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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 02:03


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Paris 2 février 2010 (Pana) - L'ancien Premier ministre tchadien, Abdelkerim Fidèle Moungar, a affirmé que la corruption au Tchad est un problème structurel, réagissant à l'approbation jeudi dernier par le Parlement tchadien de la mise en accusation de trois membres du gouvernement, qui sont soupçonnés d'être impliqués dans un scandale de détournement de fonds.

"Au Tchad, les méthodes d'investissement ne répondent pas à un appel d'offres. Il n'y a pas de transparence. C'est tout le système de gestion du régime en place qui est en cause. Il faut s'attaquer à tous les symptômes si on veut guérir la maladie", a déclaré Abdelkerim Fidèle Moungar dans un entretien accordé à la PANA à Paris.

Le Gouvernement tchadien a entrepris depuis quelques mois, sous la houlette du ministère du Contrôle d'Etat et de la Moralisation, une lutte anticorruption qui a déjà touché de nombreuses hautes personnalités dont trois membres du gouvernement, soupçonnés d'être impliqués dans le scandale de la passation d'un marché de fourniture de matériel scolaire d'un montant de 2 milliards de FCFA.

M. Moungar, tout en saluant l'action du gouvernement, a estimé cependant qu'il faut faire attention, car, a-t-il indiqué, "si c'est une vraie opération de lutte contre le gaspillage et la corruption, c'est une bonne chose. Le Tchad en a besoin et il faut étendre cette lutte à tout le pays pour combattre la mal gouvernance", a dit Fidèle Moungar qui a été Premier ministre sous Idriss Déby Itno entre avril et novembre 1993.

"Mais si c'est un exercice de style, un ravalement de façade simplement destiné à l'opinion publique, alors je m'inquiète qu'on livre des lampistes à la vindicte populaire", a-t-il affirmé.

L'ex-Premier ministre a déclaré que "malgré les richesses du Tchad, le pays est mal classé. En 2008, il s'est classé 170ème sur 177 pays alors qu'en 2007 le Tchad avait empoché des recettes de l'ordre de 1,2 milliard de dollars US. Il n'y a eu pas de progrès et le niveau de vie a baissé".

"Le PIB par habitant au Tchad était de 650 en 2007 et un an plus tard, il est tombé à 550 dollars. Il y a une déréglementation totale dans le pays, l'Etat est défaillant et la corruption est la conséquence de cette défaillance", a souligné M. Moungar.

Abdelkerim Fidèle Moungar, chirurgien de profession, partage sa vie entre la France et le Tchad. Il est Secrétaire général du Parti action tchadienne pour l'unité et le socialisme (ACTUS) qui dispose d'un député à l'Assemblée nationale du Tchad. Il travaille dans des hôpitaux en France.





NDLR : L’analyse que développe ici l’ancien Premier Ministre tchadien est aussi valable pour appréhender le phénomène de la corruption en Centrafrique où l’opposition démocratique regroupée au sein de l’UFVN vient de prendre quasiment la main dans le sac, ces cinq délégués au sein de la commission électorale indépendante. Ceux-ci ont accepté de vendre leur âme pour des enveloppes de cinq cent mille F CFA que le pouvoir de Bozizé leur a distribuées pour s’assurer leur collaboration et complicité quant à leur travail à la CEI. C’est du reste sur cette propension à se laisser acheter par l’argent que compte Bozizé et son parti le KNK pour gagner les prochaines élections en Centrafrique. Il n’y a plus de valeurs morales devant la pauvreté et la misère ambiantes. Tout le monde cherche à « manger », quitte à tourner le dos ou s’asseoir sur les nobles idéaux et les valeurs. Bozizé qui est conscient de l’extrême faiblesse de ses compatriotes face à l’argent n’arrête pas d’acheter des silences et des individus. Son entourage est peuplé de faux-culs et de faux-jetons qui choisissent de fermer leur gueule pour « bouffer » soi-disant. Les personnages qu’il a choisis pour en faire des PM ne sont jusqu’ici que des « béni oui oui » et des gens qui ont un grand faible pour les espèces sonnantes et trébuchantes. L’actuel président de l’Assemblée nationale de Centrafrique, un certain Célestin Leroy Gaombalet est l’exemple le plus caricatural. Pour un ancien banquier déjà à la retraite, il n’en demandait pas tant quand Bozizé est allé le chercher pour en faire un Premier Ministre. Il a compris d’emblée qu’il n’y a pas lieu à contrarier en quoi que ce soit son bienfaiteur bien au contraire, l’aplatissement devant lui est la règle. Ce genre de situation, si elle fait le bonheur des heureux bénéficiaires, est loin de faire les affaires du pays qui pendant ce temps, s’enfonce inexorablement.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique