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Jeudi 17 juillet 2008



 

16/07/2008 19:10 par Yves Laurent Goma
 



         Monique Renéyo

La présidente de l’Association des centrafricains du Gabon (ACAG), Monique Reneyo a salué mardi à Libreville l’action de la Force multinationale de maintien de la paix en Centrafrique (FOMUC) dont le mandat qui a duré 6 ans a pris fin le week-end dernier et souhaité la bienvenue à la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (MICOPAX 1).


« Nous saluons les militaires gabonais qui ont dirigé cette force pendant six ans », souligne la déclaration de l’ACAG dont une copie est parvenue à Gabonpage.


« Pendant leur séjour en terre centrafricaine, les militaires gabonais ont fait montre d’un professionnalisme sans pareille. A Bangui, les populations civiles ont accueilli les soldats gabonais comme des frères à qui ils ont ouvert leur cœur et offert leur hospitalité », ajoute le texte.

« Sous le commandement du Gabon, les forces de la CEMAC ont apporté aux Centrafricains ce qui leur manquait. La paix, la liberté et la tranquillité. L’arrivée de ces forces a mis fin à la terreur qui régnait dans note pays, la Centrafrique », s’est réjouit l’ACAG.



Depuis la mise en place de cette force en décembre 2002, son état major a toujours été placé sous la tutelle d’un officier supérieur gabonais. Le dernier en date a été le général Auguste Roger Bibaye Itandas.


« Nous sommes fiers de ce que la FOMUC a fait pour notre pays. A travers la FOMUC, nous remercions le chef de l’Etat gabonais Omar Bongo Ondimba. C’est sous sa houlette que cette force avait été mise en place en 2002 », poursuit la déclaration.


« Nous nous souvenons des longues heures, voire des jours de tractations organisées par le doyen des chefs d’Etat africains pour convaincre ses paires de la sous région ainsi que la France. Le président Omar Bongo Ondimba a pesé de tout son poids pour que cette mission aboutisse. Il a su guider la mission qui s’est déroulée sans anicroche », rappelle l’ACAG.

Sur décision des chefs d’Etat de la sous région la FOMUC est passée sous la tutelle de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEEAC).


Samedi dernier, le passage de témoin a été effectif. Le général gabonais Auguste Roger Bibaye Itandas, dernier commandant de la FOMUC a transmis le flambeau à Hilaire Mokoko, le nouveau patron de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (MICOPAX 1).

« Comme l’ont fait les militaires, nous la communauté centrafricaine du Gabon, saluons le savoir faire et le travail accompli par le général Bibaye Itandas dans notre pays », indique la déclaration par laquelle les centrafricains demandent au président gabonais de « continuer à soutenir notre pays et la nouvelle force qui a remplacé la FOMUC ».


Martin Safou/ Gabonpage

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Mercredi 16 juillet 2008




 

L’une des figures emblématiques de la musique de la République Démocratique du Congo, Tabu Ley Rocherau, vient d’être victime d’une attaque cérébrale. L’artiste sera évacué en Belgique où, il devra subir des soins médicaux.

 

A la suite d’un accident cérébral survenu en début de semaine, le musicien congolais, Pascal Tabu Ley, entre autre ministre provincial en charge de la Culture et des Arts de son pays, sera évacué dans un hôpital en Belgique.

Selon la Mairie de Kinshasa ayant livré le samedi 12 Juillet dernier cette information, l’ « Ancien » a dés son malaise, été admis en clinique à Kinshasa. Il sera évacué cette semaine vers la Belgique, afin « de bénéficier de soins plus appropriés. Toutefois, son état de santé n’inspire pas d’inquiétude, outre mesure », indique l’Hôtel de ville de Kinshasa.

Tabu Ley Rochereau (Le Seigneur Rochereau) est né en 1940 en RDC (ex Zaïre). Il a joué avec quelques-uns des meilleurs artistes africains tels que Papa Wemba et Sam Mangwana.
Il commença sa carrière en 1959 dans le légendaire African Jazz Band de Joseph "Grand Kalle" Kabasele. Quatre ans plus tard il créa l'African Fiesta avec le guitariste Dr. Nico.

En 1965, il se sépara du Dr. Nico, et forma l'African Fiesta National (African Fiesta Flash), avec lequel il composera et enregistrera le classique « Afrika Mokili Mobimba ». La rumba était reine à Kinshasa à l'époque et Tabu Ley lui apporta de nombreux raffinements.

En 1970, au faîte de sa carrière, il fut nommé Chevalier au Sénégal, puis Officier de l'Ordre national au Tchad. Le talent de Tabu Ley transcendait les frontières politiques. C'est à cette époque qu'il créa le groupe Afrisa International auquel il est resté fidèle depuis.

 

15-07-2008    Source : afrik.com/numibia.net  

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Mardi 15 juillet 2008



met en garde la CPI

 

(Le Devoir 14/07/2008)

 

Ce lundi 14 juillet le procureur de la (CPI), Luis Moreno-Ocampo, sous pression américaine, a réclamé lundi aux juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour "génocide".


Après avoir convoqué la procureur adjointe de la CPI vendredi, l'Union africaine a "mis en garde" la CPI.


Le Conseil de paix et sécurité de l'Union Africaine (CPS) «a réitéré la préoccupation de l'UA face à la mise en accusation abusive de dirigeants africains», telle qu'elle a été exprimée lors du dernier sommet de l'UA les 30 juin et 1er juillet.


Le gouvernement soudanais a affirmé dimanche qu'il ne reconnaît pas la juridiction de la Cour pénale internationale (CPI) et refuse toue décision prise par elle.

 Selon une déclaration du gouvernement soudanais, publiée après une réunion d'urgence présidée par le président el-Béchir, le Soudan est capable de maintenir sa souveraineté et sa dignité.

Les Etats-Unis qui sont à l'origine de ce "mandat d'arrêt" (qui est "une violation flagrante" des droits internationaux et des droits de l'homme) ne reconnaissent pas non plus la compétence de la CPI; Et refusent catégoriquement qu'un citoyen américain puisse être jugé par la CPI.

Et pourtant, ils manipulent le procureur Campo pour qu'il délivre des "mandats d'arrêts" à tout va contre ceux qui s'opposent aux politiques désastreuses des Etats-Unis à travers le monde. Les Etats-Unis refusent que leurs citoyens soient jugés par la justice internationale mais font pression sur ce juge pour qu'ils jugent les citoyens d'autres pays!


La question qui est sur toutes les lèvres est de savoir pourquoi le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo n'a jamais émis le moindre mandat contre les crimes commis par Bush et son administration notamment en Iraq.


Les images des tortures de prisonniers irakiens ont fait le tour du monde. La CPI est devenue malheureusement un autre instrument aux mains de 2 ou 3 pays qui l'utilisent pour régler leurs comptes à travers le monde. Ce qui lui a enlevée toute crédibilité.


Le gouvernement soudanais a aussi demandé à la communauté internationale de prendre des mesures adéquates en faveur de la paix au Soudan et de cesser de faire des accusations irresponsables et politiquement motivées contre le Soudan, tout en soulignant que le problème du Darfour est un problème intérieur.

 
Le même jour, l'Union des avocats arabes a critiqué la CPI pour sa décision d'inculper le président el-Béchir, l'appelant "une violation flagrante" des droits internationaux et des droits de l'homme. Sur la demande du Soudan, la Ligue arabe mène des consultations sur la nécessité de convoquer une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères à ce sujet.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo est présenté un peu partout dans le monde (en RDC notamment) comme une marionnette des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Ses décisions sont toutes jugées politiques n'ayant aucune base réelle. Il est un instrument visant à menacer les pays qui s'opposent généralement aux diktats américains et anglais notamment. Et si possible écarter des dirigeants qui ne cèdent pas aux caprices économiques des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.


Le ridicule dans cette affaire est que les Etats-Unis comme le Soudan ne reconnaissent la compétence de la CPI. Les Etats-Unis refusent catégoriquement qu'un citoyen américain puisse être jugé par la CPI. Et pourtant, ils manipulent le procureur Campo pour qu'ils essaient de juger les citoyens d'autres pays qui refusent le diktat américain.

Les pays européens comme la France et l'Angleterre, qui utilisent le Conseil permanent de Sécurité de l'Onu pour menacer les autres Etats, sont solidaires des Etats-Unis dans la mesure où tous soutiennent des groupes rebelles au darfour, pour maintenir le statu Quo au Sud-Soudan et ainsi continuer leur exploitation des ressources de cette région soudanaise.

Le Soudan a d'ailleurs appelé également les Nations unies et la communauté internationale à faire quelque chose contre les dirigeants des groupes rebelles qui vivent pour la plupart en Europe..

Wahid Al-Nour, chef rebelle du darfour vit paisiblement en France et refuse de signer tout accord de paix dans le sud -Soudan. Ses relations avec les autorités françaises sont constamment dénoncées, mais la France fait toujours le dos rond.

Certains pays européens entretiennent ces chefs rebelles pour maintenir le statu quo au darfour et ainsi continuer tranquillement leur pillage des ressources de ces zones rebelles. La France est aussi mise en cause au Niger, en Centrafrique, en Côte d'Ivoire, au Tchad...; La Belgique en RDC notamment; les Etats-Unis en Somalie, Sierra-Leone, Liberia... Au Niger le Directeur d'AREVA, société minière française, a été exclu de pays de même le chef de la sécurité de cette société, en raison du soutien qu'ils apportent à des rebelles au Nord du Niger.


En Somalie, le président erythréen ne cesse de dénoncer la politique américaine consistant à "créer des conflits pour les exploiter". L'Union Africaine n'a toujours pas encore réagi or toute cette zone de la corne de l'Afrique est soumise aux politiques désastreuses des Etats-Unis, de la France qui y maintiennent des milliers de soldats, qui sont pour de nombreuses observateurs, les facteurs de troubles de cette sous-région africaine. Consistant notamment à monter les pays les uns contre les autres.


Les experts de questions internationales sont toutes d'accord que tant que les soldats français et américaines resteront en Afrique, il ne pourra y avoir de paix dans ce continent. Ces pays ont toujours déstabilisé des régions africaines par la ruse, le mensonge, la force et ainsi se fournir en matières premières presque gratuitement. C'est la cas de l'Uranium et du diamant centrafricain et nigériens, du pétrole somalien, des matières premières à l'est de la RD Congo...

 

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Mardi 15 juillet 2008



 

lundi 14 juillet 2008, mis à jour à 19:19 (Reuters)

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Le procureur de la Cour pénale internationale de La Haye a inculpé le président soudanais Omar Hassan Bachir de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour et a requis de la CPI un mandat d'arrêt international à son encontre.

 

Le procureur Luis Moreno-Ocampo a précisé à la presse que les juges de la CPI, qui mettent habituellement deux à trois mois pour répondre à une réquisition de mandat international, se donneraient sans doute plus de temps cette fois, au vu de la complication du cas soudanais.

A Khartoum, le gouvernement a rejeté les chefs d'inculpation de la CPI et a rappelé qu'il ne reconnaissait pas l'existence de cette instance pénale permanente créée en 2002, soit un an avant que n'éclate le conflit du Darfour, qui a fait selon les experts 200.000 morts - 10.000 seulement d'après les autorités soudanaises.

Troisième président poursuivi par la justice internationale dans l'exercice de ses fonctions, après le Yougoslave Slobodan Milosevic et le Libérien Charles Taylor, Bachir est accusé par Moreno-Ocompo d'"avoir pris personnellement la décision de lancer le génocide" dans la province occidentale soudanaise.

"Bachir exécute ce génocide sans chambres à gaz, sans balles, sans machettes. C'est un génocide par mort lente", a-t-il affirmé, en précisant que les cibles en étaient les ethnies africaines Four, Massalit et Zaghawa dans la province occidentale du Soudan bordant le Tchad.

"Pour cela, il a utilisé l'appareil d'Etat, les forces armées et les milices djandjaouids", souligne l'acte d'inculpation en précisant que les agents aux ordres de Bachir ont tué au moins 35.000 civils et causé la "mort lente" de 80.000 à 265.000 autres personnes déplacées par les combats.

 

CRAINTES POUR LA FORCE CONJOINTE UA-ONU

 

Le procureur a observé que Bachir avait promu ministre des Affaires humanitaires l'ex-ministre de l'Intérieur Ahmed Haroune pour avoir exécuté "ses ordres génocidaires". Haroune est l'une des deux personnalités soudanaises, avec le chef de milice arabe Ali Kouchaïb, faisant d'ores et déjà l'objet de mandats d'arrêt d'internationaux.

Outre trois chefs de génocide et deux de crimes de guerre, le magistrat argentin a relevé cinq chefs d'inculpation contre Bachir pour crimes contre l'humanité: meurtres, extermination, transferts forcés, torture et viols - ceux-ci à l'encontre de milliers de femmes âgées de cinq à soixante-dix ans.

 

Le ministre de la Justice soudanais avait déclaré dimanche que l'inculpation de Bachir "pourrait bien tuer le dernier espoir d'un règlement pacifique" au Darfour, mais le ministère des Affaires étrangères a affirmé lundi que le gouvernement de Khartoum restait résolu à poursuivre le processus de paix.

Il a assuré en outre que les autorités protégeraient les 9.000 militaires de l'Union africaine et des Nations unies déployés dans la province en guerre. Néanmoins, l'affaire pourrait entraver la fin du déploiement de la force conjointe UA-Onu, dont plus de 17.000 hommes ne sont pas encore à pied d'oeuvre.

 

Le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack, a déclaré ne pas exclure des représailles contre les forces internationales déjà sur le terrain et a "invité à la retenue toute les parties au Soudan".

De Paris, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a déclaré respecter l'indépendance de la CPI et "attendre du gouvernement du Soudan qu'il continue à coopérer pleinement avec les Nations unies au Soudan, tout en remplissant ses obligations pour assurer la sécurité de tous les personnes et biens de l'Onu".

 

KHARTOUM COMPTE SUR SES AMIS A L'ONU

 

En revanche, le gouvernement Tanzanien, qui préside l'Union africaine, dont les militaires forment le gros des troupes internationales au Darfour, a invité la CPI à suspendre "pour le moment" ses poursuites contre Bachir "jusqu'à ce qu'aient été résolus les problèmes élémentaires au Darfour et au Sud-Soudan".

Dans un communiqué, la présidence française de l'Union européenne prend acte de l'inculpation de Bachir, mais souligne "l'importance stratégique" d'une solution politique au Darfour et exhorte le gouvernement soudanais et "l'ensemble des parties, groupes et mouvements de la région" à oeuvrer en ce sens dans l'interêt de la population, du pays et de la région.

Si les mouvements de défense des droits de l'homme comme Human Rights Watch se réjouissent de l'inculpation de Bachir, les organisations humanitaires travaillant sur le terrain craignent pour leur sécurité et avaient renforcé ces derniers jours leurs mesures de protection en anticipant la nouvelle.

Pour sa part, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré à la presse que le président Bachir devait se plier à la décision de la Cour pénale internationale de lui demander des comptes.

Mais le Soudan, qui a déjà refusé de livrer à la CPI Haroune et Kouchaïb, compte sur ses amis au Conseil de sécurité, dont la Chine, son principal pourvoyeur d'armes, pour bloquer toute tentative d'arrestation de son président.

"La prochaine étape sera la bataille diplomatique dont le siège new-yorkais de l'Onu sera le théâtre", a déclaré un porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères. "Des amis comme la Chine, la Russie, l'Afrique du Sud, l'Indonésie et des groupes régionaux comme les Arabes et les Africains soutiendront, si Dieu le veut, le Soudan contre la Cour", a-t-il prédit.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tiendront samedi prochain au Caire, siège de l'organisation, une réunion extraordinaire pour tenter de mettre au point une réaction commune à l'inculpation du président d'un de ses 22 pays membres.

Après l'annonce de celle-ci, quelques dizaines personnes ont manifesté devant la représentation de l'Onu et l'ambassade de Grande-Bretagne à Khartoum. Les Etats-Unis, qui accusent déjà depuis longtemps le régime islamiste de Bachir de génocide, ont annoncé avoir "pris les mesures appropriées" pour la sécurité de leur ambassade au Soudan et de leur représentation à Jouba, dans le Sud.

 

Version française Marc Delteil

 


Réactions très diverses à la demande de mandat d'arrêt contre Béchir

 

DAR ES SALAAM (AFP) - lundi 14 juillet 2008 - 22h15 - Rejets, approbations, réserves, inquiétudes: des réactions très diverses ont suivi lundi la demande par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour génocide au Darfour.

Immédiatement rejetée par le Soudan, désapprouvée par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et par la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), la demande du procureur Luis Moreno-Ocampo aux juges de la CPI, dont la décision devrait prendre plusieurs mois, a reçu un soutien mesuré de l'Union européenne.

Les Etats-Unis ont appelé toutes les parties au calme, et l'ONU s'est déclarée inquiète pour le processus de paix au Soudan et pour la sécurité de ses personnels.

La présidence de l'Union africaine (UA) a mis en garde contre la possibilité "de coups d'Etat militaires et d'une anarchie généralisée" au Soudan si la Cour pénale internationale (CPI) inculpait le président soudanais tandis que la Ligue arabe a annoncé une réunion d'urgence.

A Khartoum, le ministère des Affaires étrangères a rejeté l'initiative du procureur. "L'accusation contre le président ne tient pas du tout compte des efforts du gouvernement, des puissances régionales et de la communauté internationale" pour la paix au Darfour, a déclaré le porte-parole du ministère, Ali al-Sadiq.

Toutefois, elle ne dissuadera pas le Soudan de continuer ses efforts pour une solution politique au Darfour, a dit le porte-parole. Khartoum ne retirera pas non plus son soutien à la mission ONU-UA de maintien de la paix (Minuad), selon lui.

Peu après, la Minuad a annoncé dans un communiqué qu'elle allait évacuer son personnel non essentiel tout en conservant ses soldats sur place, "en raison de la récente détérioration des conditions de sécurité au Darfour". La Minuad avait eu sept morts et douze blessés dans ses rangs lors d'une attaque la semaine dernière.

Plusieurs groupes rebelles du Darfour ont salué la demande de mandat d'arrêt contre M. Béchir. Mahgoub Hussein, un porte-parole d'une faction de l'Armée de libération du Soudan (SLA), a ainsi évoqué une "victoire pour l'Humanité au Darfour".

La demande du procureur a aussi été saluée par des organisations non-gouvernementales occidentales de défense des droits de l'homme. Amnesty International y a vu "un pas important" vers la fin de l'impunité au Soudan.

Préventivement, l'ONU a relevé le niveau d'alerte pour son personnel au Darfour, et des ambassades occidentales ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements au Soudan.

Avant même la demande du procureur, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, se déclarait très préoccupé par une éventuelle inculpation. "Cela aurait des répercussions négatives très sérieuses sur l'opération de maintien de la paix, y compris le processus politique", avertissait-il dans une interview au quotidien français Le Figaro.

M. Ban "attend du gouvernement du Soudan qu'il continue à coopérer pleinement avec les Nations unies, tout en remplissant son obligation d'assurer la sécurité des personnels et des biens de l'ONU sur son territoire", a ensuite indiqué son service de presse.

L'Union africaine s'est montrée inquiète. "Rien ne doit être fait qui puisse remettre en cause les processus de paix au Soudan, c'est dans ce sens que nous avons pris des mesures immédiates", a déclaré El-Ghassim Wane, porte-parole de la Commission de l'UA, annonçant une réunion d'urgence dans les prochains jours.

La Ligue arabe tiendra elle aussi, à la demande du Soudan, une réunion d'urgence au niveau ministériel samedi au Caire.

Le Conseil de coopération du Golfe s'est prononcé ouvertement contre une inculpation de M. Béchir. "Nous espérons que la CPI n'approuvera pas les accusations du procureur", a déclaré son secrétaire général, Abderrahmane Al-Attiyah.

Les 25 pays de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) ont également rejeté la demande du procureur de la CPI, qui pourrait selon eux "anéantir les efforts de paix menés par des organismes africains". Ils ont dénoncé "l'utilisation de cette cour à des fins d'ingérences dans les affaires intérieures des pays".

Les Etats-Unis, qui ne sont pas partie à la CPI, ont réagi avec une grande réserve. "Nous allons suivre la situation à La Haye et examiner ce que le procureur a demandé", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe. "Nous appelons instamment toutes les parties à garder le calme."

Le président George W. Bush est "profondément inquiet" de l'insécurité grandissante au Darfour, a ensuite indiqué la Maison Blanche, sans mentionner de commentaire de M. Bush sur l'initiative du procureur de la CPI.

A Bruxelles, le commissaire européen au Développement, Louis Michel, a estimé "important de mettre un terme à l'impunité qui entoure les crimes" au Darfour et a souligné "la nécessité pour le gouvernement du Soudan de coopérer sans réserve avec la CPI", nécessité également affirmée par plusieurs autres responsables européens.

La requête de M. Moreno-Ocampo est un "développement majeur" et il appartient à la CPI de l'étudier, a relevé M. Michel, "supposant" que les dossiers du procureur étaient "convaincants".

"La recherche d'une solution politique au Darfour et la mise en oeuvre de l'accord de paix Nord-Sud revêtent une importance stratégique", a déclaré la présidence française de l'UE.

 


Crimes au Darfour le procureur de la CPI accuse Omar el-Béchir de génocide

 

LA HAYE (AFP) - lundi 14 juillet 2008 - 22h13 - Le procureur de la (CPI), , a demandé lundi aux juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour "génocide" au Darfour (Soudan), accusation immédiatement rejetée par Khartoum.

"J'ai soumis aux juges une demande de mandat d'arrêt contre Omar el-Béchir pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre", a-t-il déclaré à la presse, après avoir présenté ses éléments de preuve aux juges.

Il table sur une décision d'ici "deux à trois mois", le temps pour les juges "d'analyser les preuves" et d'accepter la demande, la rejeter ou demander plus d'éléments.

Le Soudan a immédiatement rejeté ces accusations et a menacé d'une "réaction" si l'affaire était portée devant les Nations unies.

Il s'agit de la première demande d'arrestation d'un chef d'Etat en exercice devant la CPI, seul tribunal permanent compétent pour juger les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocides.

C'est aussi la première fois que le génocide est porté devant ses juges.

Selon M. Moreno-Ocampo, le génocide "a été décidé par Béchir lui-même" en ordonnant à ses hommes de "ne pas faire de blessés ou de ramener des prisonniers".

Il l'accuse de meurtre, viol, extermination et déplacement forcés, notamment.

Selon le procureur, Béchir "a mobilisé l'ensemble de l'appareil d'Etat" pour mettre "intentionnellement" les 2,5 millions de déplacés dans "des conditions d'existence qui ne pouvaient qu'entraîner leur destruction physique".

Il établit à 118.000 le nombre de morts des suites de cette politique, alors que 35.000 civils ont été tués dans des affrontements.

Dans un communiqué publié à New York, la force conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad) a indiqué qu'elle allait évacuer son personnel non essentiel tout en conservant ses soldats sur place "en raison de la détérioration des conditions de sécurité au Darfour".

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a indiqué qu'il attendait du Soudan qu'il "continue à pleinement coopérer" pour assurer la sécurité du personnel de l'ONU dans le pays.

"Nous appelons instamment toutes les parties à garder leur calme", a dit la Maison Blanche, qui a pris des mesures pour accroître la sécurité des Américains au Soudan.

A Paris, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a appelé le président Béchir à "respecter" toute décision de la CPI.

La Ligue arabe a convoqué samedi une réunion d'urgence à la demande de Khartoum tandis que la présidence de l'Union africaine (UA) a mis en garde contre la possibilité "de coups d'Etat militaires et d'une anarchie généralisée" au Soudan.

Les 25 membres de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) ont également fait part de leurs inquiétudes tandis que les ONG de défense des droits de l'homme ont salué la demande du procureur de la CPI en la qualifiant de "pas significatif" vers "la fin de l'impunité" au Darfour.

Les armes du crime "les plus efficaces, sélectionnées par Béchir, sont le viol, la faim et la peur", a accusé M. Moreno-Ocampo.

"Les attaques sont concentrées sur les civils, femmes et jeunes filles, pas sur les rebelles" défiant Khartoum, a martelé le procureur.

Pour ceux qui échappent aux viols et aux bombes, "pas de balles, le désert fera le reste", a-t-il ajouté en citant une victime.

Dimanche, alors qu'un millier de Soudanais avaient manifesté à Khartoum, le gouvernement avait assuré qu'il garantirait la sécurité des organisations internationales au Soudan, mais répétait à l'envi que la CPI allait "détruire le processus de paix" au Darfour.

Mardi, sept soldats de la force mixte ONU-Union africaine (Minuad) chargée du maintien de la paix au Darfour avaient été tués dans une attaque.

La CPI, chargé en mars 2005 par le Conseil de sécurité d'enquêter au Darfour, a déjà émis des mandats d'arrêt contre les Soudanais Ahmed Haroun, actuel ministre soudanais aux Affaires humanitaires, et Ali Kosheib, un chef de la milice pro-gouvernementale janjawid, qu'Omar el-Béchir a toujours refusé de remettre à la CPI.

Depuis 2003, les forces gouvernementales appuyées par les milices arabes janjawid luttent contre les rebelles du Darfour. Le conflit a fait plus de 300.000 morts et entraîné le déplacement de 2,2 millions de personnes, selon l'ONU, 10.000 morts selon Khartoum.

 


Le Soudan rejette la demande d'un mandat d'arrêt contre Béchir

 

KHARTOUM - Le Soudan a dénoncé lundi l'appel du procureur de la cour pénale internationale (CPI) à lancer un mandat d'arrêt contre le président Omar el-Béchir pour "génocide" au Darfour, tout en promettant de continuer à coopérer avec l'ONU.

 

"Nous sommes en contact avec les différents membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment la Chine et la Russie", a dit le vice-président soudanais Ali Osman Taha en parlant des efforts de Khartoum pour bloquer tout mandat d'arrêt formel. Le Conseil peut intervenir pour différer d'un an toute poursuite.

 

"Il est clair que si le président de la République ne détient pas entièrement le pouvoir, toutes les décisions du gouvernement nécessitant son approbation seraient alors vaines", a-t-il déclaré dans une conférence de presse à khartoum.

 

Ainsi, a-t-il ajouté, "il deviendra impossible de continuer à mettre en oeuvre l'accord de paix CPA (qui a mis fin à la guerre dans le Sud-Soudan) ou les autres accords si le président est menacé d'un procès international".

M. Taha a qualifié de "fausses et mensongères les allégations du procureur de la CPI", dénonçant une "affaire politique".

 

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a demandé lundi aux juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour "génocide" au Darfour, une région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003.

Il table sur une décision d'ici "deux à trois mois", le temps pour les juges "d'analyser les preuves" et d'accepter la demande, la rejeter ou demander plus d'éléments.

 

M. Taha a dit que son gouvernement ferait son possible pour protéger le personnel humanitaire sur son territoire mais a ajouté que "personne ne peut garantir une sécurité totale" en raison de l'impact négatif que pourrait avoir l'annonce du procureur de la CPI sur le terrain.

"L'accusation contre le président soudanais ne tient pas du tout compte des efforts du gouvernement, des puissances régionales et de la communauté internationale" pour la paix au Darfour, a affirmé pour sa part le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Ali al-Sadiq.

 

"D'un côté, les rebelles vont se sentir victorieux et pourraient lancer des attaques contre le peuple du Darfour et les forces de la Minuad", la force conjointe ONU-Union Africaine, a dit M. Sadiq. "Deuxièmement, cela va compliquer l'accord entre le soudan et l'ONU".

"Nous ne savons pas quelle sera la réaction des Nations unies concernant le fait de traiter avec un chef d'Etat considéré comme un criminel", a-t-il poursuivi.

 

Mais d'après lui, la demande de M. Moreno-Ocampo ne va pas dissuader le Soudan de continuer ses efforts pour une solution politique au conflit au Darfour. Khartoum, a-t-il encore dit, ne retirera pas non plus son soutien à la mission de maintien de la paix hybride ONU-UA.

"Nous voulons indubitablement voir l'opération hybride continuer et nous voulons voir des discussions politiques", a affirmé M. Sadiq, assurant que l'annonce ne changerait rien sur le terrain.

 

Il a également écarté les craintes de responsables occidentaux et onusiens, qui s'inquiétaient de possibles expulsions dans leurs rangs en représailles.

"Nous n'allons renvoyer personne. Au contraire, nous allons les protéger parce que des éléments de l'opposition pourraient exploiter une telle situation, surtout pour attaquer des ambassades étrangères pour embarrasser le gouvernement", selon lui.

 

Quelques centaines de femmes ont manifesté pacifiquement devant l'ambassade de Grande-Bretagne et le siège de l'ONU à Khartoum pour protester contre la CPI.

La CPI a déjà émis des mandats d'arrêt contre les Soudanais Ahmed Haroun, actuel ministre aux Affaires humanitaires, et Ali Kosheib, un chef de la milice pro-gouvernementale janjawid, que M. Béchir a refusé de remettre à la CPI.

 

Le Soudan, non signataire du traité de Rome ayant créé la CPI, ne reconnait pas la juridiction de la Cour.

Depuis 2003, les combats entre forces gouvernementales et mouvements rebelles au Darfour ont fait jusqu'à 300.000 morts et déplacé 2,2 millions de personnes, selon l'ONU. Khartoum parle de quelque 10.000 morts.

 

(©AFP / 14 juillet 2008 20h24)

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Vendredi 11 juillet 2008

 

LE MONDE | 11.07.08 | 14h55  •  Mis à jour le 11.07.08 | 14h55

 

NAIROBI, CORRESPONDANT

 

En visant  la tête de l'Etat soudanais, la Cour pénale internationale (CPI) prend le risque de frapper, par ricochet, beaucoup plus largement.

Première victime collatérale potentielle : le processus de négociations entre le pouvoir et les groupes rebelles du Darfour. Or il semble exclu d'arrêter la violence au Darfour sans négociations, même si celles-ci sont au point mort, du fait de la mauvaise volonté des parties et de la maladresse de l'équipe de négociateurs Nations unies-Union africaine. Un nouveau médiateur conjoint, le Burkinabé Djibril Bassolet, vient d'être nommé. Il ne pourrait commencer sa mission sous de plus mauvais auspices. Avec quels interlocuteurs négociera-t-il désormais ? "Il ne faut pas oublier que Khartoum n'a pas perdu la guerre. Qu'on le veuille ou non, il faut parler à ce régime, on a donc besoin d'eux pour trouver une solution au Darfour", rappelle une source proche du dossier.

 

Lundi 14 juillet, le président burkinabé, Blaise Compaoré, doit rencontrer le président américain, George Bush, à Washington pour évoquer le processus de paix. Au même moment, la demande de mandat de la CPI sera en train d'exclure de fait l'une des parties, le président soudanais Omar Al-Bachir, accusé d'être responsable de crimes de guerre.

 

L'autre victime potentielle de cette décision pourrait être la force conjointe ONU-Union africaine, la Minuad, chargée de favoriser le retour à la paix au Darfour. Dès sa conception, la Minuad avait été en butte à l'hostilité de Khartoum, qui était parvenu à saper sa première version en excluant la participation de casques bleus occidentaux, estimant que ceux-ci constitueraient une force de "recolonisation" du Soudan. La mission de la Minuad, déjà ralentie par les obstacles dressés par les autorités soudanaises, n'est encore déployée qu'à 40 %. Si Khartoum devait durcir sa position, la force pourrait être complètement paralysée avant d'avoir été opérationnelle.

 

Ce blocage serait d'autant plus dangereux que le conflit au Darfour n'est pas terminé. Au cours des deux années écoulées, les attaques contre la population, orchestrées par le pouvoir, ont diminué d'intensité, en comparaison avec les destructions touchant des régions entières en 2003 et 2004. Mais de nombreux signes indiquent que le conflit est sur le point de reprendre.


Le gouvernement soudanais, les rebelles du Darfour, mais aussi le Tchad, "porte" de sortie et voie d'approvisionnement de ces derniers, menacent de lancer des opérations militaires. Entre le Tchad et le Soudan, se mène depuis 2005 une guerre par rebelles interposés en voie d'aggravation accélérée. Il serait plus facile pour le Tchad de justifier des affrontements avec un régime dont le chef est accusé par la CPI d'être un criminel de guerre.

 

A Khartoum, où on renforce les défenses de la capitale, sous couvert d'"exercices", la montée en puissance des options militaires est sensible. Fin mai, le président soudanais, devant des officiers des groupes paramilitaires des services de renseignement qui prêtaient devant lui le "serment de la mort et du sacrifice", a affirmé ne plus se sentir lié par un cessez-le-feu avec les groupes rebelles. Le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) - le groupe rebelle du Darfour, désormais le plus puissant, qui avait traversé la moitié du Soudan en mai pour frapper Khartoum - déclare également se préparer à de nouvelles attaques (voir Le Monde du 9 juillet).

S'estimant acculé, le régime soudanais va-t-il également procéder à une escalade des menaces visant la présence internationale ? En juin, devant une vaste assemblée de miliciens des Forces de défense populaires (PDF), le président Bachir a déjà menacé d'appeler à un "djihad" contre "les étrangers". Au cours des années précédentes, les Nations unies ont vécu dans la crainte d'être frappées par un attentat, des services de renseignement ayant identifié l'existence de cellules préparant des attentats.

 

De plus, après vingt-quatre années de guerre, Khartoum et la rébellion sudiste avaient signé en 2005 un accord de paix dont l'une des étapes importantes est l'organisation d'élections générales dans tout le Soudan en 2009. Il est à redouter que le processus de négociation entre les ex-ennemis ne soit, lui aussi, condamné par cette nouvelle situation, qui disqualifie une des parties et relance le risque de guerre.

 

Jean-Philippe Rémy


Article paru dans l'édition du 12.07.08

 

 

par Centrafrique-Presse.com publié dans : AFRIQUE
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Jeudi 10 juillet 2008

 

 Lefaso

 

L’expérience démocratique en cours depuis plusieurs années en Afrique est en péril. Parce que les transitions sont toujours mal gérées. Des conférences nationales souveraines aux gouvernements d’union nationale, des coups d’État jugés salvateurs aux rébellions armées, on aura tout essayé.

 

En vain. Il semble que la méfiance et la mauvaise foi manifeste l’emportent toujours, même aux lendemains d’élections transparentes, ouvertes, libres et crédibles, consacrant l’alternance ou le retour de l’ancien régime sous diverses formes.

 

De plus en plus, la classe politique africaine, toutes tendances confondues, a mal à sa carrière. Outre que l’appareil d’État et les économies sont très souvent mal gérés, un mal ronge continuellement et dangereusement les pays du continent : la faillite des acteurs politiques. Nouveaux ou anciens, tenants du pouvoir et opposants se montrent habiles manoeuvriers pour détruire, mais piètres architectes lorsque vient le temps de se concerter pour rebâtir ensemble. Exit alors cohésion et respect mutuel, vive intrigues, trahisons et complots qui montrent que la confiance ne dure jamais que le temps du passage des médiateurs.

 

Plusieurs conflits ont pour origine le déficit démocratique. Parfois, pourtant, des opposants parvenus au faîte du pouvoir, par le jeu de l’alternance démocratique font davantage preuve d’opportunisme. En voulant se débarrasser de l’ancien régime, ils n’hésitent pas à pactiser avec le diable au risque de compromettre les acquis et de mettre en danger le fonctionnement de l’appareil d’État.

 

Plus sérieusement se pose la question des mécanismes de la transition. Ceux-ci ne sont pas toujours aussi viables, l’instinct de conservation du pouvoir pour soi l’emportant sur les autres aspects. Tel est le cas en Côte d’Ivoire où la tentation est grande d’accentuer la division au sein des nouveaux venus à la conquête de l’électorat. Des difficultés subsistent également au Burundi, au Congo démocratique, en Ouganda et au Soudan où subsistent des velléités de reprise des combats suite à un mauvais partage du gâteau.

 

La classe politique pèche du fait de l’inobservance de la morale et du non-respect des principes de vie démocratique. Cela se ressent à travers la gestion même de l’appareil d’État : les nouveaux venus brillent par leur inexpérience, pendant que les anciens tenants du pouvoir sont à l’affût, tissent des intrigues et exploitent la moindre faiblesse.

 

De manière générale, la faillite dans la gestion des institutions publiques est aussi tributaire de la création et de la vie interne des partis politiques. En effet, un grand nombre d’entre eux reflètent la personnalité du fondateur qui se croit généralement exempt de toute critique. Aidé de ses proches et de ses inconditionnels, il cultive l’anti-démocratie au sein du parti, tout en exigeant l’alternance au pouvoir. Comment donc s’étonner que par le jeu de la reproduction sociale, de nouveaux autocrates s’installent au pouvoir, tout aussi assoiffés de mégalomanie que leurs prédécesseurs ?

 

La reconversion est surtout difficile pour ceux qui viennent par les coups d’État militaires, les rébellions et autres formes de lutte armée. En règle générale, la méfiance règne entre les ennemis d’hier, soudainement alliés pour la cause de la transition. On le voit au Tchad où il apparaît fort hasardeux de se mettre dans la peau d’un démocrate après des décennies de vie dans les maquis aux frontières de la Libye, du Soudan ou de la RCA. En Côte d’Ivoire, la crise de confiance et les incertitudes des lendemains minent la concrétisation du programme DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion). Dans les pays qui l’ont expérimentée, la pertinence de la formule de la commission vérité-justice-réconciliation reste encore à prouver dans une Afrique où de multiples facteurs socio-culturels font obstacle à la lutte contre l’impunité, matérialisés par les violences faites aux femmes et le non-respect des droits humains.

 

En fait, de nos jours, la cruauté de la vie politique réside dans le manque de confiance entre acteurs politiques, l’indignité, la mauvaise foi manifeste. Au manque de courage d’oser répond le manque de courage de partir. De sorte que la transmission de valeurs d’intégrité et de probité morale manque cruellement entre générations. Les repères manquent.

 

La bonne démocratie ? Elle suppose que sont résolus les problèmes de droits humains, de l’alternance à tous les niveaux, de ceux d’une jeunesse consciente des enjeux et qui s’implique. Elle nécessite surtout une véritable reconversion des mentalités au sein de la classe politique, et donc un dépassement de soi. D’où l’importance de la médiation.

 

Deux dictateurs ne pouvant s’entendre, le mythe et le charisme d’un médiateur averti peuvent forcer l’admiration et préparer les protagonistes à faire contre mauvaise fortune bon coeur. Ainsi en est-il de Kofi Annan, ancien Secrétaire général des Nations-unies, qui est parvenu non sans mal, à convaincre les acteurs politiques kényans de la nécessité d’œuvrer de concert pour le mieux-être de la population.

 

Des lueurs d’espoir cependant : la Sierra Leone et le Liberia. Même si l’influence des USA et de la Grande-Bretagne, qui accompagnent le processus, n’est pas négligeable. À l’évidence, l’Afrique est toujours à la recherche de cette formule magique qui sauverait ses filles et fils des griffes de certains dirigeants mafieux, corrompus et sans scrupules.

 

Débutante, balbutiante, bancale ou même acceptable, l’expérience de la transition démocratique semble traduire presque partout l’incapacité des acteurs politiques à aller au bout de leur propre engagement, à respecter l’éthique, sinon à honorer tout simplement leur signature. Faudrait-il se résoudre à les contraindre à respecter la parole donnée en impliquant continuellement ceux qui, hier seulement, infantilisaient les Africains ?

 

par Centrafrique-Presse.com publié dans : AFRIQUE
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Lundi 7 juillet 2008

 




Le président gabonais de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a été transporté à l'hôpital lundi à Sapporo (Japon) en raison de problèmes de santé survenus alors qu'il participait à une réunion avec les dirigeants du G8, a indiqué un responsable japonais.

 

Jean Ping participait à Toyako, dans l'île japonaise de Hokkaido, à une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) et ceux de sept pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie).

 

Selon ce responsable, "nous avons formé une équipe pour s'occuper de lui et je pense qu'il est maintenant soigné", a souligné ce responsable qui s'exprimait sous couvert d'anonymat. Il n'a donné aucune précision sur la nature et la cause du malaise.

Jean Ping, 65 ans, ancien vice Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Gabon, préside la commission de l'Union africaine depuis début 2008.

Publié le 7 July 2008.

 

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Lundi 7 juillet 2008



BANGUI, 5 juil 2008 (AFP) -
Les évêques d'Afrique centrale ont souhaité samedi que "ceux qui sèment la mort et le désespoir" au Darfour, au Tchad et en Centrafrique enterrent "la hache de guerre".

"Les évêques se sentent interpellés par le drame humanitaire qui attriste le coeur de millions d'hommes et de femmes au Darfour, et qui a un impact négatif sur la qualité de la vie dans notre région, singulièrement au Tchad et en République centrafricaine", ont-ils affirmé dans une déclaration à l'issue de leur 8ème assemblée plénière à Bangui.

Assurant "toutes les victimes de leur prière", ils demandent "à tous ceux qui sèment la mort et le désespoir dans cette région, d'enterrer la hache de guerre, d'aller au-delà de leurs ambitions individuelles et ethniques pour travailler à la recherche d'une paix durable au Darfour, au Tchad et en République centrafricaine".

Une guerre civile ravage depuis cinq ans le Darfour, voisin du Tchad et de la Centrafrique. Ce conflit a entraîné l'arrivée de 260.000 réfugiés, principalement dans l'est du Tchad, et dans le nord-est de la Centrafrique, tout en déplaçant 190.000 personnes dans ces deux pays.

Cette conférence ouverte lundi s'est déroulée en présence de plus d'une centaine d'évêques et de religieux du Cameroun, de Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, du Tchad et de France.

L'évêque de Bossangoa au nord de la Centrafrique, Mgr François-Xavier Yombaïndjé, président sortant de l'Association des conférences épiscopales de la région de l'Afrique centrale (ACERAC), a passé la main à Mgr Timothée Modibo Nzo Kéngba de Franceville au Gabon qui devient le président de l'Association jusqu'à la prochaine Assemblée de 2010 au Gabon.



Fin de l’assemblée des évêques d’Afrique centrale

 

Bangui - 06/07/2008 - (PANA) La huitième assemblée plénière de l’Association des conférences épiscopales de la région d’Afrique centrale (ACERAC) a pris fin samedi en fin d’après-midi au palais de l’Assemblée nationale à Bangui, en présence du président François Bozizé et de son épouse Monique, a constaté la PANA sur place.

Elu par ses pairs pour assurer la présidence de cette organisation pour les trois années à venir, l’évêque de Franceville, Mgr Timothée Modibo Nzokéna, a officiellement pris ses fonctions en recevant symboliquement le témoin transmis par son prédécesseur,