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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 11:54

RFI LUNDI 08 AVRIL 2013

Par Christophe Boisbouvier

«Il n'y a pas eu de forces spéciales tchadiennes en RCA, sinon dans l'imaginaire de Bozizé. Si quelqu'un qui a fait 10 ans au pouvoir, n'a pas réussi à mettre en place une armée, face à une petite rébellion qui arrive à prendre le pouvoir en quelques heures, ce n'est pas aux Tchadiens de venir le défendre. »

Le Tchad a-t-il aidé les rebelles de Séléka à prendre le pouvoir en Centrafrique ? C'est l'accusation qu'a lancée l'ancien président Bozizé, jeudi dernier, sur nos antennes. La réplique du ministre tchadien de la Communication, Hassan Sylla.

RFI : Ce sont des accusations graves que lance l’ancien président Bozizé contre vous. Il dit que dans la nuit du 23 au 24 mars, ce sont des renforts tchadiens qui ont aidé les rebelles de la Seleka à prendre le pouvoir à Bangui.

Hassan Sylla : Pour nous ce sont des ragots. C’est un homme en désarroi. On comprend que quelqu’un qui a perdu le pouvoir puisse perdre les pédales ! Il faut bien qu’il s’accroche à quelque chose ! Non, soyons sérieux. Il n’y a pas eu de forces spéciales tchadiennes en RCA, sinon dans l’imaginaire de Bozizé.

François Bozizé précise que cette nuit-là, sa gendarmerie et sa police ont vu une quarantaine de véhicules militaires arriver en Centrafrique en provenance du Tchad.

Je vous assure que c’est dans l‘imaginaire. Il a perdu. C’est quelqu’un qui a fait dix ans au pouvoir et n’a pas réussi à mettre une armée en place, face à une petite rébellion qui arrive à prendre le pouvoir en quelques heures. Ce n’est pas aux Tchadiens de venir le défendre ! Et maintenant, vous savez vous-même que (...) ce n’est pas en deux heures de temps que l’on peut arriver à Bangui (depuis le Tchad), donc, je vous assure que c’est dans son imaginaire.

En décembre dernier, vos soldats ont aidé la Fomac à bloquer la première offensive rebelle au nord de Bangui. Mais le 23 mars dernier, ils n’ont pas bougé. Pourquoi ce changement d’attitude ?

La décision ne se prend pas sur place. C’est la CEEAC qui devait prendre une autre décision, et le temps qu’elle puisse prendre celle-là, la Seleka est arrivée au pouvoir.

Vous avez été pris de vitesse ? La Fomac a été prise de vitesse ?

En tout cas, elle, a été prise de vitesse. Mais la Fomac, ce n’est pas les forces tchadiennes. C’est une force multinationale. Et ce n’est pas les Tchadiens qui dirigent cela.

Ces derniers mois, François Bozizé a joué la carte sud-africaine. Est-ce qu'il n’a pas tenté de s’émanciper un petit peu du grand frère tchadien ?

Le président tchadien n’a jamais empêché Bozizé de faire quoi que ce soit. Le président tchadien et le Tchad n’ont pas l’habitude de se mêler des affaires intérieures de leurs voisins. Ceux qui parlent de vassalisation ou de tutorat ne savent pas ce qu’ils disent.

Que pensez-vous de Michel Djotodia, le nouvel homme fort de Bangui ?

Je n’ai pas à penser quelque chose de quelqu’un qui est au pouvoir ou qui n’est pas au pouvoir. Tout ce que je peux vous dire c’est qu'au sommet de la CEEAC, qui s’est tenu à Ndjamena, (cela) a été très clair : il est impossible de reconnaître un homme qui s’est autoproclamé président. La gestion de la RCA doit se faire dans l’accord de Libreville. Nous nous en tenons à la décision de la CEEAC.

En effet, le 3 avril, au sommet de Ndjamena, vous avez demandé aux Centrafricains de mettre en place un Conseil national de transition. Mais est-ce que ce n’est pas un habillage pour valider le coup de force de Michel Djotodia ?

C’est dommage que vous voyiez toujours le mal partout et que vous pensiez que l’Afrique n’est pas aujourd’hui assez mûre pour prendre des décisions ! Et comment est-ce que vous pouvez penser que des chefs d’Etat puissent se réunir et prendre des décisions aussi salutaires que celle-là, et que vous pensiez que c’est du maquillage ou des décisions pour légitimer qui que ce soit ?

Les chefs d’Etat ont été clairs. Ils ont dit qu’il est impossible pour eux de reconnaître un homme qui s’est autoproclamé président ! Ils ont demandé qu’il puisse y avoir une élection d’un collège de l’exécutif à la tête de la transition. Et c’est à ce collège de désigner un président pendant dix-huit mois au maximum. Donc, pour nous, ce n’est pas du jeu. Ce n’est pas un maquillage. Arrêtez simplement de ne pas croire à ce que les Africains font ! Nous sommes mûrs !

Mais le président de ce collège, dans les dix-huit mois qui viennent, est-ce que ce ne sera pas Michel Djotodia ?

C’est aux Centrafricains de décider ! Est-ce que la CEEAC a décidé de dire qui cela devait être ?

Si Michel Djotodia prend la tête du futur Conseil de transition, est-ce qu’il pourra se présenter à la présidentielle qui suivra ?

Les accords de Libreville sont très clairs. Les acteurs de la transition, ceux qui dirigent la transition, ne peuvent pas se présenter aux élections présidentielles. C’est clair.

Le Tchad a des troupes au Mali, le Tchad a des troupes en Centrafrique. Est-ce que le Tchad a des ambitions régionales ?

Notre ambition, c’est de faire en sorte que la paix puisse régner partout dans le monde. C’est de faire en sorte que les Africains s’aiment. C’est une vision partagée par tous les Africains.

Que répondez-vous à l’opposant tchadien, Saleh Kebzabo, qui dit que votre pays est une puissance militaire, mais n’est pas une puissance régionale, car elle manque de vision ?

Je dirai simplement que la réaction de ce monsieur ne nous étonne pas, car dans un passé récent, il a déjà fait étalage de son manque de patriotisme. Sinon, comment comprendre que quelqu’un qui prétend diriger un jour ce pays, passe son temps à rabaisser toutes les actions qui contribuent à rehausser l’image de (celui-ci) sur le plan international ?

Le président Deby a une grande vision : contribuer au maintien de la paix, combattre le narco-terrorisme. Et nous, nous n’avons pas une vision d’envahir l’Afrique. Mais aujourd’hui, le Tchad est sollicité de par le monde, par rapport à ses compétences, par rapport à ses forces de défense et sécurité, qui ont fait leur preuve, et il fallait combattre le narco-terrorisme. C’est une affaire de la communauté internationale.

Certains disent que le chef d’Etat tchadien a envoyé des troupes au Mali pour s’acheter une impunité auprès de la communauté internationale.

Le président Deby n’a pas besoin de redorer un quelconque blason. Il a été démocratiquement élu par le peuple tchadien. Cette légitimité lui suffit amplement. D’ailleurs, toute la classe politique tchadienne a été unanime pour soutenir la décision historique du président Deby d’envoyer les troupes au Mali.

Les troupes tchadiennes ont montré leur bravoure, leur ténacité, leur vaillance en nettoyant totalement le massif de l’Adrar des Ifoghas des narcotrafiquants et autres illuminés preneurs d’otages. Est-ce que c’est ça que vous appelez « aller s’acheter une immunité quelconque » ? Non. Et nous n’avons de légitimité à prendre en Europe ! La légitimité, nous la détenons du peuple tchadien, des Tchadiens qui ont élu leur président démocratiquement et qui le soutiennent.

Hassan Sylla, ministre tchadien de la Communication répond à Bozizé
Hassan Sylla, ministre tchadien de la Communication répond à Bozizé

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