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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 02:41

 

 

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C’est un secret de polichinelle que les dernières élections groupées centrafricaines du 23 janvier 2011 dont s’est prévalu Bozizé pour  organiser sa cérémonie d’investiture du mardi  15 mars n’ont été ni transparentes ni crédibles, c’est le moins qu’on puisse dire. Plusieurs rapports de différentes missions d’observation internationale, en particulier celui de l’OIF publié par l’ex-président burundais Pierre Buyoya, ont relevé et signalé d’innombrables irrégularités et dysfonctionnements de toutes sortes dus à l’incompétence et à la partialité de la commission électorale du nullissime faux pasteur Joseph Binguimalé, dont la somme ne pouvait pas sérieusement autoriser la validation de ce double scrutin dont l’opposition a bien raison d’exiger purement et simplement l’annulation.

Le refus de l’UE que les ambassadeurs de ses pays membres assistent à la cérémonie d’investiture de Bozizé, est très lourd de signification et doit être soulignée à sa juste valeur. Selon nos informations, Bruxelles est en effet en possession d’un accablant rapport relativement complet et précis - dont Bozizé est bien informé du contenu - et portant sur les opérations électorales sur l’ensemble du territoire centrafricain et mettant en évidence l’ampleur des fraudes et pointant toutes les graves irrégularités qui l’empêchent de reconnaître et valider ces élections que l’UE a contribué à financer en grande partie, comme étant transparentes et crédibles.

Après la publication des résultats provisoires de la présidentielle et pendant qu’on attendait que la Cour constitutionnelle de Bangui puisse se prononcer définitivement sur les recours introduits par certains candidats à la présidentielle, la presse a fait état de la non prise en compte par la commission électorale des résultats de 1262 bureaux de vote, situation qui aurait dû au moins intriguer ladite Cour. Finalement il n’en sera rien jusqu’au bout. Or ce couac est très grave de conséquence car on sait aujourd’hui que près de 27 %  soit environ plus de 400.000 voix des électeurs de l’Ouham-Pendé comme par hasard, ont été passées à la trappe, et pour cause. Pour d’évidentes raisons de politique de terre brûlée systématiquement pratiquée par le pouvoir en place à l’encontre de cette région, les citoyens électeurs de cette préfecture martyre ne portent nullement Bozizé dans leur cœur et l’intéressé le sait.

Un autre exemple très flagrant d’anomalie et de fraude inadmissible qui crève les yeux, est celui des résultats des législatives dans le 4ème arrondissement de Bangui où Me Nicolas Tiangaye affrontait le candidat président François Bozizé. Sans tripatouillage de la part du candidat Bozizé des résultats issus du dépouillement de tous les bureaux de vote au soir du jour du vote qui donnaient les deux concurrents au coude à coude, il est totalement impensable et exclu que Bozizé soit élu dès le premier tour comme on l’a prétendu.

Ce cas est tellement limpide qu’il jette d’office et évidemment une grave suspicion sur la crédibilité de l’ensemble du processus électoral. Bruxelles qui exige donc de solides explications au pouvoir de Bozizé, avait déjà clairement et sans détour, pointé ces bizarreries aux deux chargés d’affaires centrafricains de Paris et Bruxelles qui avaient été reçus fin février dernier dans la capitale européenne.  

La Cour constitutionnelle qui a prétendu que c’est après l’investiture de Bozizé qu’elle videra le contentieux des élections législatives, est attendue au tournant, notamment par l’Union Européenne. Elle joue effectivement sa crédibilité sur en particulier le verdict qu’elle rendra sur la requête du candidat Nicolas Tiangaye au sujet de la prétendue victoire dès le premier tour du candidat François Bozizé dans le 4ème arrondissement de Bangui. Si elle confirme cette supercherie pour faire plaisir à Bozizé comme cela semble avoir été le cas, elle aura définitivement achevé de se discréditer.

Comme Centrafrique-Presse l’a déjà écrit dans l’une de ses précédentes parutions, le régime de Bozizé réunit donc dorénavant toutes les conditions pour que l’UE ouvre un dialogue politique avec ce régime comme le prévoit l’article 96 de l’Accord de Cotonou, afin de sanctionner les violations répétées de ses dispositions s’agissant du déficit démocratique, consacrées notamment par les fraudes aux élections, c’est le cas de Bozizé et son KNK ; du non-respect des droits de l’homme, de la Constitution, de la mauvaise gouvernance des affaires de l’Etat ; c’est encore le cas du régime de Bozizé.

Au lendemain du putsch du 15 mars 2003, la RCA s’est retrouvée dans ce cas de figure mais en raison du soutien de la France au pouvoir issu du coup d’Etat,  très rapidement la coopération pleine et entière a repris entre l’UE et Bangui. A présent, beaucoup d’eau a coulé sous le pont et les données ne sont plus celles de 2003. Les soudards et dictateurs sanguinaires comme Bozizé ne sont plus regardés aujourd’hui à travers les mêmes prismes.Bozizé a-t-il les moyens de faire le malin longtemps et résister à l'UE ? Les prochains nous le diront.

 

Rédaction C.A.P

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