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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 11:26

 

 

Kpamandhat.JPG

 

 

CENTRAFRICAINES, CENTRAFRICAINS, CHERS COMPATRIOTES


En ce moment délicat où notre maison, la République  Centrafricaine, est en feu ; où notre pays s’embrase dans une agonie qui ne semble laisser entrevoir la moindre issue, il est très difficile de garder certaines choses pour soi.


Le Président David DACKO (paix à son âme) assigné à résidence par BOKASSA dans son village de MOKINDA avait décidé de faire construire une petite école afin de scolariser ses enfants. Mon père, Monsieur Mathieu KPAMANDHAT sera donc le premier enseignant de cette école. Le Président DACKO remarquera très vite ce gamin de quatre ans que j’étais et me prendra sous sa coupe. J’ai été pomponné par la mère Brigitte DACKO et aux petits soins de la tante Jeanne IGNABODE.


Cette relation sera poursuivie au point de nous rencontrer souvent discrètement à chaque fois qu’il se retrouvait seul dans sa ferme d’AVICOM sur la route de Cattin.


Avant de mourir il me laissera un certain nombre de messages avec promesse de les transmettre le moment venu. Il me précisait aussi que je n’aurais aucune difficulté à reconnaitre ce moment.


J’estime aujourd’hui que le moment est venu de transmettre le premier message :


« Lors de la remise du pouvoir au Général André KOLINGBA (paix à son âme), tous les fils du pays m’ont traité de « FEMME ». Cette insulte m’est restée au travers de la gorge et je sais que je n’aurais pas le temps de répondre. Je ne suis qu’un homme et un jour je quitterais cette terre.

 Les Centrafricains ont-ils compris aujourd’hui le sens de mon geste ?

Ont-ils compris dans quel état la République Centrafricaine allait plonger ?

Ont-ils compris que les consignes du père de la Nation Barthélémy BOGANDA étaient de ne couler le sang d’aucun Centrafricain ?

Ont-ils compris que j’avais raison d’admettre que tout Centrafricain a le droit de prendre le pouvoir dans son pays et de le conduire dans le bon sens si ceci était la volonté de tous les fils du pays ; même si mon geste avait, en ce temps, susciter la colère des autres Chefs d’Etat de la sous- région?


SUIS-JE ENCORE UNE FEMME AUX YEUX DES CENTRAFRICAINS ? »


Je me passe de tout commentaire et je laisse chaque fils du pays méditer sur la question.


Dans les combats pour la démocratie des années 1990 à 1993, d’abord dans les CCCCN puis la CFD, j’ai encore eu la chance de gagner la confiance totale du Professeur Abel GOUMBA (paix à son âme) qui n’a pas hésité de m’ouvrir son cœur et de me livrer plusieurs faits. Comment ne pas saisir cette occasion de se rapprocher du deuxième héritier du Président Barthélémy BOGANDA  d’avoir ainsi sa version de la vision de cet illustre personnage qui demeure encore, à ce jour un mystère et dont les circonstances de la mort n’ont jamais été élucidées ?


Voici l’un des principales confidences qu’il me livrera un jour :


« Barthélémy BOGANDA, un jour dans son bureau m’avait dit qu’un vent très fort soufflera sur notre pays.  Ce vent viendra de cette direction (suivez mon regard). Les Centrafricains alors seront contraints de faire preuve de beaucoup de patriotisme pour réussir à redresser le pays ».


CHERS COMPATRIOTES


Je ne suis pas surpris par les évènements. Tous les ingrédients ont été réunis pour en arriver là. Et la situation est réellement explosive. Car ne nous faisons pas d’illusion.


Il n’y a que nous, Centrafricains, qui pourrons, si nous le voulons, le jour où nous le voudrons, redresser notre pays et personne d’autre. Sachons que la RCA a perdu toute importance économique et géostratégique et n’intéresse plus personne.


La guerre froide est terminée et la position stratégique de la RCA s’est évaporée


Les Américains, faisant semblant de nous appuyer dans la lutte contre la LRA, ont fini de surveiller le processus d’accession à l’indépendance du Sud Soudan

La RCA est enclavée et ne fait aucun effort de désenclavement


Toute la classe politique est pourrie et plus personne n’a l’esprit patriotique


Cette jeunesse sur qui le pays devrait compter, amenée par la misère, trahi sa noble mission qui est celle d’entreprendre le processus de succession et de changement réel de mentalité.


Le pouvoir de François BOZIZE vacille, par sa faute car il n’a pas su capitaliser toute la confiance et l’espoir placé en lui au lendemain du départ d’Ange Félix PATASSE (paix à son âme) en 2003. Mais une question reste posée.


DE QUOI SERA FAIT LE FUTUR DE NOTRE PAYS ?


Restons lucide ; nous sommes partis pour une autre grande aventure car nous ne savons pas grand-chose de ces hommes qui entendent renverser BOZIZE ; une vraie fausse alternative au pouvoir de BOZIZE comme disait l’autre, une unité d’apparence qui va très vite voler en éclat dès la prise de pouvoir et laisser la place à d’autres empoignades. Par ailleurs l’opposition démocratique est truffée d’hommes politiques, et pas les moindres, qui ont tous servi les différents régimes que nous décrions aujourd’hui, qui en ont même été les têtes pensantes. Les mêmes causes placées dans les mêmes conditions produisant les mêmes effets.


QUI SERA LE PRESIDENT DE LA RCA DE DEMAIN ?


Gardons espoir, ce qui arrive n’est pas une fatalité, un jour viendra où tout ceci rentrera dans les annales de l’histoire.


Comme il en est des moments dans l’histoire des peuples du monde, un jour viendra où une fille ou un fils de notre pays, conduit par son destin, rappellera la nécessité de rétablir la paix véritable et la sécurité, refaire l’unité nationale ébranlée par des tristes évènements, restaurer la confiance entre Centrafricains et la confiance de l’extérieur, créer les conditions pour la reprise économique et faire évoluer le pays par étapes vers la vraie démocratie.


 Malheureusement trop de Centrafricains y laissent la vie.


Quel dommage.


QUE DIEU BENISSE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE.

 

 

Arsène KPAMANDHAT  LETAMBA

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