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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 14:43

 

 

 

 

 

Un adage de « nos cousins » Français avise quiconque du fait que celui qui « sème le vent récolte la tempête ».

 

Si d'une part un grand nombre d'hommes instruits de CENTRAFRIQUE ont contribué, comme beaucoup s'accordent à le dire, à la catastrophe que traverse le pays en ces moments douloureux, en étant corps et âme liés à des politiques désastreuses qui ont conduit le pays dans l'abîme, il convient de souligner d'autre part que la participation extérieure du chef de l’État du Tchad , a été d'un appui déterminant dans la réussite des coups d’État de mars 2003 et de mars 2013 dernier.

 

Cette promptitude à intervenir dans les changements de régime en CENTRAFRIQUE, qui semble être l'une des qualités premières du chef d’État tchadien, doit interpeller la clairvoyance de l'élite intellectuelle et politique du CENTRAFRIQUE.

 

En aidant BOZIZE à s'emparer du pouvoir à BANGUI, on a aujourd'hui les résultats de la politique que le Président du Tchad a soutenue à bouts de bras.

 

En apportant un soutien massif et stratégique aux rebelles à la politique de BOZIZE, on n'a pas attendu longtemps pour voir ces derniers passer à l'action, en faisant souffler sur le pays un ouragan de pillages, de viols et de massacres que les chefs de ces rebelles, aujourd'hui lavés de cette étiquette parce que le vent du pouvoir est passé dans leur camp, n'ont pas l'autorité nécessaire pour calmer les exactions de leurs poulains.

 

Aujourd'hui le chef de l’État du Tchad doit, avec l'aide de ses pairs de la sous région, faire des pieds et des mains pour tenter d'éteindre le feu qu'il a contribué à allumer. Ce n'est donc pas pour rien que de multiples réunions sont tenues de manière rapprochée çà et là à LIBREVILLE, NDJAMENA et BRAZZAVILLE, pour lancer des appels au secours du CENTRAFRIQUE, appels que la communauté internationale a beaucoup de mal à entendre, vu l'état des difficultés économiques que connaissent les pays occidentaux.

 

Ainsi, le CENTRAFRIQUE est devenu cette espèce de ballon crevé dans lequel les joueurs donnent des coups de pied, pour le faire rouler, pour ne pas dire le faire rebondir. L'expression peut prêter à sourire, mais le drame que vit le peuple centrafricain ces jours-ci, ne permet pas la plaisanterie. L'image du ballon crevé ne traduit que les difficultés très énormes dans lesquelles le pays est plongé.

 

Et vu la stratégie qui est en train de se mettre en place avec l'appui du pouvoir tchadien, on est en mesure de croire que le pire est à venir. La Congo-démocratisation du CENTRAFRIQUE est en marche, avec comme corollaires la non maîtrise de l'exploitation des ressources du pays par le pouvoir central, la main-mise des forces extérieures sur l'appareil d’État.

 

Ce n'est donc pas surprenant si l'on peut voir des « officiers » rebelles non centrafricains occupés des postes de responsabilité aussi bien dans l'armée que dans l'administration, des civils qui ne sont ni centrafricains, ni congolais, ni camerounais, ni gabonais chercher à rentrer en CENTRAFRIQUE pour se prétendre centrafricains et postuler à des postes de responsabilité, voir devenir un jour Président de ce pays. Des rumeurs, puisque nous considérons cela comme telles, courent, qui font état d'une concurrence farouche entre l'homme fort de BANGUI et un officier tchadien qui serait soutenu par le Président Tchadien pour savoir qui des deux doit ou devra gouverner le pays.

 

En tous cas, la question qui se pose est celle de savoir s'il n'y a plus de vrais centrafricains dans ce pays. Peut-on imaginer un instant qu'on largue un CENTRAFRICAIN au CAMEROUN pour en faire le chef de l’Etat ? Est-il admissible qu'on débarque un TCHADIEN au CONGO pour en faire le chef de l’État congolais ? Les TCHADIENS seraient-ils heureux qu'on leur parachute un CONGOLAIS comme Président de la République ? Et les GABONAIS ? Applaudiraient-ils comme un seul homme un CAMEROUNAIS qu'on imposerait à la tête du GABON ? La réponse est évidemment NON.

 

Nous sommes tous africains. Nous sommes tous d'Afrique Centrale. Nous sommes tous frères. Il y a des choses que nous pouvons accepter entre nous, et d'autres qui sont et qui seraient inadmissibles, exactement comme dans un couple, une famille.

 

De grâce, les hommes politiques ne doivent pas se livrer à ce jeu de massacres et de division. Les peuples africains ont tant souffert pour qu'encore ce soient les fils mêmes de cette Afrique qui arment leurs propres frères pour tuer et violer d'autres frères et d'autres sœurs. Que nous ont appris les images du Biafra ou de la Côte d'Ivoire? Qu'avons-nous tiré comme leçons de la Somalie, du Soudan et du Rwanda ? Que faire pour éviter que cela se reproduise ailleurs sur le continent ?

 

Le CENTRAFRIQUE est au bord du gouffre. Ceux qui ont participé et qui participent à son enlisement doivent prendre un instant leur tête entre leurs mains pour revenir à la raison.

 

Si le CENTRAFRIQUE s'effondre aujourd'hui, ce ne sera pas la fin d'un cycle.

 

Adolphe PAKOUA

CENTRAFRIQUE : CAIN TUA ABEL par Adolphe Pakoua

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