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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 01:12

 

 

 

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Peter Kum, AfricaInfo Ndjamena 12 Août 2011

La tchado-camerounaise première femme maire de Ndjamena a été arrêtée par la police tchadienne et conduite à la maison d'arrêt de Ndjamena le Mardi 02 août 2011 en début d'après-midi.

Le maire de N'Djamena Mme Marie-Thérèse Mbaïlemdana et ses deux autres collègues (donc un de ses adjoints) ont été inculpés pour "faux et usage de faux" et incarcérés mardi, au lendemain de leur interpellation suite à une plainte sur des malversations présumées, a annoncé une source judiciaire tchadienne. Beaucoup ne s'imaginaient pas que les choses iraient aussi vite après les menaces de poursuites judiciaires, adressées, le jeudi 28 juillet dernier, lors de la restitution publique des conclusions de la dernière mission de contrôle à la mairie de N'Djamena, par le ministre de l'Assainissement Public, Monsieur Ahmadaye Alhassane, à des responsables municipaux accusés de malversations financières.

Avant elle, dans la même journée, Abdramane Khalifa Mohammad et Assane Abakar, respectivement receveur municipal, et directeur administratif et financier de la mairie, avaient été arrêtés.

Après 48 heures d'interrogatoire en compagnie de son directeur administratif et financier et du receveur de la commune, Marie-Thérèse Mbailemdana a vu sa garde à vue prolongée, le temps pour les enquêteurs de vérifier la consistance de ses arguments.

Certaines sources affirment que certaines hautes autorités, très proche de la présidence tchadienne, ne souhaitaient pas que ce contrôle se fasse afin d'éclairer la lanterne des contribuables Tchadiens sur les milliards des recettes de la commune mais aussi sur la gestion de l'argent du cinquantenaire dont rien n'a été fait. Pour sa part, la Mairie de Ndjaména aurait reçu plusieurs centaines de millions de F CFA pour l'organisation du cinquantenaire.

Le budget devrait servir à l'organisation de ces festivités a été viré sur un compte bancaire domicilié à ECOBANK à Mme le Maire de la ville dont la seule signature permettait de transférer des millions! Cette gestion nébuleuse avait provoqué la démission du Directeur de la coopération M. ALNAYIM et le secrétaire général de la mairie qui ne comprenaient pas bien cette pratique scandaleuse dans la gestion de la chose publique et le soutien multiforme affiché par certaines autorités de la République à Madame Mbailemdana.

Et pour cause, le 28 juillet dernier, une enquête diligentée par le ministère d'Assainissement public et de la Promotion de la bonne gouvernance a révélé un « trou » de 1,2 milliard de francs CFA dans les caisses de la municipalité.

Un rapport du ministère du Contrôle d'Etat, publié après un contrôle sur les comptes de la municipalité, a dénoncé des manques criants dans la gestion de la ville. Le rapport indique qu'1,2 milliards de francs CFA n'ont pas été justifiés dans les comptes de la municipalité. « La mairie de Ndjamena ne respecte pas les dispositions de la loi qui réglemente le circuit des recettes », écrivent les enquêteurs dans leur rapport.

Ainsi des centaines de millions de francs CFA ont été décaissés au simple vu d'une décharge manuscrite. « On ne prend même pas la peine de vérifier si ces dépenses sont budgétisées ou non ». Les enquêteurs ajoutent qu'il n'y a même pas de système comptable, ni de registre d'inventaires des biens de la municipalité. « On commande un matériel, on le livre, sans même laisser de trace écrite, c'est une situation inadmissible qu'il faut absolument corriger. Mais d'ores et déjà, il faut sanctionner les coupables », demandent les enquêteurs.

Madame le maire et ses deux collègues ont été sommés de restituer l'écart financier non justifié, ainsi qu'une somme de 1,1 milliards représentant les retenues des charges sociales et des impôts que la mairie n'a pas versées depuis une dizaine d'années.

A l'origine de ces malversations, la mission a constaté une défaillance notoire au niveau de la comptabilité et des recettes municipales, le non-respect des normes de passation des marchés publics, le non-respect du circuit des recettes et dépenses, l'inexistence d'un registre d'inventaire des biens de la mairie, etc.

Mme Marie-Thérèse Mbaïlemdana a été arrêtée sur la base de la loi n°004/PR/2000 du 16 février 2000 portant répression des détournements des biens et deniers publics, qui proscrit la mise en liberté provisoire. En 2010, son prédécesseur, Mahamat Zen Bada, a été emprisonné, à la suite d'un scandale financier. Suite à cet évènement, le président Idriss Deby Itno avait signé en janvier 2010, le décret de nomination de Mme Marie-Thérèse Mbailemdana comme maire de N'Djamena.

 

NDLR : Parler d'élue pour cette dame est un abus de langage. Tout comme Jean Barkès Ngombé-Ketté pour la ville de Bangui, Mme Mbailemdana était présidente de la délégation spéciale de la ville de N'djaména. Si au Tchad, pour un montant de détournement nettement inférieur à celui de Ngombé-Ketté Mme Mbailemdana se retrouve actuellement sous les verrous, son homologue centrafricain dont le cas a suffisamment défrayé récement la chronique est lui en liberté totale et coule même présentement des jours de vacances bien méritées en France pour claquer son fric, lui qui pense que c'est par simple  jalousie qu'on lui en veut. En RCA, la norme c'est l'impunité.     

 

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