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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 03:00

 

 

 




Le 24 Mars 2013 a vu la coalition SELEKA renverser le pouvoir de BOZIZE, un pouvoir établi après une élection faite de cafouillage, où les listes électorales n'étaient dévoilées que la veille de la tenue de cette élection, mettant ainsi à bas le respect du texte constitutionnel, sans que les partis politiques engagés dans cette course aient une action déterminante pour revendiquer, rejeter irrémédiablement la tenue d'une telle élection. Les élections législatives suivront le même schéma pour enfin réveiller certains partis politiques qui auront l'idée de mettre en place le FARE 2011, plate-forme dénommée Front pour l'Annulation et la Reprise des Élections.


Malheureusement, cette coalition politique, vu les arrière-pensées des uns et des autres, ne connaîtra pas le succès escompté et la reprise des élections pour laquelle elle avait réuni l'adhésion de certains partis politiques. Le manque d'une stratégie réelle et efficace, vraiment solidaire en passant, ne peut que souligner cet échec.


Échec qui sera mis à nu par la démonstration de la SELEKA qui, en moins d'un mois, a conquis le territoire tout entier pour prendre le pouvoir le 24 Mars 2013. Une action éclair, rapide, efficace. Beaucoup diront «  mais c'est parce que la SELEKA est une coalition armée qu'elle a réussi son coup de force ». En tenant ce genre de discours, on oublie que « l'union fait la force ». Et l'union ne peut pas faire la force quand on reste sur place et qu'on ne pousse pas.


Les dirigeants centrafricains, à cause de leur vue étriquée du problème politique, qu'on a toujours rangé sur le compte de la défense des intérêts personnels, n'ont rien compris ou font semblant de ne rien comprendre.


D'où leur vient l'idée de vouloir toujours se coucher sur le lit des autres pour tenter de dormir tranquillement. D'où leur vient l'idée d'aller toujours chercher à résoudre leurs problèmes avec l'aide des autres de l'extérieur ?


Les consignes de la réunion de DJAMENA leur intiment des règles de conduite et d'action qu'ils doivent suivre au mot près pour mettre en place un système de gouvernance potable.

 
Et parmi ces consignes figure en bonne place celle de bâtir une nouvelle constitution, avec le suffrage du peuple. Compte tenu de l'état de détresse dans lequel se trouve le peuple centrafricain et des souffrances dont il n'a pas fini de se relever et des plaies qu'il continuera encore et pendant longtemps à soigner, un gouvernement de transition n'est pas l'organe indiqué pour mettre en place des textes de CONSTITUTION pouvant faire face durablement à l'épreuve du temps.


Que reproche-ton à la CONSTITUTION en vigueur avant le coup de force du 24 Mars 2013 ? Le Président déchu en avait fait à sa tête. Aurait-il un tant soit peu respecté cette constitution qu'on n'en serait pas là et que certainement les éléments de la coalition SELEKA n'auraient même pas vu la réunion de toutes leurs forces. La bataille aurait été menée depuis sur le plan constitutionnel et avec le respect des textes de cette CONSTITUTION, opposition et majorité de l'époque auraient évité au pays les pillages, les viols par des éléments incontrôlés des biens et des personnes innocentes. Ce respect de la CONSTITUTION par la majorité et l'opposition aurait évité la mise en place d'une GARDE uniquement PRESIDENTIELLE pour faire prévaloir l'inexistence d'une armée vraiment nationale, forte et à la disposition du peuple, du territoire et de leur protection.

Une bonne clairvoyance politique voudrait que la CONSTITUTION soit tout simplement suspendue pendant la période de transition, pour être remise en selle une fois un PRESIDENT élu démocratiquement, une ASSEMBLEE NATIONALE issue de la volonté du peuple installée. Ces instances auraient alors, vu leur légitimité, la possibilité d'examiner les textes constitutionnels, pour corriger et adapter les éléments posant problème avant de les soumettre à l'approbation du peuple tout entier.


Encore une fois, on n'aura pas fini de chercher à faire prendre conscience aux hommes qui pensent diriger ce pays, pour leur faire comprendre qu'une politique ne se limite pas à vivre le jour le jour, à se contenter de « colmater » les brèches quand des fissures se font dans la construction, mais à faire usage de matériaux solides et compacts, pour ne pas avoir à faire, refaire et refaire ce qu'on a entrepris. 


Et c'est ce qu'on a toujours fait avec la CONSTITUTION, comme si cette CONSTITUTION avait toujours été la peste qu'il fallait éradiquer à tout prix. On l'a toujours fait pour se donner l'air de construire quelque chose, quelque chose de neuf qui ne sera que de la poudre aux yeux du peuple, de la poudre de perlimpinpin tout simplement.



Adolphe PAKOUA

CENTRAFRIQUE : A QUOI SERT UNE CONSTITUTION ? par Adolphe Pakoua

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