Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 19:44

 

 

http://www.irinnews.org

 

 

NAIROBI, 7 avril 2013 (IRIN) - Moins de deux semaines après le coup de force des rebelles et le renversement du président de la République centrafricaine (RCA) François Bozizé, la situation humanitaire se dégrade et les habitants de la capitale Bangui ont un besoin criant d’aide, a indiqué un haut responsable humanitaire. 

 


« Les principaux besoins humanitaires identifiés à Bangui concernent l’accès à la santé, l’alimentation et l’eau potable [et] la sécurité et la protection des civils », a dit à IRIN Amy Martin, qui dirige la branche du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) de Bangui. 


 

M. Bozizé a quitté le pouvoir le 24 mars après la prise de Bangui par les rebelles du Séléka, ce qui a contribué à l’aggravation d’une situation humanitaire déjà précaire en RCA. L’insécurité faisait partie du quotidien des habitants, notamment ceux du nord-est du pays, avant le coup d’État et l’accès aux services de base était insuffisant.


 

Aujourd’hui, seuls deux hôpitaux de Bangui fonctionnent ; toutes les écoles du pays ont été fermées et les fonctionnaires n’ont pas encore repris leur travail. La distribution d’eau et d’électricité a été suspendue et l’insécurité s’est aggravée. 


 

Insécurité 

 

« L’insécurité est persistante, en raison de la circulation des armes et du manque de discipline des rebelles du Séléka », a dit Mme Martin. 

 


Après le coup d’État, de nombreux cas de pillages et de violences ont été signalés à Bangui. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a indiqué que 10 tonnes de fournitures d’urgence avaient été volées dans son entrepôt principal. 


« Les pillages se poursuivent à Bangui et dans les villes prises par le Séléka, notamment à l’ouest et au nord-ouest de Bangui », a ajouté Mme Martin. 

 


Concernant le nombre de personnes affectées par la crise, elle a dit : « Nous utilisons le chiffre de population totale du pays, soit 4,5 millions de personnes, comme nombre de personnes affectées. Les personnes les plus vulnérables – les femmes, les enfants, les personnes âgées, – sont les plus exposées aux risques ».

 

 
L’insécurité a provoqué des mouvements de population. 

 


« Dans le Nord-Ouest, les gens se réfugient dans le bush ; à Bangui, plusieurs milliers de personnes ont traversé le fleuve [Oubangui] pour rejoindre Zongo [en RDC], mais la situation se calme, alors elles commencent à revenir », a dit Mme Martin. 

 

L’insécurité pourrait également s’aggraver dans le sud-est du pays, une région affectée par les activités des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Suite à la prise de pouvoir par le Séléka, les troupes ougandaises et les conseillers militaires américains présents en RCA ont suspendu les recherches pour retrouver le leader de la LRA, Joseph Kony. 


 

 « Nous ne savons pas encore si les Ougandais et les Américains vont partir, mais s’ils s’en vont, il n’y aura plus de forces de sécurité pour protéger les civils dans le sud-est de la RCA », a dit à IRIN Ledio Cakaj, un chercheur indépendant spécialiste de la LRA. 


« Il est peu probable que le nouveau régime de la RCA ait les capacités nécessaires pour assurer la sécurité dans une région située à environ 1 000 km de Bangui, comme cela était le cas avec le précédent gouvernement ». 


M. Cakaj a ajouté : « On ne sait pas comment M. Kony va réagir aux derniers développements, mais si l’on se base sur les anciennes attaques contre la RCA, on peut imaginer que les attaques de la LRA contre les civils vont s’intensifier en raison du manque de protection des populations civiles [si les forces ougandaises et américaines décident de partir] ».

 
Insécurité alimentaire 


L’insécurité, qui s’est accrue depuis décembre, a un impact sur les activités agricoles et commerciales, ce qui suscite des inquiétudes concernant la sécurité alimentaire. 

« À l’intérieur du pays, les gens ont besoin de semences et d’intrants pour préparer la saison agricole … Il faut relancer le commerce pour permettre aux gens d’accéder aux marchandises sur les marchés », a dit Mme Martin d’OCHA. 


Selon le rapport de situation publié le 28 mars par OCHA, « Les frontières avec tous les pays voisins ont été fermées, ce qui affecte directement l’acheminement des [marchandises] et des carburants depuis Douala, qui est le principal axe commercial et d’approvisionnement entre Bangui et le Cameroun ». 

 
La préparation des terres, qui aurait dû commencer en janvier, a pris du retard dans plusieurs endroits », a indiqué un rapport rendu public par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en mars.

  
« La situation de la sécurité alimentaire, qui était déjà alarmante … empire depuis décembre 2012, date à laquelle le conflit civil s’est intensifié », a ajouté le rapport, prévenant que la « situation devrait s’aggraver à nouveau jusqu’à la prochaine récolte, en juillet 2013, particulièrement dans le nord des régions de Nana-Grébizi, d’Ouham et de Vakaga ». 


« Il faut noter que, avant le début de la crise, les inondations survenues dans les préfectures de Nana-Gribizi, d’Ouham et de Vakaga avaient déjà affecté les activités agricoles », a dit à IRIN Alessandro Costantino, économiste au sein du Système mondial d'information et d'alerte rapide sur l'alimentation et l'agriculture de la FAO. 


Et la poursuite des inondations pourrait devenir problématique : « Chaque année, la RCA est touchée par des inondations pendant et à la fin de la saison des pluies, qui s’étend d’avril à octobre dans le Sud et de juillet à octobre dans le reste du pays », a-t-il dit. 

 

Les rebelles du Nord-Est

 
Les rebelles du Séléka sont en majorité originaires du nord-est du pays, une région agitée et « géographiquement isolée, historiquement marginalisée et presque sans présence de l’État », selon l’International Crisis Group (ICG). 


Parmi les éléments déclencheurs du coup d’État, l’« absence d’[une] solution au problème des groupes armés du nord-est de la RCA ; l’absence de programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) pour ces combattants ; et un système de sécurité paralysé », indique un message publié sur le blog de l’ICG le 27 mars.  


« Le désarmement des combattants est prévu depuis les accords de Libreville de 2008, mais il n’a jamais été mis en œuvre en raison du manque de volonté politique du régime de M. Bozizé », indique-t-il.

 

« Le temps est venu pour la coalition du Séléka, qui s’est emparé du pouvoir le weekend dernier, de montrer son attachement aux principes humanitaires et aux droits de l’Homme pour les Centrafricains »

 

Le dirigeant du Séléka, Michel Djotodia, s’est autoproclamé président après le coup d’État, et « s’il reste au pouvoir, il sera le premier président de la RCA originaire du Nord-Est isolé, négligé et à majorité musulmane », selon un message publié sur le blog African Arguments

 

M. Djotodia était le dirigeant des rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), qui ont rejoint les rebelles de la Convention Patriotique pour le Salut Wa Kodro (CSPK) et de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) pour former la coalition du Séléka. 


Le gouvernement de M. Djotodia prévoit de remettre le pouvoir à un président élu après une période de transition d’une durée de trois ans. Mais des défis commencent à apparaître, l’opposition critiquant la composition du nouveau gouvernement décidée par le Séléka le 31 mars, quelques jours seulement après la suspension de la Constitution et la dissolution de l’assemblée nationale de la RCA. 


Problèmes d’accès 



Aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes n’ont pas accès à l’aide humanitaire et aux services de base.

 
Selon l’UNICEF, les enfants sont parmi les plus touchés : environ deux millions d’enfants n’ont pas accès aux services sociaux de base et sont exposés à la violence. 


« Les enfants de la République centrafricaine étaient déjà parmi les plus vulnérables d’Afrique, même avant la récente montée des combats », a dit Manuel Fontaine, Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest, dans une déclaration du 29 mars. 

« Il est impératif d’avoir un accès total et sûr aux communautés affectées par le conflit. Avec chaque jour de plus perdu, chaque distribution empêchée, chaque fourniture humanitaire volée, davantage d’enfants pourraient mourir ».

 
M. Fontaine a ajouté, « Le temps est venu pour la coalition du Séléka, qui s’est emparé du pouvoir le weekend dernier, de montrer son attachement aux principes humanitaires et aux droits de l’Homme pour les Centrafricains ». 

Des besoins humanitaires urgents après le coup d’État en République centrafricaine

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com