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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 01:00

 

 

 

 

 

Devant l’insupportable accélération des massacres à Bangui et dans les villes de province centrafricaines, le Collectif des Oubanguiens se déclare solidaire de toutes les victimes et présente ses condoléances et sa compassion à toutes les familles éprouvées ainsi qu’au petit peuple centrafricain en souffrance qui se demande pourquoi tout ce malheur leur arrive ! C’est pour les aider à comprendre et aussi pour leur donner quelque raison d’espérer que le Collectif des Oubanguiens leur livre cette analyse et les présents documents.

 

Après dix ans d’un régime dictatorial et cynique responsable de nombreux assassinats, d’exactions en tous genres, de détournement massif des deniers publics et surtout de la paupérisation avancée du pays, le petit peuple centrafricain avait approuvé la chute de Bozizé sans se douter du grave danger que représentait pour lui la main mise de la Séléka sur son pays. Le pire était à venir ! Les faits sont implacables et ont bien plus de poids que les promesses politiques.  Alors quels sont les faits ?

 

Fait  n°1) - LA LETTRE DE DJOTODIA  à la Conférence Islamique de Djeddah (Arabie Saoudite) en avril 2012.

 

Dans cette lettre, Djotodia expose clairement ses projets politiques, à savoir :

  1. Créer un Etat islamique pour les Musulmans d’Afrique Centrale, soit en s’emparant de la République Centrafricaine, soit en créant un territoire autonome avec le Darfour, le nord de la RCA et le sud-est du Tcahd. (On sait aujourd’hui que c’est la première option qui l’a emporté) !
  2. Instaurer la charia à la place de la constitution, et établir comme fêtes nationales les fêtes religieuses de l’Islam.
  3. Faire une place plus importante aux musulmans dans l’appareil d’Etat et dans le pays.
  4. Aider ses frères musulmans à renverser le Président Idris Déby.

 

Fait n°2) _La profanation et le pillage des églises chrétiennes : une discrimination religieuse programmée et imposée.

 

Comme cette lettre était adressée à la Conférence islamique pour obtenir de l’aide, Djotodia insiste lourdement sur une opposition chrétiens-musulmans, comme si, en Centrafrique comme au Tchad, tout ce qui n’est pas musulman est chrétien, et tout ce qui est chrétien est antimusulman ! Quiconque a vécu en Centrafrique sait qu’il n’y a jamais eu d’agressions contre les communautés musulmanes, au motif de la religion, de la part de la population majoritairement chrétienne de Centrafrique ! Dans une même famille, on trouve aussi bien des musulmans que des chrétiens de diverses obédiences (catholique,protestante, témoin de Jéhovah, kibanguiste, etc.), chacun pratiquant librement sa religion  en toute quiétude !

 

Le fait que la Séléka a détruit ou pillé systématiquement les églises chrétiennes et commis des exactions brutales et humiliantes sur la personne de prêtres et évêques chrétiens, était donc prémédité et planifié par Djotodia. La guerre des religions que nous n’avons jamais connue, ni voulue, ni choisie nous sera bel et bien imposée par Djotodia. Nous disons à nos compatriotes musulmans que nous ne tomberons pas dans le piège de la guerre des religions de Djotodia.

 

Fait n°3) - Une islamisation agressive préméditée, programmée et déjà commencée par la destruction des archives d’Etat-civil.

 

Partout où elle passait, la Séléka a systématiquement détruit les mairies et les archives d’état-civil. Pourquoi ? En lisant la lettre de Djotodia, on comprend qu’il avait prévu de faire venir en Centrafrique de nombreux « frères musulmans » du Tchad et du Darfour à qui il distribuera des pièces d’identité centrafricaines. Ainsi, le pourcentage des musulmans qui, selon Djotodia,  est seulement de 3% en RCA (12% si on y ajoute le Tchad),  sera bien plus élevé au moment des élections à venir. Sans archives d’état-civil, il sera quasiment impossible de prouver que telle ou telle personne est ou n’est pas Centrafricain. La fraude électorale commence déjà dès avant le recensement de la population.

 

Fait n° 4) – L’abolition de la constitution centrafricaine pour faire la place à la charia.

 

La Constitution centrafricaine du 27 décembre 2004, est excellente aux yeux des Centrafricains et de tous les Démocrates. C’est pourquoi, elle a été âprement défendue par les Centrafricains (notamment le Collectif « Touche pas à ma constitution ») lorsque Bozizé a voulu la modifier afin de pouvoir se représenter une troisième fois aux élections présidentielles. Voilà qu’à peine arrivé, Djotodia s’empresse de  l’abolir ! Pourquoi ? Pour pouvoir la remplacer par la charia lorsqu’il s’agira de proposer une nouvelle constitution à la RCA.  Pour donner une allure démocratique à son projet, Djotodia entend faire adopter la charia par référendum. Un peuple terrorisé  acceptera tout ce que vous voulez. Les viols, les vols, les pillages, les tueries, les multiples exactions qui perdurent encore aujourd’hui n’ont pas d’autres buts que de terroriser la population afin que celle-ci ait tellement peur qu’elle ne puisse pas refuser quoi que ce soit à Djotodia ! Le Conseil National de la Transition n’a pu faire autrement que d’habiller d’un semblant de légitimité le désormais « élu » président de la République pour la Transition.

 

Fait n° 5) Les promesses de Djotodia n’engagent que ceux qui y croient.

 

Dans sa lettre, Djotodia reconnait qu’il « a fait le malin »(sic) en signant les accords de Libreville. Aujourd’hui, fait-il encore le malin en déclarant à Louis Michel, envoyé spécial de l’OIF, qu’il ne se présenterait pas aux élections présidentielles prévues pour la fin de la transition dans dix-huit mois au plus tard ? Il convient de rappeler que tous les putschistes centrafricains ont promis « remettre le pouvoir » dans les six mois et qu’ils sont restés accrochés au pouvoir pendant au moins dix ans (Bokassa 1966-1979, Kolingba 1982-1993, Bozizé 2003-2013)! Alors on verra bien si Djotodia est le nouveau Toumani Touré de Centrafrique !

 

Djotodia a déclaré par ailleurs qu’il entend faire de la RCA un Etat laïc  où chacun pourra pratiquer sa religion en toute liberté ! Cette  promesse est en totale contradiction avec les gestes posés jusqu’ici qui vont dans le sens d’une islamisation accélérée de la RCA conformément à son projet politique exposé dans sa lettre à la Conférence islamique de 2012.  C’est pourquoi, ceux qui s’imaginent que Djotodia va vraiment faire de la RCA un Etat laïc respectueux de toutes les religions font l’autruche seront les dindons de la farce ! En réalité, Djotodia fera encore « le malin » jusqu’à ce qu’il soit totalement et pleinement reconnu par la Communauté Internationale, passage obligé pour  recevoir tout l’aide dont il aura besoin pour asseoir sa vraie politique.

 

Le peuple centrafricain qui est un peuple pacifique ne veut pas de guerre civile, mais il sera obligé de courber l’échine et de faire la queue pour aller à l’abattoir ! Il y a cent ans, les Oubanguiens Bale Ngbake de Bambari et Kalinou de Berbérati se sont alliés pour déclencher ce que les historiens ont appelé la guerre de « Kongowara » (manche de houe). Les Oubanguiens, réduits en esclavage par les compagnies concessionnaires à qui la France avait livré le pays, n’ont eu d’autres choix que de se révolter avec les manches de houe pour seuls armes contre des gens armés de fusils. Leur lutte inégale et dérisoire a cependant obligé la France à mettre fin au pouvoir des compagnies concessionnaires et à administrer directement ses colonies. Et c’est ainsi que le territoire de l’Oubangui-Chari a reçu le gouverneur Félix Eboué de Guyane pour l’administrer et apporter un peu plus d’ordre et d’humanité dans la gestion du pays ! Cette histoire qui est notre histoire et notre patrimoine centrafricain doit nous inspirer ! Nous devons organiser la résistance et rejeter toutes formes d’oppression. Et puisque nous n’avons que notre plume comme arme, nous devons faire savoir partout notre souffrance et notre indignation devant le plan machiavélique de Djotodia et l’intolérable oppression de la Séléka.

 

Fait n°6) – Le Conseil National de la Transition.

 

Le Conseil National de Transition est un organe imposé à Djotodia par la Communauté internationale. Il aurait pu être une émanation véritable du peuple si une Conférence nationale souveraine avait voté ses membres. Djotodia a encore « fait le malin » en faisant semblant d’accepter les exigences de la Communauté internationale. Il s’est empressé de mettre sur pied un CST truffé de ses partisans. Il a fallu la résistance farouche de la Société Civile et de la Diaspora, le 10 avril dernier, pour qu’il jette du lest et accepte un CNT de 105 membres, une côte mal taillée qui comprend de vrais élus du côté de la Société Civile et de la Diaspora et des personnes nommées par le régime. Par respect pour les élus membres du CNT, nous pouvons reconnaître que cet organe est une avancée positive vers la démocratie. Mais le contexte dans lequel il est contraint de travailler lui enlève toute liberté de manœuvre, en raison de l’omniprésence oppressante de la Séléka. Le CNT ne peut pas faire autrement que d’accéder aux quatre volontés de Djotodia. Sans surprise, il l’a acclamé président de la République sans vote. Et bientôt, si rien n’est fait,  il acclamera aussi l’instauration de la charia comme nouvelle constitution centrafricaine !

 

Notre Appelàla Communauté internationale.

 

Nous présentons nos compliments et rendons hommage à la Communauté internationale (CEEAC, UA, UE, France et Etats-Unis) qui a refusé de reconnaître un président autoproclamé.  Nous espérons que la sagesse, la clairvoyance et la vigilance dont elle a fait preuve l’amèneront à ne pas s’empresser de reconnaître  le président prétendument « élu » d’un régime de terreur qui inflige à la population civile tant de souffrances gratuites ! En contrepartie de la reconnaissance internationale, il faut exiger une véritable avancée démocratique dans le pays manifestée par le retour immédiat de la sécurité protectrice des populations civiles et la tenue d’assises nationales souveraines pour la refondation de la République Centrafricaine sur des bases saines.

 

L’acclamation de Djotodia président par le Conseil National de Transition n’a rien d’une élection en bonne et due forme qui serait issue d’une conférence nationale souveraine rassemblant toutes les forces vives de la Nation sans exclusive ni quotas où plusieurs candidats seraient libres de se présenter! Il s’agit là d’un ajustement technique pour répondre aux exigences de la Communauté internationale. Nous demandons à la Communauté internationale de ne pas se laisser abuser par cette mascarade et de soutenir notre appel vibrant pour que :

               

  • 1) les soldats de la FOMAC et les soldats français présents en Centrafrique participent à la protection immédiate de la population civile et au désarmement de la Séléka sur toute l’étendue du territoire, afin d’assurer un retour rapide à la paix.
  • 2) durant la transition, ces mêmes forces encadrent la reconstitution de l’armée nationale centrafricaine sur la base de ce qui reste des Forces Armées Centrafricaines (FACA).
  • 3) une conférence nationale souveraine soit organisée afin de :
    • procéder à une élection véritablement libre et démocratique du Président de la République pour la transition parmi plusieurs candidats, 
    • restaurer la constitution du 27 décembre 2004 et
    • mettre en place les autres institutions politiques du pays (le CNT n’étant pas remis en cause) en vue de la préparation des élections présidentielles dans un an, (en  2014).

 

Nous exprimons notre haute considération, notre gratitude et notre profond respect pour la Communauté internationale impliquée dans la résolution de la crise centrafricaine.  Son soutien est déterminant pour mettre fin aux souffrances du peuple centrafricain et  lui redonner espoir !

 

 

Pour le Collectif des Oubanguiens,

 

Marcel Diki-Kidiri

 

Conseiller spécial

CENTRAFRIQUE : LA PESTE CHASSANT LE CHOLÉRA par Marcel Diki-Kidiri

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