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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 06:03

 

 

 

Bozizé salue Djotodia 

 

 

Les pourparlers inter-centrafricains convoqués les 10 et 11 janvier 2013 à Libreville par les Etats membres de la CEEAC ont accouché de recommandations consensuelles entre majorité présidentielle, mouvement rebelle du Seleka, opposition démocratique, politico-militaire non belligérant et les organisations de la société civile (en leur qualité d’observateurs) propres à sortir la République Centrafricaine de sa situation d’enlisement politique et subséquemment de son état de délabrement économique et social très avancé. Je ne reviendrai pas en détail sur le contenu exhaustif de l’accord de paix qui a sanctionné éloquemment les travaux du sommet de la CEEAC car ledit accord est facilement consultable sur les sites et autres supports électroniques dédiés c’est-à-dire consacrés à la République Centrafricaine.

 

En tant que patriote centrafricain, ayant l’amour de mon pays chevillé au corps et cœur, je leur (en l’occurrence les pays membres de la CEEAC) en sais gré et mesure leur investissement personnel grâce au don de la personne des Chefs d’Etat qui ont osé faire le déplacement de la capitale gabonaise pour venir au chevet de la République Centrafricaine, derechef, malade en ce début d’année 2013.

Sur ces entrefaites, je pense tout particulièrement au Président Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad et Président en exercice de la CEEAC qui a toujours été aux côtés de notre pays surtout ces dernières années dans les moments les plus difficiles de son histoire, au Président Denis Sassou N’guesso, Président de la République du Congo-Brazzaville ès qualité de Médiateur de la crise centrafricaine, au Président Ali Bongo Ondimba, Président de la République du Gabon et Hôte du sommet de la CEEAC et au Président Theodoro Obiang Nguema Basogo, Président de la République de Guinée équatoriale ainsi qu’aux représentants des autres chefs d’Etat des pays membres de la Communauté.

Qu’ils en soient, une fois de plus, profondément remerciés pour leur effort inlassable et sans relâche pour ramener la paix en Centrafrique même si, nous Centrafricains, n’avons hélas pas toujours été à la hauteur de leur sollicitude et de leur magnanimité et n’avons su et pu mériter leur confiance inébranlable pour venir, à chaque fois que l’occasion se présente, à la rescousse de notre pays.

 

Je n’oublie pas qu’à chaque fois que de besoin, ils ont été à nos côtés. Que ce soit en termes d’appui d’aide budgétaire exceptionnelle pour faire face à nos besoins de financement qu’en fait de fourniture de troupes pour contribuer au maintien de la paix dans notre pays. J’ai, ici, présent à l’esprit l’opportunité de la mise en place de la Micopax d’abord, devenu ensuite la Fomuc, et rebaptisée Fomac qui joue aujourd’hui le rôle de force tampon à Damara, ville située à quelques encablures (75 km) de Bangui entre les forces de la rébellion du Seleka et les forces armées gouvernementales, empêchant du coup la prise de notre « Bastille » pour reprendre une métaphore.

C’est dire que le rôle de stabilisation que joue la force africaine dans notre pays n’est pas négligeable et n’est pas sans conséquence sur l’avènement du climat de paix dans notre société.

 

Cette ébauche de solution de règlement de la dernière grave crise centrafricaine ouverte avec l’éclatement de la énième rébellion armée qui a entraîné, de facto, la scission de notre pays en deux-, née sous la pression des pays amis et loin de constituer la panacée à nos problèmes structurels-, est de nature à permettre d’enterrer un tant soit peu- et espérons le définitivement- la hache de guerre. Si tant est que nous, Centrafricains, en avons la ferme volonté. Car, il faut retenir que personne ne viendra faire notre bonheur à notre place.

Il nous appartient et à nous seuls de construire méthodiquement et avec amour notre destin et notre pays.

La classe politique et la société civile, signataires et dépositaires des accords de paix inter-centrafricains de Libreville n’ont pas, n’ont plus droit à l’erreur. Elles doivent,- l’Afrique et le monde les regardent-, mettre de côté leurs intérêts égoïstes et leurs sentiments égotiques pour se montrer, pour une fois, à la hauteur des enjeux et des défis protéiformes auxquels notre pays est aujourd’hui confronté.

 

Ces défis, avant de se situer sur le terrain purement politique, sont d’abord d’ordre économique et financier, social, éducatif, culturel, environnemental, judiciaire, sécuritaire et diplomatique dans un monde en perpétuelle mutation. A ce propos, j’avais, en son temps, consacré une étude fouillée sous forme de propositions de solutions concrètes aux différents problèmes sectoriels que connaît notre pays. Cette contribution au grand débat en cours dans notre pays reste plus que jamais d’actualité. D’autant plus que depuis la rédaction de cet article, aucun changement et saut qualitatifs n’a été enregistré. Pire : la situation du pays s’est davantage dégradée. Ce, à tous points de vue.

 

Le peuple centrafricain, comme tous les autres peuples du monde, aspire à vivre en paix, aspire à connaître des conditions de vie meilleures, souhaite bénéficier du minimum social et du minimum vital grâce à la richesse de son sol et de son sous-sol.


Il en a plus qu’assez de devoir vivre, à intervalle régulier, les affres et les horreurs des guerres civiles qui déchirent notre pays. Notre peuple a trop souvent été martyrisé, pris en otage dans ce cercle vicieux, payant le lourd tribut des errements de la classe dirigeante et buvant le calice jusqu’à lie au point d’être parfois la risée et l’objet du sarcasme du monde.

Pour ma part, comme patriote et ayant un amour sans borne pour pays, j’en suis profondément affecté et peiné. Les médias étrangers ont rarement dépeint en termes élogieux la situation qui prévaut en Centrafrique et ils n’ont pas tout à fait tort car nous n’avons rien fait pour mériter une bonne réputation ; excellant souvent dans la médiocrité.

 

Le peuple centrafricain n’a pas le droit de mériter ce sort attristant et affligeant.

Il appert que dans ce jeu parfois de poker menteur, c’est toujours le bas peuple qui trinque. Nul n’est besoin de ressasser le fait qu’à la faveur de nos conflits fratricides récurrents et de nos turpitudes, ce sont nos filles, nos sœurs, nos épouses et parfois même nos mères qui en sont atteintes dans ce qu’elles ont de plus chères c’est-à-dire dans leur dignité intrinsèque.

Nos enfants enrôlés, dans les mouvements et forces armés, contre leur gré et contre la volonté de leurs parents pour en faire des enfants-soldats et des esclaves sexuelles.

 

Nos hommes politiques doivent dorénavant prendre conscience du caractère dramatique et tragique de cette situation et de la casse imposés injustement à notre peuple et à notre pays. Cette situation a suffisamment perduré et ne peut plus continuer de perdurer au risque de mettre en cause l’existence même de notre pays en tant qu’Etat souverain. J’en veux pour preuve la présence permanente sur notre sol de nombreuses ONG étrangères d’essence humanitaire et des forces armées étrangères obligées de venir nous prêter leurs concours pour faire face à la carence, à la défaillance et à la déliquescence de notre Etat. L’on dénombre aujourd’hui pas moins de 10 forces armées étrangères stationnées sur notre territoire. Ceci en dit long sur la nature des défis humanitaire et sécuritaire que doit relever notre pays pour ne s’en tenir qu’à ces aspects de la donne.

Force est malheureusement de constater et de déplorer qu’après 53 ans d’indépendance jour pour jour pourtant obtenus dans le sang et au prix de sacrifices, nous continuons d’être porté à bout de bras par la communauté internationale. Je prends le pari que sans cette assistance internationale, nous aurions été purement et simplement liquéfiés.

 

Si, nous avons le privilège, contrairement à beaucoup d’autres pays du continent, d’avoir une langue commune (la langue nationale),-le Sango-, censée raffermir et consolider le ciment de notre unité et de notre fraternité nationales dans notre diversité ethnique, je me suis souvent interrogé de savoir si le Centrafricain aimait son congénère, son compatriote et surtout son pays pour le voir aller à vau l’eau sans en être ému outre mesure.

 

Je me suis également souvent demandé si la classe dirigeante centrafricaine a conscience du grand retard, du handicap structurel et surtout de l’état de délabrement sans nom de notre pays en dépit de ses atouts économiques et de ses immenses potentialités naturelles fabuleuses qui suscitent pourtant tant de convoitises, pas forcément dans une optique malveillante de la part de potentiels investisseurs ; ressources qui ne demandent qu’à être rationnellement exploitées au bénéfice de nos populations.

 

Puisse, in extremis, les mânes du Père de l’indépendance nationale, le vénéré et vénérable Barthélémy Boganda qui doit se retourner, en ce moment, dans sa tombe, venir nous extirper des démons de la division, de cette situation de désarroi et créer la catharsis à laquelle notre pays a besoin.

 

A l’heure où le peuple centrafricain s’interroge sur son destin, nous devons savoir regarder à froid l’intérêt supérieur de la nation avant de nous intéresser à nos petits intérêts bassement matériels. La République Centrafricaine doit être placée au-dessus de toute autre considération matérielle personnelle, de tout intérêt particulier pour ne privilégier que l’intérêt général.

 

Je forme le vœu que la classe politique et la société civile centrafricaines dans leur ensemble puissent s’inscrire résolument dans cet accord de paix de Libreville signé sous l’égide de la communauté internationale; estampillé accord de la dernière chance obtenu aux forceps grâce au concours et à l’entregent de nos partenaires de toujours.

 

La classe politique doit s’approprier ce gentleman agreement quitte à modifier la constitution pour le rendre applicable chaque fois que les dispositions de cet accord semblent contredire les dispositions constitutionnelles. Notons que la constitution en tant que  loi fondamentale de la République a une valeur supérieure à un traité ou à une convention internationale au regard de la hiérarchie des normes juridiques. Pour rendre un traité ou une convention internationale contraire à la constitution applicable, l’on doit procéder à une modification de la constitution.

 

Sachons raison gardée ne pas décevoir, une énième fois, nos amis toujours prompts à nous apporter leur aide et soutien multiformes. Le facteur temps ne joue pas pour nous. Prenons conscience de ce que, alors que le monde avance à grand pas, nous Centrafricains, marquons le pas et même reculons comme si le mauvais sort et la fatalité se sont abattus sur notre pays pour encalminer et ainsi hypothéquer notre avenir.

 

Nous ne devons plus décevoir nos populations qui ont suffisamment souffert. Elles réclament instamment de s’épanouir dans un environnement de paix, de liberté, de justice et de prospérité et veulent jouir du bonheur, préoccupations somme toutes légitimes.

 

Et pour finir, je ne le dirai jamais assez car l’heure est grave:

 

Que Dieu bénisse la RCA.

 

 

 

 

                                                                                                   

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion