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Editorial

Vendredi 17 octobre 2008





 

En décidant quand même de promulguer la loi très controversée devant accorder l’amnistie générale à tous les protagonistes de la crise centrafricaine avant la tenue du plus qu’hypothétique dialogue politique inclusif auquel on commence à croire de moins en moins, tant Bozizé fait traîner les choses en longueur, on finit par se demander quelle logique poursuit-il réellement ?  S’est-il une seule fois posé la question de savoir à quoi peut bien servir de promulguer une loi dont personne ne veut ? Absurdité ! 

En vérité, on a beaucoup de mal à suivre Bozizé et ses piètres conseillers tels que l’ineffable Stanislas Mbangot ou encore la clique de Cyriaque Gonda, Firmin Feindiro et Thierry Maléyombo qui ont le chic de déclencher inutilement des controverses afin de retarder le processus du dialogue national inclusif. Chaque fois qu’ils reviennent de Libreville, ils prennent des initiatives et font faire à Bozizé le contraire de tout ce qui a été adopté consensuellement là-bas tout en faisant croire à l’opinion qu’il s’agit bien de ce sur lequel la réunion du Gabon s’était mis d’accord.

Ce manège dure depuis un petit moment et finit naturellement par agacer voir irriter toutes les bonnes volontés qui au niveau de la sous région et de la communauté internationale, ne cessent de déployer des efforts certains pour accompagner le processus de résolution pacifique de la crise centrafricaine. Tel que Bozizé et ses minables conseillers se comportent, ils se discréditent eux-mêmes mais font surtout peser également sur les Centrafricains dans leur ensemble, la fausse réputation de médiocrité  et de manque de volonté politique.

Ils découragent ainsi toutes les initiatives tendant à aider leur  pays à s’en sortir en se détournant de ses vieux démons. S’ils aiment patauger dans la nullité, la RCA et l’écrasante majorité des Centrafricains veulent tourner leur page ouverte depuis le 15 mars 2003. Ils n’en peuvent plus de continuer à les voir plonger toujours un peu plus leur  pays dans l’abîme tandis qu’eux s’en mettent toujours davantage dans les poches.

Presqu’au même moment où Bozizé promulguait sa loi sur l’amnistie générale, les Nations unies à travers le BONUCA, publiaient un accablant rapport imputant la plupart des violations des droits de l’homme et des violences dans les régions du Nord aux services de sécurité de Bozizé notamment sa garde présidentielle. On peut comprendre pourquoi il est actuellement saisi d’une peur bleue quant à l’étau de la cour pénale internationale que fait clairement peser sur lui le procureur de cette institution. Sa seule ligne de défense est de pouvoir bénéficier comme cherche à le faire le président El Beshir du Soudan, des dispositions de l’article 16 du statut de Rome qui a crée la CPI.

Bozizé oublie qu’il n’est pas El Beshir et qu’on ne voit pas très bien qui peut prendre sa défense par rapport aux nombreux crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sous sa responsabilité directe par sa soldatesque et sur lesquels il a quelques comptes à rendre à la communauté internationale. Devant ces questions qui sont d’une gravité certaine pour lui, on constate qu’il est désespérément seul. En ne trouvant pas mieux à envoyer auprès de la CPI que Firmin Feindiro et Thierry Maléyombo, tout indique que Bozizé a du souci à se faire quant à son sort judiciaire et se trouve donc dans une impasse totale, ne sachant plus quoi faire ni quelle initiative prendre.

C’est dans cette situation délétère qu’il se rend aussi à Québec au Canada prendre part au sommet des chefs d’Etat des pays francophones en laissant derrière lui le macchabée du commissaire Trépassé tué dans des circonstances qui doivent être élucidées et qui laissent dores et déjà perplexes quant aux responsabilités du pouvoir en place.    

 

 

Par Centrafrique-Presse.com
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Jeudi 31 juillet 2008



Profitant de la loi d’amnistie tant réclamée par l’opposition comme préalable au dialogue national inclusif que les députés doivent voter dans les prochains jours, Bozizé veut aussi l’absolution pour lui et ses « libérateurs » pour leurs nombreux crimes de guerre, crimes économiques, violations des droits de l’homme, avant et après leur coup d’Etat, ainsi que pour les incendies volontaires de villages commis dans le Nord Ouest, Nord Est et le Centre Nord, par les éléments de sa garde présidentielle sous la houlette du tristement célèbre Eugène Ngaikoisset qu’il continue de protéger.

Après multiples hésitations puis longtemps traîné les pieds, Bozizé a fini par convoquer la session extraordinaire de l’assemblée nationale censée adopter le projet de loi portant amnistie générale pour le 1er août 2008. Contrairement aux habitudes, si on connaît la date du début de cette session, on ne sait en revanche pas quand elle finira ses travaux puisque le décret signé de Bozizé ne le précise pas.

Par ailleurs, en attendant l’ouverture de la session extraordinaire pour que les députés puissent disposer du texte des différents projets de loi, certaines indiscrétions ont déjà permis la publication dans un quotidien national d’une mouture des dits projets de loi destinés aux députés ainsi que du document portant exposé des motifs des projets de loi en question à leur attention.  

Il faut sincèrement espérer que les vrais projets de loi portant amnistie générale soient différents ou n’aient rien à voir avec les textes publiés dans le quotidien Le Citoyen n°2957 du 30 juillet 2008 car si d’aventure - et il est malheureusement fort à craindre - ce sont ces mêmes documents qui seront mis à la disposition des députés, ce serait très grave et il y aurait de quoi s’inquiéter. Pourquoi ?

D’après l’exposé des motifs qui accompagne les trois projets de loi signé du ministre de la justice le sieur très zélé Thierry Maléyombo, l’amnistie générale doit bénéficier également aux Faca en particulier non seulement aux auteurs « des infractions liées aux événements ayant provoqué le changement du 15 mars 2003 » mais aussi à ceux des éléments Faca ayant commis  « des infractions pendant les opérations de maintien de l’ordre et de la défense du territoire.

Autrement dit et en clair, à Bozizé soi même et ses prétendus « libérateurs » veulent s’auto-amnistier pour les innombrables crimes de guerre, crimes de sang et économiques qu’ils ont commis ainsi que les pillages, viols, vols, destruction multiforme du pays durant leur calamiteuse rébellion et même bien après leur coup d’Etat du 15 mars 2003 jusqu’à présent. C’est se moquer du monde ! C’est une auto-amnistie qui ne veut pas dire son nom.

Dès lors, puisque Bozizé et ses « libérateurs » sont au pouvoir depuis le 15 mars 2003 et qu’ils ont une écrasante majorité à l’assemblée nationale, pourquoi avoir attendu si longtemps pour passer le coup de balai sur leurs forfaits et putsch ? Pourquoi cherchent-ils à profiter de l’amnistie réclamée à cors et cris comme préalable à la tenue du dialogue national inclusif par l’opposition tant civile qu’armée ? Un tel procédé est inadmissible. C’est une imposture, un scandale et moralement malhonnête.

Le retour définitif de la paix pour sauver le pays ou la perpétuation de la guerre pour l’enterrer aussi définitivement. Il n’y a pas si longtemps, Cyriaque Gonda avait réduit le dialogue à une question d’offre de quelques strapontins dans le gouvernement à certains membres des mouvements armés et l’amnistie au président Patassé. Aujourd’hui, pour Thierry Maléyombo, l’amnistie générale tant voulue par les mouvements armés, les nombreux opposants en exil légitimement inquiets pour leur sécurité et qui devraient en principe prendre part au dialogue national inclusif, doit revenir à l’absolution de son patron Bozizé et tous ceux qui autour de lui et en son nom, ont tué, volé, violé, brûlé et détruit le pays et nombre de ses fils.

Tout cela montre combien Bozizé et sa clique sont loin de prendre l’exacte mesure des enjeux et de la portée du dialogue politique inclusif ainsi que de tout l’espoir de réconciliation nationale et de restauration d’une paix durable en Centrafrique que les filles et fils de ce pays fondent sur ce forum. De ce point de vue, il est fort regrettable que les ministres de Bozizé chargés de gérer les dossiers de ce dialogue soient des personnages aussi contestables, manquant de consistance et de moralité douteuse tels que  Cyriaque Gonda et Thierry Maléyombo qui ne comprennent à l’évidence, manifestement rien à ce qui est en jeu à savoir, le sort à court terme de la RCA et des Centrafricains.

Par Centrafrique-Presse.com
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Mercredi 16 juillet 2008



 

Tout n’est pas de s’emparer du pouvoir suprême d’un pays, encore faut-il le gérer car le plus dur est après. Telle peut être la leçon que Bozizé pourrait tirer de son arrivée à la tête de la RCA depuis le 15 mars 2003 jusqu’aujourd’hui. Depuis un peu plus de trois semaines, la crise énergétique qui frappe de plein la capitale Bangui est d’une ampleur et gravité sans précédent. Elle achève de ce fait définitivement la courbe d’impopularité de l’homme du 15 mars 2003 en qui certains avaient un moment cru à tort comme pouvant apporter un certain changement ou un changement certain quant au régime de son prédécesseur Ange Félix Patassé. Bozizé est venu apporter un changement qualitatif plutôt dans la situation de son portefeuille et non celle du pays.

 

Aujourd’hui, la crise énergétique a fait imploser son système égoïste et individualiste qui consiste à s’en mettre plein les poches sans penser à ses concitoyens ni au sort du pays. Une des conséquences les plus dramatiques du manque de courant électrique à Bangui, outre les nombreux décès enregistrés dans les hôpitaux, est également la rupture de la chaîne de froid au laboratoire national. Faut-il rappeler qu’on y conserve de nombreux réactifs, du sang, et autres produits aussi indispensables aux soins médicaux dans les hôpitaux. Dieu merci la délégation de l’Union européenne a dû consentir à fournir d’urgence un générateur électrique acheté sur place pour parer au plus pressé.

 

Dès qu’il a pris les commandes du pouvoir, il a imposé son neveu Ndoutingaï au ministère des mines où il se trouve encore à ce jour. Ce n’était pas par hasard ni pour rien. C’est pour essentiellement mieux contrôler le trafic du diamant à son seul profit. La preuve, ils étaient ensemble lors de leur arrestation par la police allemande en juin 2004 à Düsseldorf tentant d’écouler leur diamant. Bozizé s’est associé à presque tous les opérateurs d’entreprises d’exploitation forestière. Il est dans la filière sucrière avec Castel qui tient l’unique brasserie du pays et qui avait racheté la sucrerie de Ngakobo. Il est dans la distribution et la commercialisation des hydrocarbures. Bozizé a aujourd’hui de gros avoirs dans des comptes bancaires en Suisse.

 

Pendant ce temps, le pays est dans le fond du gouffre et beaucoup de Centrafricains affirment et réclament clairement le retour au pouvoir du président Patassé dont la courbe de popularité semble demeurer intacte auprès d’une majorité de l’électorat malgré les nombreuses campagnes de diabolisation du pouvoir bozizéen. C’est précisément ce qui fait redouter à Bozizé le retour au bercail de la principale victime de son coup d’Etat car tous les Centrafricains et même des observateurs étrangers avertis conviennent que si Patassé prend part à des élections présidentielles libres et transparentes auxquelles Bozizé est également candidat, la défaite de ce dernier ne ferait l’ombre d’aucun doute. D’où ses multiples hésitations et louvoiements quant à la promulgation de la loi instituant une amnistie générale pouvant permettre la tenue du dialogue politique inclusif.  

 

Et dire que malgré un bilan si désastreux et une telle impopularité, Bozizé osera briguer un  second mandant en 2010 ! Les Centrafricains devraient considérer une telle prétention de sa part, le cas échéant, comme une provocation. Quelques compatriotes commencent à emboîter le pas déjà franchi par David Bendounga depuis longtemps en osant maintenant exiger ouvertement et publiquement sa démission. On ne peut que s’en réjouir et déplorer qu’il n’y ait pas davantage de concitoyens à réclamer son départ de la tête du pays car les raisons ne manquent pas à présent. La faillite du régime de Bozizé est totale et avérée. Il doit donc partir afin qu’un exécutif de transition soit mis en place afin d’organiser des élections démocratiques ouvertes à tous pour la paix et la reconstruction du pays.

Par Centrafrique-Presse.com
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Mercredi 9 juillet 2008



 



                                                           Le neveu et tout puissant ministre d'Etat Ndoutingaï


Depuis son coup d’Etat du 15 mars 2003, Bozizé a déclaré être venu pour « libérer » les Centrafricains des méfaits et de la mauvaise gestion du président Ange Félix Patassé et de son parti le MLPC. Certains naïfs avaient applaudi des deux mains. Bozizé avait promis le Pérou aux Centrafricains. Aujourd’hui, un peu plus de cinq ans après, c’est la grande désillusion, le désenchantement. La faillite est totale, à telle enseigne que le courant électrique et l’eau courante manquent à présent cruellement à la ville de Bangui. Cela vient ajouter des difficultés supplémentaires à la détresse déjà indescriptible des banguissois. Du jamais vu ! Même au plus fort moment des mutineries de 1996, des rébellions et nombreuses tentatives de coup d’Etat de Kolingba et du même Bozizé, ni le courant électrique, ni l’eau, ni le téléphone, n’ont connu d’interruption.

 

Or depuis le triomphe de la  prétendue « libération » à la Bozizé, c’est son neveu, le tristement célèbre et indéboulonnable Sylvain Ndoutingaï qui règne à la tête du département des mines et de l’hydraulique jusqu’à ce jour. Dès le lendemain de la pseudo « libération », une cascade de nominations selon des critères non pas de compétence mais essentiellement tribalistes voir claniques, a plombé l’organigramme de l’ENERCA et de la SODECA, deux entreprises pourtant en position de monopole pour la production et la commercialisation du courant électrique et l’eau potable.

 

Les Centrafricains ont encore en mémoire, les turpitudes et la voracité financière d’un certain Jean Serges Wafio que Bozizé avait choisi de placer un moment à la direction générale de l’ENERCA avec les conséquences que l’on sait. Wafio a fini par partir de là, malgré lui mais d’autres Wafio sont toujours là. L’organigramme de l’ENERCA pullulent de noms en Féi…, Fio…, Ngai…, Zoui…etc…, des individus pas toujours à la hauteur des postes qu’ils occupent, se plaignent les banguissois.

 

Pendant ce temps et devant l’ampleur du sinistre du courant électrique qui empêche aussi la fourniture de l’eau, le neveu ministre d’Etat de Bozizé, Sylvain Ndoutingaï, se mure dans un silence assourdissant et imperturbablement,  ouvre et clôture un atelier de validation du rapport sur l’alimentation en eau potable. La directrice générale par intérim de l’ENERCA, une certain Kofio Elisabeth, trouve comme seule explication à la longue panne de fourniture du courant, la vétusté des machines de Boali et Bangui.  Pour divertir les banguissois, on procède à l’arrestation de quelques prétendus coupables de sabotage, qui ne sont en fait que des parents de Bozizé à qui on aurait remis de l’argent pour acquérir des pièces de rechange des machines de l’ENERCA mais qui auraient commis de malversations financières.  

 

Les graves difficultés actuelles de fourniture du courant électrique et d’eau potable à la ville de Bangui sont la preuve de l’échec et de l’incapacité structurelle de Bozizé et son clan familial  de gérer un pays comme la République centrafricaine. Vouloir le pouvoir est une chose. Gérer un pays pour le bien-être de ses fils en est une autre. Bozizé n’avait, n’a et n’aura en réalité aucun projet noble pour le développement de ce pays. Il n’était mu que par une insatiable envie d’accéder au fauteuil présidentiel pour son enrichissement personnel. A présent qu’il y est, son seul souci est de s’en mettre plein le portefeuille et les comptes bancaires qu’il a ouverts ici et là en Europe, notamment en Suisse, et qu’il a bien garnis.

 

Que les banguissois soient durablement dans l’obscurité, ce n’est point son problème ni celui de Ndoutingaï. C’est le pauvre premier ministre Touadéra qui se voit obligé de lancer des appels pathétiques à la communauté internationale pour la fourniture en urgence de groupe électrogènes de grande capacité. Aucun Centrafricain n’est aujourd’hui dupe des discours démagogiques de Bozizé. Ils ont été un temps, abusés mais les voilà maintenant avisés. Son masque de « libérateur » est définitivement tombé pour laisser apparaître son vrai visage.

Par Centrafrique-Presse.com
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Samedi 17 mai 2008




 

Contrairement à Jean Jacques Demafouth qui a été choisi par la base de l’APRD qui se trouve sur le terrain, manifestement la désignation depuis Cotonou par le président de l’UFDR Michel Am Non Droko Djotodia du président du Forum Démocratique (FODEM) Charles Massi comme coordonnateur politique du mouvement armé qu’est l’UFDR est loin de passer comme une lettre à la poste. Dès la décision rendue publique, un communiqué de l’aile militaire de l’UFDR qui est toujours sous le commandement de Zakaria Damane a dénoncé cette nomination et fait aussi savoir qu’elle signifiait une rupture définitive entre la branche armée et la direction du mouvement qui se trouve à Cotonou.

 

Le ministre de la communication du gouvernement centrafricain, Cyriaque Gonda a également indiqué qu’il déplorait aussi cette nomination de Charles Massi. Tout cela n’est pas du goût du président Djotodia qui vient de décider de la radiation du chef militaire Zakaria Damane et son remplacement par quelqu’un d’autre. On peut légitimement s’attendre à ce que Damane réagisse à son tour à sa radiation de l’UFDR. C’est dire combien l’affaire de l’OPA de Massi sur ce mouvement armé continue de faire des vagues qui ne sont pas prêtes de s’arrêter.

 

Il faut dire que Charles Massi est habitué aux volte-face de 180° comme celui qu’il a adopté avec jean Paul Ngoupandé entre les deux tours de la présidentielle de 2005 où, après avoir fait un tour à Brazzaville, ils étaient revenus les poches pleines appeler à voter pour François Bozizé après signature d’un accord politique. De même, il n’y a pas si longtemps, il mettait en garde le pouvoir de Bozizé sur le danger qu’il y avait à dialoguer avec les mouvements armés. Pour lui, seuls les partis politiques de l’opposition dite démocratique suffisaient.

 

Mais devant son éviction du gouvernement en janvier dernier et le refus du groupe des partis politiques de la majorité présidentielle de le laisser succéder à Gaston Mackouzangba du PUN au comité préparatoire du dialogue inclusif, Massi a cru devoir prendre l’initiative d’une offre publique d’achat (OPA) en quelque sorte sur la rébellion de l’UFDR.

 

Ce mouvement qui a été quelque peu affaibli par les bombardements répétés de l’aviation de guerre française et la longue détention en prison à Cotonou de ses deux principaux responsables politiques Michel Djotodia et Abakar Sabone, avait besoin d’une personnalité politique de poids à sa tête dans la perspective du dialogue inclusif en préparation. Avec le sens aigu d’opportunisme politicien qui le caractérise, Charles Massi a cru qu’il est celui-là et a pris le chemin de Cotonou pour y rencontrer Michel Djotodia et décrocher la timbale.

 



           Zakaria Damane ici à Gordil

Les mauvaises langues vont jusqu’à dire qu’il aurait arraché l’accord de sa nomination moyennant quelques billets d’euros remis à Djotodia. D’où les décisions dictatoriales qu’il fait pleuvoir depuis le Bénin sur l’UFDR. Or la situation sur le terrain est plutôt contrôlée par Zakaria Damane qui n’entend plus se soumettre aux oukases de Djotodia. Massi a donc encore beaucoup de soucis à se faire tant qu’il ne sera pas reconnu par Zakaria Damane et ses gars. Il doit reprendre son bâton de pèlerin et se rendre à Gordil ou Tiringoulou afin de s’entendre avec Damane sinon sa nomination aux fonctions de coordonnateur de l’UFDR restera sans effet. C’est le prix de son opportunisme.

 

Charles Massi est de ceux qui en Centrafrique, pensent qu’ils doivent demeurer ministre ad vitam aeternam. Dès qu’il sont enlevés du gouvernement, c’est un casus belli. Patassé l’a appris à ses dépens. Bozizé vient d’en avoir également la preuve. Or, nul n’est indispensable sur cette terre.

Par Centrafrique-Presse.com
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Mardi 22 avril 2008




 

Après tant et tant de tergiversations, de louvoiement, de scepticisme, bref, de doute, le processus du dialogue politique inclusif en Centrafrique paraît maintenant bel et bien amorcé.  En juger par les récents et derniers tours de chauffe effectués par des délégations du comité préparatoire qui ont rencontré il y a quelques jours à Paris, plusieurs personnalités politiques susceptibles d’y prendre part ainsi que le week-end dernier à Lomé, l’un des protagonistes sinon le plus important des protagonistes, l’incontournable président Ange Félix Patassé avec qui la délégation  s’est longuement entretenu. On le voit, le processus avance et est sur la dernière ligne droite, n’en déplaise à certains.

 

Aux dires des délégués du comité préparatoire, le processus pour la tenue de ce dialogue est désormais irréversible et que ce forum de la dernière chance en quelque sorte pour jeter les bases pouvant ramener une paix durable en Centrafrique aura bel et bien lieu dans environ quarante cinq (45) jours après la remise de leur rapport au gouvernement centrafricain prévue pour le 25 avril prochain.

 

Il faut dire que les nombreuses et inlassables pressions exercées par la communauté internationale sur Bozizé n’auront pas été pour rien dans le revirement de ce dernier qui n’a initialement jamais été d’accord pour la tenue de cette assise. Aujourd’hui, toujours selon le comité préparatoire qui s’est même permis de lui écrire pour solliciter son accord afin que tous ceux qui comptent sur l’échiquier politique national puissent participer à ce dialogue, il aurait  effectivement approuvé la démarche visant à rendre possible la participation de tout le monde.

 

Il est vrai que s’agissant du président Patassé et de son ancien ministre de la défense aujourd’hui président du mouvement armé l’APRD, Jean Jacques Démafouth - Bozizé qui est loin d’être un saint bien au contraire - n’a jamais fait mystère de son intention de les faire arrêter et remettre à la justice, d’où la nécessité que de véritables mesures d’amnistie politique générale soient prises pour leur permettre de prendre dûment part au dialogue si on souhaite qu’il soit vraiment inclusif. 

 

Reste aussi le problème du lieu où devrait avoir lieu le dialogue. Pour l’opposition et la plupart des mouvements armés ainsi que la coordination des signataires du Manifeste pour un vrai dialogue inclusif présidé par Me Goungaye Nganatouwa, ce forum doit se tenir en dehors du territoire centrafricain. Pour le comité préparatoire, le dialogue pourrait se tenir à Bangui sous réserve que les hypothèques sécuritaires et judiciaires qui pèsent sur certains participants éventuels soient levées. Ce volet est un véritable sujet de préoccupation et le comité dit aussi s’en soucier et se préparer à arrêter des dispositions techniques concrètes à mettre en œuvre.

 

 Le comité préparatoire du dialogue qui travaille sous les auspices du Centre du dialogue humanitaire (CDH) une association suisse basé à Genève.  Il est présidé par un citoyen éthiopien M. BERHANOU ABEBE qui est assisté de M. Freddy NKURIKIYE, un citoyen burundais également de l’association suisse CDH. Cette structure, a préalablement fini de rencontrer à Bangui toute la classe politique, les syndicats, les confessions religieuses, bref, la société civile etc…

 

Les rencontres du comité préparatoire devraient en principe s’achever avec un entretien avec le président Omar Bongo Ondimba à Libreville et le colonel Moammar Khadafi à Tripoli. Il n’est pas prévu dans son agenda une rencontre avec le président burkinabé Blaise Compaoré dont certains politiciens calculateurs avaient rêvé qu’il puisse être désigné médiateur de la crise centrafricaine mais qui a été récusé.

 

Que doit viser ce dialogue ? Jeter les bases d’une paix durable en Centrafrique avec des règles inviolables régissant de manière irréversible la vie démocratique moderne. Cela passe par une définition claire des principes acceptés par tous pour l’organisation des alternances politiques à la tête des institutions nationales. L’accession à la magistrature suprême ne saurait conférer un blanc seing  pour la mauvaise gouvernance et le non respect des droits de l’homme. Le dialogue national inclusif doit être clair là-dessus et prendre les dispositions pour prémunir notre pays et ses fils de cette déviation.

 

C’est un secret de polichinelle que Bozizé dont le bilan de gouvernance est pourtant plus que calamiteux, s’est déjà préparé pour l’échéance présidentielle de 2010 et possède plusieurs longueurs d’avance sur ses adversaires potentiels. On lui prête même l’intention de retoucher la constitution et d’organiser des élections anticipées. Par ailleurs, il s’est aussi  surarmé dans la perspective de continuer à  s’imposer par la force des armes à la tête du pays. Doit-on le laisser faire à sa guise ? Ce sont là des paramètres que tout le monde doit avoir à l’esprit dans la préparation et au cours des débats et ateliers du dialogue national.

Par Centrafrique-Presse.com
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Mercredi 26 mars 2008

 

 

 

Considéré et voulu par presque tous les fils du pays et tous les partis de l’opposition ainsi que tous les mouvements armés comme seule et unique voie pour ramener une paix durable en République centrafricaine, ce grand forum national censé réunir sans exclusive tous les protagonistes majeurs de la longue et grave crise qui secoue ce pays est aujourd’hui dans l’impasse par la seule volonté de François Bozizé. Ce n’est un mystère pour personne que celui-ci, dès le début, ne voulait pas de ce dialogue national inclusif. Il était conforté dans son refus par les conseils de son clan politique qui voyait dans la tenue d’une telle assise (surtout si l’ancien président Ange Félix Patassé y prenait part) un véritable danger pour la survie de leur pouvoir.

 

Tout est donc mis en œuvre afin de faire traîner au maximum les préparatifs et gagner ainsi du temps. Sans qu’on puisse en percevoir le bien fondé et alors qu’on ne leur a prévu que peu de siège, on va exiger que tous les groupes armés désignent absolument leurs représentants dans le comité préparatoire pensant sans doute ainsi les piéger. Entre temps, l’ancien porte parole de Bozizé et actuel ministre de la communication, Cyriaque Gonda, ira même se promener en Côte d’Ivoire pour rencontre le premier ministre Guillaume Soro sous prétexte de s’inspirer de l’exemple ivoirien du « dialogue direct » alors que l’expérience et le contexte ivoirien sont totalement différents de la situation centrafricaine.

 

L’immuable et puérile position de Bozizé consistant à répéter inlassablement dans toutes ses déclarations et interviews lorsqu’il est question du sort qu’il entend faire à l’ex président Ange Félix Patassé et son ancien ministre de la défense Jean Jacques Démafouth que ces derniers étaient libres de regagner leur pays mais que si jamais la justice décidait de leur demander des comptes, il ne pourrait rien faire pour eux, est bien la preuve que l’homme n’a nullement envie de voir se tenir ce dialogue national inclusif. Il prend donc la lourde responsabilité d’assumer seul les conséquences de l’impasse dans laquelle sa gestion a plongé le pays.

 

Or, si le dialogue national inclusif ne se tient pas comme tout semble l’indiquer, la situation du pays qui est déjà extrêmement grave surtout sur le plan de l’insécurité, s’empirera. C’est un secret de polichinelle que le régime de Bozizé ne contrôle que la capitale Bangui. Le reste du territoire est un vaste no man’s land où écument des bandes armées non identifiées, des mouvements nationaux de rébellion armée, voire étrangers comme c’est le cas de l’Armée de Résistance du Seigneur de l’Ougandais Joseph Kony qui utilise le territoire centrafricain comme bon lui semble. Bozizé avait pourtant courant 2007, effectué une visite à Kampala pour s’entretenir avec Yowéri Musevéni notamment au sujet des incursions de la LRA.

Récemment aussi, des troupes régulières tchadiennes ont allégrement franchi la frontière et pénétré sur plusieurs kilomètres à l’intérieur du territoire centrafricain où elles ont brûlé des villages et tué de paisibles paysans et volé leurs boeufs sans que cela ait suscité quelque émotion ni réaction des autorités centrafricaines de Bangui. Il est vraisemblable que ce soit même avec leur aval que cela se soit déroulé. Une telle situation ne saurait s’éterniser. Comment peut-on parler de développement d’un pays dans un tel contexte ! Le monde rural n’existe plus. La RCA se meurt. Si on laisse Bozizé prendre ainsi le pays en otage, l’impasse actuelle le précipitera définitivement dans le gouffre. C’est probablement ce que Bozizé souhaite lui qui est parfaitement conscient que sans le pouvoir, il n’a point d’avenir.

Par Centrafrique-Presse.com
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Vendredi 29 février 2008

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Bozizé n’a rien à redouter de la révision des accords de défense franco-centrafricains

 L’annonce par Nicolas Sarkozy de la prochaine remise à plat des fameux accords de défense de certains pays africains de l’ex empire colonial français qu’étaient les anciennes AEF et AOF dans le but de les rendre plus transparents ou plutôt moins opaque, est une excellente chose. Tout le monde sait que les différents gouvernements français, depuis le règne de Jacques Foccart à l’Elysée jusqu’à celui de Michel de Bonnecorse, en ont fait une utilisation à géométrie variable.

 Les relations entre la France et les pays africains de son ancienne sphère d’influence ont toujours été jusqu’ici - on ne sait trop jamais pourquoi - du domaine réservé de locataire de l’Elysée. C’est aussi toujours au nom de ces obsolètes accords de défense dont plusieurs clauses sont étrangement restées secrètes que certaines opérations militaires pour renverser des régimes, le cas Bokassa en RCA par exemple avec « barracuda » en septembre 1979, ou rétablir des  présidents destitués, tel Léon Mba au Gabon dans les années 60.

 Plus récemment encore, pendant les derniers mois de Chirac à l’Elysée en 2007, c’est au nom des mêmes accords de défense qu’une intervention militaire particulièrement musclée des forces spéciales françaises appuyée par des Mirage F1 a été déployée en Centrafrique pour empêcher les combattants de l’UFDR de renverser François Bozizé dont les soldats n’en menaient pas large voire refusaient même d’aller au front des villes de Birao, Ouadda Djallé et autres Bria.

 Il faut dire que s’agissant spécialement de Bozizé, peu avant sa prétendue investiture en juin 2005 après la mascarade électorale qu’il avait organisée pour s’autoproclamer président de la République centrafricaine, la ministre déléguée à la coopération d’alors, Mme Brigitte Girardin s’était rendue à Bangui et avait signé avec lui des accords de défense restés secrets à ce jours. Ce qui est très déplorable c’est qu’en France même, les problèmes qui touchent les états africains ex colonies françaises ne font jamais l’objet de débats parlementaires. Les députés français s’en fichent. C’est ainsi que les divers présidents de la France se sont toujours emparés des questions liées aux relations francoafricaines pour en faire leur chasse gardée et en décider toujours seuls sur la base des fiches des services de la DGSE, du ministère des armées ou des diverses cellules africaines de l’Elysée ou du Quai d’Orsay. 

 Ces accords ont toujours été interprétés jusqu’ici par certains chefs d’état africains comme des contrats d’assurance vie qui les prémunissaient  ad vitam aeternam contre toute tentative de coup d’état ou d’épreuve de force quelconque. Ainsi, ils se permettaient de s’installer dans la mauvaise gouvernance à leur guise et de ne point se préoccuper du respect des droits de l’homme dans leur pays.

 En ce qui concerne Bozizé, il avait quelque peu flairé depuis longtemps ce que vient d’annoncer Sarkozy à savoir la révision des accords francoafricains de défense qu’il avait déjà pris langue avec l’Afrique du sud avec qui il avait signé des accords secrets de défense dont il est à présent le seul à Bangui à posséder un exemplaire étant lui-même président et ministre de la défense. Depuis, ce sont des éléments sud africains qui assurent sa sécurité à ce jour. Son seul et vrai problème est de savoir jusqu’où les sud Africains sont prêts à s’impliquer pour le protéger et défendre son pouvoir. Il ne doit cependant pas tellement redouter cette révision des accords de défense avec la France et le Centrafrique qui pend à l’horizon.

Par Centrafrique-Presse.com
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