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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 02:27

 

 

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Enquête exclusive

 

 

Le Directeur général de la société de téléphonie mobile TELECEL a quitté Bangui, à quelques détails près, dans les mêmes conditions que son homologue de la Banque Sahélo-saharienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC) à la fin du mois d’octobre 2011. Hier amis, aujourd’hui ennemis. Comme toujours, au centre de la contradiction, on retrouve les membres de la famille biologique, clanique ou politique du Président Bozizé.

 

Tout remonte à la période pré-électorale où la société TELECEL a servi de vache à lait aux multiples associations créées pour les besoins de la réélection de Bozizé, mais dont l’objectif de l’enrichissement rapide de leurs parrains et dirigeants n’est un secret pour personne. Il s’agit des associations Bozizé Doit Rester (BDR) de Richard Gouandja, actuel ministre de l’Intérieur ; (UDRUC) de Célestin Leroy Gaombalet, Président de l’Assemblée Nationale ; Rayon de Soleil de Mme TETE, du Palais présidentiel ; de Francis Bozizé, ministre délégué de son père à la Défense, candidat à l’élection législative à Kabo (Nord du pays), etc.

 

Ayant promis à la population de sa circonscription l’accès au mobile s’il est élu, Francis Bozizé a mis suffisamment de pression sur la société TELECEL pour qu’elle implante une antenne relai à Kabo et qu’elle lui offre près de 3000 appareils téléphoniques. Centrafrique Presse avait déjà dénoncé et démontré le mode opératoire de ce beau monde dans ses éditions pendant cette période. Quel est le procédé ?

 

Sous des pressions de toutes sortes y compris des menaces d’expulsion ou de mort de la part des responsables et animateurs du BDR et autres de même acabit, des opérateurs économiques leur remettaient des millions de francs CFA que ces dirigeants d’associations peu ordinaires injectaient dans l’achat, 60% moins cher des coupons de recharge téléphonique qu’ils déposaient ensuite à vendre auprès des grossistes qui les écoulaient à 100% contre une cession de 25% d’intérêt. La société elle-même ne cède que 7% à ses grossistes !

 

Ainsi, en 24 ou 48h maxi, des milliers de coupons sont écoulés et ont rapporté à leurs pseudo propriétaires plusieurs centaines de millions de FCFA que se répartissent parrains, dirigeants et associations de soutien à Bozizé. Bien réfléchi et c’est très juteux !

 

On a ici une explication des nombreuses villas qui surgissent de terre dans les quartiers et sur la colline surplombant Bangui, les rutilants 4x4 qui arpentent les rues toutes défoncées de Bangui. Et cela fait non seulement des jaloux mais les auteurs de ce micmac financier entendent le perpétuer. Or depuis lors, le siège de la société TELECEL en Egypte s’oppose désormais à cette pratique qui n’a que trop duré et qui risque, à très court terme, de mettre l’existence même de la société en danger.

 

La tentation de se faire beaucoup d’argent et vite est si forte que Papy Bozizé a même cru effectuer par avance et ce, sans même en informer la direction de TELECEL d’un montant de 50 millions de F CFA sur le compte de celle-ci à la BSIC. On apprend aussi que Mme Ndoutingaï avait voulu se procurer pour un montant de 100 millions de F CFA les fameux coupons de recharge au rabais de TELECEL mais on lui aurait fait savoir cela nécessiterait l’accord préalable du siège du Caire. Malheureusement pour ces commerçants d’un nouveau genre, le siège du Caire a opposé un refus net.   

 

Les inspirateurs-conseillers de cette pratique se trouvent dans la société elle-même et se font leur beurre eux-aussi, au passage. La moindre opposition de qui que ce soit à cette pratique est systématiquement dénoncée à la progéniture présidentielle qui a par ailleurs, commande certains corps de l’armée où elle a créé et privatisé des geôles (Section de Recherches et d’Investigation) et des prisons (Bossembélé).

 

C’est ainsi qu’au motif qu’il trafique du diamant, de l’or, etc… M. Lionel Coussi le DG de TELECEL pourtant très généraux avec la première dame Monique Bozizé et sa fondation mère - enfant - solidarité, s’est retrouvé un jour il y a quelques semaines de la fin de l’année 2011 en geôle à la (SRI) de 9h à 01h, sans que le Haut représentant de la France en Centrafrique ait pu faire quelque chose pour l’en sortir. Il ne sera libéré que suite au paiement d’une somme de près de 20 millions de F CFA au fils de son père, Papy Bozizé, commandant de la SRI et après une intervention de l’ancien patron centrafricain de TELECEL qui n’est autre que Serge Psimhis. Dans la foulée, M. Lionel Coussi a été remplacé au pied levé par un Burundais pourtant venu seulement en mission à Bangui pour une but précis.

 

Dans un secteur aussi concurrentiel que celui de la téléphonie mobile, on se demande comment des responsables dirigeants un Etat peuvent se comporter de la sorte, sans se préoccuper de l’avenir d’une société qui emploie leurs compatriotes et à laquelle ils font courir le risque de faillite. On comprend ainsi pourquoi la Centrafrique continue depuis que Bozizé est la tête de ce pays qu’il occupe continuellement la queue du peloton dans le classement de Doing Business pour le climat des affaires.

 

Et Bozizé en tant que Président de la République au nom duquel toutes ces manœuvres malhonnêtes de prédation et liquidatrices des sociétés est menée est là, indifférent et imperturbable. Les directeurs généraux étrangers exerçant en Centrafrique n’ont qu’à bien se tenir car ils risquent gros avec des dirigeants qu’ils prennent en estime mais dont les comportements confinent avec ceux de bandits de grand chemin. Qui a dit qu’on était dans un Etat voyou ?

 

Rédaction C.A.P

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