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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 02:36

 

 

 

 

Prosper N'DOUBA


 

Le 25 octobre 2002, François Bozizé lançait les éléments de sa rébellion, depuis le territoire tchadien à la conquête du pouvoir alors détenu à Bangui par l’ancien Président Ange Félix Patassé, démocratiquement réélu en 1999. C’est la première tentative manquée de prise de pouvoir du général Bozizé depuis son entrée en rébellion en novembre 2001 et sa fuite au Tchad. Ses hommes et mercenaires tchadiens qu’il a méthodiquement recrutés, partis depuis Moissala au Tchad et Sido, font leur entrée dans Bangui et prennent possession de la commune de Bégoua, du PK 12, 13 et des quartiers Nord de la capitale jusqu’au carrefour du quatrième arrondissement.


Après un siège de cinq jours environs, ils sont contraints de battre en retraite mais ce repli se caractérise par des destructions systématiques des infrastructures de base des régions, villes et localités qu’ils ont traversées pendant leur expédition les conduisant vers la capitale. Outre Bangui où on ils vont se commettre et se livrer à de nombreuses exactions, les préfectures de l’Ombella-Mpoko, de la Kémo, la Nana-Gribizi, l’Ouham et l’Ouham-Pendé vont enregistrer des crimes crapuleux de toutes sortes, des assassinats, des braquages, des vols et viols de femmes). Bozizé ose déclarer sur RFI : « La souffrance du peuple est telle que je ne peux pas attendre les élections de 2005 ».


C’est dans ce contexte que j’ai personnellement été enlevé ce 25 octobre 2002 et détenu trente-huit jours entre les mains de ses hommes qui m’ont emmené jusqu’à Sido puis ramené à Kaga-Bandoro. Ce dixième anniversaire est aussi un triste anniversaire pour moi et ma famille. J’ai commencé à le célébrer, comment peut-on le qualifier autrement,  il y a presque un mois lorsque l’occasion m’a été fournie d’aller témoigner sur ce triste événement devant la Cour Pénale Internationale du 14 au 18 septembre dernier à La Haye.  


Aujourd’hui, dix ans jour pour jour, où en sommes-nous avec la souffrance du peuple centrafricain dont parlait Bozizé à ce moment-là et qui a servi de prétexte à sa rébellion et finalement à la réalisation du coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir le 15 mars 2003. Sans faire preuve d’un anti-bozizisme primaire, on peut affirmer sans risque que la souffrance du peuple centrafricain, loin d’être atténuée, a décuplé. Non seulement Bozizé ne voulait pas prendre le pouvoir pour réduire cette souffrance, mais il l’a aggravé. En réalité il n’avait et n’a ni l’étoffe, ni l’aptitude, ni la volonté, ni la vision requise pour diriger un pays comme la République centrafricaine.


La preuve, dix ans jour pour jour, la descente aux enfers de la République centrafricaine se poursuit inexorablement. Rien, vraiment rien ne laisse entrevoir quelque espoir que ce soit tant que ce monsieur demeurera à la tête de ce pays, avec la mauvaise gouvernance qui le caractérise, tout le système de prédation qu’il a mis en place, avec tous ces corrompus autour de lui, point de salut pour les Centrafricains et ce pays. L’exaspération des partenaires bilatéraux et multilatéraux du cas centrafricain qu’on n’hésite plus à qualifier d’Etat failli, d’Etat fantôme et quoi d’autre encore…. !


La RCA n’est plus que l’ombre d’elle-même. Tout le monde est porté au découragement. On ne sait pas par quel bout commencer un jour si ce pays doit redémarrer. Toute son âme est à l’étranger. Tout s’est effondré. Plus de routes, plus de ponts, plus de santé, plus de quoi manger, plus d’école, plus de sécurité, plus de travail, bref, plus de vie tout court ! C’est tout simplement fou ! Et Bozizé est là, hélas encore là, tourne en rond avec ses enfants et femmes, ses gourous, ses pasteurs, passe le plus clair de son temps entre Bangui, Bézambé, Bayanga, l’étranger, et un pays qui se meurt dans son indifférence totale…. !

 

 

Prosper N'DOUBA

 

 


 

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Lire aussi de Prosper N'DOUBA

 

L'Otage du général rebelle centrafricain François Bozizé

Journal d'un captif des "libérateurs"


Préface d'Antoine Bangui


Ed. L'Harmattan Paris Janvier 2006


 


Centrafrique

Prosper N'douba

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Cité par la défense de Jean-Pierre Bemba, le patron du Mouvement pour la Libération du Congo (MLC) actuellement poursuivi pour crimes de guerre devant la Cour Pénale Internationale (CPI), Prosper N'douba a témoigné devant la juridiction de La Haye, du 14 au 18 septembre, parmi une soixantaine d'autres personnalités. Ce dernier, ancien conseiller spécial et porte-parole du président Ange-Félix Patassé "AFP" est revenu sur les exactions des soldats de François Bozize dans les quartiers nord de Bangui au moment de leur incursion dans la capitale centrafricaine, en octobre 2002, avant la contre-offensive des soldats loyalistes d'AFP soutenu par les troupes du MLC.
Prosper N'Douba a également évoqué sa propre situation ayant lui-même été enlevé, le 25 octobre 2002, et séquestré durant 38 jours, par les soldats de l'actuel président centrafricain, une épreuve consignée dans un livre paru en janvier 2006 chez L'Harmattan ("L’otage du général rebelle centrafricain François Bozizé") Ce témoignage tend à contredire l'argumentaire de l'accusation semblant vouloir faire exclusivement porter au seul MLC la responsabilité des violences et crimes de guerre commis entre 2002 et 2003 en Centrafrique. Actuel responsable du site Centrafrique Presse-Info, Prosper N'douba s'est plié aux questions de plusieurs avocats dont le britannique Peter Haynes, les deux avocats centrafricains représentant les victimes, Zarambaud Assingambi et Marie Edith Douzima-Lawson ainsi que celles du premier substitut de la procureure Fatou Bensouda. Ce procès devrait encore durer plusieurs mois.

La Lettre du Continent n° 643 du 27 septembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

Bilan de la gouvernance Bozizé

 

 

Entre prise d’otage, destructions, assassinats, crimes crapuleux, vols et viols entre autres, l’histoire de cette conquête n’a pas fini de faire couler les salives et surtout les larmes de ceux qui en ont été les victimes qui attendent toujours d’être consolées et rétablies dans leurs droits.


Et l’Etat, victime lui aussi, attend d’être remis dans ses droits. Mais étant donné que ses dirigeants politiques actuels ont été les mêmes qui l’ont mis dans cette situation, il lui est difficile de se plaindre, si ce n’est à travers un jeu politicien consistant à rechercher ailleurs les auteurs.

 

Les traumatismes et frustrations ainsi occasionnés ont plombé la reprise du travail et slogan Kwa Na Kwa « le travail, rien que le travail » résonne dans le lointain à l’indifférence de toutes les forces du pays, notamment de la jeunesse.

 

Abusivement présentée par ses autorités comme pays post-conflit, la République Centrafricaine est bien installée dans son conflit que tout indique qu’il perdure.

Au demeurant, les indicateurs de la récurrence de cette crise servent bien souvent de prétexte aux autorités pour continuer à solliciter l’appui financier pour y remédier, mais en réalité pour s’en mettre plein les poches.

 

A bien des égards, force est de constater que ce n’est pas demain la veille pour la République Centrafricaine, tant ses indicateurs socio-économiques rendent pessimistes les observateurs objectifs tout comme ils remplissent de désespoir les Centrafricains qui ne croient plus à l’amélioration de leurs conditions de vie. Triste sort !

 

L’insécurité à laquelle sont exposées les personnes et leurs biens – y compris dans la capitale Bangui – reste un problème que tout le monde sait que Bozizé n’y apportera pas une solution avant la fin de son règne. Outre les Forces Armées Centrafricaines dont les éléments se font tuer à longueur de mois et d’année sans que cela préoccupe leur haut commandement, les crimes perpétrés contre les civils sont désormais banalisés, tellement ils sont intégrés au fonctionnement quotidien de leur vie.

 

La santé des populations est à l’abandon. La multiplication ces derniers temps des réunions entre le ministre en charge de ce secteur et le Conseil de l’Ordre des Médecins ne constitue en rien une solution au quotidien des malades. Le personnel médical et le gouvernement s’accusent mutuellement et ce sont les malades qui trinquent et en paient le prix fort. Cette situation a favorisé la prolifération des centres de santé communautaires – y compris à Bangui – tenus par des secouristes ou des associations en mal d’activité. Quant aux pharmacies et médicaments de la rue, le « marché  soudanais » qui les approvisionne se développe au vu et au su de toutes les autorités sanitaires qui s’en détournent les yeux, sans que quelque chose soit fait pour épargner la vie des populations malades.

 

Les secteurs de l’éducation pré-scolaire, fondamental 1, 2, supérieur, technique et professionnel, sont cédés à l’initiative privée qui essaie de se développer sans moyens. En comparaison des établissements publics où les effectifs sont pléthoriques, les salles sans bancs, les enseignants mal payés et démotivés, l’enseignement privé est une jungle qui apparaît comme la panacée. Les parents un tant soit peu responsables font tout, quel que soit le nombre de leurs rejetons, pour les inscrire dans les établissements privés. Le gouvernement trouve dans cette articulation une solution à son incapacité à faire atteindre l’OMD en 2015 en ce qui concerne l’enseignement. La fin du niveau au rabais de l’enseignement en République Centrafricaine n’est pas pour demain.

 

L’insécurité alimentaire est devenue pour la première fois une réalité dans un pays naguère qualifié de pays d’abondance car gâté par la nature en ce qui concerne les conditions des plus favorables pour une production agricole abondante. La flambée continue des prix des denrées alimentaires de base, l’impossibilité d’aller au champ cultiver ou chasser en toute quiétude, le sabotage du circuit de la viande de bœuf sur lequel le clan Bozizé a jeté son dévolu, la conduite d’une politique agricole démagogique, etc… ont créé les conditions d’une sous-alimentation chronique des populations en général, plus particulièrement de celle des enfants et personnes du 3ème âge. La persistance des cas de dénutrition et malnutrition sur presque toute l’étendue du territoire national en un exemple.

 

La situation humanitaire est carrément abandonnée sans scrupule aux organisations du même nom dont le grand nombre signifie paradoxalement que ce pays se porte mal. Leur action contribue dieu merci, à alléger la souffrance des populations des zones affectées par la rébellion mais il s’agit d’une situation qui ne doit pas durer ad vitam aeternam et dispenser le gouvernement d’assumer ses propres responsabilités.

 

Le chômage de la Jeunesse centrafricaine est devenu un véritable sujet de préoccupation car les seules possibilités d’emploi que le régime de Bozizé leur offre est l’entrée dans l’armée et encore (les événements du 2 août 2012 relatifs aux recrutements dans l’armée en disent long sur leur finalité) ou d’être vigile ou encore de devenir conducteur de taxi-moto. Pour cette dernière activité, il suffit de faire un tour en traumatologie de l’hôpital communautaire à Bangui pour mesurer les conséquences et les risques que cela présente.

 

15 mars 2003 :Prise de pouvoir de Bozizé avec l’appui de la garde présidentielle tchadienne. Pillage et mise à sac de Bangui par les mercenaires zakawa tchadiens qui ont installé Bozizé au pouvoir. Administration, entreprises et sociétés privées, particuliers.

 

-          « Je ne suis pas venu pour faire de la magie. Du travail, rien que du travail » (KNK) dixit Bozizé


-          Nomination des ministres béni oui oui.


-          Mise en coupe réglée de l’Etat, de l’armée et des circuits financiers


-          Nomination de ses fils, neveux, nièces, cousins et cousines et certains alliés à des postes où ils sont inamovibles (défense, finances, mines, domaines, douanes, impôts, trésor et certains corps de l’Etat, Nouvelles Technologies, Agriculture etc…)


-          Affairisme débridé à commencer par Bozizé lui-même.


-          Erection des prisons spéciales privées,


-          Gangstérisme d’Etat


-          Crimes politiques (cas  du lieutenant Isidore Florent Laoulé et du colonel Charles Massi)


-          Violations répétées de la Constitution


-          Violations délibérées des règles de gestion de l’Etat notamment des finances publiques

-          Privatisation de la douane, crimes économiques des fils vis-à-vis de la douane et des impôts


-          Exécution de nombreuses dépenses hors budget (acquisition aux USA d’une épave d’Hercules C 130, en Ukraine d’hélicoptères qui moisissent actuellement à l’escadrille à Mpoko, importants achats d’armes et munitions de guerre, réhabilitation du palais omnisport)


-          Tribalisation à outrance de l’administration et de l’appareil d’Etat


-          Impunité et protection totale des délinquants et criminels membres du sérail présidentiel


-          Institution des barrières illégales sur tous les axes routiers du pays pour le racket des usagers


-          Hold-up électoral et privatisation de l’assemblée nationale au seul profit du parti au pouvoir

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique