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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 22:42

 

 

Elois-Anguimat-.jpg

 

 

Des vers pour te célébrer, maman

Maman

Je ne m’habitue pas à ton départ

Si tant est que tu sois vraiment partie.

Pour combien de temps es-tu partie ?

Pourquoi ne donnes-tu pas signe de vie ?

 

Même les morts se manifestent aux leurs.

C’est ce que ces derniers racontent.

Je veux pouvoir, moi aussi, raconter,

Raconter que tu t’es manifestée à moi.

 

Donne-moi des raisons d’espérer,

Espérer que tu reviendras bientôt.

Tu me manques beaucoup.

Il ne se passe pas un jour,

Un seul jour sans que je ne parle de toi.

 

Je ne parle pas autant de papa que de toi.

Et dire que lui aussi est parti.

Je ne me souviens pas des circonstances de son départ.

Je ne me souviens pas non plus de sa destination.

 

Peu m’importe pour combien de temps il est parti.

Il est parti très souvent de la maison.

De son absence, je me suis fait une raison.

Ce n’est pas ton cas, maman.

 

L’idée est de qui ?

De papa ou de toi ?

De toi, cela m’étonne beaucoup.

A quand la fin de cette vacance ?

 

Dis, maman…

Dis-moi que je rêve.

Dis-moi que cette longue lune de miel avec papa va bientôt prendre fin.

Je vis dans l’espoir de te revoir bientôt.

 

De tout mon cœur, maman, je t’aime.

 

Grandir

 

Grandir !

L’expression est de toi, maman,

Grandir !

Tu m’as encouragé à grandir.

Voilà qui est désormais fait

Fait évidemment à contrecœur.

 

Je ne voulais pas grandir

Car grandir pour moi, maman, c’est te quitter.

Quitter ton corps auquel je demeure attaché,

Ce corps à la peau ridée,

Rugueuse comme celle d’un lézard

Mais à la douceur d’un duvet

Contre lequel tu m’attachais

Et qui me tenait bien au chaud.

 

Grandir, c’est arrêter, maman,

Arrêter de me faire bercer,

Bercer par ta voix,

Cette voix à la fois rassurante et susurrante

Dans le creux des oreilles me chantait des berceuses.

 

Grandir, maman,

C’est ne plus téter.

Téter tes seins,

Ces seins, source de vie, dans lesquels je mordillais

Comme dans un chewing gum

Et t’écoutais gémir de douleur

Une douleur que tu étouffais

Histoire de me faire croire

Croire, maman, que tu n’en souffrais pas.

 

Maman, merveilleuse maman !

Tu me manques.

 

 

Elois ANGUIMATE.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique