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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 04:33

 

 

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Dans sa récente interview sur RFI avec Christophe Boibouvier, Bozizé fait semblant de n’être pour rien dans le report des élections en Centrafrique et d’envisager de quitter éventuellement le pouvoir s’il était battu. En réalité la question ne devrait même pas se poser. S’il est battu, il doit évidemment quitter le fauteuil présidentiel. Il n’a pas à promettre de le faire comme s’il aurait le choix éventuel de ne pas s’en aller. Il ne peut rejeter ses échecs et son incompétence sur la seule opposition et la communauté internationale. Il a eu cinq ans pour préparer les élections. Qu’en a-t-il fait ?

En vérité, la perspective de son éventuelle défaite électorale n’a jamais traversé son esprit ni celui de ses nervis et autres partisans nécessiteux de sa clique. Pour lui et pour eux, un échec électoral serait impensable car disposant de tous les moyens, fric, armes de guerre et pouvoir, cela est proprement exclu. D’où leur roulement de mécanique actuellement. En finançant la création de l’association politique Bozizé doit rester (BDR), on se rend bien compte qu’il tient à conserver à tout prix le pouvoir en pratiquant cette méthode Coué qui ne peut tromper personne. Ceux qui militent pour qu’il reste au pouvoir sont de véritables sangsues qui ont évidemment intérêt à prêcher cela mais personne ne peut les suivre dans cette voie car elle est sans issue.

Bozizé rejette également sur l’opposition qu’il accuse la communauté internationale de soutenir, la responsabilité des multiples reports d’élections, sans envisager une seule seconde qu’il a lui-même une part écrasante dans ses couacs. C’est son incompétence, sa médiocrité crasse et ses piètres calculs politiciens qui l’ont aveuglé et conduit dans l’impasse. Il a cru qu’il devait troquer le report contre la prorogation par voie parlementaire de son mandat sans avoir la moindre conscience qu’il s’agit d’un véritable coup d’Etat constitutionnel.

C’est en ayant une haute conscience de ses responsabilités que l’opposition lui a proposé la signature sous les auspices du Médiateur de la République, d’un accord politique afin de gérer paisiblement la période de transition que connaîtra le pays dans une semaine avec l’expiration de son mandat. En choisissant de rejeter purement et simplement cette proposition de sagesse de l’opposition, Bozizé a pris le risque de faire reprendre à celle-ci s liberté d’action. Il ne doit pas être surpris à l’expiration de son mandat, qu’on lui conteste sa légitimité et sa légalité car en effet, il les aura perdues.

Il n’y a aucun doute qu’il a bel et bien perpétré un coup d’Etat constitutionnel avec la complicité d’une cour constitutionnelle corrompue, aux ordres et qui s’est totalement déshonorée. Bozizé doit être conscient que cette pilule ne peut pas passer chez les Centrafricains et qu’il s’expose à un éventuel retour du bâton. Ses menaces de « dépecer » les opposants n’intimideront personne. Il ne dépècera pas tous les Centrafricains. Il en restera bien qui continueront toujours le combat pour la liberté, la démocratie et le progrès. La communauté internationale contre laquelle il déclare la guerre en organisant des pseudos marches n’est pas davantage impressionnée par ses gesticulations. C’est plutôt lui-même qui se met le doigt dans l’œil en se trompant de cible.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique