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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 09:19

 

 

 


Ouest-France vendredi 09 août 201

 

L’ancien chef de l’Etat centrafricain, chassé du pouvoir en mars dernier, est actuellement en France. François Bozizé, qui vient de lancer un Front pour le retour de l’ordre constitutionnel en Centrafrique (FROCCA), a accordé une interview à Ouest-France. Il y dénonce les exactions des rebelles de la Séléka et l’indifférence internationale face à la crise politique et humanitaire qui afflige Bangui et le reste du pays.

 

Vous êtes désormais en France. En exil ? Ou dans l’attente d’un retour en RCA ?

 

Je viens de rejoindre ma famille en France ; je n’envisage pas de retour en Afrique dans l’immédiat. Avant ? J’ai séjourné dans les deux Congo, au Cameroun et au Kenya. Je voudrais d’ailleurs remercier les présidents congolais et aussi, tout particulièrement, le président camerounais qui a fait preuve de clairvoyance et d’humanité en m’accueillant chez lui pendant plus de deux mois. Pour l’instant, mon destin importe peu. Le peuple centrafricain souffre en silence et je veux réveiller l’opinion internationale. Ma préoccupation essentielle est de dénoncer ce qui se passe en Centrafrique.

 

Quel regard portez-vous sur la situation dans votre pays ?

 

La situation est dramatique. Les ONG présentes dans le pays n’ont de cesse de dénoncer de très nombreux cas de violations des droits de l’homme, des exécutions sommaires accompagnées de tortures et de mutilations. Elles ont aussi relevé des massacres de civil, des viols et la privation de la liberté d’expression. Le Bureau Intégré des Nations Unis en Centrafrique dénonce lui aussi de graves violations des droits de l’homme et des menaces sur les ONG. En province, les hommes de la Séléka ont tous les pouvoirs, les exécutions sont nombreuses chez les agriculteurs ou les éleveurs peuls. Plus de 1 500 morts ont été dénombrés et le fleuve Oubangui charrie tous les jours de nombreux cadavres. Sur le plan santé, la situation est déplorable, ainsi une épidémie de rougeole frappe les enfants à Bangui, mais ils ne peuvent être soignés car leurs mères ont peur de s’aventurer en ville pour les conduire à l’hôpital.

 

Quels reproches faites-vous au président Dotodjia et à son gouvernement ?

 

Ils sont très nombreux. Mais, le reproche principal est que le président autoproclamé Dotodjia veut islamiser notre pays. Dans une nation chrétienne à plus de 90 %, c’est grave, très grave même. Avant l’arrivée de la Séléka, les Chrétiens et la minorité musulmane vivaient en bonne entente. Maintenant, les Chrétiens sont persécutés. À la sortie de leurs lieux de culte, ils sont souvent molestés et dépouillés. Les églises sont pillées, voire détruites comme cela a été le cas à plusieurs reprises en province. Un autre exemple de la déchristianisation de la Centrafrique : l’élevage des porcs et sa consommation ont été interdits par les hommes de la Séléka en province. Ils ont aussi interdit la consommation de la viande boucanée. Plus grave encore, on assiste aussi à la conversion forcée à l’islam de jeunes chrétiens, avec l’obligation de porter le chapelet islamique.

 

Comment analysez-vous la défaite militaire qui a conduit à la prise de Bangui ?

 

L’armée centrafricaine a été défaite non pas parce qu’elle manquait de courage, mais parce qu’elle se battait contre une armée équipée et financée par des Etats riches, dont le Tchad et le Soudan. D’ailleurs, les combattants de la Séléka étaient majoritairement des étrangers, la preuve est que très peu d’entre eux parlaient le sango ou le français, nos deux langues officielles. Maintenant, notre pays est passé sous le joug de bandits qui ne s’entendent pas. Malheureusement, en participant au gouvernement de Monsieur Dotodjia, certains de mes compatriotes sont devenus des collaborateurs, et ce, soit par intérêt, soit parce qu’ils pensent à tort pouvoir peser sur la politique de l’occupant qui est totalement rejeté par le peuple.

 

Quels sont vos projets ?

 

Ma situation personnelle importe peu, c’est le devenir de la nation centrafricaine qui m’inquiète. En tant que seul ancien chef d’Etat centrafricain encore vivant, je me dois de dénoncer les crimes de ceux qui oppriment mes concitoyens. Aussi, je voudrais interpeller tous les chefs d’Etat de la sous-région, les démocraties européennes et bien sûr la France qui a l’habitude de régler nos problèmes, pour leur demander de nous aider à faire partir ces bandits et rétablir la légalité constitutionnelle.

 

Source : http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Centrafrique.-Francois-Bozize-l-ancien-chef-de-l-Etat-en-quete-de-soutien_6346-2218780_actu.Htm

 

 

 

NDLR : Ce dictateur sanguinaire et sinistre personnage a pris le pouvoir en Centrafrique par coup d’état le 15 mars 2003 et  a tout fait pour rester au pouvoir pendant dix ans. Son bilan est particulièrement catastrophique car fait de prédation des maigres ressources de l’état et du pays, d’affairisme forcené, de véritable descente aux enfers des Centrafricains. Le pays qu’il a laissé après sa chute fait honte. Plus de route ; plus de ponts, surtout dans la capitale après dix années de règne sous la terreur. Cela amuse beaucoup les Centrafricains d’entendre François Bozizé se battre à présent pour un « retour à l’ordre constitutionnel », lui qui a passé le plus clair de son temps à fouler aux pieds cette même constitution.

Il a déstructuré et réduit à néant l’armée nationale, la gendarmerie et la police nationales. Bozizé est totalement disqualifié et ne doit plus avoir la  prétention de vouloir revenir au pouvoir dans ce pays qu’il a mis complètement par terre. Il a trop fait couler le sang de ses compatriotes et semé la désolation dans beaucoup de familles de ses concitoyens. les Centrafricains n'ont pas encore oublié les frasques et exactions de sa délinquante et nombreuse progéniture ni leurs prisons spéciales à travers le pays.

Tout ce qui lui reste, c’est de répondre de ses nombreux crimes de sang et crimes économiques devant la justice. Il est franchement anormal et incompréhensible que la France dont il a ordonné le caillassage de la chancellerie de Bangui en décembre dernier et accusé de soutenir Séléka pour le renverser le laisse aller souiller son territoire. Elle doit plutôt l’arrêter et le livrer à la Cour Pénale Internationale en vertu du mandat d’arrêt international délivré contre lui par la justice centrafricaine. 

Lu pour vous dans Ouest-France : Centrafrique : François Bozizé, l’ancien chef de l’Etat, en quête de soutien

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