins de la Fondation d’Auteuil et vicaire paroissial de Saint-Jérôme à Marseille. Il rentre ensuite en RCA prendre la direction régionale des pères spiritains. 

 

Mais l’Église centrafricaine est secouée par une grave crise, plusieurs évêques sont démis par Rome. En 2009, il est nommé administrateur apostolique de Bangui après la démission de Mgr Paulin Pomodimo. Et le 14 mai 2012, le pape Benoît XVI le choisit pour devenir archevêque de Bangui. Moins d’un an plus tard, alors que la RCA sombre dans le chaos et la violence (l’ONU estime que 1,6 million de Centrafricains sur 4,5 millions d’habitants ont besoin d’une aide d’urgence et 206 000 sont déplacés pour fuir la violence des bandes armées), il est aujourd’hui l’un des rares à intervenir efficacement pour le bien des Centrafricains.

 

LA RCA, UNE PRIORITÉ POUR LA FRANCE

 

Et il semble sur le point de réussir. À la fin du mois de juin, alors en route pour Rome afin de recevoir son pallium, il fait un crochet en France, organise une conférence de presse au siège de la Conférence épiscopale à Paris et diffuse une note sur le drame en cours. Mgr Luc Ravel, l’évêque aux armées, la transmet à ses contacts des ministères de la défense, des affaires étrangères et à l’Élysée. « On va remonter au plus haut niveau ces informations », lui répond-on. François Hollande en aurait pris effectivement connaissance, affirme l’hebdomadaire Jeune Afrique, et cette note aurait joué un rôle prépondérant dans la décision de mobiliser le centre de crise du ministère des affaires étrangères sur le sujet, le 30 juillet.

 

Désormais, la RCA est sur la liste des priorités de la politique étrangère française . Le 27 août, dans son discours à la conférence des ambassadeurs, le président français l’évoque avec force. Et la France espère obtenir, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU (fin septembre), une réunion internationale sur la Centrafrique. À Bangui, l’archevêque a eu vent de ces développements : « Je ne sais pas si ma parole porte si loin, réagit-il. Mais je sais l’état dans lequel vivent les Centrafricains. Ma mission de pasteur est de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour soulager leur peine. Et je le ferai. » 

 

LAURENT LARCHER

Lu pour vous : Mgr Dieudonné Nzapalainga, rempart face à l’anarchie centrafricaine

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