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Droits de l'Homme et Liberté de Presse

Mardi 20 octobre 2009




19 octobre 2009

8 octobre 2009 - La presse dans le viseur des militaires : "On te connaît, on te réglera ton compte"

30 septembre 2009 - Deux journalistes de la presse étrangère menacés de mort

16 août 2007 - Deux directeurs de publication condamnés à de lourdes amendes et à une peine de prison avec sursis pour avoir "diffamé" un ancien ministre

Reporters sans frontières déplore l’inquiétant tour de vis donné par les autorités militaires guinéennes après que plusieurs équipes de journalistes français ont été refoulées du territoire à leur arrivée à l’aéroport de Conakry. Ces incidents sont survenus alors que de très graves menaces pèsent toujours sur les reporters locaux et que le secrétaire général adjoint de l’ONU, Hailé Menkerios, vient d’arriver à Conakry.

"Visiblement mécontent du traitement de l’actualité guinéenne par les médias internationaux, le pouvoir de Conakry semble ne plus vouloir autoriser la presse étrangère à se rendre en Guinée. Après avoir malmené puis menacé des journalistes locaux, les militaires guinéens franchissent une nouvelle étape dans l’élimination des témoins gênants. Etant donné le climat qui règne dans le pays, cette mesure et l’absence de tout journaliste étranger sont extrêmement préoccupantes. Nous demandons au secrétaire général adjoint de l’ONU de ne pas circonscrire son enquête aux violences du 28 septembre, mais d’élargir ses investigations à la question de la liberté de la presse et du traitement des journalistes", a déclaré l’organisation.

Dans la soirée du 17 octobre 2009, trois journalistes français de la chaîne internationale France 24 ont été refoulés de l’aéroport de Conakry et placés dans le premier avion les ramenant à Paris. Cyril Vannier et Willy Bracciano n’avaient pas de visa. Alain Chabot, en revanche, disposait d’un visa et s’était déjà rendu dans le pays après les événements du 28 septembre. Son entrée sur le territoire a été refusée au motif qu’il n’avait pas de lettre d’invitation.

Au même moment et pour les mêmes raisons, trois journalistes de la chaîne publique française France 2, arrivés de Dakar, ont dû prendre le premier avion pour le Sénégal. Deux jours plus tôt, c’est un reporter français de l’hebdomadaire Paris Match, Patrick Forestier, qui avait été refoulé.

Par ailleurs, nombre de journalistes locaux, dont Reporters sans frontières souhaite préserver l’anonymat, continuent d’être surveillés par la junte et reçoivent des menaces de mort régulières, notamment par téléphone.

"Tous les acteurs impliqués dans le règlement de la crise doivent prendre ces menaces très au sérieux et être conscients que de nouvelles exactions sont possibles si rien n’est fait pour assurer la protection des journalistes guinéens", a ajouté Reporters sans frontières.

Le secrétaire général adjoint de l’ONU, Hailé Menkerios, en charge d’une enquête de l’ONU sur le massacre de civils le 28 septembre dernier, est arrivé à Conakry le 18 octobre. Ces derniers jours, la France a recommandé à ses ressortissants de quitter le pays.

 

Par Centrafrique-Presse.com
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Vendredi 2 octobre 2009


 

mardi 29 septembre 2009 par jesusparis

 

La FIDH se félicite des engagements pris par la République centrafricaine au titre de l’Examen périodique universel qui reprennent largement les recommandations formulées par notre organisation au début de cet examen.

Particulièrement, la FIDH prend aux mots les autorités centrafricaines lorsque celles-ci consentent à lutter fermement contre les exécutions arbitraires, à assurer la protection de la population civile et à promouvoir le retour des réfugiés et des personnes déplacées. Egalement, la FIDH note l’engagement des autorités centrafricaines en matière de lutte contre l’impunité, de coopération avec la CPI, de lutte contre la violence envers les femmes, et de protection des défenseurs des droits de l’Homme et des journalistes.

La FIDH rappelle que les luttes armées incessantes depuis 15 ans entre forces gouvernementales, groupes rebelles et autres groupes armés non-étatiques sont accompagnées d’importantes violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire plongeant la population civile dans la plus totale insécurité physique et économique. Dans le nord du pays, ces violences s’accompagnent depuis 2005 d’exécutions sommaires de civils, de violences sexuelles, d’actes de torture et de pillages systématiques ayant forcé plus de 100 000 personnes à se déplacer.

Malgré les engagements pris par le gouvernement, une loi d’amnistie générale a été promulguée le 13 octobre 2008 par le président de la République démontrant une nouvelle fois le mépris des autorités centrafricaines à l’égard des victimes.

Enfin, la FIDH déplore les menaces continues à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme, particulièrement contre ceux qui luttent contre l’impunité des crimes les plus graves commis en RCA y compris devant la CPI. La FIDH rappelle à cet égard la mort de maître Wanfiyo GOUNGAYE, décédé dans des conditions suspectes le 27 décembre 2008. Maître GOUNGAYE, avait fait l’objet de menaces explicites, d’arrestation arbitraire dans un climat de pressions accrues depuis l’ouverture devant la CPI, en 2007, de l’affaire « Procureur c. Jean-Pierre BEMBA GOMBO ».

Considérant le manque d’adéquation avérée entre les engagements pris par les autorités centrafricaines et la réalité catastrophique de la situation des droits de l’Homme dans le pays, la FIDH appelle la RCA à respecter enfin ses engagements et demande au Conseil des Droits de l’Homme et à ses procédures spéciales de contrôler étroitement la mise en oeuvre de ces engagements.

Par Centrafrique-Presse.com
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Mardi 29 septembre 2009




 

Libération 28/09/2009 à 00h00

Par  DANIEL SCHNEIDERMANN

Or donc, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, décida un jour de partir en vacances. Son choix se porta sur la riante cité de Biarritz. Il y séjourna quelques jours à l’hôtel du Palais. Et sacrilège : il advint qu’un journal sénégalais, le Quotidien, publia les notes d’hôtel du Président et de sa suite, avec une précision confondante. «Le Président et sa suite occupent onze chambres dont une suite impériale, révéla l’impertinent organe. Ce sont les numéros 119, 318, 319, 320, 337, 343, 348, 404, 407, 421 et 422. Nous avons pu savoir que, pour les cinq premiers jours, la délégation présidentielle avait décaissé 63 484,52 euros. Ce qui représente environ 41 582 360 francs CFA. Et les montants cités ne prennent pas en compte les repas, ni autres extras. Sur ce dernier point, il est indiqué que le président Wade en était déjà hier, à 984,30 euros en extras.»


Résultat : le journaliste signataire de cette enquête fut interrogé, six heures durant, par la police sénégalaise, désireuse de savoir comment il était au courant en temps réel, et à la décimale près, du montant des extras présidentiels. Ayant tenu bon, il fut relâché. Le Quotidien, qui ne lâchait pas l’affaire, en profita pour titrer : «L’Etat harcèle la presse». Comment le savons-nous ? Par une jeune blogueuse française, Justine Brabant, par ailleurs journaliste stagiaire au Quotidien, et qui vient d’ouvrir, sur le site de Libération, un blog intitulé
«Dakar entre quatre yeux».


L’épisode jette une lumière intéressante sur les rapports entre médias et pouvoir, dans une démocratie comme le Sénégal. Il est communément admis que la presse est plus libre, tellement plus libre, dans les pays développés, que dans les républiques bananières africaines. Mais dans quel pays les journalistes ont-ils longtemps bataillé, en vain, pour connaître le montant de l’augmentation de salaire présidentielle ? Dans quel pays un candidat à la présidentielle a-t-il pu promettre, devant toute la presse, de publier le montant de son patrimoine, avant de n’en rien faire (et d’être élu tout de même) ? Dans quel pays un (ancien) président a-t-il pu, des années durant, passer ses vacances en toute discrétion dans un palace de Haute-Egypte ? Dans quel pays une totale opacité entoure-t-elle les notes de frais des parlementaires ? Relisons bien le paragraphe du Quotidien : ce luxe de détails, cette impertinence, seraient-ils imaginables dans un quotidien français ?


Quelles leçons en tirer ? Que la presse sénégalaise est mieux informée, avec davantage de précision, que la presse française, sur les loisirs des dirigeants, et leur coût. Que la police sénégalaise est certes à la disposition du pouvoir, et réagit promptement à ses états d’âme, mais pas vraiment davantage que la justice française, telle qu’elle apparaît ces jours-ci, instrumentalisée par le président en exercice, pour servir sa vendetta contre un ancien concurrent.


Sans même parler d’un étrange épisode, que l’on voit en ce moment se développer dans l’édition et dans la presse : une campagne souterraine, toute en insinuations et en sous-entendus, contre un dirigeant de premier plan.


«Il ne tiendrait pas une semaine. On a des photos, elles existent ! On les fera circuler, ça ne plaira pas aux Français !»
Qui parle ainsi ? Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre. De qui parle-t-il ? De Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, et candidat socialiste possible à l’élection présidentielle. A qui s’adresse-t-il ? A deux journalistes (l’un travaille à Canal +, l’autre à Europe 1), auteurs d’un livre, Hold-uPS, arnaques et trahisons (éd. du Moment) consacré aux mille turpitudes socialistes. Croit-on que ces journalistes demandent des précisions à M. Lefebvre sur ces «photos» qu’il détiendrait contre DSK ? Non. Ils prennent note, et impriment. Et ils ne sont pas les premiers. Quelques semaines plus tôt, le directeur de l’un des principaux hebdomadaires français, Christophe Barbier (l’Express), assurait dans un éditorial qu’en cas de candidature DSK, alors «la droite se déchaînerait et débloquerait tous les dossiers qui peuvent exister dans ses cartons sur l’ami Dominique Strauss-Kahn».


Quels «dossiers» ? Christophe Barbier les a-t-il vus ? Sait-il ce qu’ils contiennent ? Et si oui, pourquoi ne les a-t-il pas publiés dans son journal ? Tout cela passe tranquillement, et s’imprime dans les mémoires. Il faut qu’un journaliste, Bruno Roger-Petit, sur son blog, pointe ces petites manigances, pour que Lefebvre démente avoir dit ce qu’il a dit (mais qui restera imprimé dans le livre à succès).

Tant qu’à faire, on préfère l’investigation à la sénégalaise.

 

 

 

 

 

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Jeudi 24 septembre 2009




APA-Kigali 2009-09-24 12:39:03 (Rwanda) Le président de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, Bahame Tom Mukirya Nyanduga, a déploré jeudi à Kigali le caractère cruel, inhumain et dégradant de la peine capitale qui refuse aux victimes le droit à la vie garanti par les organismes internationaux de défense de droits de l’homme.

Selon M. Bahame s’exprimait face à des délégués venus des pays de l’Afrique australe, de l’est et du centre dans le cadre d’une conférence dans la capitale rwandaise sur l’abolition de la peine de mort.

“Les études révèlent que les pays qui appliquent encore la peine de mort comme moyen de réduire la criminalité enregistrent des taux plus élevés que ceux qui ont aboli cette pratique. Nous ne plaidons pas pour l’impunité des criminels mais plutôt pour une autre forme de punition », a-t-il indiqué.

Il a souligné que l’objectif de toute peine étant de punir les auteurs de crimes mais la mort ne saurait en aucun cas servir de punition car elle dénie au condamné toute chance de se repentir.

Les délégués ont ainsi invité les pays africains qui n’ont pas aboli cette pratique de prendre des mesures politiques et légales pour réguler son application en vue de son abolition définitive.

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Lundi 17 août 2009




 

Depuis Bangui, la capitale centrafricaine, une radio pas comme les autres, s’échine à parler des problèmes vitaux d’une population délaissée par le pouvoir en place.


Une opposition politique "taciturne"


Cette chronique boucle provisoirement la première édition de la journée. Mesdames, Messieurs, vous restez en compagnie de Gérard Bissawene pour l’animation de la matinée. Gardez votre confort d’écoute !". Il est 8h20 sur 100.8 FM à Bangui. La note de fin du journal matinal est donnée par le présentateur. La conférence de rédaction de Radio Ndeke Luka peut commencer, sous la direction de Sylvie Panika, la très solide rédactrice en chef au physique de handballeuse professionnelle…

Son interview en poche, Joël rentre à la rédaction pour monter son émission "Iri timbi godobe", "Je m’appelle enfant de la rue". Un thème emblématique des missions de cette antenne qui répète dans ses jingles qu’elle est la radio du développement, de la paix, de la bonne gouvernance, de la démocratie et du respect des droits de l’Homme.


"Bonjour grand père". Dans les studios, Joël croise Lucien Dambale, petit bonhomme de 66 ans, qui vient d’enregistrer ses deux émissions hebdomadaires de contes. Entré en radio en 1958, ce conteur vedette a vu l’ascension de l’empereur Bokassa, a connu des dizaines de coups d’État, et a été renvoyé de la radio nationale pour avoir poussé trop haut la critique. A Ndeke Luka, sa voix chaude et puissante est le symbole enthousiaste de la résistance au silence. Il séduit les adultes avec ses histoires intemporelles et parle aussi bien aux enfants à qui il transmet avec humour quelques leçons de vie. Il est pour beaucoup dans la cote de popularité de la radio, comme l’exprime Gabriel Siony, un Ancien de 76 ans, fidèle auditeur de 100.8 FM : "Radio Centrafrique ne fait que diffuser les communiqués du gouvernement. Moi, j’aime Ndeke Luka. Lucien Dambale est notre grand-père à tous et cette radio dit la vérité".


En ce début juillet, l’actualité s’avère exceptionnellement débordante. La capitale centrafricaine connaît des coupures répétées et continues d’électricité depuis que deux turbines du barrage hydroélectrique ont lâché, il y a quinze jours. Les quartiers de la ville ne sont plus alimentés que quelques heures par jour, les uns après les autres. Un vrai désastre pour la population qui est le plus clair de son temps plongée dans le noir, dès le coucher du soleil.


"Au Cameroun, les gens s’agitent quand il y a de tels problèmes. Mais ici, personne ne bouge", s’énerve Sylvie Panika, tout en relativisant : "En même temps, ce n’est pas à nous, journalistes, d’inciter les gens à descendre dans la rue. Mais je pose la question : est-ce qu’il existe une opposition en Centrafrique ?". "Elle est taciturne", répond, le sourire aux lèvres, Richard Pouambi, le journaliste politique de l’équipe. "On entend les hommes politiques jusqu’à ce qu’ils soient au pouvoir. Ensuite, ils ont la bouche pleine et la bouche pleine ne parle pas. C’est vraiment malheureux pour la RCA", fumine la rédactrice en chef avec la conscience de devoir se répéter un peu trop souvent.


L’oeil protecteur de l’ONU


Le ton est donné. Au sein de cette radio, dont le nom signifie en sango "l’hirondelle qui vole", on prend son rôle d’opposition très au sérieux. Créée en 1998 par la mission des Nations unies en Centrafrique, Ndeke Luka a pris son indépendance en 2000 sous l’égide de la Fondation suisse Hirondelle (cf. encadré). Dans un paysage médiatique dominé par les antennes progouvernementales, elle joue les trublions. "Le pouvoir ne nous aime pas beaucoup car nous posons beaucoup de questions", explique Sylvie Panika. "Mais comme il y a l’oeil de l’ONU derrière nous, il n’ose pas nous dire grand chose".


Inlassablement, les journalistes décryptent les événements et formulent, à chaque reportage, la même question à leurs interlocuteurs : "quel est le message que vous voulez faire passer auprès des autorités centrafricaines ?". Recentrer le pouvoir sur ses responsabilités représente une tâche titanesque au regard des moyens accordés aux quinze membres de l’équipe : un petit local, cinq bureaux, trois ordinateurs de travail, deux de montage, deux studios, une voiture, et un groupe électrogène qui fait des siennes. Leurs atouts ? Une antenne émettant 24h sur 24 et 7 jours sur 7, une grande empathie avec la population, et une équipe qui insuffle un optimisme et une énergie indispensables au maintien de ce ton unique dans un désert étatique et civil où la corruption des uns fait la résignation des autres.


"Je prends mon magnéto et on y va"


Il est 9 heures Joël Bandiba doit se rendre à l’association La Voix du Coeur pour interviewer son directeur dans le cadre de son émission hebdomadaire sur les enfants des rues. Muni d’un seul magnéto ,grand comme un paquet de cigarettes, le voilà qui pousse la porte d’un des rares refuges de la ville pour les enfants en déshérence.


Ils sont 3000 dans les rues de Bangui à décharger au petit matin les camions du marché, à appeler des taxis dans la rue en échange de quelques francs CFA, à dormir sur un carton à la nuit tombée. Une centaine d’entre eux font un détour quotidien par La Voix du Coeur. Ils peuvent s’y faire soigner, suivre un cours d’alphabétisation, jouer, se laver et prendre un repas. Un moment d’apaisement sous la haute surveillance de Victor.


Celui qu’on surnomme "grand frère" a connu la lutte dans la rue pendant deux ans. Orphelin de père et de mère, il a fui une tante qui le maltraitait. Après des passages répétés dans ce centre, il a fini par intégrer l’équipe des 60 enfants qui ont la chance de dormir dans un lit car ils ont été retenus comme internes. Aujourd’hui, à 25 ans, Victor a rattrapé son retard scolaire, est rentré à l’Université des lettres anglaises, et veut embrasser la carrière de diplomate. Un exemple soigneusement mis en avant par les équipes pour motiver les enfants tombés à la rue à cause de la pauvreté, du décès des parents, du VIH/Sida, de la maltraitance ou de l’accusation de "sorcellerie"."Nedeke Luka dit la vérité"


Radio Ndeke Luka sur Internet : www.radiondekeluka.org


 
Stéphanie Senet

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Vendredi 31 juillet 2009


 

 

JOHANNESBURG (AFP) - vendredi 31 juillet 2009 - 11h24 - L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a appelé vendredi la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton à "insister sur les droits de l'Homme" lors de sa tournée africaine en août.


"Les Etats-Unis tiennent à ce que l'Afrique devienne une région de formidables opportunités, mais les Africains ne pourront pas prouver de quoi ils sont capables si les droits de l'Homme ne sont pas respectés",
a jugé la responsable du département Afrique à HRW, Georgette Gagnon, dans un communiqué.


Mme Clinton va entamer le 5 août une tournée de huit jours qui la conduira au Kenya, en Afrique du Sud, en Angola, en République démocratique du Congo (RDC), au Nigeria, au Liberia et au Cap Vert. Elle doit aussi rencontrer le président somalien Sharif Cheikh Ahmed à Nairobi.


Dans une lettre adressée à Mme Clinton et transmise à la presse, l'organisation HRW, basée à New York, appelle Mme Clinton à faire pression sur le Kenya "pour que les personnes responsables d'abus des droits de l'Homme après les élections de 2007 soient redevables de leurs actes".

Mme Clinton doit en outre "encourager" le président somalien "à appuyer la mise en place d'une commission d'enquête sur les graves crimes commis par toutes les parties en conflit en Somalie", estime HRW.


En Afrique du Sud, la secrétaire d'Etat américaine doit faire pression sur le président Jacob Zuma pour qu'il obtienne des réformes en matière de droits de l'Homme chez son voisin zimbabwéen, où l'armée "commet des abus en toute impunité".


HRW demande aussi à Mme Clinton, lors de son étape en Angola, d'insister pour que "l'armée se conforme aux lois internationales sur les droits de l'Homme à Cabinda, enclave riche en pétrole, et dans la région de Lunda Norte (nord), riche en diamants", où HRW a fait état de détentions arbitraires.


En RDC, Mme Clinton doit demander à ce que "les militaires responsables de violations des droits de l'Homme, en particulier d'abus sexuels, soient poursuivis". Et au Nigeria, HRW l'appelle à "dénoncer la corruption".

Enfin, au Liberia, elle doit "insister sur l'importance de poursuites crédibles contre les responsables des crimes les plus graves commis pendant la guerre.

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Jeudi 30 juillet 2009




 

Par ALAIN MABANCKOU écrivain et prix Renaudot, CHRISTIAN EBOULÉ journaliste

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Les douleurs sourdes, lancinantes et leur corollaire, la colère, sont souvent les plus violentes, voire les plus meurtrières. Ainsi en est-il de celles qu'éprouvent actuellement bon nombre de citoyens africains au sud du Sahara face au sort qui leur est réservé dans la plupart des consulats français du continent. Obtenir un visa pour venir en France n'était déjà pas une sinécure, c'est de plus en plus mission impossible ; et aucune catégorie de population n'est épargnée. Si l'on peut comprendre les nécessités d'une gestion rationnelle des flux migratoires, dans un environnement marqué par de multiples crises, l'on peut néanmoins s'interroger sur la mise en œuvre et les conditions d'application de la politique française d'immigration.

 

Alors que, traditionnellement, artistes et intellectuels d'Afrique noire bénéficiaient d'une certaine bienveillance dans l'octroi des visas, la donne semble avoir complètement changé. Chaque jour, les refus de visas se multiplient, notamment en période estivale, où les invitations à participer à des festivals et autres manifestations culturelles sont nombreuses. Pis, les procédés employés pour signifier ces refus sont de plus en plus pernicieux ; les rendez-vous proposés unilatéralement par les consulats sont fixés de telle sorte qu'il est impossible d'honorer les invitations.

 

Invité au festival Africajarc qui se tenait du 23 au 26 juillet à Cajarc dans le Lot, l'écrivain sénégalais Fadel Dia n'a obtenu un rendez-vous que pour le 7 septembre. Les Ivoiriennes Awa et Maaté du groupe les Go de Koteba ou encore l'écrivain mauritanien Mbarek ould Beyrouck ont eux aussi été victimes de la même logique absurde. A la frustration de ne pouvoir voyager s'ajoute l'humiliation. Une double peine qui, dans bien des cas, n'est pas que symbolique. Si les artistes et les intellectuels qui vivent en Afrique, parfois au péril de leur vie, sont réduits au silence à cause d'une gestion aveugle de l'immigration, alors quid du dialogue des cultures et de la diversité culturelle ? Si ces hommes et ces femmes, qui ont volontairement choisi de vivre dans leurs pays, ne peuvent plus circuler librement, alors c'est un peu de notre culture que nous abdiquons. Fadel Dia, septuagénaire, est l'auteur du roman la Raparille, paru aux éditions Présence africaine, à Paris, une maison que fréquentaient entre autres Théodore Monod, Jean-Paul Sartre, Michel Leiris. L'ironie du sort est à son comble puisque, quelques mois avant, la directrice de Présence africaine, Christiane Diop, avait été élevée au rang de chevalier de la Légion d'honneur par le président de la République.

 

La culture est le lieu par excellence de l'ouverture au monde. Le romancier Dia écrit en français et représente de ce fait le rayonnement de la langue de Molière au même titre que les écrivains invités à Cajarc et qui résident en France. Nos Lettres peuvent-elles se payer le luxe de substituer l'ingratitude à la culture de l'échange, au moment où sonne le glas d'une littérature-monde en français ?

 

© Libération 29/07/2009 à 06h52

 

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Vendredi 12 juin 2009



 

Dernières Nouvelles d’Alsace Édition du Jeu 11 juin 2009

Plusieurs radios de Centrafrique ouvrent leur antenne aux citoyens qui peuvent ainsi dénoncer abus ou injustices. Des accusations souvent utiles, mais parfois dangereuses quand elles sont mensongères.

Bangui.- Correspondance Syfia Centrafrique

Les locaux de la radio Ndékè-Luka à Bangui, en Centrafrique, grouillent de monde. Ali Silas, animateur de l'émission Lissoro (causerie, en langue locale), reçoit un à un des auditeurs mécontents.
 « Je suis ici pour dénoncer le comportement de mon ex-époux. Il a brûlé le ventre de notre fille de douze ans, qu'il accusait d'avoir volé mille francs CFA (1,5 euro) », sanglote Angèle, assise sur le banc réservé aux visiteurs.

A côté d'elle, François dit sa reconnaissance. « Le reportage a mis fin aux agressions verbales dont j'étais victime » : ses voisins ont cessé de l'invectiver après avoir entendu les réactions indignées des auditeurs.

Georges espère que la diffusion de son témoignage alertera l'opinion sur le cas d'une fille qui a été bastonnée par des hommes en treillis à Boy-rabé (un quartier de la capitale).
 De nombreuses radios de Centrafrique donnent ainsi la parole à des auditeurs qui dénoncent, parfois en direct, des détournements d'argent public, des sévices infligés à des enfants, des tracasseries. En principe, les journalistes vont sur le terrain pour vérifier les faits, les recouper, interroger les parties en présence. Cette liberté d'expression était inimaginable il y a quatre ans, quand le pays était encore la proie de rébellions.

Ces émissions ont souvent des effets immédiats. Un militaire a libéré la jeune fille qu'il séquestrait. Une mère et ses cinq enfants ont pu regagner la maison que le père avait vendue en douce et dont ils avaient été expulsés (le ministère des Affaires sociales a annulé la vente).
 Il arrive que des personnalités mises en cause s'en prennent à la radio. Des militaires ayant commis des bavures et dont le nom avait été cité à l'antenne ont tenté de s'en prendre à des journalistes pour les intimider.

Ces mises sur la place publique des litiges ont souvent des issues plus rapides que la procédure judiciaire, qui suppose aussi de l'argent. Au Parquet de Bangui, l'introduction d'une plainte est subordonnée au versement de 2 000 francs CFA (3 euros). Et plusieurs mois passent avant le procès.

La tentation de régler ses comptes en public

 Ces émissions passionnées ne vont pas sans dérives. Jules Bossolo, expert en communication, souligne que « le public peut être tenté de transformer ces radios en arène pour régler des comptes ». Les journalistes doivent rappeler à l'ordre les auditeurs qui se laissent emporter par leur querelle. « Il nous arrive de déceler de faux témoignages. Des auditeurs tentent de se servir de nous pour créer des problèmes à leurs ennemis ou leurs rivaux », regrette le journaliste Magloire Issa.


 Mais Léonie Tomandji, fonctionnaire au ministère des Affaires sociales, se félicite de la collaboration avec Ndékè-Luka qui a permis de venir en aide à des enfants abandonnés.

Jules Yanganda

 

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Samedi 16 mai 2009





vendredi 15 mai 2009


Il y a quinze jours Survie envoyait au ministère des Affaires étrangères, à la secrétaire aux droits de l’Homme Rama Yade et au ministre Bernard Kouchner la lettre ci-jointe. Cette lettre appelait l’attention des autorités françaises sur l’état de santé inquiétant du député de l’opposition tchadienne Ngarjely Yorongar, nécessitant son évacuation sanitaire pour d’évidentes raisons d’efficacité et de sécurité.


Nous considérons en effet qu’il est du devoir de la France de porter secours, dans les situations critiques qu’ils peuvent vivre, aux élus, opposants démocrates des pouvoirs dictatoriaux. C’est le minimum qu’on peut faire en faveur des droits de l’Homme, notamment en Afrique. Au Tchad la France assume l’évacuation sanitaire des blessés de l’armée tchadienne engagés dans une guerre civile contre les différentes rébellions. Elle ne peut faire moins pour les représentants légitimes de la société civile tchadienne.


Notre lettre n’a reçu aucune réponse à ce jour, même pas une fin de non recevoir. Cela traduit plus que tout l’abîme qui sépare les rodomontades publiques de la réalité d’une attitude cynique de mépris.


Nous réitérons donc publiquement notre requête. Dans le cas de Ngarjély Yorongar comme dans celui de tout défenseur de la liberté en péril, nous demandons que la France fasse ce qu’il lui est facile de faire. Bruno Ossébi (citoyen franco-congolais) vient de mourir à Brazzaville, faute d’avoir été mis rapidement à l’abri de la vindicte du pouvoir congolais. Ibni Oumar Mahamat Saleh, autre opposant démocratique tchadien, n’a pas donné signe de vie depuis plus d’un an, alors qu’il se trouvait aux mains du pouvoir tchadien. Dans chaque cas le pouvoir français pouvait faire quelque chose et n’a rien fait ni pour prévenir ces disparitions, ni pour les éclaircir par souci de justice.


Si cette passivité amenait une issue funeste pour Ngarjély Yorongar, on constaterait une fois de plus que le sort des défenseurs de la liberté et des droits de l’Homme laisse la France indifférente lorsque cela se passe dans les pays des dictateurs qu’elle soutient.


Contact presse :

Stéphanie Dubois de Prisque, Chargée de communication


stéphanieduboisdeprisque(a)survie.org Tél. : 01 44 61 03 25

 

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Mercredi 6 mai 2009



 

APA Bangui 06-05-2009 (Centrafrique) Les journaux membres du Groupe des éditeurs de la presse privée indépendante centrafricaine (GEPPIC) ont mis fin à leur grève mercredi à Bangui, a constaté APA.

 

Le GEPPIC avait décidé d’observer une grève de quinze jours pour soutenir le journal l’Hirondelle suspendu pour deux semaines par le Haut conseil de la communication (HCC) pour avoir publié un document appelant à la sédition des Forces armées centrafricaines (FACA).

 

Mercredi, le journal l’Hirondelle et tous les journaux membres du GEPPIC étaient de nouveau dans les kiosques à Bangui.

 


NDLR : Est-ce l’ironie du sort qui a voulu que :


1°) - la presse privée centrafricaine ait célébré le 3 mai dernier, journée mondiale de la liberté de la presse, pendant la période de non parution qu’elle avait décidée en solidarité avec le quotidien l’Hirondelle injustement sanctionnée par le pouvoir de Bangui ?


2°) – Bozizé, est-ce par remords, se soit vu obligé de célébrer aussi à sa manière cette même journée du 3 mai en recevant au palais des journalistes et de se rendre à la maison de la presse ?

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