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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 22:16

 

 

 

 

Par Gaëlle Laleix  RFI 5 juin 2013

 

La République centrafricaine entend décréter un moratoire sur l'exploitation de diamants. Le gouvernement porté au pouvoir par la rébellion du mouvement Seleka, souhaite prendre plusieurs mesures afin de moraliser ce secteur.

 

La Centrafrique va décréter un moratoire sur l'exploitation et la vente de diamants. Le président, Michel Djotodia, l'a annoncé mardi 4 juin, lors d'un entretien avec l'AFP. Le gouvernement arrivé au pouvoir en mars, après un coup d'Etat de la coalition rebelle Seleka, veut moraliser le secteur. Depuis le mois dernier, la Centrafrique a été suspendue du processus de Kimberley, un système international de certification des diamants bruts.

 

« Nous invitons le processus de Kimberley et tous les autres acteurs qui le souhaiteront, y compris les ONG, afin que nous puissions avec leur concours faire évoluer la situation le plus vite possible », a déclaré le président centrafricain, Michel Djotodia.

 

Plusieurs mesures devraient donc être instaurées prochainement. D'abord une bourse de diamants centralisée sera créée. Elle devrait être construite sur le modèle de celle du Ghana, avec pour objectif d’assurer ainsi la sécurité des diamants et des particuliers.

 

Ensuite, toutes les devises importées par les entreprises de diamant devront passer par un système bancaire officiel. Les paiements en espèces n’auront plus cours. Chaque négociant doit être payé à travers ce système bancaire. Les contrôles devraient également être renforcés à travers des organismes de surveillance de l'Etat et la nomination d'inspecteurs.

 

 

Des inspections « indépendantes » et aléatoires seront encouragées dans les sociétés qui font le commerce de diamants, afin d'assurer la conformité aux normes du processus de Kimberley.

 

Un secteur opaque

 

Difficile de mesurer la part des diamants dans l'économie centrafricaine, car leur gestion est très opaque. Le président Michel Djotodia estime toutefois que « l'industrie du diamant fait vivre 900 000 concitoyens, qui vont être les premières victimes de la suspension » du processus de Kimberley.

 

Selon un rapport d'International Crisis Group, daté de décembre 2010 et intitulé De dangereuses petites pierres, « la mainmise du gouvernement sur le secteur du diamant renforce son pouvoir et favorise l'enrichissement d'une minorité ».

 

Dès 2003, en raison de la corruption ambiante, la plupart des compagnies minières quittent la Centrafrique. En 2008, l'exploitation se fait surtout de manière artisanale et informelle. L'ONG estime qu'entre 80 000 et 100 000 mineurs creusent aujourd'hui de manière anarchique. Ils vendent ensuite leur production à des intermédiaires étrangers, qui les revendent aux comptoirs d'exportation.

 

Instabilité politique

 

Le secteur primaire centrafricain représente aujourd'hui plus de la moitié du PIB du pays. Il a connu une croissance de 4% en 2011, principalement grâce à l'agriculture et à la production de bois. Le secteur minier lui, ne représente que 2% du PIB centrafricain. Il manque cruellement d'investissements, que l'instabilité politique rend difficiles.

 

Dans le classement de la Banque mondiale sur le climat des affaires, la République centrafricaine figure à l'avant-dernier rang. Malgré les remous politiques, la République centrafricaine a su maintenir sa croissance à 4,2% en 2012. Avant le coup d'Etat, la Banque africaine de développement tablait sur une croissance de 4,6% pour 2013.

Centrafrique: l’industrie diamantaire, un secteur opaque

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