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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 15:56

 

 

 

Zarambaud

 

 

 

 

VIVE LA NUIT SANS LUMIERE

 

Las de tant de malheurs et même de la vie

Ombre de lui-même, victime des nervis

Errant sans aucun but, proie de la perdition

Le Peuple tout groggy cherche consolation

*

Nuit consolatrice, mangeuse des malheurs

Toi qui de cette vie tempères les rigueurs

Mère de tous les gueux que tu prends sous tes ailes

Prends pitié du Peuple qui t’invoque avec zèle

*

Dans ton ventre de suie, les malheurs digérés

Ne tortureront plus nos esprits ulcérés

Et enfin libéré du joug de la lumière

Le Peuple chantera dans toutes les chaumières

*

Emmène – le bien loin, au beau Pays des rêves

Ce Pays enchanté où personne ne crève

Où l’on mange à sa faim, où le dialogue est roi

Et les armes jetées dans de grands feux de joie,

*

Un beau Pays où nul sur la loi ne s’asseoit,

Qu’il soit gueux, sac au dos ou se prétende Roi

Où tous les Tribunaux, en toute indépendance

Loin de se dérober, clament leur compétence

                                    *

Nuit consolatrice, mangeuse des malheurs

De ce Peuple éploré qui t’adresse ses pleurs

Veuille prendre pitié et le faire accéder

A ton monde enchanté pour de joie l’inonder

                         *

Nuit ténébreuse, que grâce te soit rendue

D’avoir vite exhaussé nos prières tendues.

Dans ton noir royaume désormais nous vivons

Sans électricité, sans manioc, sans savons

                        *

Le Pays tout de noir est en effet vêtu

Réjouissant présage d’avenir sans vertu

Et de longue marche à rebours vers le passé

Ce cycle de douleur qu’il n’a pas surpassé

                        *

Les hôpitaux bondés de mourants sans espoir

Grands mouroirs ténébreux comme des abattoirs

Assistent impuissants aux sinistres tournées

Du nouveau médecin qu’est la mort déchaînée

                        *

Evoluant dans le noir comme un poisson dans l’eau

Sortant des cachettes leurs fusils et couteaux

De farouches braqueurs opèrent sans encombre

Transformant les quartiers en amas de décombres

                        *

Saisissant spectacle que ces restes horribles

Victimes muettes de batailles terribles

Fruits du champ de haine que cultivent les hommes

Dans leurs cœurs endurcis, des cœurs sans cœur, en somme

                        *

Dans l’arrière-pays, fief des zaraguinas

Le Peuple abandonné chante des hosannas

Et tourne vers les cieux un regard caverneux

Où triomphe la mort qui ricane en ses yeux

                        *

Le Pays tout entier est un vaste tombeau

De vivants et de morts en pâture aux corbeaux

Qui disputent aux vers ces gisants frelatés

Aux ventres boursouflés et aux yeux dilatés

                         *

Tel un lapin qui fuit en voyant un chasseur

Et s’abrite derrière un buisson protecteur

La paix s’est envolée vers des cieux plus cléments

Fuyant cette terre souillée par des déments

                          *

Elle s’effraie du projet terrifiant et loufoque

D’une amnistie généreusement réciproque

Qui couvrira des crimes non encore commis

Appelant à d’autres crimes les ennemis

                          *

Comme l’or par le feu fond et se purifie

Ainsi grandit l’espoir qu’à travers ce défi

Bangui la coquette retrouvera la paix

Baume miraculeux qui pansera ses plaies

 

                                  *

Puisse la paix tant désirée et tant attendue

N’être enfantée qu’après la justice rendue

Soit après tous les crimes odieux reconnus

Paix sans justice n’étant que peine perdue

                                                                    *

Blanchir sans justice les assassins odieux

Qui ont prématurément envoyé aux cieux

Tant de martyrs dont le sang réclame justice

C’est s’illusionner avec une paix factice

                     *

Bercés par nos rêves, nous entendons au loin,

Tels des bœufs condamnés et bien repus de foin

Les trompeurs éhontés, Maîtres des calembours

Debout sur nos malheurs et pissant leurs discours

                      *

Bernés par ces discours dont eux-mêmes s’enivrent

Piégés par le Peuple qui fait semblant de suivre

Leurs fausses promesses d’un avenir de miel

Ils seront engloutis par un volcan de fiel.

 

Bangui, le 16 Juillet 2008

 

Un amoureux de l’obscurité.

 

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