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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 22:30

 

 

 

 

Par Julien BELA - centrafricmatin - 02/07/2013

 

Une ardoise très salée pour la Séléka. L’ardeur de la CEEAC à aider la RCA financièrement, devient de plus en plus tiède

 

Sous la pression de l’Etat, les banques (Ecobank, CBCA, BSIC, BPMC) ont payé les salaires, ce qui faisait dire aux marchands d’illusions du KNK que «nous payons les salaires aux fonctionnaires… ». A la date d’aujourd’hui, les banques attendent le paiement de ce crédit par l’Etat centrafricain en grinçant des dents. La Banque Populaire Maroco-Centrafricaine (BPMC) est très embourbée. Il faut lui transfuser du sang neuf pour la ramener à la vie. C’est un coma très profond qui risque de l’emporter au royaume des ténèbres. Les fonds propres qui attestent de la bonne santé et de la crédibilité d’une banque sont atteints. L’Etat centrafricain qui avale tous les crédits au niveau des banques est maintenant insolvable. Seul l’argent des clients est disponible, pour éviter l’effondrement des banques. La triste réalité est que les opérateurs économiques ne peuvent plus accéder aux crédits. L’Etat centrafricain doit se rendre à l’évidence et payer ces 22 milliards. 

 

Cependant, il reste le désengagement de l’Etat des crédits bancaires, afin de privilégier les opérateurs économiques, les commerçants et autres initiatives productrices de richesses. Les activités minières étant gelées, c’est le comble de malheur pour les banques. Les importations qui permettaient d’avoir des devises en Euro ou en Dollar, ont été stoppées. Les banques sont triplement paralysées par la mesure selon laquelle, au-delà d’un certain montant (1.000.000), il faut passer par le Procureur de la République, avant d’accéder à son compte. En réalité, c’est une mesure purement politique qu’on ne peut généraliser à l’ensemble des clients d’une banque quelconque. Il fallait donc répertorier les concernés, remettre leur liste à la banque pour les besoins de la cause. Or, la mesure est générale et frappe tout le monde. Le compte bancaire fait partie du cercle privé d’un individu. Du coup, il n’y a pas de mouvement de comptes au niveau des banques. Il n’y a que les guichets «Western-Union» pour envoyer ou recevoir de l’argent qui donnent un semblant de vie au niveau des banques.


C’est une nécessité absolue pour Djotodia de rembourser les 22 milliards de francs CFA aux banques de la place. Cependant, il faut payer les salaires aux fonctionnaires qui attendent, impassibles. De deux mois de salaire promis, Djotodia a déjà revu les prévisions à la baisse, s’accrochant à un mois de salaire, histoire de marquer théoriquement un point d’honneur. Malheureusement, toutes les articulations sont rouillées et l’équation plus complexe. Les variables sont si nombreuses que même la BEAC ne peut comprendre le grec, l’hébreux ou l’araméen des autorités de Bangui. Les banques sont au rouge. Et donc la Séléka n’a pas la priorité. Les Conseillers du CNT qui ont fait des pieds et des mains pour y entrer doivent contenir leur salive un temps soit peu. La RCA est financièrement en panne sèche. D’où viendra le secours, d’ALLAH ?


Cependant, le front social est un volcan en bourdonnement. Les intégrables ne sont pas du reste. Et la dette intérieure des fournisseurs de l’Etat, un front qui ne bouge jamais depuis Bozizé à ce jour. Enfin, l’agriculture, l’élevage, les écoles, les hôpitaux, l’eau potable, l’énergie et les infrastructures routières. Déjà, quelques ponts se sont effondrés sous la marque Séléka. Prendre le pouvoir c’est bien, mais l’assumer, c’est une autre dimension. L’ardeur de la CEEAC à aider la RCA financièrement, devient de plus en plus tiède. C’est l’impasse totale. Pauvre Centrafrique à la croisée des chemins!

 

Source: http://www.journaldebangui.com

 

Lu pour vous : Etat centrafricain : 22 milliards FCFA de dettes auprès des banques

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