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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 00:56

 

 

 

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

Mars  2003 le général François Bozizé entra dans la ville de Bangui à la tête d’une rébellion et s’empara du pouvoir détenu par Ange Patassé, le président élu « démocratiquement » d’alors.

 

Nous avions applaudi plus ou moins car la confiscation et la dérive du pouvoir nous avaient exacerbés.

 

Vous avez été le président du conseil national de transition, période pendant laquelle vous avez participé à la mise en place d’une nouvelle constitution.

 

Monsieur Abel Goumba, de façon consensuelle fut nommé premier ministre, il avait servi de faire valoir devant l’opinion internationale et nationale, nous l’avions approuvé.

 

Le lendemain qui déchante ne tarda pas à arriver, notre Général libérateur avait vite compris les rouages du pouvoir et notre descente aux enfers dura 10 ans jusqu’à ce  23 ou 24 mars 2013.

 

Ceux qui l’avaient aidé à nous libérer se sont transformés pour certains en bourreaux, terroristes et j’en passe. L’impunité s’était légalisée, la suite se passe de commentaire.

Monsieur Nicolas Tiangaye, vous êtes nommé premier ministre aujourd’hui, vous êtes notre faire valoir comme l’a été Monsieur Abel Goumba, l’histoire va-t-elle se répéter ?

 

Vous avez fait preuve de subtilité pour nous éviter le drame par votre silence si criard pendant que le général président nommait des officiers ou des hauts fonctionnaires, des conseillers, vous lui avez opposé une résistance habile et non frontale.

 

Aujourd’hui, malgré les condamnations d’une communauté internationale dont l’hypocrisie ne fait pas de doute, nous sommes bien soulagés de l’issue du drame qui a secoué le pays depuis  décembre 2012, nous nous attendions à une guerre très sanglante mais cela s’est résumé à des dégâts collatéraux condamnables certes, mais moins qu’on ne le craignait.

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

Je m’adresse à vous à travers une lettre ouverte, c’est pour manifester une inquiétude, sentiment partagé par la plupart de vos compatriotes. Qu’il me soit permis de vous poser les questions suivantes :

 

  • Qu’allez-vous faire avec ce nouveau groupe de libérateurs hétéroclites, composés d’enfants et de soldats issus de nos campagnes désœuvrées ?
  •  
  • Comment comptez-vous les démobiliser ?
  •  
  • Auriez-vous un programme de reconversion et d’insertion pour ces jeunes démunis qui n’ont pris les armes que dans l’espoir de se constituer des butins de guerre ?
  • Croyez-vous qu’il suffirait de les désarmer, les cantonner et de les renvoyer chez eux ?
  • Ne croyez-vous pas que la misère, l’injustice ne les inciteraient pas à revenir  avec d’autres mécontents de la République qu’une mauvaise politique, si on ne fait pas attention, risque d’engendrer ?
  •  

Les mêmes faits engendrant les mêmes choses.

 

  • Avez-vous pensé à un programme de prise en charge post traumatique de ces enfants guerriers qu’on aurait sollicités et qui auraient vécu des agressions psychologiques pour leur jeune âge ?
  • Comment leur permettre de revenir à la vie normale après ce qu’ils ont traversé ?
  • Les Séléka adultes, tous ne pourront pas être intégrés dans la FACA, mais ne croyez-vous pas que ne pas leur trouver une reconversion crédible et concrète ferait d’eux de potentiels coupeurs de route et de mercenaires ?

Il ne suffit pas seulement de les désarmer et de leur donner de l’argent, mais trouver une mesure d’accompagnement leur permettant de redevenir un citoyen lambda qui a une terre à cultiver, des animaux à élever.

Bien entendu le renforcement de  la surveillance de nos frontières reste une priorité.

Monsieur le Premier Ministre,

Nous centrafricains, allons-nous retrouver notre liberté d’aller et venir ? Aurions-nous une mobilité à l’intérieur de notre espace vital ?

Si oui….. !

  • Quel type de politique comptez-vous mettre en place pour y accéder ?
  • La nouvelle équipe gouvernementale sera-t-elle à l’écoute de ce peuple meurtri depuis des décennies ?
  • Continuerez-vous avec des politiciens carriéristes et opportunistes ?

Monsieur le Premier Ministre,

Pour citer le feu Barthélémy Boganda « …..Parlez peu et travaillez beaucoup….. »

  • Reprendrez-vous à votre compte les cinq verbes dont on nous avait gavés toute notre enfance, à savoir.. .INSTRUIRE ….VÊTIR… LOGER….. SOIGNER….NOURRIR.

Nous espérons que vous nous éviterez des discours et montrerez votre efficacité qui ne fait pas de doute par une transition que vous saurez gérer.

Notre génération a failli, beaucoup d’entre nous ont été égoïstes, malgré leur savoir et leur culture, ils ont permis la dérive, la corruption, la dictature.

Nous avons le soleil, l’eau, la nature et un vaste territoire, devons-nous continuer de perdre tout cela en attendant que les autres viennent nous mettre à manger  dans la bouche ?

  • Ne croyez-vous pas qu’une bonne politique sociale nous permettra d’avoir une santé, une éducation, une connaissance, une sécurité et le bonheur d’affronter le lendemain sans peur, car la veille nous avons pu dormir  bien repu ?

Monsieur le premier Ministre,

Nous estimons qu’avec courage, vous avez accepté votre mission, avec courage vous saurez le cas échéant dire non….Vous saurez résister à la dérive, car nous savons tous que le pouvoir corrompt, le pouvoir pervertit.

Permettez- moi Monsieur le Premier Ministre de terminer ma lettre ouverte par des propositions non exhaustives qui pourraient faire objet de discussion et d’approfondissement, à savoir :

 

  • Contrôle de territoire
  • Une mise en place des régions militaires, avec des officiers généraux ou autres capables de mener des hommes quand il sera nécessaire d’affronter les intrus qui veulent déstabiliser la vie sociale.
  • Renforcement des limites de frontières par des zones protégées évitant des intrusions et des activités illicites.
  • Recensement général de  la population vivant en Centrafrique
  • Etablissement d’un fichier national informatisé
  • Aide à l’intégration de tous ceux qui souhaitent vivre dans le pays
  • Mise en place d’une politique saine de l’éducation car l’avenir du pays en dépend.
  • Permettre une circulation libre sans tracasserie à l’intérieur du territoire.
  • Relier les régions par des réseaux routiers sans nécessairement passer par la capitale.
  • Relier les pays voisins par des réseaux routiers, Cameroun, Congo Brazzaville, Soudan Nord et Sud, Congo Kinshasa,….
  • Rétablissement de service militaire de conscription pour toute la jeunesse  filles et garçons à partir de 18 ans et au-delà,  par des stages de maniement et d’entraînement militaire au moins une semaine par an pour tout citoyen.
  •  
  • Lutte contre la corruption
  • Création d’un organisme d’Etat composé de gendarmes, douaniers, policiers et agents des impôts pour traquer les malversations. Leur mandat doit être bien défini dans le temps et ils doivent être au-dessus de tout soupçon, leur patrimoine doit être déclaré, ils doivent être très bien rémunérés.  Leur mission est située dans le temps pour éviter toute perversion.
  •  
  • Education
  •  
  • L’Ecole obligatoire jusqu’à 18 ans révolue,
  • Rétablissement de l’éducation civique adaptée à nos réalités
  • Initiation au droit humain et civique le long du cursus scolaire
  • Formation militaire, bonne politique de renseignements militaires,
  • Formation professionnelle militaire avec un bon niveau scolaire pour les officiers.
  • Séparation de la carrière militaire et de la vie politique. Toute personne voulant s’engager dans une carrière politique doit démissionner de l’armer ou se mettre en disponibilité.
  •  
  • Politique
  • Toute personne s’engageant dans la vie de haute responsabilité politique doit obligatoirement déclarer son patrimoine avant et lorsqu’il quitte la vie politique il doit faire une autre déclaration de patrimoine. Ceci éviterait des conflits d’intérêts et des enrichissements malhonnêtes que connaît le pays.
  • Impunité zéro
  • Mettre sur table une commission définissant les responsabilités politiques depuis une vingtaine d’année.
  • Indexer les défaillances de l’Etat.
  • Une commission Vérité et réconciliation.
  • Ensuite, on tourne la page pour laisser le soin de cadrer le domaine du politique, sanctionner les dénis d’initiés
  • Mettre en place une politique de développement à court et moyen terme.

Monsieur le Premier Ministre, je vous remercie d’avoir pris de votre temps pour lire ces lignes.

Recevez mes sincères salutations patriotiques

 

                                                                                                    Lille 02/04/2013

 

                                                                                                    Isidore ADOUM

 

 

 

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