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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 23:43

 

 

 

 

 

LE MONDE | 24.09.2013 à 12h05 • Mis à jour le 24.09.2013 à 17h07 | Par Nathalie Guibert

 

La France espère qu’une résolution de l’ONU autorisant une force militaire multinationale à intervenir pour sécuriser la République centrafricaine sera prête à la fin du mois d’octobre. Depuis la mi-août, des officiers français épaulent les états-majors de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (Ceeac) pour que ces organisations régionales portent un « concept d’opération » crédible. « La France est prête à un soutien opérationnel, mais elle ne prend par l’initiative », avait rappelé Jean-Yves Le Drian le 22 septembre.

 

Le ministère de la défense estime cependant qu’il y a urgence. A Paris, plusieurs options militaires ont été mises sur la table. L’une, la plus immédiate, consisterait à faire passer le contingent français en RCA de 450 soldats actuellement à environ 1 200, pour une opération de sécurisation rapide menée certes sous mandat de l’ONU, mais de façon autonome par la France. La deuxième serait de porter la force actuelle à quelque 750 soldats ; dans cet étiage évoqué par le président François Hollande, le contingent français aurait le rôle de force d’appui à la Mission internationale de soutien à la RCA (Misca), déjà en place dans le pays avec 1 300 soldats camerounais, congolais, gabonais et tchadiens.

 

La dernière option, prévue sur un temps plus long, maintiendrait l’effectif à 450, faisant du contingent français une force de réaction rapide susceptible de monter en puissance en cas de besoin. L’intervention est justifiée par le fait que le pays, victime de la prédation généralisée de chefs de bande, sombre. Ses fonctionnaires ne sont plus payés, l’Etat ne perçoit plus aucune taxe et 80 % du commerce des diamants centrafricains seraient passés aux mains de chefs de guerre. La montée d’affrontements confessionnels entre musulmans et chrétiens ajoute aux inquiétudes.

 

LE TEMPS JOUE CONTRE LA FORCE FRANÇAISE

 

La « transition » politique à Bangui étant un rêve lointain, Paris veut éviter que cet Etat fantôme ne se transforme en Etat failli au coeur même de l’Afrique francophone « Nous ne voulons pas d’un trou noir au milieu d’Etats, le Cameroun, le Tchad, le Congo, qui ont eux-mêmes des fragilités ou vont entrer en transition », indique un officiel sous couvert d’anonymat.

 

Une autre raison pousse à une action rapide : le temps joue contre la force française en RCA.« La posture de nos forces ne peut rester dans ce statut de manière durable« , a indiqué M. Le Drian début septembre. Depuis 2002, l’opération « Boali » de soutien à la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (Micopax), montée au départ par les Etats d’Afrique centrale, a peu évolué dans son objectif, l’instruction opérationnelle. Devenue Misca, sous l’égide de l’UA, cette force régionale est sous-dimensionnée. Après la chute du président François Bozizé en décembre 2012, Paris avait envoyé des renforts au nom de la protection des ressortissants français. Il s’agissait de tenir l’aéroport, de garder l’Institut Pasteur ainsi que les principaux lieux d’habitation, mais aussi, en cas de besoin, d’aller extraire des personnes menacées sur le territoire. Beaucoup de ressortissants ont, depuis, quitté la RCA.

 

Par ailleurs, le nouvel accord de coopération de défense signé en 2010 avec Bangui ne comporte plus de clause de soutien automatique en cas d’atteinte à la sécurité du pays. La dernière opération militaire menée dans ce cadre avait été décidée par Jacques Chirac en 2006 ; les paras français avaient sauté sur Birao en aide aux forces armées centrafricaines menacées par des rebelles.

 

 DES BANDES CRIMINELLES

 

Coincé sans mandat, le contingent français est donc en situation de risque à court terme, estime-t-on à Paris : sa crédibilité et sa légitimité s’érodent. Il pourrait être accusé d’inaction face à un éventuel crime de masse commis par la Séléka. Il peut en outre être placé dans la situation inconfortable de faire du maintien de l’ordre, comme ce fut le cas, fin août, quand près de 5 000 habitants de Bangui menacés par la Séléka se sont réfugiés à l’aéroport.

Le nombre de miliciens se réclamant de la Séléka est estimé à 5 000 dans la capitale, et à 15 000 en brousse. Selon l’UA, 80 % d’entre eux sont des étrangers venus des pays voisins. Mais ces bandes sont avant tout criminelles et elles ont déjà beaucoup pillé : Paris fait l’analyse que ce « banditisme d’opportunité » se dispersera rapidement face à une force militaire. Le coeur de la Séléka serait, lui, constitué d’environ 500 combattants.

 

Un « coup de balai » est donc jugé possible pour rétablir la sécurité, avec une opération circonscrite aux zones vitales pour l’économie de la RCA. Les forces seraient concentrées sur la capitale Bangui et les principales villes de la moitié ouest du pays. Elles devront aussi dégager les deux principaux axes routiers qui relient Bangui au Tchad par Bossangoa, et au Cameroun par Bouar. Ces voies sont aujourd’hui bloquées par des miliciens.

 

Ces plans dépendront des capacités de la force africaine, que Paris veut mettre en avant. L’objectif affiché par l’UA de mobiliser 3 600 hommes semble très difficile à atteindre. Le Tchad a promis 400 hommes de plus, les trois autres pays de la Misca annonçant vouloir porter leur contingent au format de 850. Il faudra d’autres contributeurs.

 

 

Que se passe-t-il en Centrafrique ?

 

Par Charles Carrasco

 

le 24 septembre 2013 à 21h04

 

3’CHRONO - La sécurité n’est plus assurée dans le pays. La France va demander une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

 

L'INFO. Il y a urgence, selon François Hollande. Le président français a lancé mardi à l'ONU un "cri d'alarme" sur la situation en Centrafrique, réclamant un soutien financier et logistique à la force panafricaine présente sur place. Sur le terrain, la situation est de plus en plus chaotique. Explications.

 

Qui dirige aujourd’hui la Centrafrique ? Ce pays, coincé entre le Tchad au nord et le Soudan à l’Est, est, en effet, en train de sombrer depuis plusieurs mois dans le "chaos". La faute à une instabilité politique chronique. Le 24 mars, le président François Bozizé, arrivé lui-même au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, a été renversé par les rebelles de la Séléka. Ces hommes étaient dirigés par Michel Djotodia qui s’est autoproclamé président de transition.

 

Qui sont les rebelles ? La coalition Séléka, groupe hétéroclite de rébellions et de groupes armés, compte environ 25.000 combattants, dont 20.000 ralliés "de la dernière heure" au moment de la prise de Bangui, la capitale. Ces miliciens seraient près de 5.000 à Bangui et 15.000 dans la brousse. 80% d’entre eux seraient des étrangers venus des pays voisins, selon l’Union africaine. Ils sont, dans l’immense majorité, des musulmans dans un pays à 80% chrétien. S’il existe des infiltrations islamistes, "il ne s'agit pas d'un combat pour l'Islam", affirmait Philippe Hugon, spécialiste de l’Afrique, interrogé par Europe1.fr.

 

Mais depuis plusieurs mois, les exactions -pillages et violences- se multiplient. Par ailleurs, l’appareil d’Etat est lui aussi vacillant : les fonctionnaires ne sont plus payés, aucune taxe ne rentre dans les caisses de la Centrafrique et les fruits du commerce des diamants -une des grandes ressources du pays-, iraient directement dans les poches des chefs de guerre. Dans ce contexte, le président Djotodia a été récemment contraint de dissoudre la coalition Séléka qui l'a portée au pouvoir. "Tous ceux qui vont continuer à se réclamer de ces entités seront considérés comme des bandits", a-t-il affirmé.

 

Un drame humanitaire ? Pour l’instant, cette dissolution a eu peu d’effets sur le terrain. La terreur continue de régner. Selon l’ONU, 1,6 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, a besoin d'une aide humanitaire d'urgence, plus de 270.000 ont été déplacés ou se sont réfugiés dans les pays voisins. Jusqu'ici, les autorités de transition ont été incapables de mettre fin aux violences. L'appel pour sortir la Centrafrique du chaos "ne suscite que des contributions désespérément insuffisantes", a déploré mardi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. "L'ordre public s'est effondré" dans le pays, a-t-il souligné lors du discours d'ouverture de la 68e assemblée générale de l’ONU. En déplacement à Bamako, le président Hollande avait parlé de "femmes victimes de viols", "d’enfants déplacés, perdus", "les villages anéantis". La peur d’une "somalisation" du conflit inquiète donc la plupart des acteurs politiques et humanitaires.

 

Quelles solutions envisagées ? La France est en première ligne dans ce dossier. Lors de l’Assemblée générale de l’ONU, François Hollande entend plaider en faveur, dans un premier temps, de l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité renforçant le mandat de la force panafricaine déployée sur le terrain sous l'égide de l'Union africaine (Misca). Celle-ci est une force panafricaine, militaire et policière pour l'essentiel, composée pour l'heure de 1.400 hommes -Camerounais, Congolais, Gabonais, Tchadiens. Ses effectifs doivent à terme atteindre 3.600 hommes, mais leur déploiement traîne en longueur. Dans un deuxième temps, Paris espère faire voter une résolution qui transforme cette force en "opération de maintien de la paix" et serait prête "si nécessaire" à porter ses effectifs militaires à 700 où 750 hommes, contre 450 actuellement.

 

A défaut d'une résolution du conseil de sécurité, la France pourrait demander à d'autres institutions, comme l'Union européenne, de financer cette opération, considérée par Paris comme "une opération de la dernière chance de sauver ce pays du chaos". Mercredi, une réunion ministérielle est prévue à New York, co-présidée par la France, l'ONU et l'Union européenne, à laquelle doivent participer des représentants de l'Union africaine (UA), des Etats-Unis et des pays voisins de la Centrafrique.

 

Centrafrique: Hollande lance un cri d'alarme


NEW YORK AFP / 24 septembre 2013 19h23 - Le président français François Hollande a lancé mardi à l'ONU un cri d'alarme sur la situation en Centrafrique, réclamant un soutien financier et logistique à la force panafricaine présente sur place.


Dans un discours devant l'assemblée générale de l'ONU, M. Hollande a demandé que le Conseil de sécurité des Nations unies donne un mandat et accorde un soutien logistique et financier à cette force dont la première mission sera de rétablir l'ordre.

Nous devons mettre un terme aux exactions, qui prennent également des formes confessionnelles, a-t-il ajouté. 


Le chaos s'est installé et les populations civiles en sont les premières victimes, a-t-il déploré.

L'anarchie règne en RCA depuis la prise du pouvoir en mars par une coalition rebelle, la Séléka, dont le chef Michel Djotodia s'est autoproclamé président. Les associations de défense des droits de l'homme accusent les ex-rebelles de nombreuses exactions contre la population et la situation humanitaire se dégrade.


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Centrafrique : les scénarios du soutien militaire français pour dégager les routes et sécuriser les villes

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