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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 02:51

 

 

 





« Les corps des filles en lambeaux sont transportés vers la maison de leur papa. La gorge serrée, je reprends la direction de chez moi. A distance, je vois des militaires enturbannés à un carrefour. Prétextant faire un contrôle des engins, ils arrachent sans gêne les biens des autres... Je comprends par la suite qu'ils ne savent ni lire, ni 
écrire. Ils ne savent pas non plus tenir le papier. »


Ce passage, tiré de La Guerre de N'Djamena, Tchad, 1979-2006 , un livre à la fois autobiographique et historique de l'écrivain tchadien Oumar NADJI publié en 2009, mêmesi le théâtre de ces événements est le TCHAD, jette une lumière éclatante sur la prise du pouvoir à BANGUI par les éléments de la SELEKA et les actions qui s'en suivront. 

Loin de prendre parti pour un camp ou pour l'autre, à savoir le pouvoir déchu de BOZIZE et la nouvelle équipe au pouvoir à BANGUI, nous écrivons cet article pour montrer, à partir d'un simple passage, la réalité de ce que vit le peuple CENTRAFRICAIN aujourd'hui, surtout après le coup de force de la SELEKA. Cela, pour montrer que si la SELEKA voulait chasser BOZIZE du pouvoir, il l'a déjà fait. Mais que des exactions continuent à jeter leur voile de sauvagerie et de brutalité animales sur l'innocent peuple de CENTRAFRIQUE, est une suite d'actions qui ne peuvent se justifier en aucune manière. Le peu qui est dit à travers l'extrait de La Guerre de N'Djamena, Tchad, 1979-2006 est l'illustration de ce que subit le peuple CENTRAFRICAIN aujourd'hui, à la différence que ces exactions sont en grandeur-nature sur le terrain, car personne n'est épargné en 
province.

BOGANDA ne s'était pas trompé quand il voulait unir le peuple aéfien. Il avait vu loin, plus loin que ses contemporains. Sa vision était celle qui évitait à ce peuple de connaître les misères de la solitude, de la faiblesse générale. Combien de fois se retournerait-il dans sa tombe de savoir que des fils de l'A.E.F. qu'il avait connue et qu'il voulait réunifier, acceptent aujourd'hui de prendre les armes pour dépouiller, de leurs biens, leurs propres frères tout simplement à cause d'une certaine idée cachée derrière la conquête du pouvoir ? Combien de fois se retournerait-il dans sa tombe de savoir que la chicote d'hier s'est transformée aujourd'hui en kalachnikov, pour faciliter les pillages, les tueries, les viols d'enfants et de femmes innocentes ? Ces femmes qui ne sont rien d'autre que nos cousines, nos filles, nos sœurs, nos mères et nos épouses ?

Les leaders d'AFRIQUE CENTRALE devraient bien se pencher sur ce qui arrive dans leur 
sous-région pour ne pas cautionner de tels comportements et les sanctionner avec la plus 
ferme vigueur. Ce qui arrive en CENTRAFRIQUE est arrivé au TCHAD, arrivera peut-être au CONGO, au GABON ou en GUINEE EQUATORIALE, ce que nous ne souhaitons pas. Les dirigeants d'AFRIQUE CENTRALE doivent tout mettre en œuvre pour instaurer une politique nouvelle, où il ne sera plus question de soutenir un « collègue » parce qu'il est PRESIDENT, en dépit de toutes les extravagances dont il peut faire preuve. Cela en va de leur propre honneur, de l'honneur même de leurs populations, de l'honneur même de la sous-région toute entière et des INSTITUTIONS que cette sous- région abrite et qui l'organisent.

Au moment où ces pays venaient de tourner la page de leur cinquantaine d'années d'indépendance, il serait honorable qu'une autre politique se mette en place, qui se démarque nettement de ce qui avait été fait pendant les cinquante premières années,pour ouvrir la voie à un système de développement réel qui inclurait la participation de tout le monde, pour un bien-être véritable des populations concernées. 


Il faut mettre un terme aux politiques à base de manœuvres intéressées, qui nuisent à la majorité. Les institutions d'AFRIQUE CENTRALE ne pourront continuer à vivre que si le CENTRAFRIQUE respire, et respire convenablement, respire en étant un maillon indispensable à cette AFRIQUE CENTRALE.



Adolphe PAKOUA


Docteur en Études Nord-Américaines et des pays anglophones. Écrivain.

 

LA CEEAC ET LA CEMAC NE SE CONSTRUIRONT PAS SUR LES RUINES DU CENTRAFRIQUE par Adolphe Pakoua

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