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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 12:50

 

 

 

 

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LIGUE NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME DU CAMEROUN : ASSASSINATS PROGRAMMÉS AUX RÉFUGIÉS ET DEMANDEURS D’ASILECENTRAFRICAINS

Le président national de la ligue des droits de l’homme, Jean Faustin KINYOCK, dans sa correspondance adressée au Président de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés à Yaoundé, porte information des émissaires sillonnant les grandes villes du Cameroun, venus de Bangui, ayant pour mission d’assassiner certains réfugiés et demandeurs d’asile centrafricains et aussi, des menaces de mort qui pèsent sur sa personne.

Monsieur le Président,

L’actualité récente dans le dossier des réfugiés centrafricains a connu ces derniers temps une évolution inquiétante, et c’est la raison qui justifie que je vous transmette la présente correspondance pour information et action.

Je tiens avant tout à vous remercier Monsieur le Président, pour l’évolution que nous apprécions à sa juste valeur et qui est la conséquence de toutes les diligences que vous avez entreprises et dont l’impact conduira nous l’espérons, à apporter les solutions idoines attendues dans la gestion du dossier mentionné plus haut. Nous nous réjouissons de la qualité de votre engagement et de la célérité dont vous nous faites montre dans le traitement de cette affaire.

Nous sommes cependant dans le regret et l’obligation d’exprimer à nouveau à votre attention nos craintes, au vue de l’acharnement et des menaces récurrentes des Autorités représentant le pouvoir de Bangui sur les réfugiés et demandeurs d’asile qui, il faut le rappeler, sont désormais légalement passés sous la protection de l’Etat du Cameroun à la faveur des textes visés ci-après :

 - La promulgation du décret n° 2011/389 du 28 Novembre 2011 portant organisation et fonctionnement des organes de gestion du statut des réfugiés au Cameroun …/…

- L’arrêté ministériel n° 0013/DIPL/CAB du 06 Août 2012 sur la composition des personnes composant la Commission d’Eligibilité au statut des réfugiés et celle des Recours des réfugiés

Des informations qui nous sont parvenues permettent d’affirmer avec assurances, que des officiers et Colonels des services de renseignement venant de Bangui sillonnent la ville de Douala, Yaoundé, Mbalmayo etc … pour des raisons qui restent pour nous un mystère. La présence d’officiers généraux nous ont aussi été signalées de temps à autres à Douala.

Avec toutes nos excuses, je voudrais profiter ici avec votre permission pour vous transmettre en annexe à la présente, deux (2) copies de lettres que j’avais adressées au Chef d’Antenne de la SEMIL le 24 Juillet dernier, et que j’avais omis de vous mettre en ampliation comme l’exige notre manière de procéder.

Vendredi 1er Octobre courant, j’ai été saisi du cas d’un ex-sergent des Forces Armées centrafricaines vivant à Douala et titulaire d’un Certificat de demandeur d’asile, lequel était retenu depuis Quatre jours déjà dans un Commissariat de Police au motif qu’une plainte avait été portée contre lui par Son Excellence Monsieur Le Consul de Centrafrique à Douala.

 Le délai légal de sa garde à vue étant arrivé à expiration à la lumière de l’article 119 : (2) a) du nouveau Code de Procédure Pénal, nous avons été amenés à solliciter auprès de l’Officier chargé de l’enquête et de Monsieur Le Commissaire l’élargissement de ce dernier, lequel a pu regagné son domicile et ce, malgré toutes les énergiques protestations de Monsieur Le Consul de Centrafrique averti, je ne sais encore comment, que l’ex-sergent était sur le point d’être remis en liberté pour dépassement du délai légal de garde à vue, à la demande de la Ligue Nationale des Droits de l’Homme du Cameroun.

Au-delà de toutes les argumentations qui ont été développées par chacune des parties pour soutenir nos points de vue presque toujours pratiquement diamétralement opposés, d’autres propos et attitudes inattendus sont venus meubler et je devrais dire, dénaturer nos échanges. Les propos susmentionnés se sont voulus d’abord intimidants puis menaçants, sous la forme d’un procès d’intention contre ma personne et celle du Sergent VOROMBI.

Attitudes d’intimidation

Joignant les actes à la parole, Monsieur le Consul a téléphoné à quelques personnes dont j’ignore l’identité et à qui il disait au cours de brèves échanges, ne pas comprendre que Monsieur VOROMBI soit élargi et qu’il souhaitait plutôt qu’il soit mis aujourd’hui même sous mandat de dépôt à la Prison de Douala (Il était à peu près 17 heures). Il a aussi dit qu’il appellerait Monsieur Le Gouverneur de la Région du Littoral. Je précise aussi que ces échanges se sont faits en présence de l’Officier-enquêteur.

 Evoquant ensuite des raisons sécuritaires pour son pays, il a dit qu’il s’en référerait à sa hiérarchie à Bangui et il a pris sur lui, séance tenante, d’appeler le Chef d’Etat-Major des Forces Armées Centrafricaines. Ils ont longuement discuté puis, me tendant son téléphone, il m’a dit qu’une haute autorité de Bangui voulait s’entretenir avec moi.

J’ai gentiment décliné cette offre. Malgré son insistance, je lui ai dit que je ne connaissais pas son interlocuteur et que de toutes façons, j’intervenais dans ce dossier en ma qualité de Président de la Ligue Nationale des Droits de l’Homme du Cameroun sur ce que je considérais comme étant une violation des droits de Monsieur VOROMBI qui en plus, était détenteur d’un Certificat de demandeur d’asile.

 Il s’est même permis de déclarer que le document présenté par Monsieur VOROMBI était certainement un faux. Je lui ai rétorqué ne rien en savoir là-dessus et lui ai suggéré de se rapprocher du bureau du HCR, lequel est seul habilité à dire au vue dudit document s’il s’agit d’un vrai ou d’un faux.

 Un mauvais procès d’intention

Monsieur le Consul a déclaré devant l’enquêteur qu’il me tiendra personnellement pour responsable et je cite : « de la mise en danger de sa vie et de celle des autres fonctionnaires et personnels consulaires centrafricains qui couraient désormais le risque d’être assassinés, si l’ex-sergent VOROMBI venait à être réellement élargi ». Lequel ex-sergent était taxé par le plaignant comme étant membre d’un groupe de rebelles centrafricains qui venaient de s’illustrer environ une semaine plus tôt par la mort de soldats des forces armées centrafricaines dans la ville de Garoua-Boulai, ville camerounaise frontalière avec la RCA. Monsieur le Consul a même ajouté que selon les informations qu’il aurait reçues de Bangui la veille, ce groupe de militaires était composé du Sergent VOROMBI, d’un Lieutenant dont il n’a pas décliné l’identité, d’un Adjudant et de caporaux, sans autres précisions. Il a ajouté, que c’est ce genre de personnes (c'est-à-dire des soldats, officiers et sous-officiers déserteurs) qui ont été à l’origine du décès du vigile (en 2010) au cours des événements du Consulat de Centrafrique.

Ceci est quand même curieux et ce d’autant plus que, parmi ces personnes reconnues coupables et condamnées par le Tribunal de Grande Instance de Douala pour les événements cités plus haut, il ne s’y trouve aucun ex-homme en tenue.

Ma vie est désormais en danger

Tout ceci a d’ailleurs créé un déclic dans mon esprit et donné un sens aux propos adressés à Monsieur Frédéric ANDJA par son employeur Monsieur WISSAM DAKOUR El ARIDI (Conseiller spécial du Président François BOZIZE et Chargé de Missions à la Présidence centrafricaine) lequel déclarait je cite : « qu’ils feront tout pour mettre la main sur ces réfugiés et toutes les personnes qui leur prodiguent des conseils et soutiennent leurs activités ».

Il est donc clair que nous percevons ceci au sein de notre organisation comme une menace à peine voilée et qui vise ma personne pour m’être impliqué d’une manière ou d’une autre, par des actes de protection des droits des réfugiés centrafricains qui, comme ceux des autres communautés aujourd’hui et il faudrait peut-être le rappeler ici, voient désormais leur protection échapper au HCR pour passer sous l’entière responsabilité des Autorités camerounaises, à la faveur du décret d’Application n° 2011/389 portant organisation et fonctionnement des organes de gestion du statut des réfugiés au Cameroun et fixant les règles de procédure, en application de la loi 2005/006 du 27 Juillet 2005 portant statut des réfugiés au Cameroun.

 Dans la lettre écrite à la SEMIL et évoquée plus haut, j’ai échappé de justesse à un guet-apens un peu plus de Deux (2) heures environ avant l’agression dont a été victime le Caporal chef MOUTCHOULOUGO que des GP venus de Bangui avaient d’abord invité à se rendre au marché Congo où j’ai aussi été invité. Il est important de signaler que au moins cinq jours avant le piège dont je viens de faire allusion, ce même élément de la Garde Présidentielle m’a appelé régulièrement, parfois trois fois par jour, m’implorant de le rencontrer parce qu’il avait non seulement beaucoup d’argent et du diamant à sécuriser, mais qu’il souhaitait que j’assure sa protection et qu’au besoin, que je l’aide à partir soit au Gabon ou en Guinée Equatoriale, et qu’il fallait absolument que nous nous rencontrions le plus vite possible parce que, disait-il, il avait d’autres révélations à me faire sur le plan d’action à Douala des agents du régime de Bangui par rapport aux réfugiés, et sur les exactions commises contre les populations en RCA et dont on ne devrait pas parler au téléphone par mesure de sécurité.

Heureusement j’ai toujours remis à plus tard notre rencontre essayant d’en savoir un peu plus sur lui. J’avais d’ailleurs aussi très fortement déconseillé à plusieurs reprises à Monsieur MOUTCHOULOUGO de rencontrer ce dernier dont je relevais des cohérences dans les propos.

Merci de votre attention Monsieur le Président et de l’intérêt que vous accorderez à la présente,

Veuillez croire en nos sentiments de sincère collaboration.

Douala le 08 Octobre 2012

 Le Président National

 Jean Faustin KINYOCK

 


Copies : 4

- Madame La Représentante du HCR

- Monsieur le Chargé de Protection du HCR

- Monsieur le Chef d’Antenne de la SEMIL

- Monsieur le Commissaire du 4ème Arr. Dla

 

NDLR : La terreur dans laquelle la bozizie tient les Centrafricains dans leur propre pays ainsi que les méthodes dictatoriales dignes de celles de la Gestapo de ce régime paranoïaque désormais à l’agonie, débordent maintenant dans les pays voisins de la RCA. Cette situation totalement inadmissible doit être dénoncée et condamnée avec la dernière énergie. La mission dévolue à un Consul est plutôt d’assurer la protection des ressortissants d’un pays vivant dans un pays étranger et non de constituer une menace ou un danger quelconque pour ceux-ci. S’il y a des réfugiés centrafricains dans les pays voisins de la RCA et notamment au Cameroun, ce n’est pas pour rien. Ces compatriotes ont fuient leur pays pour se réfugier à l’étranger en raison des incessantes persécutions et autres menaces de mort qui pèsent sur eux de la part du pouvoir dictatorial de Bozizé qui à défaut de bien gérer les problèmes du pays et faute de résoudre les nombreux problèmes quotidiens des Centrafricains, verse dans la fuite en avant et la paranoïa. Les compatriotes réfugiés au Cameroun sont avertis et doivent redoubler de vigilance.  

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