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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 16:35
 
 
 
 
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Saleh Kebzabo : représentant de l'opposition tchadienne
 
 
 
Par Olivier Rogez RFI jeudi 16 août 2012
 
 
 
« Il s’agit d’engager des enfants du Tchad sur un territoire étranger, il s’agit d’envoyer des enfants du Tchad en guerre dans un autre pays, et donc cette question, de notre point de vue, ne relève pas d’une seule personne, fût-elle président de la République. C’est une question qui doit être débattue à l’Assemblée nationale, c’est à l’Assemblée nationale qu’on donne l’autorisation aux troupes nationales d’aller à l’étranger. »
 
Il y a un mois, le président tchadien Idriss Déby évoquait l'idée d'envoyer des troupes tchadiennes sous mandat international pour aider le Mali à régler la crise du Nord. Aujourd'hui, l'opposition réclame un débat national sur cette question. Saleh Kebzabo, l'un des chefs de file de l'opposition tchadienne, est l'invité de RFI.
 
Interview
 
 
RFI : Bonjour Saleh Kebzabo. L’armée tchadienne doit-elle selon vous participer à une éventuelle force envoyée au Mali sous mandat international ?
 
Sur le principe lui-même d’envoyer des troupes dans un pays africain,  c’est une question de modalités et de conditions. Et en l’espèce si la question du Mali devait se poser, je crois que ce n’est pas seulement une question tchadienne,  c’est une question africaine, une question internationale. Mais nous là où on est un gêné aux entournures, c’est que cette question-là on ne pense qu’il faille qu’elle soit traitée uniquement comme une gestion personnelle par le président Déby, il s’agit d’engager des enfants du Tchad sur un territoire étranger, il s’agit d’envoyer des enfants du Tchad en guerre dans un autre pays, et donc cette question-là de notre point de vue, ne relève pas d’une seule personne fût-elle le président de la République. C’est une question qui doit être débattue à l’Assemblée nationale et c’est à l’assemblée nationale qu’on donne l’autorisation aux troupes nationales d’aller à l’étranger.
 
RFI : C’est-à-dire que lorsque le président décide d’envoyer l’armée nationale à l’étranger il doit d’abord consulter l’assemblée nationale.
 
S.K : Dans tous les pays démocratiques c’est comme cela que ça se passe et nous insistons que cela se passe ainsi parce que les Tchadiens n’ont pas oublié qu’il y a une dizaine d’années nos soldats sont allés mourir en Equateur au Congo sans que personne n’en soit informé, sans que même les parents on ne leur rende compte, on ne sait pas qui est mort, on ne sait pas  pourquoi ils sont morts. Des dizaines et des dizaines de Tchadiens qui sont morts au Congo, nous pensons que cela ne doit pas se répéter. Et la même chose se passe aujourd’hui en RCA où les troupes tchadiennes maintiennent à bout de bras le président Bozizé au pouvoir, président Bozizé qui a été amené au pouvoir par les mêmes troupes tchadiennes qui assurent sa sécurité personnelle, qui aujourd’hui vont traquer les rebelles centrafricains en territoire centrafricain. Je crois que ça aussi c’est une situation qui n’est pas normale. Les Tchadiens ne sont pas d’accord d’aller mourir pour rien, sans savoir pourquoi à l’étranger.
 
En ce qui concerne le Mali, une cause qui est noble parce que c’est un pays africain qui est victime d’un démantèlement et qui est en train de perdre sa souveraineté, et qui perd une partie de son territoire, donc là je pense que la solidarité africaine impose  effectivement que toute l’Afrique se mobilise non pas seulement une partie de l’Afrique, pour aller aider les frères maliens à recouvrer leur souveraineté et leur intégrité territoriale.   
 
RFI : Est-ce que la crise au Nord - Mali est une menace pour le Tchad ?
 
S.K : C’est une menace indirecte. Vous avez au Mali l’AQMI, AL QAEDA et autre, qui sont en train de s’implanter et si on n’y prend pas garde, ils vont s’implanter durablement. Vous avez au Nord du Nigéria BOKO HARAM. Vous avez une branche qui veut s’en réclamer en République centrafricaine. Vous avez la situation au Soudan, au Sud et dans le Darfour qui n’est toujours pas réglée. Vous avez plus loin la situation en Somalie. Et tout cela a en commun la bande sahélo-saharienne. Et donc le Tchad est bien sûr concerné puisqu’il se retrouve au milieu de tout cela mais bien sûr au-delà des Tchadiens ce sont tous les Africains qui se sentent concernés par cette  tentative de déstabilisation de l’Afrique et du monde parce qu’il s’agit du terrorisme international qui est en train de vouloir s’implanter au cœur de l’Afrique et donc il faut épauler les Maliens il faut tout faire pour mettre fin à cette situation.
 

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