Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:21

 

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs les journalistes ;

 

Deux évènements majeurs viennent de marquer la vie de notre pays en moins d’une semaine. Il s’agit de la formation du Gouvernement de transition et du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEEAC tenu à Ndjaména le 03 Avril. Nombreux sont ceux qui parmi vous, s’interrogent sur la position des organisations de la société civile concernant ces deux événements très importants de la vie nationale.

 

En effet, après la publication du décret portant nomination des membres du Gouvernement le 31 Mars 2013, des médias tant nationaux qu’internationaux ont relayé des contrevérités totalement inadmissibles pour nous, prétendant sans rire que seize (16) personnalités issues de la société civile font partie de ce Gouvernement. Les organisations de la société civile s’insurgent contre ces propos et mettent au défi ceux qui véhiculent ces mensonges de prouver les organisations d’origine de ces prétendus membres de la société civile. Par ailleurs, est-il tolérable que dans un pays où les femmes selon les statistiques officielles représentent 52% de la population totale du pays, elles n’héritent que de trois postes dans le Gouvernement sans tenir compte des critiques formulées à l’issue de celui formé le 03 Février ? En dépit de la gravité de la crise, le pays s’offre le luxe de former un Gouvernement de 34 membres qui n’obéit à aucun équilibre en dépit des assurances données avant la formation dudit Gouvernement.  Ce Gouvernement a trahi les Accords de Libreville et la devise de notre pays. Par conséquent, nous ne pouvons cautionner le retour au galop des pratiques abjectes unanimement condamnées par tous dans un passé récent.

 

S’agissant du Sommet extraordinaire de la CEEAC tenu à Ndjaména, les Chefs d’Etats et de Gouvernement ont pris la mesure de la gravité de la situation et ont décidé:

 

  1. Que les forces vives de la Nations élisent le Président de la République, le Président et le Vice-Président du Conseil National de Transition ;
  2. Que le Conseil National de Transition assurera outre les fonctions législatives traditionnelles celles d’un organe constituant chargé de rédiger la nouvelle Constitution de la République Centrafricaine ;
  3. Que le Bénin accueille le Président déchu s’il en formule la demande ;
  4. Qu’un prochain Sommet extraordinaire soit convoqué à Ndjaména pour prendre la décision politique qui respecte les principes, sauvegarde le peuple centrafricain et mette un terme au « désordre actuel » en RCA ;
  5.  Que les Ministres des affaires étrangères de la CEEAC portent ce message des Chefs d’Etats au Président Michel DJOTODIA.

 

Il convient de préciser que les Chefs d’Etats et de Gouvernements ont jugé impossible de reconnaitre le Chef de l’Etat autoproclamé. De plus, la transition devra durer entre dix huit et vingt et quatre mois.

 

Cette solution démontre la complexité du cas spécifique de la RCA que l’on ne peut comparer à d’autres situations. Elle témoigne clairement la volonté des Chefs d’Etats et des partenaires de la RCA de l’accompagner et d’éviter son isolement sur la scène internationale en cette période où elle a énormément besoin de l’appui de ses partenaires techniques et financiers.

 

Mesdames et messieurs, le souci d’asseoir une architecture institutionnelle pour donner de la lisibilité à la transition et renforcer la confiance des partenaires ne saurait occulter les défis titanesques sur le plan humanitaire et sécuritaire. Les organisations de la société civile centrafricaine pensent que l’on ne peut faire fi de la profondeur de la crise actuelle en réduisant simplement les objectifs des assises des forces vives à la seule élection des autorités de transition. Le Conseil National de Transition devra outre les fonctions d’organe législatif et constituant, désigner les membres de la Cour Constitutionnelle de Transition. L’urgence et la nécessité d’une conférence nationale souveraine s’imposent et se passent de tout commentaire si l’on veut donner une chance à ce pays de ne pas prendre le chemin peu recommandable de la Somalie. Elles réclament également le rétablissement sans délai de la communication sur l’ensemble du territoire national pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Elles exigent la cessation immédiate des tirs injustifiés, des pillages méthodiques et ciblés et le cantonnement effectif des éléments de la SELEKA ainsi que l’arrêt de la formation militaire desdits éléments. Pour préserver la paix et l’unité nationale, elles demandent instamment un profond remaniement du Gouvernement de transition constitué le 31 Mars 2013 en tenant compte des équilibres géopolitiques, du genre et en privilégiant la compétence avérée. Enfin, elles exigent la constitution urgente d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur les graves violations des droits humains et du droit international humanitaire sur les dix dernières années que le pays a connues.

 

A l’exception du Gouvernement, les organisations de la société entendent participer pleinement à tous les organes de la transition. Pour cela, elles exigent leur implication dans la préparation des travaux préparatoires.

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com