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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 18:21

 

 

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Nkosazana Dlamini-Zuma

 

 (ANALYSE)

 

YAOUNDE 02/11/2011 (Xinhuanet) -- En attendant la formalisation de la prétendue bataille de succession à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA) pour le prochain sommet, la candidature annoncée de la ministre sud-africaine de l'Intérieur Nkosazana Dlamini-Zuma représente un défi au conservatisme du leadership au sein de l'organisation, de l'avis des observateurs.

 Déjà en ces temps des crises et révolutions effrayantes et à effet de contamination, il apparaît comme peu évident d'imaginer que la désignation d'un nouveau président de la Commission de l'UA soit véritablement une des grandes préoccupations des leaders africains, jusqu'ici muets sur la mort du colonel Mouammar Kadhafi en Libye, note le socio-politiste Mathias Eric Owona Nguini.

« La bataille n'est pas encore engagée en termes de procédure. Mais, il convient de noter que les Sud-africains ont commencé à en parler depuis bien longtemps, ce n'est pas maintenant.

Je pense qu'ils seront fermes là-dessus », a souligné sous couvert d'anonymat à Xinhua un ambassadeur africain en poste à Yaoundé, la capitale du Cameroun. Pour ce diplomate cependant, « le bilan de M. Ping dépendra de son maintien ou de son départ ».

Et, a-t-il ajouté, « si on respecte la tradition de changement entre francophones et anglophones, je pense que les Sud-africains sont bien partis, et la candidate annoncée a des atouts ». De l'avis de l'universitaire Owona Nguini, enseignant à l'Université de Yaoundé II, cette candidature traduit, dans le contexte actuel, surtout « une volonté du pouvoir sud-africain de réagir à la crise libyenne. Il est estime que Jean Ping a été trop timoré et qu'il est pro-français ».

Une analyse partagée par d'autres analystes en Afrique et ailleurs. Il s'agit précisément, explique-t-il, d'« une volonté de relancer un positionnement de type renaissance africaine, dans une conjoncture où l'un des mentors de l'intégration africaine, aussi controversé qu'il ait pu être, a été neutralisé dans la lutte pour le pouvoir en Libye, entre la Jamahiriya et le CNT (Conseil national de transition, ndlr) ».

« C'est aussi une manière pour l'Afrique du Sud de se donner une ressource supplémentaire dans sa stratégie d'apparaître comme la grande puissance africaine », a observé par ailleurs ce spécialiste des relations internationales.

Comme notamment dans la perspective d'une élection, le sortant Jean Ping a entrepris au cours des derniers mois une campagne en douceur sur la défense de son bilan, qui n'a pas notamment échappé aux observateurs avisés lors du dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation continentale en juin-juillet à Sipopo, près de Malabo en Guinée équatoriale.

Le fait qu'il est le tenant du poste lui garantir naturellement une prime au sortant, juge Owona Nguini. « Le fait également qu'il est une personnalité assez lisse au plan idéologique, qui ne suscite pas de vive méfiance chez certains des chefs d'Etat » constitue un autre atout.

De même, l'ex-ministre d'Etat gabonais en charge des Affaires étrangères, ajoute le politologue, « peut aussi compter sur des appuis extra-africains et particulièrement français, parce qu'il entretient globalement de bonnes relations avec les grandes puissances occidentales, surtout la France », qui peut peser en faveur de sa réélection, comme on l'a vue peser dans les décisions de l'UA lors de la crise ivoirienne.

 Clos le registre des atouts, Jean Ping, à bientôt 69 ans, traîne à présent contre lui « son profil de grand bureaucrate » et, encore une fois, « sa position timorée face au désaveu des positions de l'Union africaine par les grandes puissances internationales, particulièrement occidentales, surtout dans le traitement de la crise libyenne », décrypte par ailleurs l'universitaire.

Désigné en février 2008, le Gabonais se croyait pourtant dans des eaux tranquilles.

 D'autant le renouvellement des hommes à la Commission de l'UA n'est pas apparu systématique jusqu'ici. Bien avant lui, le Malien Alpha Oumar Konaré s'est retiré de sa propre initiative, en raison de divergences de vues avec certains membres du club des dirigeants du continent.

Contre toute attente, Nkosazana Dlamini-Zuma, ex-ministre des Affaires étrangères d'Afrique du Sud sous aujourd'hui chargée du portefeuille de l'Intérieur, vient bousculer l'establishment.

Avec elle, le régime de Pretoria défend « son expérience diplomatique, sa connaissance des circuits de la politique internationale et panafricaine, parce qu'elle a longtemps occupé le poste de ministre des Affaires étrangères (1999-2009, ndlr) », estime Owona Nguini. Ministre de la Santé dans le premier gouvernement postapartheid formé après l'élection historique de Nelson Mandela en 1994, cet ex-épouse de l'actuel dirigeant sud-africain Jacob Zuma peut également se targuer du fait qu'elle a longtemps relayé le discours de l'ancien président Thabo Mbeki sur la renaissance africaine au sein de l'Union africaine, analyse encore le politologue.

Mais, cette posture de chantre de la renaissance africaine pourrait tout aussi bien se révéler un inconvénient et ne pas favoriser de repositionner la présidence de la Commission de l'UA sur cette base, dans « la conjoncture actuelle dans laquelle l'UA a perdu de son lustre en raison de son efficacité limitée dans le traitement des crises ivoirienne et libyenne », tempère Owona Nguini. Pour lui encore, la Sud-Africaine « peut aussi pâtir des solidarités culturelles francophones qui profiteraient alors à son principal concurrent, Jean Ping.

 Il faut également voir quelle sera la position du Nigeria : est-ce que le Nigeria sera favorable ou prudente vis-à-vis de cette candidature ? Elle peut aussi se heurter au conservatisme des chefs d'Etat qui ne sont pas toujours soucieux de renouveler leurs interlocuteurs à la tête de la Commission de l'UA ».

Pour l'heure, c'est au rythme d'un duel en coulisses que vibre l'organisation continentale, en attendant la formalisation de la bataille de succession dans l'agenda officiel du prochain sommet ordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement en janvier-février 2012.

© Copyright Xinhuanet

 

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