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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 19:21

 

 

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Tchad : la France prête à examiner les demandes de Deby sur Epervier

PARIS - La France est "prête à examiner" la demande formulée par le président tchadien Idriss Deby Itno qui a réclamé une contrepartie financière pour le maintien de son opération militaire Epervier, a annoncé mercredi le porte-parole du ministère de la Défense Laurent Teisseire.

"Si les souhaits (du président Deby) nous étaient confirmés officiellement dans le cadre de la relation bilatérale, bien évidemment, nous serions prêts à les examiner", a déclaré M. Teisseire à l'AFP.

"L'objectif de la France n'est pas de quitter le Tchad mais d'y avoir un pôle de coopération opérationelle", a-t-il cependant souligné.

La France, a poursuivi M. Teisseire, "a bien pris note des propos du président Deby qui sont nouveaux" et examinera ses demandes comme elle "examine toujours les demandes des pays qui accueillent" des forces françaises.

D'une manière générale, a encore noté le porte-parole du ministère de la Défense, la France ne maintient une présence militaires dans certains pays que "parce qu'ils le souhaitent et à leur demande".

Interrogé sur la demande plus particulière d'une "contrepartie financière", M. Teisseire a estimé que "la question (pour Paris) est d'abord de comprendre quelles sont les attentes du président Deby".

"Le soutien sanitaire et logistique est au coeur de l'accord", a-t-il également observé, interrogé sur les griefs formulés par le président tchadien qui reprochait au dispositif Epervier de se limiter à "quelques soins donnés aux malades et un appui logistique".

Toutefois, selon M. Teisseire, Paris souhaiterait que le "pôle de coopération" qui serait maintenu au Tchad ait également "une dimension régionale".

"La présence française au Tchad évoluerait pour assurer une triple mission: coopération avec le Tchad, cadre d'appui à la coopération régionale et point d'appui pour aider nos ressortissants", a-t-il expliqué.

La présence des forces françaises en Afrique, a précisé le porte-parole, serait ainsi remodelée autour de "deux bases opérationnelles avancées", Libreville et Djibouti, et des pôles de coopération, au Sénégal et au Tchad.

Cette réorganisation accompagne la renégociation des accords de défense de la France avec ses partenaires africains voulue par le président Nicolas Sarkozy. Ainsi, à la demande du Sénégal, Paris fermera les bases militaires françaises dans ce pays.

Le président tchadien a remis en cause mercredi, à l'occasion du 50eme anniversaire de l'indépendance de son pays, l'opération Epervier.

Celle-ci avait été déclenchée en 1986 après le franchissement du 16e parallèle par les forces armées libyennes qui soutenaient le leader Goukouni Oueddei, renversé par Hissène Habré.

La France compte actuellement 950 hommes et 3 Mirage 2000 engagés dans cette opération nationale.

(©AFP / 11 août 2010 19h06)

 

Tchad: Deby remet en cause Epervier et la présence militaire française

N'DJAMENA - Le président tchadien Idriss Deby Itno a remis en cause mercredi, à l'occasion du 50eme anniversaire de l'indépendance, l'opération Epervier, demandant une contrepartie financière à la présence militaire française au Tchad.

"Nous nous acheminons vers une révision de l'accord de siège entre Epervier et le Tchad", a déclaré le président Deby au cours d'une conférence de presse.

"Cela fait 20 ans (1986) qu'Epervier existe et il ne joue plus son rôle, à part quelques soins donnés aux malades et un appui logistique en cas d'agression quelque part", a-t-il commenté.

"Nous allons revoir l'accord de siège, puisqu'il n'existe pas un accord: la France ne paye rien au Tchad à part quelques marchandises qui entrent sous douanes. Si la France veut rester au Tchad et utiliser ses avions, entraîner ses hommes, il y a un coût à payer et l'accord de siège permettra de clarifier ce que la France doit payer au Tchad", a poursuivi le président Deby.

"Autrement dit, si la France dit qu'elle n'a pas de moyens pour payer et qu'elle veut partir, nous garderons les meilleures relations possibles mais nous n'empêcherons pas Epervier de partir", a-t-il ajouté

"Nous allons jouer à fond les intérêts du Tchad tout en gardant l'amitié avec la France".

L'opération Épervier avait été déclenchée en 1986 après le franchissement du 16e parallèle par les forces armées libyennes qui soutenaient le leader Goukouni Oueddei, renversé par Hissène Habré. Les militaires français n'ont depuis plus quitté le pays gardant notamment une base sur l'aéroport de N'Djamena et une autre sur l'aéroport d'Abéché dans l'est du pays.

"Nous n'avons pas un accord de défense avec la France. Et la présence actuelle d'Epervier n'a rien à voir avec notre indépendance et notre souveraineté" a poursuivi Deby. "Epervier n'est pas ici pour aider ou soutenir un gouvernement ou un régime".

Cette remise en cause survient alors que le président tchadien a obtenu pour la fin de l'année le départ du Tchad de la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat), qu'il estimait être un échec.

Parallèlement, la France qui renégocie ses accords de défense avec ses partenaires africains et le Sénégal se sont entendus, à la demande de Dakar, pour fermer les bases militaires françaises dans ce pays.

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé fin juillet que la France voulait "renforcer ses défenses" au Sahel après la mort de l'otage Michel Germaneau, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'exécution.

(©AFP / 11 août 2010 16h48)

 

 

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