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Mercredi 2 juillet 2008




 

 

La crise du Zimbabwe souligne la domination des sources d'information occidentales sur le continent noir. Voilà pourquoi il est temps que les Africains reprennent en main leur destin médiatique, estime Le Pays de Ouagadougou.

 

Certes, dans ses rapports avec l'Occident, l'Afrique peut se féliciter du soutien financier et multiforme des actions de coopération, quoique parfois très peu désintéressé. Il est aussi incontestable que le continent bénéficie en Occident de la solidarité constante des médias et de la société civile face aux agressions dont sont victimes les professionnels de la presse et les défenseurs des droits de l'homme. Leur exigence de transparence dans la gestion des fonds et des élections, la dénonciation de la mauvaise gouvernance, le bâillonnement des libertés, en particulier, sont d'un apport considérable. Qu'on se rappelle la mobilisation médiatique autour du dossier des journalistes disparus, abattus ou emprisonnés, ou de celui des orphelins du Tchad.

Pourquoi alors s'étonner que des Africains applaudissent aux sorties du président Kadhafi de Libye qui défend l'idée d'un panafricanisme débarrassé de toute tutelle étrangère, et fondé sur la force du travail, la cohésion et la solidarité ? L'Occident s'impose à l'Afrique parce qu'il exploite ingénieusement les secteurs de la culture, de la science et de la technologie. Le transfert des connaissances et des technologies n'a pas toujours lieu dans les bonnes conditions. Cela renforce la dépendance de l'Afrique par le biais du financement de la formation et de la recherche. De plus en plus infantilisés, les Africains subissent la domination occidentale à tous les niveaux. Les masses demeurent analphabètes, la jeunesse marginalisée et désorientée reste sans repères. Les élites, formées pour la plupart au mode de pensée occidental, sont le plus souvent aliénées par les sources d'information extérieures ou simplement corrompues.



Enfin, l'Occident utilise à fond l'arme de l'information. Par le biais de la grande presse qui agite l'opinion et le Net qui peut facilement disséminer l'intoxication autant que la bonne information. Il apparaît ainsi que l'Afrique perd progressivement son âme pour avoir perdu l'arme de l'information et de la communication, si tant est qu'elle ait jamais disposé de cette dernière. Cette perte est considérable depuis le départ du Sénégalais Amadou Mahtar Mbow de la tête de l'UNESCO. La presse africaine dépend essentiellement des sources d'informations occidentales. Aucun journaliste africain ne va au Zimbabwe, mais chacun rapporte ce qu'elles en disent. C'est dire combien est urgente la réhabilitation de l'Agence panafricaine d'information.


Tuée dans l'œuf, celle-ci aurait permis aujourd'hui de faire face aux nouveaux défis. Avec l'irruption des satellites, des technologies dont les ordinateurs, les cellulaires, les radios FM qui envahissent le quotidien des Africains et leur imposent des agendas, le formatage de l'esprit des Africains se fait graduellement au profit exclusif de l'Occident. Les pouvoirs africains qui s'appuient sur les médias extérieurs pour être plus visibles et soigner leur image, subissent aussi le juste retour du boomerang : devenus sujets, ils sont d'autant plus courus par les médias occidentaux qu'ils assassinent, torturent et embastillent très souvent les professionnels de leur propre pays.

 
Pour sortir de ce cercle vicieux, le continent doit œuvrer pour davantage de démocratie et d'alternance, préserver et promouvoir sa culture. Il faut promouvoir les médias tout en préservant les libertés démocratiques, développer le partenariat international dans le respect mutuel, renforcer les échanges Sud-Sud. Il est temps pour certains dirigeants africains de faire respecter les peuples dont ils sollicitent les suffrages, à défaut de se faire respecter eux-mêmes.

 

Le pays - 30 juin 2008

par Centrafrique-Presse.com publié dans : Droits de l'Homme et Liberté de Presse
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Lundi 30 juin 2008

 

AFP 29.06.08 | 14h51

 

Le président d'honneur de la Fédération Internationale des droits de l'homme (FIDH) Sidiki Kaba, a demandé dimanche à la commission nationale d'enquête à N'Djamena une "clarification" sur la situation de l'opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu depuis février.

 

"La clarification de la disparition de Ibn Oumar Mahamat Saleh est quelque chose d'important", a déclaré l'avocat sénégalais, arrivé au Tchad jeudi sur invitation de la commission nationale d'enquête sur les événements qui se sont produits lors et après l'attaque rebelle sur N'Djamena.

 

Ibni Oumar Mahamat Saleh, secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et porte-parole de la principale coalition d'opposition tchadienne, la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), a été arrêté le 3 février par les services de sécurité tchadiens, selon des témoignages concordants. Le pouvoir nie toutefois le détenir.

 

"Il y a une certitude sur l'arrestation de cet opposant par les forces de l'ordre. Il faut donc établir la responsabilité de ceux qui sont à l'origine de sa disparition" a affirmé Me Kaba.

De nombreux observateurs et dirigeants tchadiens estiment en privé que M. Ibni est mort, sans vouloir en faire état publiquement par respect pour la famille.

 

Me Kaba a évoqué aussi la question des "prisons privées" où pourrait être détenu M. Saleh. "Il existe encore au Tchad des prisons privées et la commission doit faire la lumière dessus. Il y a l'existence des prisons secrètes. Les lieux de détention doivent être connus. Il faut régler cette question de prisons parallèles", a-t-il souligné.

"Il faut établir le rôle de la France, du Soudan et de la Libye pendant la période de trouble au Tchad", a demandé Me Kaba à la commission.

 

Me Kaba a également estimé que la commission "doit dans ses objectifs, participer à l'établissement de la vérité, à l'instauration d'une justice impartiale et à la réparation des (torts causés aux) victimes des événements qui ont eu lieu du 28 janvier au 3 février 2008".

 

La commission, censée remettre son rapport début juillet, a pour mission de faire toute la lumière sur l'attaque rebelle sur la capitale qui a failli renverser le pouvoir du président Idriss Deby Itno et sur les jours qui ont suivi. Des organisations ont pointé des violations ont dénoncé de nombreuses violations des droits de l'homme dans le sillage de l'attaque et lors de l'état d'urgence qui a suivi.

 

Deux autres opposants, l'ancien chef de l'Etat Lol Mahamat Choua et le député fédéraliste Ngarlejy Yorongar, disparus pendant plusieurs jours dans les mêmes conditions que M. Ibni, ont depuis retrouvé leur liberté après avoir été arrêtés. M. Yorongar, qui se trouve actuellement en France, affirme avoir été détenu provisoirement avec M. Ibni et avoir subi une tentative d'exécution. On a longtemps été sans nouvelles des deux hommes avant qu'ils ne réapparaissent vivants.

par Centrafrique-Presse.com publié dans : Droits de l'Homme et Liberté de Presse
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Jeudi 19 juin 2008

République centrafricaine CAF  002 / 0608 / OBS 106

 

L’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme

 

 


Menaces de mort contre Me Goungaye Wanfiyo Nganatouwa

 

18 juin 2008

 

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir d’urgence à propos de la situation suivante en République centrafricaine (RCA).

 

Description de la situation :

 

L’Observatoire a été informé de sources fiables des menaces proférées à l’encontre de M. Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, avocat et président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH).

 

Selon les informations reçues,  le 17 juin 2008, M. Goungaye Wanfiyo a été abordé dans la rue par un inconnu, qui l’a informé que « quelque chose se tramait » contre lui et qu’il devait faire très attention à ce qu’il ne lui arrive pas la même chose qu’à Me Nicolas Tiangaye, ancien président de la LCDH, et Me Bandassa, faisant référence à l’attaque du domicile du premier par des hommes armés en janvier 2006[1] et à l’assassinat du second, le 12 juin 2006.

 

L’inconnu lui a également précisé que, lors d’une réunion qui se serait tenue au début du mois de juin 2008 en présence de membres des forces armées, il aurait été dit que Me Goungaye Wanfiyo « a fait délivrer un mandat d’arrêt contre le Président Bozizé pour faire procéder à son arrestation par la Cour pénale internationale ». Certains des participants auraient alors demandé aux militaires d’agir en conséquence.

 

Ces menaces sont en lien avec l’arrestation, le 25 mai dernier, de M. Jean-Pierre Bemba Gombo, ancien Vice-président de la République démocratique du Congo et président du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), sur mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), ainsi qu’avec les activités menées par M. Goungaye Wanfiyo en tant que président de la LCDH et pour son action  auprès de la CPI, en faveur des victimes.

 

L’Observatoire condamne avec la plus grande fermeté ces menaces de mort à l’encontre de M. Goungaye Wanfiyo. L’Observatoire rappelle que Mme Bernadette Sayo et M. Erick Kpakpo, membres de l’OCODEFAD[2], ont récemment fait l’objet de menaces[3] et réitère ses craintes pour la sécurité des défenseurs des droits de l’Homme et en particulier les responsables des ONG de victimes.

 

Action demandées :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités de République centrafricaine et de leur demander de  :

 

Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Nganatouwa Gounaye Wanfiyo, ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme en République centrafricaine ;

 

Mener une enquête indépendante sur les menaces décrites ci-dessus, afin que leurs auteurs soient identifiés, dûment jugés et sanctionnés conformément à la loi centrafricaine et aux dispositions internationales en matière de protection des droits de l’Homme ;

 

Mettre un terme à tout acte de harcèlement à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme en RCA ;

 

Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”, son article 6(b), selon lequel “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales”, et son article 12.2, qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;

 

Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la République centrafricaine.

 

Adresses :

 

M. Francois Bozize, Président de la République. Fax : + 236 05 56 20

M.Faustin Touadéra, Premier Ministre. Fax : + 236 61 42 71

M. Raymond Ndougou, Ministre de l’Intérieur chargé de l’Administration du territoire. Fax : + 236 61 26 27

M. Thierry Maléyombo, Ministre de la Justice, des droits de l’Homme et de la bonne gouvernance. Fax : + 236 61 15 79

Ambassade de la République centrafricaine à Bruxelles, 416 bd. Lambermont, 1030 Saint-Josse-Ten-Noode, Belgique, Fax : + 32 2 215 13 11 ; Tel : 32 2 242 28 80, Email : ambassade.centrafrique@skynet.be

 

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de la République démocratique du Congo dans vos pays respectifs

 

Paris-Genève, le 18 juin 2008

 

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

 

L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

 

L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la République Française.

 

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence:

E-Mail : Appeals@fidh.omct.org

Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80

Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

 

FIDH

Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme

17, Passage de la Main d’Or

75 011 Paris, France

 

OMCT

Organisation Mondiale Contre la Torture

Case postale 21 - 8 rue du Vieux-Billard

1211 Genève 8, Suisse



[1]     Cf. rapport annuel 2006 de l’Observatoire.

[2]    L’Organisation pour la compassion et le développement des familles en détresses (OCODEFAD), basée à Bangui, regroupe plus de 1000 adhérents, victimes de graves violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire perpétrées lors des conflits qui se sont succédés en RCA depuis 2002. L’OCODEFAD a pour objectifs statutaires d’apporter un soutien économique, social, médical et juridique aux victimes.

[3]    Cf. appel urgent de l’Observatoire CAF 001/ 0508/ OBS 092, diffusé le 28 mai 2008.

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Mercredi 11 juin 2008

 

APA Bangui 2008-06-11 (Centrafrique) Un officier français retraité, le capitaine Paul Barril, serait dans le collimateur du tribunal pénal international (CPI), pour son implication présumée dans les exactions commises par les troupes de Jean Pierre Bemba en Centrafrique, a appris APA mercredi à Bangui des sources proches du bureau local de la CPI.

 

Selon ces sources, le capitaine Barril ferait actuellement l’objet d’investigations judiciaires de la CPI dans le dossier Jean-Pierre Bemba et Ange Félix Patassé. Les mêmes sources ont affirmé à APA que le capitaine Paul Barril figure bel et bien parmi les présumés «criminels» qui ont prêté main forte à l’ancien président centrafricain Ange Félix Patassé entre 2002 et 2003 alors que son pouvoir était menacé.

 

Les habitants de Mongoumba, localité située à 200 km au sud de Bangui, frontalière avec la République démocratique du Congo (RDC), auraient été victimes de l’intervention des éléments rebelles du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean Pierre Bemba, placés sous le contrôle de Paul Barril.

 

Toutes les batteries avaient mises en marche pour favoriser l’entrée dans la ville des hommes de Bemba qui ont passé au peigne fin les maisons et tout détruit sur leur passage. A l’époque, Paul Barril était chargé de briser toute résistance intérieure, afin de mener des contre-attaques visant à réprimer les opérations militaires menées par les forces armées centrafricaines (FACA) en faveur des populations civiles qui subissaient les exactions des hommes de Jean Pierre Bemba.

 

Les rebelles «Banyamulenges» ont perpétré des pillages, des viols et des tortures pour prendre d’assaut Mongoumba. Ils auraient même assassiné des malades dans le centre hospitalier local. Au cours de cette campagne criminelle, le capitaine Barril aurait été chargé de mettre en difficulté les éléments «amphibie» des FACA qui devaient stopper l’avancée des combattants du MLC.

 

L’arrestation de Jean Pierre Bemba le mois dernier en Belgique est un avertissement à l’endroit de tous les présumés complices des évènements de 2002-2003 en Centrafrique. C’est à la suite des enquêtes menées par de la CPI sur les crimes contre l’humanité commis sur le territoire centrafricain pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003, qu’un mandat d’arrêt sous scellés a été délivré, le 23 mai, contre Bemba.

 

Le leader du MLC, âgé de 45 ans, a été arrêté dans une banlieue de Bruxelles pour répondre de quatre chefs de crimes de guerre et de deux chefs de crimes contre l’humanité commis sur le territoire centrafricain.

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Mercredi 11 juin 2008












   Mia Farrow ici avec des mères d'enfants centrafricaines

NEW YORK 11 juin 2008 (AFP) — L'actrice américaine Mia Farrow, de retour d'un voyage pour l'ONU en République centrafricaine (RCA), décrit ce pays comme un Etat virtuellement "en déshérence", où les violations des droits de l'homme sont monnaie courante.

"Je ne pense pas que l'autorité du président François Bozizé s'étende bien loin en dehors de Bangui (la capitale), sauf peut être dans certaines villes où son pouvoir est toutefois précaire", a-t-elle déclaré dans un entretien avec l'AFP mardi.

"Je ne sais pas quelle est l'exacte définition d'un Etat en déshérence mais j'imagine que ce n'est pas très différent de ce nous voyons là-bas", a ajouté Mia Farrow, qui est ambassadrice de bonne volonté du Fond des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

L'actrice de 63 ans dresse un sombre bilan de son voyage le mois dernier à travers la RCA, affirmant que des milliers de civils ont été tués, enlevés ou violés lors d'affrontements entre les forces gouvernementales et des rebelles.

Selon elle, les deux parties se sont livrées à des atrocités contre les civils.

"Les gens nous ont raconté que beaucoup de villages brûlés l'avaient été par la garde présidentielle", a-t-elle dit.

Les principales victimes des affrontements sont les enfants qui sont souvent enlevés par les groupes rebelles. En mars, plus de 150 personnes dont beaucoup d'enfants, certains agés de 6 ans, ont été enlevés par l'Armée de résistance du seigneur (LRA), un groupe ougandais tristement célèbre.

La LRA est en conflit contre le gouvernement de Kampala depuis 22 ans et opère maintenant en RCA.

L'Unicef affirme manquer des ressources nécessaires pour récupérer ces enfants qui sont enrôlés de force par les rebelles, tandis que les filles sont réduites à l'esclavage sexuel.

Selon Mme Farrow, les parents ont reçu des messages des kidnappeurs durant sa visite. "La bonne nouvelle était que leurs enfants n'étaient sûrement pas morts. La mauvaise était qu'ils ne les reverraient jamais et que si cela arrivait, ils reviendraient pour les tuer", a-t-elle dit.

Son voyage d'une semaine était son second dans le pays. A l'issue de sa première visite l'an dernier, l'actrice avait appelé la communauté internationale à protéger les civils des attaques des groupes rebelles, des bandits et aussi des troupes gouvernementales.

"En 2007, j'avais dit qu'une force de maintien de la paix devrait être déployée aux frontières du Soudan et du Tchad", a-t-elle rappelé.

Cette année, une force de l'Union européenne (Eufor) a été déployée pour surveiller la frontière nord-est avec le Soudan.

Mais selon l'actrice, les personnes vivant à la frontière nord-ouest du pays avec le Tchad ont subi des attaques de la part de bandits et de l'armée tchadienne.

"Quelque 300.000 civils ont été forcés à fuir, certains se réfugiant dans la brousse et d'autres au Tchad", a-t-elle affirmé.

Insistant sur la nécessité de protéger les civils à la frontière tchadienne, l'actrice a cependant relevé quelques améliorations depuis sa précédente visite.

"Le grand changement, c'est qu'au lieu de deux ONG présentes il y en a maintenant 23", a-t-elle dit.

Elle a exprimé le souhait que sa dernière visite encourage les ONG à aller travailler dans le pays.

"C'est un terrain très dangereux où l'on demande aux travailleurs humanitaires de faire ce que le reste du monde ne fera pas", a-t-elle dit.

 

Ndlr. Centrafrique-Presse : Et dire que les troupes du MLC de JP. Bemba  se sont retirées depuis 2003. Nous sommes en 2008. A quand l'arrestation par la CPI de ce prétendu président de la République dont la garde présidentielle brûle impunément des villages, tue et assassine. On ne peut pas dire que Mia Farrow, qu'on ne peut soupçonner d'anti-bozizisme primaire, raconte des balivernes !

par Centrafrique-Presse.com publié dans : Droits de l'Homme et Liberté de Presse
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Mercredi 11 juin 2008

 

 

BANGUI, Centrafrique, June 11, 2008/African Press Organization (APO)/ — Le 10 juin 2008, les juges de la Chambre préliminaire III ont adressé au Royaume de Belgique une demande d’arrestation et de remise de Jean-Pierre Bemba à la Cour. Le Greffier de la Cour, Madame Silvana Arbia, l’a notifiée aux autorités belges aujourd’hui. La Chambre a également estimé nécessaire de délivrer un mandat d’arrêt en remplacement de celui qu’elle avait émis le 23 mai 2008.  

 

Le mandat d’arrêt porte sur les mêmes évènements qui se sont déroulés en République centrafricaine pendant la même période, soit du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003, et ajoute aux crimes déjà contenus dans le mandat d’arrêt du 23 mai 2008, deux chefs d’accusation supplémentaires de meurtres, envisagés sous la double qualification de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

 

Ainsi, Jean-Pierre Bemba Gombo serait pénalement responsable, conjointement avec une autre personne ou par l’intermédiaire d’autres personnes, au sens de l’article 25-3-a du Statut de Rome :

 

-  de 3 chefs de crime contre l’humanité : viols (article 7-1-g), tortures (article 7-1-f), meurtres (article 7-1-a) ;

-  de 5 chefs de crime de guerre : viols (article 8-2-e-vi), tortures (article 8-2-c-i), atteintes à la dignité de la personne, notamment des traitements humiliants et dégradants (article 8-2-c-ii), pillages d’une ville ou d’une localité (article 8-2-e-v), meurtres (article 8-2-c-i).

 

Jean-Pierre Bemba Gombo, supposé être ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC), âgé d’environ 45 ans, a été arrêté le 24 mai 2008 par les autorités du Royaume de Belgique, suite à une demande d’arrestation provisoire et un mandat d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale le 23 mai 2008.

 

La Chambre préliminaire III est d’avis qu’il existe des motifs raisonnables de croire que, dans le cadre d’un conflit armé prolongé qui s’est déroulé en République centrafricaine du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003, les forces du MLC, dirigées par Jean-Pierre Bemba Gombo, ont mené une attaque systématique ou généralisée contre la population civile et ont commis des meurtres, des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne, et des pillages, notamment dans les localités dénommées PK 12  et PK 22, et dans les villes de Bangui, Bossangoa, Mongoumba, Damara, Bossembélé.

 

SOURCE : International Criminal Court (ICC)

 

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Mardi 3 juin 2008

 

Les jeunes Camerounais déçus par une France timorée sur les droits de l'homme en Afrique


LE MONDE | 03.06.08 | 13h38  •  Mis à jour le 03.06.08 | 13h38 Reportage

 

YAOUNDÉ, DOUALA ENVOYÉ SPÉCIAL



Placardés sur les murs, Mandela, Luther King et Guevara assistent, muets, au procès improvisé : "Depuis quarante ans que la France "aide" le Cameroun, les gens vivent-ils mieux dans ce pays ?, attaque Mouafa Djontu, dirigeant d'une association d'étudiants de Yaoundé. Elle n'est là que pour conforter ses intérêts !"

 

Au coeur d'un village de brousse, un jeune agriculteur exprime autrement des sentiments comparables : "Quand un ministre camerounais vole, c'est notre argent qui va à Paris. La France est notre marraine. Elle ne devrait pas laisser passer ça !" Nul besoin d'orienter la conversation sur l'image de la France au Cameroun. La présence d'un journaliste blanc suffit à la déclencher, quitte, parfois, à forcer le trait. Jamais d'agressivité personnelle, mais des griefs ordonnés autour de trois thèmes : le soutien de Paris à l'éternel président Paul Biya, l'exploitation des richesses du pays, et la fermeture des frontières de la France.

 

Latente, l'animosité à l'égard de la France n'est pas l'élément déclencheur des émeutes qui, à la fin février, ont fait plusieurs dizaines de morts au Cameroun. L'explosion des prix du carburant et du riz et la réforme autorisant le président, Paul Biya, au pouvoir depuis vingt-six ans, à briguer un nouveau mandat ont enflammé la rue.

 

Mais tout le monde l'a remarqué : les entreprises françaises ont été prises pour cibles, au même titre que celles que la population attribue au président. Les stations Total, les agences Orange, les kiosques du PMU ont été pillés. "Les jeunes se sont attaqués à ce qu'ils croient être la cause de leur malheur", résume Pius Njawé, directeur du quotidien Le Messager.

 

L'hostilité antifrançaise relève du politique. Aucun Européen n'a été pris à partie. Rien à voir non plus avec les années 1990, lorsqu'un mot d'ordre de boycottage des produits français accompagnait la lutte contre le parti unique. "Au Cameroun, rien n'est plus prisé que les marques françaises. Mais l'image de la marque "France", elle, passe mal", sourit Gabin Nguidjoc, 30 ans, consultante en relations publiques.

 

Branchés sur RFI, TV5 ou Yahoo.fr, les jeunes rêvent de découvrir les richesses qui, comme si elles venaient d'une autre planète, s'étalent sur leurs écrans. "Chacun veut avoir sa chance", glisse une étudiante à qui un visa pour Paris a été refusé.

 

Entre dépit et colère, les jeunes Camerounais enragent contre une "France qui ne s'aperçoit pas que l'Afrique change" et continue de traiter les Africains en enfants immatures. "Si la France voulait, les choses changeraient ici." Paris éternelle responsable ? "Voilà une rhétorique du passé dont il est difficile de se passer, tranche Jean-Jacques Ekindi, député de l'opposition. Le véritable problème du Cameroun, ce sont les Camerounais."

 

De façon inattendue, Nicolas Sarkozy a plutôt bonne presse parmi ces jeunes en rogne contre la France. Ils sont nombreux à le créditer d'une énergie inépuisable dont il ne peut sortir que du bien. "Il a demandé aux Africains de se prendre en main. Mais certains trouvent plus commode d'accuser la France", affirme une étudiante.

Mais les diplomates français en prennent pour leur grade : ils sont accusés de parler "toujours par euphémisme alors que c'est d'eux que nous attendons les offensives sur les droits de l'homme et contre la corruption". "Ils sont vieux jeu, incapables de regarder sous les jupes de l'Afrique qui est tout de même l'épouse de leur propre pays", ose l'éditorialiste radical Shanda Tonme. Les jeunes mettent en exergue les prises de position plus nettes des ambassadeurs américains ou néerlandais sur les atteintes aux libertés.

 

Mais c'est dans le domaine économique, ultrasensible pour une jeunesse massivement condamnée au chômage, que l'aigreur est la plus marquée. Le réquisitoire est récurrent : "Les Français exploitent notre port, notre bois, nos bananes. Ils se réservent les postes de direction et ne fraient jamais avec les employés. Ils donnent des ordres, mais ne vont jamais sur le terrain, ils ne construisent rien de visible." Tout le contraire des vertus prêtées aux "partenaires" chinois qui multiplient les chantiers, notamment celui du rutilant palais des sports de Yaoundé.

 

Dans l'esprit des jeunes rencontrés, la Chine "investit" réellement pour l'avenir du Cameroun. Les ingénieurs envoyés par Pékin vivent dans des baraquements et se contentent de salaires modestes alors que les Français exigent air conditionné, piscine et salaire d'expatrié. "La France dépense de l'argent pour des conférences qui ne nous donne rien sauf des politiciens corrompus. Les Chinois nous facilitent la vie en nous vendant des motos à moitié prix et des objets quotidiens abordables", tranche un jeune agriculteur.

 

Même si les coeurs restent tournés vers la France et sa langue, les regards d'admiration convergent désormais vers la Chine. Le volontarisme politique des Chinois, la fierté qui les conduit à refuser l'aide internationale sont perçus comme des vertus à importer d'urgence en Afrique. Avec un espoir largement exprimé : que la concurrence asiatique amène la France à considérer l'Afrique autrement.

 

Philippe Bernard

 

Article paru dans l'édition du 04.06.08

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Dimanche 1 juin 2008

 

31/05

 

Les Nations unies jugent préoccupant le rapport de l’organisation caritative britannique Save the children sur les abus, sexuels notamment, dont font l’objet des enfants, dans les divers points chauds du globe.

D’après Save the children, des travailleurs humanitaires et des membres du personnel de maintien de la paix se rendent coupables d’abus sexuels sur de jeunes enfants, en toute impunité.

Faisant état de sa préoccupation face à cette situation, l’Onu rappelle qu’elle exige de son personnel civil et militaire une conduite irréprochable.

D’après le rapport de Save the Children, les Casques bleus se rendent le plus fréquemment coupables de telles pratiques dans les zones de conflit où ils sont appelés à travailler, mais on retrouve aussi de tels agissements dans des dizaines d’autres organisations. Cette étude se fonde sur le témoignage de centaines de jeunes en Côte d’Ivoire, au Soudan méridional et en Haïti. Ces enfants avaient été violés, contraints à se prostituer ou avaient fait l’objet de nombreuses autres pratiques néfastes.

L’Onu et la communauté internationale ont déjà pris des mesures pour lutter contre ce problème au cours des dernières années, mais il reste beaucoup à faire pour les appliquer, estime Save the Children.

 

Source: journalchretien.net

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Vendredi 30 mai 2008


(Rue 89 29/05/2008)

 

Chaque année, le rapport d’Amnesty International offre le miroir dérangeant de notre planète imparfaite. Celui de cette année est aussi l’occasion d’un bilan, car 2008 marque le soixantième anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’était au lendemain de la guerre, à l’époque des "plus jamais ça" et des espoirs liés à la paix retrouvée.

La première phrase du rapport d’Amnesty est accablante:


"Les dirigeants mondiaux devraient présenter des excuses, car ils n’ont pas su tenir les promesses de justice et d’égalité contenues dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Pendant ces six décennies, nombre de gouvernements se sont centrés sur l’exercice d’un pouvoir abusif ou se sont efforcés de faire avancer leurs propres intérêts politiques, en négligeant le respect des droits des personnes placées sous leur responsabilité."

Et le rapport de le prouver. Aujourd’hui encore, il existe 81 pays, soit la moitié des Etats du monde, qui pratiquent la torture, 77 pays qui ne permettent pas la liberté d’expression, 54 pays où la justice est inique. Et ces pratiques ne sont pas l’apanage d’obscures dictatures éloignées comme la Birmanie ou le Zimbabwe.


Les Etats-Unis, la plus grande puissance mondiale, sont épinglés pour leur centre de détention de Guantanamo et l’autorisation accordée à certaines formes de torture. L’Union européenne est montrée du doigt pour ses projets de prolongation de la durée de détention des immigrants illégaux et des demandeurs d’asile.

 
L’organisation s’en prend particulièrement aux dirigeants politiques, ceux des puissances anciennes accusées de se désinvestir du sujet -la France, hélas, ne fait pas exception-, et ceux des nouveaux “grands”, absents ou ambivalents selon Amnesty. Elle les appelle a fixer un nouvel agenda mondial de respect des droits de l’homme, et, surtout, à le mettre en oeuvre.

Plus grave encore, le débat ressurgit régulièrement sur la question de l’universalité de ces droits: cette belle déclaration de 1948, qu’on apprend fidèlement dans nos écoles, ne représenterait-elle finalement que les valeurs d’un Occident alors dominant? Pour Amnesty,

"Les droits humains ne sont pas des valeurs purement occidentales".

 
L’organisation a d’ailleurs évolué sur le périmètre des droits de l’homme, puisque son rapport évoque également l’impact des marchés financiers, les inégalités sociales, les émeutes de la faim et les deux milliards d’êtres humains qui vivent dans la pauvreté. Les Nations Unies avaient pris des engagements en leur faveur qui ne seront visiblement pas tenus.

Amnesty conserve sa foi dans l’action des citoyens en faveur des droits de l’homme, ce qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 1977. Mais les temps ont changé et Amnesty a plus de mal à se faire entendre. Une voix pourtant indispensable au milieu des clameurs de notre vie politique.

Pierre Haski


Par Rue89 Edito |


&#9658; Edito diffusé jeudi 29 mai sur Europe1. Retrouvez l'édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.

http://www.rue89.com/2008/05/29/amnesty-epingle-la-faillite-des-etats-sur-les-droits-de-lhomme

 

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par Centrafrique-Presse.com publié dans : Droits de l'Homme et Liberté de Presse
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Samedi 24 mai 2008

 

Paris - 23/05/2008 (Pana) - La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) a vivement dénoncé vendredi, l'amnistie générale prévue par l'article 4 de l'accord de cessez-le-feu conclu le 9 mai entre le gouvernement centrafricain et l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD).


Elle demande à l'Etat centrafricain d'enquêter et de poursuivre les personnes suspectes d'être responsables de violations graves des droits de l'homme et de crimes.


Dans un communiqué publié à Paris, la FIDH souligne l'espoir que cet accord mettra fin aux hostilités qui ravagent le nord de la Centrafrique depuis 2005 et permettra le retour des personnes déplacées.


La FIDH estime que cette obligation bien établie en droit international ne peut pas être supprimée sous prétexte de «créer les conditions de sécurité et de paix».


L'article 4 de l'accord prévoit «l'arrêt de toutes les poursuites judiciaires devant les juridictions centrafricaines [...] par l'adoption d'une amnistie générale».


La FIDH souligne que, conformément au droit international, cet accord exclut toute amnistie pour les coupables de violations des droits de l'homme, qu'ils soient membres de l'APRD, de l'armée nationale ou d'autres mouvements armés.

 

 

L’amnistie octroyée par l’accord de cessez-le-feu et de paix est inacceptable

 

23/05/2008

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) espère que l’accord de cessez-le-feu et de paix conclu le 9 mai 2008 entre le gouvernement de la République centrafricaine (RCA) et l’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) pourra effectivement mettre fin aux hostilités qui ravagent le nord du pays depuis 2005 [1] et permettra le retour des personnes déplacées.

 

Cependant, la FIDH dénonce l’article 4 de cet accord, qui prévoit « l’arrêt de toutes poursuites judiciaires devant les juridictions centrafricaines [...] par l’adoption d’une amnistie générale ».

L’Etat centrafricain est tenu d’enquêter et de poursuivre les personnes suspectes d’être responsables de violations graves des droits de l’Homme et de crimes internationaux. Cette obligation bien établie en droit international ne peut pas être supprimée sous prétexte de ’créer les conditions de s