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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 16:00

 

 

 

Me Nicolas Tiangaye

 


Cela n’a pas été facile, et pour cause… Cependant, de même qu’une femme qui accouche oublie très vite les douleurs de l’accouchement une fois son bébé dans les bras, de même les Centrafricains dans leur ensemble ont très vite oublié les tracasseries post accord de Libreville une fois votre nomination au poste de premier ministre confirmée.


Notre organisation, l’Organisation de la Société Civile centrafricaine de France (OSCCF) n’avait pas hésité, dès le 15 janvier,  à vous apporter publiquement son soutien et demander au président de la république de valider votre choix comme Premier ministre de transition. C’est ici pour nous l’occasion de vous féliciter et de remercier le Président de la république pour sa sagesse.


 Vous voilà Premier ministre, face à votre destin et à la commande d’un navire, la Centrafrique, qu’il va falloir conduire à bon port. En serez-vous capable ? Nous osons y croire. Bien sûr que certains nous diront ça ne peut être pire qu’avant. Et le rang mondial qu’occupe actuellement notre pays leur donne entièrement raison. Mais allons-nous nous contenter de cette piètre place qu’aucun pays au monde envie ? Certainement pas, d’où l’espoir que le peuple place aujourd’hui en vous.


Monsieur le Premier ministre, vous portez actuellement l’espoir de tout un peuple. De même que vos admirateurs sont nombreux mais silencieux en Centrafrique, laissant les Centrafricains de l’extérieur exprimer leur joie sur les réseaux sociaux, de même vos ennemis sont aussi nombreux au sein du système ébranlé, avec bâtons affutés prêts à vous les mettre dans les roues. Vous voilà averti.


Un contrat à durée déterminée (CDD). 


En acceptant de diriger le gouvernement de transition,  vous avez accepté un contrat à durée déterminée(CDD). Bien que renouvelable, votre CDD a tout de même une certaine particularité. D’ordinaire, le renouvellement d’un CDD est signe de compétence confirmée et un encouragement. Mais pour vous, le renouvellement de votre CDD risque plutôt de s’apparenter à un grippage du système de propulsion du navire dont vous êtes désormais maître à bord. Inutile de vous dire que plus vite la transition prendra fin, plus efficace aura été votre action à la tête du gouvernement. Ainsi on évitera le retour à la case départ avec toutes ses conséquences néfastes pour le pays.


La qualité de l’équipe gouvernementale.


De la qualité des membres de l’équipe gouvernementale dépendra l’efficacité des actions à mener.  Vous aurez compris, Monsieur le Premier ministre, composer une équipe de qualité reste à ce jour votre premier défi. 


Nous avions parcouru avec intérêt votre interview cette semaine chez RFI. Vous êtes sans doute un homme politique complet, maîtrisant à perfection les formules diplomatiques. Cependant un passage de cette interview nous a légèrement  fait grincer les dents. Peut-être que nous avions  mal compris. Soit. A la question « Est-ce que les rebelles de la Seleka auront bien le portefeuille de la Défense ? » Vous aviez répondu : « Cela a été décidé au sommet de Libreville. » Parfait. Mais à cette question : « Est-ce que ce sera Michel Am Nondroko Djotodia ? ». Vous aviez répondu : « C’est à eux de choisir leur représentant. »


Non, Monsieur le Premier ministre, votre réponse à cette question nous semble incomplète.  Elle aurait dû être : « C’est à eux de choisir leur représentant. Et je validerai leur choix ou pas suivant les exigences du poste ».  


Nous pouvons nous tromper, Monsieur le Premier ministre, mais si Mr Michel Am Nondroko n’a pas les compétences pour occuper ce poste, vous devez avoir le courage de demander à SELEKA de vous proposer une autre personne. Si le ministère de la défense revient de droit à Séléka conformément aux accords de Libreville, il est aussi de votre droit et responsabilité de demander à Séléka de vous proposer quelqu’un qui a les compétences requises pour le poste proposé.


Cette subtile remarque nous amène à vous proposer le processus suivant, quant à la formation de votre équipe :


Définir le nombre de postes ministériels à créer. Par exemple : 30 postes.


Repartir ce nombre par entités sensées composer l'équipe gouvernementale.


Exemple :


a) Majorité présidentielle : 7 membres,

b) Opposition démocratique : 7 membres,

c) Séléka : 7 membres,

d) Société civile : 5 membres,

e) Autres : 4 membres.


Définir les portefeuilles à affecter à chacune de ces 5 entités.


Exemple : Les 7 portefeuilles attribués à SELEKA concernent : la Défense, l'Intérieur, l'Urbanisme, l'Agriculture, Eaux et forêts, Jeunesse-Sport et Education.


Définir les compétences requises pour chaque portefeuille. Exemple : la personne sensée occuper le poste de Ministre de l'éducation doit avoir le niveau minimum de Maîtrise en lettre et avoir été en poste ces 5 dernières années dans l'éducation nationale et à un poste de responsabilité, etc...


Demander à chacune des entités de vous proposer une personne de son rang répondant aux critères définis pour chaque poste.


Recevoir en entretien chacun des candidats choisis par son entité afin de valider ou pas ce choix. Faites-vous aider pour cet entretien par un spécialiste de recrutement des hauts cadres.


Vous aurez compris, Monsieur le Premier ministre, après avoir défini et reparti les ministères par entité, il faudra exiger de ces entités qu’elles vous proposent une personne de leur rang capable d’assumer avec succès la fonction relevant du poste en question.


Vous avez besoin des managers expérimentés et intègres.  Diriger un ministère c’est manager et gérer  des compétences. Les diplômes seuls ne suffisent pas, il faut en plus des diplômes de l’expérience de terrain, surtout pour un gouvernement de transition dont le temps est compté. Vous avez besoin des gens opérationnels tout de suite.


Ce message il va falloir le faire comprendre à toutes les entités qui auront à vous faire des propositions de personnes devant composer l’équipe gouvernementale.


N’hésitez pas à faire auditionner les postulants par un cabinet de recrutement de hauts cadres. Bref.

 

La place de la diaspora dans le gouvernement de transition.

 

La diaspora centrafricaine est composée des gens issus de différents milieux. Lentement mais surement, la diaspora centrafricaine de France commence à s’organiser. On commence à distinguer clairement les différentes composantes de cette diaspora reparties dans les différentes organisations. On a désormais le « Rassemblement des partis politiques de l’opposition démocratique centrafricaine de France », l’ « Organisation de la Société Civile Centrafricaine de France (OSCCF)» et à venir « Le Rassemblement des partis de la majorité présidentielle centrafricaine de France ».  Ces différentes composantes de la diaspora centrafricaine sont appelées à se consolider afin d’être encore plus utiles à notre pays, la Centrafrique.


 C’est un secret pour personne que la diaspora centrafricaine, notamment celle de France, joue un grand rôle dans l’économie centrafricaine. Le forum organisé en 2010 sur les investissements portés par la diaspora l’a démontré à suffisance. Il devient désormais primordial que cette diaspora soit associée à la gestion du pays. Mais pour cela nous avions toujours demandé la transparence quant au choix des personnes censés représenter la diaspora.  C’est pourquoi, il est important que la consultation entamée par le Premier ministre s’intéresse aussi aux organisations de la société civile centrafricaine de l’étranger.   La société civile centrafricaine ne se limite pas qu’à la Centrafrique (territoire). Il y a aussi la diaspora.


 Il est vrai que nombreux sont ceux ou celles qui vous font actuellement des appels de pieds à travers des publications à répétition sur internet et dans certaines presses. Nous osons croire que vous ne tomberez pas dans leur piège. N’hésitez pas à faire passer un entretien d’embauche aux postulants et faire vérifier leur parcours académique et professionnel par un cabinet spécialisé.


Bonne chance et courage, Monsieur le Premier ministre.


QUE DIEU BENISSE LA CENTRAFRIQUE. 

 

Clotaire NGOUMBANGO.

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