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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 18:22

 

 

 

 

BANGUI (AFP) - 06.10.2013 11:24 - Par Michel CARIOU

 

"On confisque tout, c'est les ordres": l'adjudant-chef major Bediang, de la force africaine en Centrafrique, supervise les fouilles systématiques des civils et des véhicules à la sortie nord de Bangui. menée par ses hommes à la recherche d'armes.

 

"On confisque tout, c'est les ordres": l'adjudant-chef major Bediang, de la force africaine en Centrafrique, supervise les fouilles systématiques des civils et des véhicules à la sortie nord de Bangui, menée par ses hommes à la recherche d'armes.

 

Un transport de troupes blindé en travers de la chaussée au PK-12, sur la route menant au Cameroun, marque le poste de contrôle. Les soldats camerounais, congolais et gabonais fouillent tous les piétons, taxis et camions qui entrent et sortent de la ville.

 

"On cherche des armes", explique l'adjudant sous la pluie. La force africaine a désormais pour mission de neutraliser les hommes en armes dans la capitale, livrée au chaos dans les mois qui ont suivi la prise du pouvoir en mars par les ex-rebelles du Séléka, devenus d'impitoyables pillards.

 

Les militaires ont découvert un homme muni d'un arc et d'un carquois garni de flèches. En bredouillant, il explique qu'il est garde à l'ambassade du Nigeria et qu'il doit avoir son arc. "Son arme de service devait rester au travail", maugrée un soldat congolais. "On confisque", tranche l'adjudant.

 

Pendant ce temps, un pick-up transportant des hommes en uniformes dépareillés a franchi le barrage sans s'arrêter. "On trouve des armes mais ce n'est pas simple", explique le sous-officier, conscient que les arcs et les couteaux ne sont pas la cible prioritaire, mais bien les kalachnikov et les lance-roquettes présents en masse dans la capitale, aux mains de combattants.

 

Officiellement la décision du président Michel Djotodia de dissoudre la coalition Séléka a clarifié la situation: tous ceux qui ne font pas partie des forces de sécurité doivent être désarmés. Mais sur le terrain, il en va tout autrement: une partie des combattants Séléka a en effet été intégrée dans les nouvelles forces armées.

 

"Opération de dépollution"

 

"Là, c'est Séléka intégré" dans l'armée, désigne Octave, chauffeur de taxi, en montrant un pick-up bondé d'hommes en armes qui roule sur le "boulevard poussière".

 

Un peu plus loin, un autre pick-up, chargé d'hommes armés, arborant une tête de mort sur la portière et une devise: "Dangereusement. Votre respect". "Eux, c'est ex-Séléka", dit Octave. Donc en principe devant être désarmés. Seule différence apparente censée les différencier: un béret pour les forces régulières.

 

Il y a aussi les "indéterminés", dont personne ne sait vraiment de quelle catégorie ils relèvent. Dans les quartiers, on trouve également des "ex-FACA" (Forces armées centrafricaines) qui ont gardé armes et uniformes à la chute du régime de François Bozizé.

 

Désormais s'y ajoutent les "FACA retour", anciens militaires en voie de réintégration dans la nouvelle armée.

 

"C'est une mission très difficile", explique le porte-parole de la Force africaine, le commandant Eyi Ngui: "on ne sait pas combien il y a d'armes, ni le nombre d'hommes à désarmer".

 

Sous couvert d'anonymat, un officier supérieur africain ajoute: "tout le monde sait que la paix est précaire ici. Les chefs militaires ne vont pas rendre leurs armes volontairement et ils ont eu tout le temps de les cacher" dans Bangui.

 

De surcroît la force africaine ainsi que la police et la gendarmerie centrafricaines doivent lutter contre un nouveau fléau: la petite délinquance est passée à la criminalité armée, après avoir récupéré des armes de guerre. "Ce phénomène n'existait pas jusqu'à récemment", relève un diplomate en poste à Bangui.

 

Pourtant, les Banguissois apprécient "l'opération de dépollution", nom donné par la force africaine au désarmement. Les tirs deviennent rares la nuit et les habitants reprennent l'habitude de sortir dans la soirée.

 

"C'est bien, ce qu'ils font", dit Odilon, qui a installé son étal de médicaments à côté du barrage du PK-12: "Avec eux, il n'y a pas de désordre. On ne veut plus de tous ces gens qui se promènent avec des armes. Qu'ils (la force africaine) aillent maintenant dans les quartiers", au fond de ces allées boueuses et défoncées sans électricité où aucune force ne s'est jusque présent aventurée.

 

© 2013 AFP

Centrafrique: le casse-tête de la force africaine à Bangui
Centrafrique: le casse-tête de la force africaine à Bangui

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