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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 15:39

 

 

 

 

De Patrick FORT (AFP)

 

BANGUI 10 avril — Le colonel rebelle Ali Garba fait la route entre Bossembelé, à 175 km au nord de Bangui et la capitale centrafricaine, lorsqu'il demande soudain au véhicule de s'arrêter. Il croit avoir aperçu un jeune homme avec une kalachnikov.

 

L'homme, qui porte des bottes militaires et une casquette, n'oppose pas de résistance. En fait de "kalach", il s'agit d'une hache et d'un bout de métal recouverts d'un tissu pour faire croire à une arme à feu.

 

Au sommet de la coalition rebelle du Séléka qui a pris le pouvoir le mois dernier en Centrafrique, il y a une volonté affichée de mettre fin aux pillages. Mais la tâche s'annonce difficile: dans l'arrière-pays comme à Bangui bandits déguisés en rebelles ainsi que vrais rebelles continuent à sévir.

 

"Si moi qui ai l'habitude des armes, je me suis laissé prendre en plein jour, alors imaginez des villageois apeurés ou isolés la nuit tombée", explique le colonel Garba, qui souligne que les rebelles enveloppent souvent leurs armes dans du tissu lors des déplacements pour éviter poussière, boue et autres saletés pouvant altérer leurs fonctionnement.

 

Le jeune homme paraît fatigué, perdu. Hagard. Le colonel l'interroge. L'homme dit appartenir au Séléka et affirme faire partie de l'unité d'un colonel Ali au Camp de Roux, un camp militaire de Bangui.

 

"Ce n'est pas vrai. Je connais le colonel Ali. Il est effectivement à De Roux mais ses hommes sont là-bas et bien habillés. Il a dû entendre des conversations et il répète", souligne le colonel Garba en sortant son arme et en engageant une balle dans le canon.

 

L'homme est apeuré. Des villageois arrivent. Jean Tomdé, le chef du village de Gondila, à 65 km au nord de Bangui, assure: "On ne le connaît pas. On ne sait pas ce qu'il voulait faire".

 

L'homme est contraint d'enlever ses rangers, sans doute pillées dans un camp militaire, et est dépouillé de son couteau. Il repart à pied, en chaussettes, décontenancé.

 

"Merci autorité!", lance un jeune au colonel qui repart.

 

"Ce sont ces gens qui pillent. Ils profitent de la situation. Ils nous salissent en se faisant passer pour nous. Ce sont des faux Séléka. Nous, on ne pille pas", assure-t-il.

 

Toutefois, des faits et des témoignages prouvent le contraire. Pendant toute l'offensive contre le régime du président François Bozizé, des rebelles du Séléka ont pillé maisons, stations essence et magasins, même si population et bandits ont aggravé la situation.

 

A Berberati (ouest), dimanche, la population a même manifesté pour demander au Séléka de cesser les exactions.

 

"C'est relativement organisé, souligne un responsable de la sécurité. Les voitures et biens de valeur sont pillés et ensuite revendus grâce à des filières allant vers le Soudan et le Tchad".

 

On justifie aussi de nombreux pillages en les présentant comme des sanctions contre des anciens du régime déchu.

 

"Les gens du quartier peuvent indiquer une maison et dire que l'occupant est pro-Bozizé mais souvent ils indiquent simplement les maisons de gens qui ont une voiture ou une télé en espérant pouvoir ramasser des miettes", explique le responsable de la sécurité.

 

Pour tenter de mettre fin à cette immense insécurité, le Séléka avait mis en place des brigades mixtes dès le mois de janvier, puis des brigades d'intervention rapide avec des numéros d'appel d'urgence dans chaque quartier et maintenant des polices militaires (PM) aux brassards rouges.

 

Conscient de l'incidence des pillages sur la vie économique qu'ils paralysent, le Séléka a arrêté le colonel Danzoumi Yalo, dit le colonel "Daz" et son frère Sani Yalo.

 

Ces encombrants personnages aux affaires douteuses, anciens proches de l'ex président Bozizé ayant rejoint le Séléka, sont accusés "d'avoir organisé le pillage systématique et mafieux de la capitale", selon une source diplomatique.

 

Mais, rien n'y fait.

 

Un Français du centre-ville raconte une anecdote: "Le voisin d'un collègue était en train de se faire piller. Ce collègue a appelé le numéro d'urgence. Surprise: le téléphone sonnait chez le voisin de l'autre côté du mur... C'était la brigade d'intervention qui pillait".

 

 

Copyright © 2013 AFP. Tous droits réservés.

Centrafrique: chasse aux faux et vrais rebelles pilleurs

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