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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 13:44

 

 

A nous, Centrafricains, qui manifestons le désir d’amorcer le développement de notre pays, s’impose donc la nécessité de chausser de nouvelles lunettes, de trouver des méthodes plus adaptées à une situation qui s’est fortement complexifiée.

 

La complexité croissante des sociétés humaines, leur interdépendance encore plus rapidement croissante, l’accumulation fantastique des connaissances scientifiques, l’évolution accélérée et souvent déroutante des techniques (bien peu d’experts avaient prévu le développement fulgurant de la micro-informatique et, plus récemment, celui d’Internet), augmentent encore les difficultés de la prévision. - Le problème est que, tous les jours, en dépit de l’imprévisibilité croissante, nous agissons tous, individuellement ou collectivement en fonction de l’avenir, en fonction de l’image que nous nous en faisons. Nous subissons certes des contraintes : -celle de l’environnement dans lequel nous sommes plongés et aussi celle de notre passé. Notre environnement, notre histoire personnelle et celle de la collectivité à laquelle nous appartenons pèsent, parfois lourdement, sur nos actes, mais ces contraintes étant prises en compte, ce sont ce que nous attendons de l’avenir qui nous pousse à agir aujourd’hui et qui façonne notre action. Certes, dans cette attente, nous donnons naturellement plus de poids à l’avenir à court et à moyen terme qu’au futur lointain. Qui ne pense pas à l’avenir de ses enfants, voire de ses petits-enfants ?

 

En République Centrafricaine, il nous faut lancer cette réflexion prospective sur l’avenir de notre pays, non pour prévoir l’avenir mais pour aider à construire un avenir qui réponde aux aspirations de notre peuple afin de préparer de meilleures décisions qui auront plus de chances de conduire au futur souhaité. C’est une réflexion difficile et le choix d’une méthode pour la guider est crucial.

 

En optant pour cette analyse prospective, nous ferons donc des choix, orientant ainsi l’avenir. Ces choix résultent d’une lecture de la réalité, telle que nous la voyons et, d’un compromis entre des lectures différentes. Ils comportent une part de subjectivité car une réflexion prospective ne saurait être entièrement objective.

 

Derrière les factures retenues, il y a des hommes, il y a des acteurs et l’avenir dépendra en grande partie de leur action. On ne peut concevoir une approche prospective sans prise en considération des hommes, des différentes catégories d’acteurs qui composent la communauté étudiée et son environnement. Cette prise en considération de la situation centrafricaine comporte deux aspects :

 

  • Le premier aspect est que l’avenir dépendra de ce que les hommes sont, de ce que l’histoire a fait de nous, non seulement l’histoire récente car ce que nous sommes aujourd’hui s’enracine dans un passé lointain.  Mon approche prospective considère que l’avenir dépendra, non seulement du capital matériel que nous avons accumulé et de nos savoirs, mais aussi de notre culture, de la façon dont nous avons organisé notre société et des relations que nous avons entretenues entre eux. Mon approche prospective s’appuie donc sur une analyse du passé et du présent.

 

  • Le second aspect est que la construction de notre avenir dépendra du projet que les facteurs forment, implicitement ou explicitement, de la vision de l’avenir à laquelle nous adhérons. Une approche prospective comporte donc aussi la prise en compte du  projet d’avenir des acteurs, et en l’occurrence ici c’est le « Projet de société que nous devons mettre en chantier afin d’amorcer les bases de notre développement à l’horizon 2025/2030».

 

Bien sûr, l’importance relative donnée au poids du passé et à la vision de l’avenir vont dépendre à la fois de l’un et de l’autre.

 

J’ajouterais un troisième aspect à prendre en considération, à savoir que nous sommes plongés dans un environnement, au sens plus large du terme, et qu’il existe des facteurs qui ne dépendent ni du passé de nous qui réfléchissons à notre avenir, ni de la vision que nous avons de cet avenir, mais des facteurs extérieurs que nous ne pouvons maîtriser. Ce sont des facteurs naturels (le climat, par exemple) ou des facteurs dépendant d’autres communautés humaines (la stratégies des producteurs concurrents ou la demande des consommateurs des produits exportés par exemple), voire de l’ensemble des certitudes irréductibles. Il faudra donc faire des hypothèses quand à leur évolution, voire attribuer une probabilité à différentes évolutions possibles et cela introduira généralement un élément supplémentaire de subjectivité dans notre réflexion prospective.

 

Dans mon approche, il existe un aspect anticipation qui consiste à défricher le champ des possibles, c’est à dire chercher non pas à répondre à la question : - Que sera l’avenir ? - mais chercher à répondre aux questions :

 

Que peut être l’avenir ?  - Qu’est-ce qui sera possible demain ?

 

J’ai aussi pris en compte un aspect préparation de l’action qui consiste à explorer dans le champ des possibles, de ce qui paraît souhaitable et de répondre aux questions :

 

Quel avenir voulons-nous bâtir ? - Et comment faire pour qu’un futur souhaitable et possible devienne réalité ?

 

A mon humble avis, la réunion de ces deux aspects est une condition nécessaire à l’utilité de la réflexion sur notre avenir. C’est déjà vrai pour les actions à court terme que nous entreprenons quotidiennement ; cela est certainement encore plus vrai lorsque nous envisageons les actions à long terme.

 

En ce début de nouveau millénaire, la République Centrafricaine se trouve dans une situation singulière. Suffisamment bien pourvue en ressources naturelles que d’autres pays en voie de développement en Afrique subsaharienne, mais handicapée par des facteurs qui tiennent à sa géographie et à son histoire, elle est restée largement à l’écart du développement que d’autres pays similaires ont connu au cours des dernières décennies. Notre population, et en particulier les jeunes générations, souhaitent accéder à une vie meilleure. Les modèles de développement proposés jusqu’à maintenant n’ont pas donné les résultats attendus. La voie, ou plutôt les voies suivies par les nouveaux pays industrialisés peuvent certes procurer des enseignements très utiles pour élaborer de futures stratégies, mais empruntés par d’autres peuples dans d’autres conditions et dans d’autres temps, elles ne constituent pas, à notre avis, des modèles reproductibles. - Aussi sommes-nous conscient qu’il n’y a pas de modèle à copier et que la République Centrafricaine doit chercher sa propre voie de développement.

 

Sans modèle à copier, comment une voie, avec des yeux habitués à être rivés sur le court terme, peut-elle émerger ? - Seule une réflexion collective peut faire un état des lieux et donner les lignes directrices ; - le dialogue national de 2003, le Dialogue Politique Inclusif de 2008 et les différents états généraux de l’administration nous ont permis de faire ce travail.

 

La présente réflexion sur le cas Centrafrique démontre qu’il est possible de donner aux exercices futurs la rigueur nécessaire pour dessiner une voie crédible vers un avenir meilleur dans un monde incertain, et donc d’éclairer les dirigeants, souvent en proie à d’innombrables problèmes à court terme, sur la stratégie à adopter pour emprunter cette voie.

 

J’ai opté pour l’analyse rétrospective comme point de départ car elle consiste à dresser un état des lieux (du système et de son environnement), puis à analyser les processus qui ont conduit à cet état. Comme la réflexion prospective a un caractère global, l’analyse rétrospective doit avoir le même caractère global et embrasser tous les aspects de la vie de notre communauté, aussi bien le milieu naturel dans lequel elle est plongée que les divers  aspects de la vie en société. Elle doit donc avoir recours aux apports des différentes sciences humaines : histoire, économie, sociologie, démographie, etc.., qui peuvent apporter un éclairage sur les processus qui ont été à l’œuvre.

 

L’analyse rétrospective va nous permettre de nous enfoncer profondément dans notre passé et de rechercher, dans ce lointain passé, des éléments explicatifs pertinents à la compréhension d’attitudes, de comportements, d’évènements qui informent notre vécu contemporain. S’agissant des études au niveau national, il recommande de pousser la recherche aux époques pré-coloniales et coloniales.

 

L’expérience a démontré que, faute de vision de l’avenir, la société centrafricaine n’a pas su tirer parti des circonstances favorables qui se sont présentées au cours de ces dernières décennies, circonstances dont d’autres sociétés du Sud qui, il y a seulement quelques dizaines d’années présentaient les mêmes handicaps, ont su profiter. – Nous ajouterons que lorsqu’une vision plus ou moins explicitée d’un avenir souhaitable a inspiré les politiques mises en œuvre, cette vision n’a concerné qu’une petite fraction de la société, celle proche du pouvoir en place, et que cette vision n’était pas nécessairement partagée par la majorité. Cela a été le cas des politiques de planification pratiquées dans les années 60, 70 et encore plus le cas des politiques d’ajustement structurel mises en œuvre plus récemment.

 

Il est à noter que, pour être utile à notre réflexion stratégique, notre scénario, sur un horizon de 20 à 25 ans, comporte deux aspects :

 

  • une image plausible du futur de notre communauté à une date déterminée ;
  • la description du cheminement qui conduit de la situation actuelle à l’image du futur, ce cheminement étant aussi important sinon plus que l’image future elle-même, car c’est lui qui est le garant du caractère plausible du futur et c’est au cours de ce cheminement qu’il nous sera possible d’agir pour réaliser un Projet National de société.

 

Dans cette lutte contre le sous-développement, il est de mon devoir de Moléngué ti kodro de prendre ma plume, mon micro, mon bâton de pèlerin et de faire comprendre au peuple tout entier que cette guerre ne peut-être gagnée en prenant une attitude statique comme nous le faisons depuis les années 1970. – Celui qui n’a plus l’initiative perd généralement ; - celui qui la conserve gagne habituellement. – En Centrafrique, cela fait des décennies que nous avons perdu l’initiative ; … voyez où nous en sommes aujourd’hui. – Le pilotage à vue et nos experts, hors hiérarchie de l’intérêt personnel, nous ont mis dans le ‘’Pourôu’’ !.....Excusez moi d’être aussi direct. – Nous nous sommes laissés enfoncer, doucement mais sûrement,  dedans jusqu’à la poitrine, même le menton est impacté ; l’indigestion, l’asphyxie et la mort lente dans la souffrance ne sont pas loin ; seuls nos bras et notre tête sont encore à l’air libre. - Alors retroussons nos manches, agrippons nous à l’espoir possible d’un mieux vivre ensemble qui nous tend la main, avec ce champ des possibles qui viennent de voir le jour depuis les évènements du 24 Mars et, surtout, depuis les différents Sommets de la CEEAC à N’Djaména, où nos Frères et Amis balisent le terrain, mettent des gardes fous afin de nous remettre les pieds à l’étrier dans les meilleures conditions potentielles. – A nous Centrafricains d’utiliser, désormais, notre matière grise pour trouver des solutions adaptées à nos besoins et manquements. Rebombons le torse et mettons nous résolument au travail avec pour objectif la croissance, le développement et la prospérité. – Il nous faut vite sortir de là et laver notre Dignité, notre Honneur et regagner le Respect des autres Nations.

 

Cher Internaute, merci d’avoir pris le temps de me lire. Avant de te coucher le soir, poses-toi la question : « Qu’ai-je Fais pour faire avancer Mon Pays aujourd’hui ? – Quel acte ai-je, directement ou indirectement, posé pour favoriser le bien-être des générations futures ? – L’avenir dans un « Mieux vivre ensemble en Centrafrique » a-t-il un jour fait partie ou fait-il encore partie de mes priorités au quotidien ? ».

 

Toutefois, souviens-toi qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et qu’une action personnelle venant de toi, quel quelle soit, est espérée et attendue car : « Aucune Nation ne naît grande, les Grandes Nations sont l’œuvre de leurs citoyens ». – La construction de notre Pays est l’affaire de TOUS.

 

Fin de la Réflexion N°02

 

Si vous souhaitez lire ou relire la Réflexion N°01, merci de CLIQUER  ICI sur CE LIEN

 

CD. DARLAN

Consultant en Stratégies de Développement

 

E-mail : batir.rca@gmail.com

 

Le Développement Durable en RCA : La méthode prospective  par Christian Dominique DARLAN

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