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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 03:22

 

 

 

 

 

 

Source :  http://www.afrikaweekly.com   18 AVRIL 2013 15 H 02 MIN

 

 

 

Depuis le 24 mars 2013, des voix et non des moindres qui incarnaient la Séléka dans sa marche sur Bangui se sont tues. Parmi elles, celle d’Eric Néris Massy, l’un des portes paroles de la rébellion, ce qui a d’ailleurs prêté à supputation. Mais, loin s’en faut. Aux questions de la rédaction, Néris arrondit les angles du dispositif fonctionnel de la Séléka, donne sa lecture de la tournure qu’a pris le changement, lève l’équivoque sur les soupçons de glissement islamiste de la Séléka et, plus que jamais optimiste, il parie pour la réinstauration de la confiance entre le peuple et le nouveau pouvoir.

 

Bonjour Neris Massi, Pourriez-vous  vous présenter brièvement à nos lecteurs ?

 

Je suis Eric Néris Massi, fils de Denise Néris, beau fils de Charles Massi. Je suis né à Bangui en 1972 – ma mère est née en 1950 à Bambari.  Je suis un militant du FODEM (Forum démocratique pour la modernité), le parti que nous avons fondé en 1998, en France où j’ai passé une vingtaine d’années. Et  j’étais donc le porte-parole de la rébellion séléka pendant son avancée sur Bangui.

 

A un moment donné de la progression Séleka, on avait l’impression que la coalition avait trois portes paroles  dont vous-mêmes. Aussitôt  après le 24 mars vos sorties médiatiques se  sont faites rares, vous n’êtes pas entré au gouvernement ni au CNT, tout porte à croire qu’il y a  une dissension interne, qu’en dites-vous ?

 

Vous savez que séléka est une coalition, j’étais le porte-parole à l’international, il y avait sur le terrain, le porte-parole militaire en la personne du colonel Narkoyo. Puis, M. Gazam-Betty était le porte-parole à Libreville aux côtés de Florian Ndjadder. Mais, depuis la reprise de l’offensif jusqu’au 24 mars, après Libreville, j’étais l’unique porte-parole, désigné comme tel. Je vous précise qu’il y a comme une cacophonie dans la communication de séléka étant donné que beaucoup de personnes qui ont voulu aider, veulent prendre des initiatives. Depuis 24 mars, j’étais retenu à l’extérieur pendant dix jours, je viens de rentrer après que ceux qui ont aidé commencent à s’activer. Mais je me tiens encore à la disposition du président pour voir quelques missions qu’il peut me confier. Evidemment, je ne suis pas venu pour la compétition de poste, mais pour me mettre au service de mon pays. Donc, il n’y a pas de dissension  interne, il y a juste le temps de faire les choses. Vous savez que le temps est actuellement au traitement de la sécurité et non pas de l’avenir individuel de chacun.

 

Vous êtes subrepticement arrivé à Bangui, peut-on   en connaître  le mobile ?

 

Je suis arrivé à Bangui tout à fait normalement comme il se devait. Il est naturel qu’après la lutte qui nous a conduit  dans la capitale, je me sois rendu à Bangui pour contribuer à l’effort national.

 

Les exactions de la Séleka aujourd’hui  donne à déchanter. Comment en est t-on arrivé là  et comment entendez-vous, non seulement normaliser la situation, mais aussi réinstaurer la confiance entre Séleka de plus en plus impopulaire et le peuple désabusé ?

 

Je dirais simplement que le problème de l’insécurité est comme mille feuilles. Il y a effectivement des exactions et des pillages qui sont attribués à nos éléments. Entre temps, il y a des éléments qui ne sont pas des séléka, mais s’habillent comme des séléka – ils commettent des exactions et des règlements de comptes pour les mettre sur le dos de séléka. Il y a également des voleurs qui profitent de la situation. Il y a également la population, vous savez que l’entrée de séléka dans la capitale a permis à bon nombre de nos concitoyens d’être équipés d’armes. L’ex-président François Bozizé a distribué énormément d’armes dans la capitale. Aujourd’hui on peut se dire que la ville est une poudrière. Je pense que le président et le gouvernement ont indiqué comment ils vont solliciter l’aide de la FOMAC. J’espère qu’à Ndjamena, il sera question  d’une issue favorable, car la séléka, le président de la République et le gouvernement veulent la paix. C’est un processus qui prend du temps. J’espère qu’avec le retour de la paix et la relance des activités, la conscience va revenir dans la capitale.

 

La CEEAC est  en train de tout donner pour sauver la barque, comment avez-vous accueilli les décisions ayant abouti à la mise  en place du CNT et à l’élection de Djotodjia ?

 

La CEEAC fait des propositions constructives dans un contexte international tendu. Il faut savoir que l’Union africaine et le président Jacob Zuma notamment ne souhaitaient pas le maintien du président Djotodia au pouvoir. La CEEAC a trouvé une solution qui allie légalité à la réalité. C’est une proposition tout à fait constructive. et elle a été immédiatement acceptée par le président Djotodia – le CNT a été mis en place. A Ndjamena, il sera question de fixer le calendrier et les grands jalons et les étapes de la transition. J’ai totalement confiance que la communauté internationale se portera aux côtés du peuple centrafricain, car le départ du président François Bozizé a été excessivement souhaité par l’ensemble des pays.

 

Qu’attendez-vous des autres acteurs  et de la communauté internationale ?

 

Comme je viens de le souligner, j’attends qu’ils apportent leur soutien au peuple centrafricain. Nous avons un effort de sécurité à fournir d’abord pour ramener la paix, nous avons un effort de développement, nous devons faire face à des urgences sanitaires et humanitaires. Dans ce cadre justement, nous attendons une aide massive de leur part et je pense que comme ces aides iront directement aux populations, elles ne seront pas refusées. Egalement, dans le cadre de la relance économique, nous avons des grands chantiers à mener au niveau des infrastructures de l’Etat qui sont dans un état de délabrement total, des routes. Nous devons également relancer l’économie nationale. Donc, leur soutien serait la bienvenue.

 

Vos ambitions post-transition autrement dit serez-vous présidentiable ?

 

C’est une question à laquelle je ne saurais répondre, à laquelle seuls les centrafricains sauraient répondre. Aujourd’hui, nous avons la transition devant nous, c’est du travail. L’élection présidentielle arrivera à la fin de la transition. Pour l’instant, je me concentre sur ce que nous aurons à faire pour pouvoir d’abord aider la population qui a plus besoin d’actions concrètes que politiques. Car, la politique ne nourrit pas, mais ce que nous pouvons faire pour nourrir le peuple, c’est ce qui compte avant tout.

 

Que dites-vous des soupçons de velléités islamistes de la séléka et les biens pillés qui traversent les frontières ?

 

Les soupçons de velléités islamistes ne me semblent pas fondés. Il n’y a pas de mise en coupe réglée qui viserait à faire du Centrafrique une conquête islamique. Les hommes et femmes de séléka sont des centrafricains. Donc, ces soupçons ne me semblent pas fondés. Il y a eu un incident, c’est qu’une église chrétienne a été bombardée, il se trouve que d’après les informations qui me sont remontées, après enquête, ce n’était pas un tir de nos éléments ; mais plutôt des hommes qui étaient proches de François Bozizé qui ont tiré volontairement pour mettre cela sur le dos de séléka. Je crois le président lui-même a réitéré que le Centrafrique est un pays laïc, il se rend lui-même dans les messes et temples. Donc, il s’agit-là d’un soupçon infondé.

 

Concernant les biens pillés qui traversent les frontières de la RCA, il faut savoir que c’est une situation que nous avons connue par le passé. Malheureusement, malgré les efforts qui sont entrain d’être faits pour récupérer ces biens, beaucoup restent à faire. Il serait également difficile de les remettre à leurs propriétaires – les véhicules  sont facilement identifiables.  C’est malheureusement les conséquences de la crise. Nous  espérons que cela ne se reproduira pas à l’avenir.

 

Josh EBENIAKA

 

Centrafrique : Eric Néris Massi à Bangui : interview exclusive

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