Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 02:00

 

 

Assingambi-Zarambaud.jpg

 

 

Nous publions ci-dessous la première partie d'une longue et brillante réflexion sur les turpitudes et errements tant politiques que judiciaire,s des plus hauts dignitaires du régime Bozizé. Comme dans les précédentes tribunes de Me Zarambaud que nous avons déjà fait paraître ici, ce dernier, en l'impitoyable observateur de la société centrafricaine et en particulier de la mal gouvernance du pouvoir bozizéen qu'il est, procède avec un courage exemplaire à un vaste tour d'horizon avec également le talent, l'humour qu'on lui connait et dont il a le secret, les différents sujets d'intérêt national et diverses préoccupations de l'heure des Centrafricains qui n'en finissent pas de patienter pour se rendre aux urnes afin de choisir leurs Président de la République et leurs députés.

 

 

La Rédaction de C.A.P  

 

 

"Merde"

Le mot, répugnant, puant et salissant du temps fort heureusement révolu où l'on chercherait bêtement à battre des records positifs, vient de conquérir brillamment ses lettres de noblesse et, qui plus est, au sommet de J'Etat, grâce à la nouvelle philosophie des paradoxes et des records négatifs. Il n'est donc plus nécessaire de jouer à la vierge effarouchée et d'écrire «m-.- » comme on le faisait auparavant.

Par-dessus les discours qui se veulent rassurants. Le pays demeure occupé par des forces étrangères, les atteintes impunies aux droits de l'homme s'intensifient, le dernier cas (connu) étant celui de la fille de Madame Marguerite Laomaye, frappée d'un coup de crosse de pistolet à la tête et traînée à terre par le valeureux Lieutenant Koudemon alias Gbangouma avec des cheveux arrachés (Le Citoyen du 26 octobre 2010), «la vérité officielle» devient de plus en plus envahissante, et le principe de la séparation des Pouvoirs continue à être piétiné, avec à la clef des outrages à magistrats, traités de criminels, rien moins! On nous gave avec la méthode COUE, qui consiste à s'auto-persuader que tout va bien alors que tout va manifestement mal.

S'agissant du processus électoral, on nous assène, comme on l'a déjà fait pour les prétendues élections du 25 avril, puis du I6 mai 2û10, que les Élections auront lieu coûte que coûte le 23 janvier 2011, même sans l’opposition démocratique, mais tout semble démontrer que nous vivons en fait la «chronique de quatrièmes Élections manquées annoncées», comme dirait le grand écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez dit par erreur Péruvien dans de précédents articles).

Les intellectuels et les patriotes sincères doivent oser donner ouvertement leur position, ou doivent-ils faire honteusement  le dos rond, jouer aux flagorneur et attendre qu’un nouveau pouvoir s’installe un jour (aucun pouvoir n’est éternel)  pour surgir et soutenir effrontément qu’ils ont trop souffert et beaucoup lutté dans l’ombre sous le régime Bozizé. Certains l’ont dit et fait après la chute du régime de feu  l'ex-président André Kolingba, puis après la chute de l’ex-président Ange Félix Patassé.

Evidemment non!

A y regarder de près, la plupart des pontes du KNK étaient des militants. des cadres et même  de hauts responsables du RDC (Rassemblement démocratique centrafricain) de feu l'ex-président André Kolingba, Après la chute de ce dernier, ils avaient capitulé sans conditions en rase campagne dans te brouillard et ils avaient rejoint le président Patassé, sans État d'âme, avec armes et bagages, en le qualifiant de Moïse. Après le 15 mars 2003, ils se sont fait une fausse virginité pour combattre le MLPC qui ont fait d’eux ce qu’ils sont et se sont mis au service du président Bozizé pour l’amener droit dans le mur, en le qualifiant lui aussi de Moïse. Les trous béants qui rongent les rues de Bangui comme la lèpre ne les interpellent nullement.

Quand leur parti a perdu le pouvoir, ils n’ont pas la patience, le courage et la ténacité de rester avec lui dans l'opposition, de subir une traversée du désert, de remobiliser le Parti pour lui proposer une alternance crédible et reconquérir le pouvoir. L'essentiel pour eux, c'est de faire partie de la Majorité présidentielle quel que soit le Pouvoir en place.

Comme ils craignaient que le nouveau pouvoir ne le: soupçonne de continuer à ramer dans  l’ombre pour leur ancien parti.  Ils doivent faire montre de l’excès de zèle qui caractérise tout néophyte.

D'autres restent dans leur Parti politique, mais ce parti, au lieu de se battre pour l’alternance, préfère se battre pour partager le pouvoir avec ceux qui l’ont battu aux élections.

1. Jésus Tarcille Bomongo Junior kidnappé et privatisé ?

Jésus Tarcille Bomongo Junior, l'un de nos plus  anciens et plus talentueux journalistes, a été comme kidnappé par «Le Ministre Secrétaire Général du KNK », un « recyclé », «Radio Mille Collines» selon le brave ministre Général Jules Bernard Ouandé. Le « Ministre Secrétaire Général » a en quelque sorte privatisé Jésus Tarcille Bomongo et l’a solidement attaché à ses basques, dans son interminable tournée en provinces où Préfets, Sous-préfets, fonctionnaires, commandants de brigade et gendarmes, commissaires de police et policiers, qui devraient observer une stricte neutralité politique, se sont honteusement mis à son service pour clamer « la vérité officielle ». 

Depuis près d'un mois, il ne se passe pas un seul jour sans que le pauvre Jésus Tarcille Bomongo junior soit contraint, sans doute à son corps défendant de rendre compte de ce qui apparait comme une « tournée d’Etat » du « Secrétaire Général du KNK sans l’esprit critique qui est le propre de tout journaliste digne de cette noble profession.

2. Tout est pour le mieux: vive la vérité officielle du Parti-Etat!

Tout semble pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, même dans les zones où sévissent encore des rébellions (LRA, Baba Ladé, CPJP), zones où de nombreux valides, vieillards, enfants et femmes, enceintes ou non, soit ont été emportés en esclavage, soit continuent de vivre en brousse comme des bêtes sauvages, à la merci des serpents, scorpions, moustiques et autres bêtes dangereuses, sans ressources et sans soins.

On se croirait revenu aux pires époques africaines des Partis-Etat triomphants et bêlant, avec leurs cortèges de « vérité officielle » une, indivisible, incontournable et obligatoire.

3. « Voyou! Merde »

Pendant ce temps, non seulement les Partir politique de l'opposition démocratique sont soumis à une autorisation préalable illégale de la part du brave Ministre Général Ouandé pour se rendre en provinces, non seulement les partis politiques de l'opposition sont interdits d'accès aux médias publics en violation de la loi sur le libre accès des partis politiques aux médias d'Etat, ne serait-ce qu'à titre de droit de réponse aux insultes dont ils sont quasi- quotidiennement l'objet de la part d'un Ministre va-t-en guerre qui se reconnaitra, mais encore, Joseph Bendounga. Chef d'un parti politique de l'opposition, a été passé à tabac et grièvement blessé à la tête au Palais de la Renaissance, après s'être fait expulser de la salle par le Chef de l'Etat vociférant «voyou ! Merde!»

Pour l'inénarrable émission «yé so é lingbi ti inga », Joseph Bendounga peut s'estimer heureux, car il méritait le sort de l'homme qui a caillassé la voiture du Président Kabila et qu'on a torturé jusqu'à ce que mort  s’ensuive dans les geôles de la police kinoise, du moins selon sa famille. La bêtise  humaine serait-elle sans limites? Le Gouvernement  Congolais dément cette  version des faits.

Cette émission reproche également aux opposants de s'exprimer sur RFI et sur France 24. N'y sont-ils pas obligés, puisqu'ils sont interdits d'accès aux médias publics? Les récentes dénégations du Ministre Ngouandjïka qui prétend que tes médias publics sont ouverts aux opposants feraient sourire s’il ne s'agissait pas d’une prédation de la liberté de la démocratie et donc de l'avenir de toute une Nation,

Qu'attendent les Partis politiques de l'opposition pour saisir la Justice et forcer le pouvoir à leur donner la parole dans les médias publics, conformément aux dispositions du décret N° 92.207 du 3l janvier 1992 portant règlement de l'accès des partis politiques aux médias publics. Le fait que de nombreux dirigeants de l'opposition appartiennent à des associations  fermées dont le Président de la République est aussi membre constituerait-t-il un frein à leur liberté de parole et d'action?

4. Imperturbables Ambassadeurs

Expulsion brutale, passage à tabac et insultes ont eu lieu en la présence constante et imperturbable des Ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales, lesquels n’ont pas cru devoir s’émouvoir pour si peu et sont stoïquement restés en place, tout comme les opposants centrafricains, qui auraient pu ou dû quitter la salle par solidarité avec le Président Joseph Bendounga.

La réunion se serait terminée en queue de poisson et aurait été un retentissant échec international.

On attend cependant impatiemment que Ambassadeurs et Représentants des organisations internationales se ressaisissent - il n'est jamais trop tard pour bien faire - qu'ils dénoncent et condamnent ouvertement, clairement et vigoureusement cet acte et ces propos fort peu diplomatiques, d'un autre âge, actes et propos qui insultent la civilisation universelle, ainsi que l'intelligence du doux Peuple centrafricain Épris dr paix, de sécurité, de dialogue sans agression et de débats contradictoires, sans violence et démocratiques.

Entendons-nous donner rétroactivement raison à Georges Conchon qui avait écrit sur notre pays un roman intitulé «L'Etat Sauvage», roman qui avait scandaleusement obtenu le prix GONCOURT, prix littéraire le plus prestigieux de France? On chuchote que le passage à tabac du président Joseph Bendounga a été filmé par un diplomate. Fasse le ciel que cette rumeur corresponde à la vérité, et que le film soit diffusé sur internet, tout comme la photo du jeune Tellot Prince Junior amputé de son oreille gauche par le valeureux lieutenant Àbdoulaye.

 

5. Professeur Gentilini.

Ainsi que l'a dit en substance l'éminent Professeur Gentilini lors de la cérémonie de remise des diplômes de Docteur en médecine de l'Université de Bangui - en citant le savant Einstein,  le monde n’est pas difficile à cause de ceux qui font le rnal,  mais à cause de ceux qui voient faire le mal et s'abstiennent de réagir; on peut ajouter parce que tétanisés par la peur ou sous prétexte que leur réaction aggraverait prétendument la situation.

C’est ainsi que, pour prendre un exemple récent parmi tant d’autres, lorsque le Lieutenant Abdoulaye a amputé publiquement l’oreille gauche du jeune Tellot Prince le 6 juin 2010, non seulement le Ministre de la Justice s’est bien gardé de diligenter des poursuites pénales contre lui « proprio motu» de son propre chef, à sa propre initiative), comme prescrit par le code de procédure pénale, mais encore le Ministre a osé diligenter des poursuites contre ceux qui ont eu le courage de dénoncer cet acte barbare, sauvage, inhumain et dégradant, justiciable de la Cour criminelle!

Nul ne sait ce qu'il est advenu de cette succulente oreille que le Lieutenant Abdoulaye avait fourrée dans sa poche, avant de jeter le pauvre Tellot Prince dans son pick-up, de l'emmener au camp Béal et de l'y laisser baigner dans son sang et hurler de douleur toute ta nuit, sans soins et sans que nul n'ait osé porter secours au gibier du redoutable Lieutenant dont les réactions  sont aussi imprévisibles et dévastatrices qu'un tsunami.

A la mairie de Bangui, on se souvient encore avec effroi, des jours où il avait débarqué, pistolet au poing pour exiger qu’on lui attribue le kiosque d’autrui au Km 5, foulant aux pieds l’interdiction légale d’exercer le commerce faite aux militaires. Tout le monde avait fui, y compris Monsieur le Maire. Courage, fuyons !

6. Ne pas importuner assassins et coupeurs d’oreilles.

Le Procureur de la République saisi d’une plainte de Tellot, ne s’est pas dérangé, c’est tout à fait normal, puisqu’il ne s’agissait que d’amputation d’une seule oreille, alors que les deux oreilles eussent dû être amputées.

En très haut lieu, on a manifestement de la faiblesse, si ce n’est de l’admiration pour les bourreaux et on les protège, au lieu de voler au secours des victimes et de leur rendre justice. On y gagnerait à méditer cette pensée de Francis Bacon, en remplaçant le mot pitié par le mot faiblesse et le mot fausse par le mot réelle, pour mieux rendre compte de la spécificité du cas centrafricain. « (La faiblesse) est véritablement cruelle quand elle engage à épargner des criminels et les scélérats qui devraient être frappés par le glaive de la justice, elle est alors plus cruelle que la cruauté elle-même ; car la cruauté ne s’exerce qu’à l’égard des individus ; mais cette (réelle faiblesse), à la faveur de l’impunité qu’elle procure, arme et pousse contre la totalité des honnêtes gens toute la troupe des scélérats.

Etant donné que tous ces « pieds nickelés » se croient si fort, pourquoi ne vont-ils pas aux fronts bouter hors du pays les hordes de Joseph Koni et de Baba Ladé, au lieu de se calfeutrer à Bangui pour écraser lâchement avec leurs brodequins des malheureux civils sans défense ? « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » a dit Corneille.

Pourquoi importunerait-il le lieutenant Abdoulaye pour la banale amputation d’une seule oreille, alors que le Procureur de Bossangoa ne l’a pas fait lorsqu’il a été saisi le 30 janvier 2006 de la plainte de Monsieur Simon Yalessem dont les trois enfants avaient été massacrés le 28 décembre 2005 par les lieutenants Eugène Ngaikoisset et Abdoulaye ?

Pourquoi le Président de la République écarterait-il de sa garde rapprochée des soldats aussi intrépides et méritoires, champions émérites des records négatifs mondiaux devant l’Eternel ?

Pourquoi les Ambassadeurs et Représentants des organisations internationales ne féliciteraient-ils pas le pouvoir pour les énormes progrès qu’il a accomplis ? La langue de bois n’a-t-elle pas des limites ?

7. Pas de comparaison avec l’affaire RAYAN

Il n’y a pas de comparaison à faire avec l’incendie du magasin RAYAN où, sans preuve aucune, le Président de la République s’est rendu sur les lieux toutes affaires cessantes et a exigé que fussent dépecés les prétendus auteurs, de son côté, selon AMNESTY INTERNATIONAL, le Procureur de la République a déclaré qu’il suffit que le Bâtonnier Balemby et Monsieur Jean Daniel Dengou se rendent pour qu’il libère l’épouse du Bâtonnier ainsi que ses employés et ceux de Monsieur Jean Daniel Dengou qu’il a déportés à Bossembélé, cela signifie qu’il avoue implicitement que les détenus sont innocents, qu’ils ont été arbitrairement arrêtés pour servir de moyens de menaces et de chantage.

Il ne pouvait en être autrement, quand on sait que le Procureur de la République avait fait perquisitionner sans mandat le domicile de la sœur de Mme Dengou et fait procéder à son arrestation, parce qu’elle avait le tort d’être la sœur de Mme Dengou, fait arrêter au domicile de Mme Dengou à Bimbo sa bonne en grossesse et de surcroît malade, ainsi que la sentinelle, fait arrêter le planton du Conseil de l’Ordre qui souffre de diabète, ainsi que des « boubanguérés » dont le seul tort était d’exercer leur commerce en face du magasin RAYAN.

En droit, ces faits sont constitutifs d’arrestations illégales et séquestrations, abus d’autorité, ainsi que de menaces avec ordre de remplir une condition et de chantage.

Depuis le 10 juin 2010, date de leur arrestation, aucun de ceux qu’on doit appeler séquestrés et déportés après l’expiration du délai de garde à vue, et qui sont devenus détenus après la saisine tardive du Doyen des Juges d’instruction, aucun d’eux n’a fait l’objet d’un interrogatoire sur les faits. Le Doyen des Juges d’instruction, saisi le 29 juillet 2010 d’une demande de mise en liberté provisoire, a répondu par un silence assourdissant, en violation flagrante du code de procédure pénale, aux termes duquel « le juge d’instruction DOIT statuer dans les cinq (5) jours de la réception de la demande de liberté provisoire.

Le Procureur de la République et le Doyen des Juges d’instruction préfèrent maintenir les détenus à Bossembélé et y effectuer des missions, ce qui est tout à fait normal puisque, comme chacun sait, ordre de mission rime avec frais de mission.

La chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Bangui et l’inspecteur général des services judiciaires seront saisis de ce déni de justice.

8. Prophylaxie, médecin traitant et médecin légiste

Ne vaut-il pas mieux pratiquer la prophylaxie pour éviter les maladies, ou être médecin traitant pour éradiquer plutôt que de jouer au médecin légiste pour déterminer les causes d’une mort qu’on aurait pu éviter en osant prendre ses responsabilités ?

Jusques à quand nous viendra-t-on en aide pour essuyer notre sang crapuleusement versé, au lieu de nous venir en aide pour éviter que notre sang ne soit versé ?

9. Listes électorales

L’interdiction d’accès des partis politiques de l’opposition démocratique aux médias d’Etat a eu pour conséquence déplorable la désertion des lieux d’inscription sur les listes électorales par une bonne partie de la population. A cela s’ajoute le fait que le refus obstiné du pouvoir de négocier avec la CPJP de feu le colonel pharmacien Charles Massi et son incapacité pitoyable de bouter hors du pays les hordes de Joseph Koni de la LRA et de Baba Ladé ont maintenu de nombreux électeurs et électrices en esclavage, en exil ou en brousse.

Pourquoi les intellectuels du KNK ne prennent-ils pas ouvertement et courageusement leur distance avec cette violation manifeste et intolérable de la liberté constitutionnelle d’expression ?

10. ne soyons pas ingrats envers la communauté internationale, transformée en bouc-émissaire

Les accusations portées contre la communauté internationale, en particulier contre le PNUD, non pas par les journaux privés comme l’a prétendu le Président de l’Assemblée nationale dans une vaine tentative de rétropédalage, mais publiquement par le Chef de l’Etat, la CEI qui parle de « duplicité du Représentant résident du PNUD », un éditorial retentissant du Directeur de Radio Centrafrique et l’inénarrable émission « yé so é lingbi ti inga » (ce que nous devons savoir), ces accusations sont dénuées de tout fondement ; le Représentant de l’Union Européenne l’a démontré lors de la dernière réunion des forces vives de la Nation au Palais de la Renaissance. Certes l’Etat, qui ne devait financer le processus électoral qu’à hauteur de 2.500.000.000 F CFA avait dû verser 3.500.000.000 F CFA à la CEI, en attendant le règlement de la part de la communauté internationale, mais celle-ci ayant finalement payé sa part, il devait normalement y avoir rééquilibrage et non un trou béant inexpliqué et inexplicable.

Comme l’a à juste titre demandé le Représentant de l’Union Européenne, « la question c’est où est parti l’argent ? Qu’en a-t-on fait ? Il ne faut pas mordre la main qui nous tend une pitance pour pallier notre incapacité à faire face à nos dépenses de souveraineté. La déclaration de l’Ambassadeur de Guinée équatoriale selon laquelle son pays est désormais à même de compter sur ses propres forces et s’est enfin affranchi de la tutelle du FMI et de la Banque Mondiale, devrait nous servir de leçon même si, par son inexplicable entêtement à faire un ruineux bras de fer avec la société américaine à qui le régime Patassé avait concédé l’exploitation de notre pétrole, le Ministre d’Etat Sylvain Ndoutingaï a fait de nous le seul pays de la CEMAC incapable de mettre son pétrole en exploitation pour sortir son peuple de la misère.

« L’Etat » (c’est un euphémisme) se serait-il lié les mains en contractant imprudemment, secrètement et prématurément avec une autre société et en empochant un confortable « bonus » avant d’avoir légalement rompu le contrat de la société américaine ?

11. Procès pétrolier ou quand Bozizé et Ndoutingaï se tirent une balle dans le pied

Aux dernières rumeurs, le Ministre d’Etat Sylvain Ndoutingaï aurait réussi le tour de force d’emberlificoter le Président Bozizé et l’aurait amené, en tant que qu’individu, à faire citer le PDG de cette société américaine devant le Tribunal correctionnel de Bangui pour diffamation. Il lui serait reproché d’avoir déclaré que Monsieur Bozizé et Monsieur Ndoutingaï en tant qu’individus, auraient des biens et de l’argent à l’étranger. L’audience aurait été fixée au 16 décembre 2010. Est-il bien prudent d’intenter un tel procès à la veille des élections ? Ne risque-t-il pas d’y avoir un effet boomerang si ce PDG, en bon américain et avec le concours de la CIA et du FBI se mettait à fouiner partout, notamment en Afrique de l’Ouest ?

Le Président gagnerait à se désister de cette procédure pour le moins hasardeuse, voire politiquement dangereuse et suicidaire pour lui.

Ne risque-t-on pas de découvrir avec effarement qui est le gérant dûment contractuel par écrit d’une station d’essence à Bangui, avec la mention manuscrite « lu et approuvé, le gérant » suivie de son auguste signature et qui est ou a été le propriétaire d’une station d’essence et de villas à Lomé ? A-t-on mesuré le risque de voir le puissant Barack Obama sortir de ses gonds, lui qui est si sourcilleux lorsqu’il s’agit des droits de l’homme, même pour le Kenya, son pays d’origine, et lui qui est le maître du FMI et de la Banque  mondiale dont nous dépendons ?

Avoir spolié les diamantaires et subséquemment plongé les populations de la Mambéré-Kadéi dans la misère, la famine et la malnutrition ne lui a pas suffi. Si le Président Bozizé réalise un score catastrophique aux prochaines élections dans la Mambéré-Kadéi, il ne devra pas chercher un bouc-émissaire.

(à suivre...)

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion