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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 16:47

 

 

 


La parole est facile, l'action difficile.


Le sujet qui nous amène à prendre notre plume pour rédiger cet article peut paraître à première vue futile et propre à ne pas attirer l'attention, pour ne pas susciter le débat.
 

En effet, dans un article intitulé «  Polémique autour du choix du représentant de la SANGHA » publié sur CENTRAFRIQUE PRESSE le 7 mai dernier, une polémique s'est engagée  avec la désignation de sieur Sony POKOMANDJI comme représentant de la SANGHA au sein du Conseil National de Transition. Cette désignation, si elle ne fait pas l'unanimité de la population que l'intéressé est censé représenter, pose un problème de fond très important, qui ne fait qu'illustrer le mode de gouvernance que le CENTRAFRIQUE a nourri de toutes ses forces à travers l'action de son « élite » politique.

 

En tous cas, sans arrière-pensée ethnique, monsieur MPOKOMANDJI ne jouit d'aucune légitimité à représenter une région dont il ne connaît la population que parce qu'elle fait partie du peuple centrafricain, une région dont il n'a aucune assise sinon le fait d'avoir passé une bonne partie de sa jeunesse à BERBERATI où il a fait ses études, ce qui ne lui confère pas le droit de prétendre représenter les populations voisines de cette ville. Lui-même le reconnaît en ses termes : 


« Mon choix de représenter cette préfecture au CNT a été fait par les autres anciens de cette localité, à savoir Laurent PAMPALI, député de Nola2, Atim Antoine de Bambio et René  Apndjo de Bayanga. »


Dans cette déclaration dont le non-sens se passe de commentaire pour illustrer à juste titre le non- sens des politiques menées jusqu'ici en CENTRAFRIQUE, l'on comprend clairement que si le choix était le sien, il n'aurait pas été choisi par d'autres. En termes plus clairs, il n'est pas à l'origine de son choix, mais ce sont d'autres  personnes, probablement celles qu'il cite, qui l'ont mis là où il se trouve. 

Pauvre CENTRAFRIQUE !

 
Ne voyons pas le tribalisme là où il ne se trouve pas. Soyons lucides. Les ressortissants de la SANGHA qui manifestent leur mécontentement d'être représentés par quelqu'un qui n'a aucune attache avec eux, ont parfaitement raison. Les membres du CNT auraient dû être des personnalités très représentatives des entités qu'ils incarnent.


Au moment où le CENTRAFRIQUE vit des heures douloureuses de son histoire, tout le monde  s'accorde à ne pas se laisser envahir, dominer par des forces extérieures. C'est une attitude normale, humaine. Tout comme on ne peut pas accepter que deux ou trois personnes se mettent ensemble pour décider à la place et du sort d'un groupe beaucoup plus large, l'on ne peut pas accepter que le pays continue d'être dirigé par un groupe de copains qui 
s'entendent pour faire ce qu'ils veulent.


L'on avait reproché à BOZIZE de s'être entouré de ses enfants, de ses proches et de ses « épouses » pour diriger le pays. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on appuierait toute tentative visant à mettre en place une équipe d'amis dont la mission est de perpétuer cette désastreuse politique, qui n'a fait qu'appauvrir davantage, encore et encore le pays.

KOLINGBA est arrivé au pouvoir sans le RDC. BOZIZE est devenu Président sans le KNK. L'un  et l'autre ont mis en place et organisé leur structure politique avec l'aide de leurs amis, de leurs parents puis de leurs partisans. Cela, une fois qu'ils étaient au pouvoir.


L'homme fort aujourd'hui à BANGUI est arrivé au pouvoir sans une structure politique. 
Nous parions que d'ici peu, si l'idée n'a pas encore effleuré son esprit, il aura vite fait de la mettre en place. Et dans cette perspective, nous gageons qu'une bonne partie desmembres du CNT seront les futurs hommes politiques (ministres ou députés de cette structure) demain. Au passage il faut signaler qu'il n'y a que ceux qui ne veulent pas voirplus loin que le bout de leur nez, pour comprendre que les accords de LIBREVILLE auront été passés à la trappe, et que les acteurs politiques d'aujourd'hui auront trouvé les perches qu'il faudra pour sauter les barrières de ces accords.


Ce que nous voulons dire en défendant les ressortissants de la SANGHA qui s'opposent au fait d'être représentés par quelqu'un qui ne relève pas de leur choix, c'est tout simplement que monsieur Sony MPOKOMANDJI et monsieur Laurent PAMPALI en l'occurrence,  sont des hommes dont le passé politique est lourd d 'expériences. Ils ont plus d'une  trentaine d'années d'activité politique derrière eux. Monsieur PAMPALI jouit d'une implantation politique régionale affirmée, ce qui n'est pas le cas de monsieur MPOKOMANDJI. Alors, d'où vient l'idée de se trouver ainsi parachuté dans une région où plus d'un ressortissant pouvaient valablement se prévaloir d'un tel privilège ? 

Le parachutage politique existe dans les pays où la démocratie est très avancée et où les 
partis politiques ont une implantation nationale. Ce qui explique pourquoi ce procédé est 
possible et pose moins de problèmes. (Chacun sait les débats que cela pose parfois). 
Dans un pays comme le CENTRAFRIQUE, où le MLPC et le RDC, partis politiques majeurs, n'ont même pas leur siège dans chaque chef-lieu de préfecture, il faut comprendre la réaction des populations qui pensent être les dindons de la farce du théâtre politique centrafricain, tellement elles en sont éloignées.


Entrer en politique et être un homme politique, c'est d'abord se munir de beaucoup de courage et avoir de l'ambition, car faire de la politique sans ambition, c'est un peu décider de vouloir éternellement tourner en rond dans le trou politique qu'on se sera creusé.

Avec un peu plus de trente années de carrière politique comme l'ont cumulé messieurs PAMPALI et MPOKOMANDJI, dans d'autres pays, ce seraient des hommes politiques aguerris,  animés d'une autre ambition. Ce seraient des hommes présidentiables sans le moindre  doute, et qui donc viseraient des fonctions beaucoup plus importantes. Malheureusement  comme cela est bien connu, en CENTRAFRIQUE, une fois qu'on a fait son lit, on se couche. 


Et on se couche, quand bien même on ne serait pas fatigué et qu'on n'aurait pas sommeil.

Et à cause de ce comportement, de ce manque d'ambition, on ne peut plus s'étonner de voir arriver au pouvoir des hommes sortis de l'ombre, des acteurs dont il faut chercher longtemps et ailleurs le parcours.



Adolphe PAKOUA

CENTRAFRIQUE : QUI DOIT REPRESENTER QUI ? par Adolphe Pakoua

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