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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 23:40

 

 

 

 

 

 

            La République Centrafricaine a connu beaucoup de crises militaro-politiques, du coup d’Etat du Colonel Jean-Bedel BOKASSA à la rébellion du Général François BOZIZE-YANGOUVOUNDA, en passant par l’opération Barracuda, les mutineries de 1996 – 1997, la tentative de Coup d’Etat du 28 Mai 2001, et l’intervention des Banyamulenge de 2001 à 2003, mais aucune de ces crises n’a approché en horreurs et en étendues les exactions de SELEKA, pas même les exactions des Banyamulenge, pour lesquelles l’accusé Jean-Pierre BEMBA-GOMBO croupit en prison, à la Cour Pénale Internationale (CPI), à La Haye en Hollande.

 

            Les rebelles de BOZIZE n’avaient commis des exactions « que » sur leur route du Tchad à Bangui, et ces exactions s’étaient limitées pour l’essentiel aux bâtiments administratifs en provinces et à des magasins, ainsi qu’aux stations d’essence le long de leur route et qu’aux domiciles des dignitaires du régime déchu. Quant aux rebelles de Jean-Pierre BEMBA, ils avaient certes tué, pillé et violé, mais c’était limité à Bangui, à ses environs et aux quelques villes dans lesquelles ils avaient sévi.

 

            Par contre, les exactions des rebelles de SELEKA se sont étendues à l’ensemble des 76 Sous - Préfectures du pays et aux 8 arrondissements de Bangui. Ni les hôpitaux, ni les Eglises, surtout les Eglises Catholiques, ni les écoles, ni les Ministères et les Institutions n’ont été épargnés, à part les mosquées, les domiciles et les commerces des musulmans. Les assassinats et les viols se comptent par centaines, si ce n’est par milliers. Dans ses discours le sieur NDJOTODIA couvre ses éléments en attribuant leurs forfaits aux prétendues forces de BOZIZE.

 

            Dès lors, l’on est contraint de se demander pourquoi un tel désastre s’est abattu sur la RCA, brûlant tout sur son passage comme les laves incandescentes d’un volcan.

 

            La première maladie congénitale de SELEKA réside dans le fait qu’en son sein, contrairement à l’adage « arma cedant togae » (les armes doivent céder à la toge, autrement dit c’est le pouvoir politique qui doit commander le pouvoir militaire), ce sont les armes qui ont commandé et qui continuent à commander le pouvoir politique, si tant est qu’il y ait jamais eu un pouvoir politique dans cette coalition. D’ailleurs, si SELEKA avait eu dès l’origine pour but de libérer la RCA de la « dictamolle » du Général BOZIZE, elle aurait pris le nom de mouvement de libération au lieu de celui de rébellion.

 

            Or l’histoire nous enseigne que dans les mouvements de libération qui ont atteint leur but, il y avait toujours eu un parti politique dirigeant qui s’était doté d’une branche armée, dont chaque unité était dotée d’un « commissaire » politique (Chine, Viêt-Nam, Laos, Cuba, Afrique du Sud, Rhodésie, Mozambique, l’Algérie, notamment). Ces mouvements de libération avaient un principe fondamental, à savoir que, dans chaque « zone libérée », la population devait concrètement se rendre compte que sa situation économique, financière et sociale s’était améliorée, de sorte que les libérateurs puissent être acceptés et défendus par le peuple et évoluer en son sein comme un poisson dans l’eau. Avec SELEKA c’est tout le contraire. La situation du peuple qui était déjà mauvaise, a empiré.

 

            La preuve du renversement de la pyramide « cul par dessus tête » par SELEKA a été administrée par le sieur NDJOTODIA en personne. L’on se souviendra en effet qu’après les Accords de Libreville et la formation du Gouvernement TIANGAYE I, Gouvernement où ledit NDJOTODIA occupait le poste inconstitutionnel mais stratégique du Premier Vice-Premier Ministre chargé de la Défense Nationale, SELEKA avait repris les hostilités. Ses 5 Ministres s’étant rendus à Sibut pour ramener les chefs militaires à la raison (le Ministre GAZAM BETTY avait déclaré que reprendre les hostilités était une folie), lesdits Ministres avaient été « retenus ». Le sieur NDJOTODJIA avait expliqué benoîtement que les militaires leur avaient déclaré qu’ils avaient échoué, leur avaient retiré leurs téléphones, les avaient expédiés manu militari à Bambari, afin d’avoir les mains libres pour agir plus efficacement.

 

            En d’autres termes, la branche militaire avait retiré le commandement des mains de la branche politique.

 

            De même, le sieur NDJOTODIA a lui-même rendu compte à la radio d’un fait surprenant pour quelqu’un qui se dit Président de la République : A une mère qui était allée dans une base de SELEKA demander la libération de son fils, il avait été demandé le versement préalable de la somme de 70.000F, qu’il faut bien appeler rançon. Prenant son courage à deux mains, cette mère était allée se plaindre auprès du sieur NDJOTODIA. Que croyez – vous qu’il fit ? En Président de la République, chef suprême des armées, au lieu d’ordonner la libération immédiate et inconditionnelle du garçon qui avait été enlevé et séquestré, puisque rien ne lui était reproché, il avait remis les 70.000F à la mère pour aller payer la rançon.

 

            N’est – ce pas une preuve supplémentaire que le sieur NDJOTODIA n’a aucune autorité sur ses troupes, outre le fait que ses ordres de désarmement sont demeurés lettre morte ?

 

            De toutes les façons, le sieur NDJOTODIA ne peut et n’a aucune autorité sur ses troupes, d’une part parcequ’ une partie de ces troupes est commandée par des Tchadiens, d’autre part parcequ’ une bonne partie des troupes est constituée de Tchadiens, de Soudanais et autres, et enfin parceque ces troupes ne perçoivent ni prime générale d’alimentation (PGA), ni salaires, de sorte qu’implicitement, elles ont été et sont autorisées à « se nourrir sur la bête », en pillant, y compris les Ministres et le sieur NDJOTODIA lui-même (sa maison du 8ème arrondissement). Le terme « éléments incontrôlés de SELEKA » n’est donc qu’un écran de fumée. Ces éléments ne sont nullement incontrôlés. Ils ont été programmés pour faire ce qu’ils font.

 

            A tout cela s’ajoute la lettre du sieur NDJOTODIA à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), lettre qu’il n’a pas démentie à ce jour, par laquelle il se propose d’instituer la charia en Centrafrique, ce qui explique qu’à ce jour ni mosquées, ni commerces et domiciles de musulmans n’aient été pillés. Sans compter que les hordes de SELEKA n’ont aucune idée de la « grandeur (et des) servitudes militaires », comme disait Alfred Vigny.

 

            En d’autres termes, c’est la chronique d’exactions annoncées ; les péchés originels de SELEKA ne pouvaient aboutir nécessairement qu’aux exactions que le peuple a subies et continue de subir.

 

            Le sieur NDJITODIA devrait savoir qu’aux termes des dispositions pertinentes du Statut de Rome qui a créé la Cour Pénale Internationale, un chef militaire ou politique peut aussi être poursuivi quand « il aurait dû savoir » que, compte tenu des circonstances, ses troupes se rendraient nécessairement coupables de crimes relevant de la compétence de la CPI. Tel est le cas.

 

            Pour mettre un terme aux exactions de SELEKA, il faut, sans que la liste ne soit limitative :

 

  1. Que ces exactions soient courageusement dénoncées, à commencer par le Gouvernement, qui ne doit pas seulement énumérer les faits, mais dire ouvertement, clairement et sans ambiguïté que ces faits sont l’œuvre diabolique de SELEKA.

 

  1. Que les populations tapent sur des casseroles et utilisent des sifflets lorsque les tueurs de SELEKA font irruptions dans leurs quartiers et villages, comme les sœurs de Pie XXII avaient fait sonner les cloches et avaient fait fuir les hordes de SELEKA, et que les chefs adressent au Procureur de la Cour Pénale Internationale les listes des victimes avec les détails des faits et les dates.

 

  1. Que les patriotes vivant à l’Etranger s’organisent dans des fronts les plus larges possibles partout où ils se trouvent, relaient la lutte du peuple centrafricain, en privilégiant ce qui les unit et non ce qui les divise, et qu’ils saisissent eux aussi le Procureur de la CPI des faits dont ils ont connaissance, sans se préoccuper de question de procédure.

 

  1. Que les éléments étrangers de SELEKA soient immédiatement renvoyés dans leurs pays, ce qui ne doit en rien préjudicier à l’amitié et à la fraternité multi -séculaires qui unissent les peuples centrafricains, tchadien et soudanais.

 

  1. Que les éléments centrafricains de SELEKA : soient intégrés dans l’Armée Nationale et soient cantonnés. A présent que la coalition SELEKA a pris le pouvoir, il n’est pas concevable que ses troupes continuent à être autonomes et à échapper à l’autorité du Chef d’Etat Major Général des Forces Armées Centrafricaine (FACA). Le Premier Ministre doit l’exiger et l’obtenir.

 

  1. Que les Ministres étrangers soient extirpés du Gouvernement.

 

  1. Que les Ministres patriotes démissionnent si SELEKA persiste à les considérer comme de simples figurants et à les humilier, notamment en pillant leurs véhicules et en les contraignant à se déplacer en taxis ou en ne les associant pas aux décisions. En effet, sans eux, SELEKA serait maintenue au banc de la communauté internationale, qui ferait tout pour la chasser.

 

  1. Que les conseillers nationaux, qui ont été humiliés dès leur première réunion où ils ont prétendument « élu » NDJOTODIA par acclamation (quelle honte !) au moment où Boy – Rabé était mis à feu et à sang fassent de même. Ils ont également été humiliés en « élisant » le Président du CNT sans majorité absolue dans un 2è tour de scrutin.

 

  1. Que les organisations internationales, dont la CPI, et les pays occidentaux et asiatiques amis nous viennent d’urgence en aide.

 

            Quoi qu’il arrive, le peuple centrafricain vaincra !

 

ZARAMBAUD Assingambi

 

La Haye le 22 Avril 2013

LES MALADIES CONGENITALES DE SELEKA OU CHRONIQUE D’EXACTIONS ANNONCEES par Me ZARAMBAUD Assingambi

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