Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 01:46

 

 

 

 

http://www.la-croix.com  5/5/13

 

Les trois évêques du diocèse de Bangui ont écrit au nouveau président, issu de la rébellion du Séléka.

 

« Plus jamais ça… Non à l’impunité ! » Ainsi s’intitule la longue et ferme lettre envoyée le 23 avril au président Michel Am-Nondroko Djotodia, par les trois évêques du diocèse métropolite de Bangui, capitale de la République Centrafricaine : Mgr Dieudonné Nzapalainga (archevêque de Bangui), Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia (évêque de Bossangoa) et Mgr Cyr Nestor Yapaupa (évêque coadjuteur d’Alindao). En « proximité avec le peuple en souffrance et portés par (leur) souci pastoral », les évêques lui font, « dans l’humilité », quelques propositions pour sortir de la crise et reconstruire le pays si meurtri depuis cinq mois.

 

« Il ne faut pas profiter du principe du pardon pour abuser impunément des autres », commencent par rappeler les évêques en citant la réponse de Jésus au garde du grand-prêtre qui l’avait giflé (Jn 18,23). Au nom du principe évangélique de vérité, ils interpellent le président (qui s’est autoproclamé président de la République le 24 mars) et le premier ministre, ainsi que divers représentants internationaux, « au sujet du drame dans lequel le paisible peuple centrafricain est plongé depuis le 10 décembre 2012 », date à laquelle la rébellion du Séléka (« alliance » en sango, la langue nationale) a pris les armes.

 

« LE PAYS SERAIT TOUT LE TEMPS À FEU ET À SANG »

 

« L’avancée fulgurante de la coalition de la Séléka a abouti le 24 mars à la conquête de la ville de Bangui, à la fuite du président Bozizé et au changement de régime », rappelle les évêques. Mais selon eux, la légitimation du coup de force par « le sentiment d’oppression imposée par Bozizé et son régime » et les arguments avancés par certains ténors de la coalition (pauvreté, manque d’eau, de routes, d’électricité…) posent question – même si les intentions sont louables. « Si chaque région de la République Centrafricaine tenait un tel langage, le pays serait tout le temps à feu et à sang », expliquent-ils.

 

Et d’énumérer les conséquences désastreuses qui ont découlé de cette « logique de guerre » partout où les troupes du Séléka sont passées : menaces et tortures psychologiques ; viols des jeunes filles et des femmes (dont certaines se sont suicidées) ; enrôlement d’enfants soldats ; déplacement de personnes ; pillage des édifices publics, des hôpitaux, des écoles, des unités de production économique… « La République centrafricaine est ainsi devenue un pays fantôme dont les valeurs éthiques ont été remplacées par le gain du pouvoir, l’injustice, la loi du plus fort, les règlements de compte et la chasse aux sorcières », déplorent encore les hommes d’Église, considérant que les Centrafricains sont désormais considérés « comme des bêtes de somme qu’il faut traquer et abattre impunément ».

 

RÉPARATION POUR TOUS LES BIENS DE L’ÉGLISE VOLÉS

 

Face à tout cela, les évêques demandent au président de condamner les méfaits de la Séléka et de s’atteler « de toute urgence » à relever les vrais défis que sont : la sécurisation du pays ; le désarmement et le cantonnement des combattants ; l’établissement d’une administration forte et garante de la justice ; le bon fonctionnement des organes de transition ; le rapatriement de tous les biens volés et convoyés au Tchad et au Soudan…

 

Par ailleurs, la lettre souligne que cette crise a mis en évidence « un malaise social dont personne ne veut parler et dont les conséquences à long terme risquent d’être explosives » pour la cohabitation entre chrétiens et musulmans. Dans les zones occupées par les troupes de la Séléka (constituées en grande partie de musulmans étrangers), la population chrétienne a subi des pillages tandis que les familles musulmanes ont été épargnées. « Quelles sont les intentions réelles de ce mouvement contre nos institutions chrétiennes ? », interroge les évêques en énumérant les préjudices graves subis par l’Église : vol systématique des véhicules ; profanation des édifices et des objets religieux ; saccage des radios catholiques à Bambari et à Bossangoa ; perturbation des célébrations liturgiques ; agression physique de prêtres, religieux et religieuses et même de l’évêque de Bambari… Les évêques terminent en exigeant du président « réparation pour tous les biens de l’Église volés, pillés, saccagés ou vandalisés ».

 

C. LE.

Lu pour vous : Les évêques de Centrafrique demandent « réparation » au président

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com