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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 01:04

 

 

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Lu pour vous dans lindependant-cf.com du 31 mars 2010

Si en Centrafrique le sulfureux Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui, le célébrissime Firmin Findiro est un véritable demi-Dieu, il est heureusement Dieu merci, très loin d'être pris comme tel en France. Mal lui en a pris en effet lorsqu'il a cru devoir assigner en référé auprès du TGI de Tours (Indre et Loire France) pour une prétendue diffamation dont il aurait fait l'objet dans une de ses parutions,  Adrien Poussou, Directeur de publication du journal l'Indépendant qui paraît sur la toile tout en ayant une version papier diffusée à Bangui. 

A l'issue dudit référé dont notre confère rend compte dans l'article ci-dessous, notre Proc de Bangui semble avoir laissé quelques plumes et eu l'occasion d'en apprendre encore un peu plus en matière de droit. Son caquet a dû être quelque peu rabattu par la Présidente du Tribunal de Tours. C'est malheureusement le Directeur de publication du quotidien banguissois Le Démocrate Ferdinand Samba qu'il avait fait arbitrairement entre temps interpeler et mettre en geôle à la SRI qui risque d'en faire les frais. Notre confrère Adrien Poussou et le droit ont incontestablement gagné une manche...  

La Rédaction de C.A.P

 

Firmin Findiro renvoyé dans les cordes ou la désillusion d’un homme en perdition

Cinglant camouflet pour le procureur près le Tribunal de Grande Instance de Bangui, Firmin Findiro. Le président du Tribunal de Grande Instance de Tours devant lequel il a assigné L’Indépendant ainsi que son directeur de publication n’a pas suivi son argument. En attendant, il doit désormais se vanter moins, et moins souvent, pour ne pas avaler d’autres couleuvres et apparaître comme un simple plaisantin.

Retour sur la saga d’un procureur de la République pas comme les autres.

Revenons à la case départ. Nous sommes le 18 mars 2010. Le directeur de publication du quotidien banguissois Le Confident chez qui L’Indépendant à son siège, reçoit la visite d’un agent d’exécution qui lui décharge une « citation directe devant le Tribunal correctionnel de Tours pour le lundi 29 mars à 16 heures 30 minutes ». Le Confident n’est en rien concerné par cette citation destinée à L’Indépendant.

Ce même jour, un huissier de justice sonne au domicile nantais du directeur de publication de  L’Indépendant et lui donne une citation identique à celle qui a été remise à Bangui.

Quelques cinq jours plus tard, le 24 mars, le même huissier de justice se présente encore au domicile nantais de monsieur Adrien Poussou et lui donne cette fois non pas une citation qui annule celle du 18 mars mais aussi une « assignation devant le président du Tribunal de Grande Instance de Tours siégeant en référé en date du mardi 30 mars ».

En référé, Firmin Findiro a demandé au président du Tribunal  « d’ordonner la suppression du site internet du journal L’Indépendant des articles qui le mettaient en cause », « d’ordonner également la publication du jugement de condamnation sur le site internet du journal pendant une durée qui ne pourra être inférieure à la durée écoulée entre la diffusion du premier article soit le 9 février 2010 et la décision à intervenir, le tout sous astreinte de 500 euros par jour de retard à partir dudit jugement » et de « condamner les défendeurs in solidum à lui verser la somme de 5000 euros ».

Et en correctionnel, notre pro-cireur, oh pardon, procureur, a sollicité du Tribunal de « déclarer Adrien Poussou, autant en sa qualité d’auteur qu’en sa qualité de directeur de publication, et le journal L’Indépendant, coupables de l’infraction de diffamation publique », de « condamner Adrien Poussou à lui payer la somme de 15000 euros à titre de dommages et intérêts et aussi de lui verser en sus 5000 euros ».

Comme il fallait s’y attendre, les deux parties étaient ce mardi 30 mars devant le président du Tribunal de Grande Instance de Tours, qui, sans passer par le dos de la cuillère,  a signifié aux conseils de Firmin Findiro, la nullité de la procédure. La juge a « accédé à tous les moyens soulevés » par le brillant avocat de L’Indépendant, le très rigoureux Édouard KOBO. Elle a conseillé à l’avocat du requérant (Firmin Findiro) de se désister purement et simplement pour éviter toute condamnation. Ce que l’autre a accepté. Et le très tatillon  Édouard KOBO, pour le coup très gentil, de « prendre acte » du désistement de son confrère. Commentaires de ce dernier, « Poussou a gagné ».

Nous publierons avec son autorisation bien sûr, les moyens soulevés par maître Édouard KOBO du barreau d’Orléans. 

L’amateurisme

Même s’il est sorti de l’école de Seidou (un quartier de Bangui où se trouve l’école nationale de la magistrature), pour emprunter une expression du bâtonnier Zarambaud Assingambi, comment un procureur de la République, juriste de son État, si ce n’est de son état, peut-il se faire avoir ainsi comme un bleu ? Du haut de son fameux master 2 en droit, Firmin Findiro a démontré au grand jour ses insuffisances réelles et ses carences avérées. En tout cas, la présidente du Tribunal de Grande Instance de Tours vient de prouver à François Bozizé auprès duquel Firmin Findiro joue également le rôle de « conseiller juridique » nocturne que ce dernier est un piètre juriste. Au lieu de s’en prendre chaque fois aux Magistrats qui seraient contre lui,  le président centrafricain a déjà l’une des raisons de l’incapacité de l’État à gagner des procès qu’il intente lui-même parce que les limites de son représentant sautent même à l’œil d’un aveugle. Les magistrats de Bangui devant lesquels il a assigné notre confrère Ferdinand Samba du Démocrate le 15 avril prochain, devraient suivre l’exemple de leur collègue de Tours. Nous les savons assez compétents et courageux pour dire le droit rien que le droit au nom du peuple centrafricain.

De l’honneur d’un procureur

L’honneur d’un procureur a-t-il un prix ? Sommes-nous en droit de nous interroger. Puisque dans ses deux requêtes devant le Tribunal de Grande Instance de Tours, Firmin Findiro nous a exigé pas moins de 25000 euros. On le voit, sa gourmandise est sans commune mesure et son amour de l’argent dépasse le bon sens.

L’évocation de la prétendue atteinte à sa vie privée prête plutôt à sourire. Car, entre la vie privée d’un procureur dont la réputation sulfureuse n’est plus à démontrer et le droit à l’information, le choix est sans ambages. 

Est-ce encore sa vie privée si l’on venait à révéler un échange de courriel entre lui et un cadre centrafricain de la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) qui ne laisse guère de doute sur son trafic d’influence et ses divers abus de pouvoir ?

Morceaux choisis des courriels : «… suite à notre conversation téléphonique du mercredi 30 avril 2008, je te prie de trouver ci-joint mon curriculum vitae détaillé. Je suis à ta disposition pour toutes informations complémentaires… pour ce qui concerne les autres compétiteurs au poste de Directeur National de la BEAC à Bangui, je me permets de t’envoyer discrètement et confidentiellement les noms suivants : madame Limbio, actuellement 1ière adjointe et assurant l’intérim du Directeur Nationale, monsieur Marius Feimonazoui, actuellement chef de service informatique à la Direction Nationale de Bangui, monsieur Camille Kéléfio, actuellement chef de service gestion à l’agence BEAC de Douala, monsieur Sembo Backonly, actuellement adjoint au délégué du Gouverneur de la BEAC à Paris ainsi que monsieur Jacob Mbaïtadjim, actuellement 2ième adjoint au Directeur National à Bangui… l’organe compétent pour la nomination des Directeurs Nationaux est le Conseil d’Administration de la BEAC tout en sachant que, c’est le Président de la République qui désigne son poulain, candidat… à toute fin utile, je t’informe que le prochain Conseil d’Administration de la BEAC se tiendra à Brazzaville pendant la première quinzaine du mois de juillet 2008. De la sorte, le Gouverneur de la BEAC doit recevoir au plus tard fin mai 2008, le nom de l’heureux élu… sur ce grand frère, je te quitte tout en espérant d’une part que tu veilleras sur ton poulain et que d’autre part le président de la République examinera avec mansuétude ma candidature… en conscience, j’ai confiance en toi… merci infiniment ».   

Question à 25 F CFA, combien ce curieux procureur de la République qui se transforme ici  nous ne savons à quelle éminence grise, a-t-il extorqué à ce brave compatriote ? That is question. À suivre…

 

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