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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 22:13

 

 

 

FIDH-logo.jpg

 

 

La crise que connaît la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH) depuis déjà quelques années perdure au grand dam des militants centrafricains et autres combattants des droits de l’homme. Cette crise s’est même aggravée depuis la brutale disparition du président de cette noble et importante institution, le regretté Me Goungaye Nganatoua Wanefiyo, et cette situation est de nature à faire les affaires du régime dictatorial et sanguinaire de Bozizé qui profite de ce vide pour se donner à cœur joie et perpétrer ainsi en toute impunité et en silence de nombreuses et massives violations de droits humains sans craindre quelque dénonciation que ce soit.

Appelée et venue au secours de la LCDH, la Ligue Tchadienne des droits de l’Homme a effectué des missions d’évaluation, de diagnostic et de propositions de solutions de sortie de crise qui n’ont malheureusement pas été respectées et suivies par le Conseil Exécutif provisoire dirigée par l’ancien Procureur Général Joseph Bindoumi dont la gestion de l’ONG des droits de l’homme n’est pas exempte de tout reproche, c’est le moins qu’on puisse dire.

De guerre lasse, les experts tchadiens qui ont été appelés au chevet de la LCDH ont tenu à Bangui le 12 avril 2011 un point de presse pour rendre compte de leur mission et pointer du doigt les responsabilités de Bindoumi dans le pourrissement de la situation et la poursuite de cette fâcheuse dérive de la LCDH. En effet, alors qu’il s’était préalablement engagé à ne plus briguer quelque fonction que ce soit à la LCDH, ce dernier s’était tranquillement fait reconduire à la tête du Conseil Exécutif provisoire, décourageant ainsi les partenaires stratégiques pourtant bien disposés à aider la LCDH et compromettant aussi les chances de résolution de cette crise qui n’a que trop duré. Il a appartient aux Centrafricains et les militants de la cause et de la défense des droits de l’homme de prendre le taureau par les cornes en se penchant sans tarder et sérieusement sur le sort de la LCDH afin de la remettre à flot.

Rédaction C.A.P     

 

Point de presse sur l’évaluation globale du processus d’accompagnement de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’homme (LCDH)

Madame, Messieurs les journalistes, Chers camarades et sympathisants de la LCDH,

Tout d’abord, je voudrais vous remercier d’avoir accepté de faire le déplacement de ce matin à l’hôtel Wendy pour ce point de presse, l’objet étant de fournir des éclairages nécessaires sur le programme d’accompagnement de la LCDH, engagé depuis mars 2009 par CORDAID, une ONG hollandaise et d’en fournir l’évaluation terminale, programme pour lequel ma personne et mon collaborateur ont été commis en tant qu’experts.

L’objectif du programme tenait à ceci : redynamiser la LCDH à travers,(i) : planification stratégique et opérationnelle des activités : (ii) mise en place des outils de gestion d’une organisation des droits de l’homme ; (iii) mise en place d’une base de données ; (iv) réseautage, plaidoyer et monitoring.

Le programme a démarré en mars 2009, par une mission de contextualisation et d’évaluation de la LCDH à Bangui, des rencontres d’échanges avec des militants en vue, anciens et nouveaux, les organisations de la société civile, les médias indépendants, les autorités au niveau gouvernemental, certaines représentations diplomatiques, les responsables d’organismes onusiens et européens, pour communiquer sur le programme de la LCDH et explorer les opportunités locales sur le plan technique et/ou financier et autres qui pourraient s’offrir à la LCDH et les OSC nationales.

La mission s’est soldée par des conclusions suivantes : la LCDH, d’abord fortement influencée par un triple contexte, celui marqué par la crise militaro-politique, de la paix retrouvée, mais extrêmement fragile en Centrafrique et aggravée en cela par la disparition tragique de son président est sous l’emprise de multiples crises. Crise institutionnelle : textes de base inadaptés, pas de congrès depuis 2002, donc pas de renouvellement de la classe dirigeante (Direction réduite à 02 personnes) et des structures, donc perte de légitimité ; crise administrative, matérielle et financière, crise relationnelle avec les homologues nationales et internationales, elle est sous le coup de mesure de suspension de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) en tant que membre affiliée, crise entre responsables de l’organisation.

Ces difficultés ont entraîné la LCDH dans une situation où elle a été, depuis 2000, dans l’impossibilité de développer et de mettre en œuvre des programmes de promotion et de protection des droits de l’homme. Tout cela a privé la LCDH de toute visibilité et toute lisibilité.

Au terme de la mission de contextualisation et avec la participation de la LCDH, une période de transition est déterminée, un agenda 2009 a été formulé, et des recommandations adressées à des partenaires stratégiques et financiers.

A l’attention de CORDAID

1.      Au regard de la fragilité organisationnelle et opérationnelle de la LCDH et des opérations conjoncturelles à mettre en œuvre par elle, un suivi du processus est indispensable. Ce suivi aura le double mérite de poursuivre le renforcement de la LCDH sur un plan technique, notamment : encadrer, aider à la formulation de projets à exécuter durant la période transitoire, et jeter les bases de la formulation d’un plan stratégique annuel ou biannuel post congrès. La FIDH pourrait être associée à cette opération sur une base concertée avec CORDAID.

2.      Accorder un appui financier d’urgence pour la phase de transition (Juin-décembre), cet appui visera au recrutement et à la prise en charge de l’Administrateur Gestionnaire du ou de la Secrétaire, du planton et du gardien et des charges locatives, de communication, d’électricité, du Congrès ordinaire en même temps que la LCDH assurera les charges de consommables et de la révision des textes statutaires sur ses propres ressources, notamment sur la base de recouvrement des cotisations des membres.

3.      Programmer et financer l’élaboration d’un plan stratégique annuel ou biannuel à Bangui. Sur ce plan, l’expertise de la LTDH est disponible et celle de la FIDH souhaitée.

A l’attention de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH)

1.      Envisager une mission à Bangui au cours du semestre courant, avant le congrès de novembre/décembre. Cette mission, d’ordre politique et technique, vise à l’appropriation des enjeux stratégiques actuels ou qui se dessinent, à savoir : la contribution aux efforts de consolidation de la paix extrêmement fragile, à la bonne gouvernance vue sous les angles de réforme de la justice, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, du processus électoral en vue de la création d’une commission nationale des droits de l’homme, de la sécurité en lien avec le programme DDR ; cette mission vise aussi à rediscuter avec les organismes internationaux, l’ambassade de France et des USA des opportunités techniques et financières disponibles pour la LCDH et les OSC, et les modalités d’implication de la FIDH.

2.      Doter la LCDH d’équipements informatiques, d’outils d’opération (enregistreurs, caméras etc.. ;) et de communication.

3.      Appuyer techniquement et/ou financièrement la formation de formateurs prévue en prélude du congrès ordinaire. Cet appui pourrait être effectué sur une base concertée avec CORDAID, le BINUCA et l’ambassade de France à Bangui qui ont exprimé chacune, leur prédisposition technique et/ou financière. Cette formation est ouverte aux autres organisations de la société centrafricaine. CORDAID accède à l’appel des experts : la LCDH obtient un financement pour assurer son fonctionnement et l’organisation des activités de formation que vont assurer les experts. Ainsi, conformément à la planification 2009 : Mars 2009 : la LCDH se dote d’un Conseil Exécutif provisoire de la LCDH. Ce Conseil assure la transition et conduit la poursuite des activités du mouvement jusqu’au prochain congrès ordinaire dans le même temps qu’elle passe à la restructuration des huit Comités d’arrondissement de Bangui et recrutement d’un personnel d’appui.

Avril : premier atelier de formation des responsables nationaux et régionaux de la LCDH, des responsables des OSC centrafricaines ont été associés à cette formation pour répondre aux perspectives de renforcement du réseautage et de la mutualisation des capacités. Le Diagnostic organisationnel (DO) de la LCDH est réalisé en cette circonstance.

Mai 2009 : deux ateliers sur le management associatif, le changement associatif, les principes de base de la planification, du budget, des procédure de gestion administrative et financière, l’éthique et la déontologie d’une ONG des droits de l’homme, les méthodes d’enquête, de collecte, de traitement d’information sur les violations de droits de l’homme, l’intégration de la politique genre aux droits de l’homme. Des organisations de la société civile et la presse ont été associées à ces formations.

La restructuration des comités régionaux est programmée pour la période de mai à septembre.

Il faut noter que la LCDH a apporté une part de contribution financière et matérielle à la réalisation de ces activités.

Dans la même période, la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH) engage des initiatives visant à réintroduire la LCDH sur l’échiquier régional et international. Elles se traduisent par sa participation à des conférences internationales en 2009, 2010 et 2011 au Tchad, au Cameroun, en France, en RD Congo, sur les questions liées à l’uranium et de gouvernance en lien avec les industries extractives. Des relations sont nouées avec CORDAID (Pays-Bas) et le National Endowment for Democracy (NED USA). Il faut noter que ces relations vont être très vites torpillées par des détournements de fonds par un membre du Conseil provisoire, notamment les fonds destinés aux frais d’un billet d’avion pour une conférence en Tanzanie en 2010.

Toujours dans le même temps, des contacts sont pris avec les anciens membres du Conseil Exécutif  par les experts en vue de les mobiliser autour du processus et du congrès qui était annoncé. Il est recommandé avec insistance au Conseil Exécutif provisoire de se rapprocher de ces responsables, de repérer tout militant pour une participation ouverte, résorber la crise interne et de la sorte, imprimer une caution et une légitimité aux organes qui naîtront de ce congrès. Il semble sur ce plan que très d’efforts  ont été consentis.

Au sein d’une organisation fortement fragilisée, et qui tente de s’en relever, la mise en œuvre du processus de redynamisation, sur le plan opérationnel marque le pas. Le congrès ne peut se tenir, selon les prévisions. Par conséquent, en mai 2010, un nouvel agenda indicatif est déterminé, qui place au centre, les opérations devant conduire à la tenue d’une formation internationale et du congrès, fixés consensuellement pour septembre /octobre 2010.

1 . Restructuration des comités préfectoraux (juillet 2010)

2. Formation et planification du programme biennal 2010-2012 (juin/juillet 2010)

3. Révision des textes de base LCDH (statuts, règlement intérieur) (juin/juillet 2010)

4. Préparation du congrès extraordinaire (juin/juillet 2010)

5. Evaluation de l’agenda : fin juillet 2010

6. Tenue du congrès  (septembre/octobre 2010)

7. Formation du nouveau bureau (octobre/novembre 2010)

8. Suivi/Evaluation (novembre/décembre 2010)

 

Ce programme n’a pas été, encore une fois, retenu après évaluation faite à Bangui en octobre 2010. Un nouveau chronogramme a établi de façon participative et il était question de consacrer la période de novembre 2010 à janvier 2011 à la finalisation des documents. C’est-à-dire toiletter les textes de base, finaliser le programme biennal et assurer de façon professionnelle l’organisation du congrès ainsi que la formation des militants de base et du bureau issu du congrès.

La LCDH a choisi plutôt de tenir son congrès en décembre 2010, soit un mois après le départ de la mission, alors que les accompagnateurs ont obtenu un fonds d’environ 6 millions de F CFA pour l’organisation de cette activité sur une enveloppe globale de 12 millions alloués dans le cadre de cette redynamisation.

Mesdames Messieurs,

Aujourd’hui, que reste-t-il de ce processus ?

 

Sur le plan des engagements

 

1.      La réforme des textes de base, le programme biennal, la restructuration des organes de base n’ont pas été produits, demeure donc toujours la problématique de la légitimité : le changement organisationnel attendu, la restructuration et la consolidation des structures de base ; le congrès était aussi vu comme une occasion de réconciliation, matérialisée par un retour des anciens fondateurs pour soutenir les jeunes à présent démobilisés.

2.      Une légalité de la direction nationale issue du congrès contestable : la convocation du congrès par le président du Comité préparatoire, la conduite des affaires fondées sur des textes illégaux

3.      Le maintien du président du Conseil provisoire à l’issue du congrès est très mal vécu par l’opinion, une forte majorité de la société civile centrafricaine, les autres membres fondateurs et les partenaires stratégiques et financiers mobilisés en faveur de la LCDH. Celui-ci avait, en mai 2009, pris l’engagement de ne pas se présenter à cette fonction, ni à un quelconque poste ; la levée de la suspension de la LCDH au sein de la FIDH était conditionnée par cet engagement. Les relations avec les partenaires extérieurs, ainsi que les opportunités d’appui local en phase de construction, se trouvent ruinées.

4.      Aucun rapport narratif ou financier sur les activités et les fonds alloués par CORDAID. Se pose la question de crédibilité. Compte tenu de sa fragilité résultant d’une très longue période de cassure, les partenaires financiers campent à raison, dans un climat de confiance durable, même avec les bonnes intentions qui se manifestaient ici et là. Sur ce plan, les accompagnateurs dans le processus étaient en discussion avec CORDAID, en vue de pouvoir assurer le suivi, au sortir d’un congrès incontestable, le suivi en matière de gestion et de rédaction des rapports.

Sur le plan des capacités

5.      La problématique des droits de l’homme en RCA au sein de la LCDH et de la société civile, repose dans la faible capacité de monitoring, de suivi, de plaidoyer, d’informer et de s’informer, elle repose surtout dans la faible capacité d’utiliser les mécanismes des droits de l’homme existants pour que la situation des droits de l’homme soit connue, cette faible capacité réside aussi dans l’utilisation des mécanismes de communication nouvelle, la formation internationale, envisagée en prélude du congrès avec l’expertise de la FIDH et les accompagnateurs apparaissait, enfin, comme étant une opportunité pour la LCDH et les associations de RCA d’avoir une capacité de renverser la situation.

6.      Au regard du double contexte électoral, des violations graves et massives des droits de l’homme et de la paix retrouvée mais toujours fragile, le processus engagé pour la LCDH, vu sous un angle fédérateur, visait à renforcer les capacités des ONG au regard des enjeux, notamment les élections et la participation des populations, et les suites du Dialogue Politique.

Mesdames, Messieurs, voilà la teneur de l’évaluation finale ainsi réalisée, il ne nous appartient pas de juger, notre rôle se bornera à produire le rapport final sur le processus de redynamisation de la LCDH à CORDAID, à charge pour elle de déterminer la suite à donner.

Bangui le 12 avril 2011

Les experts :

M. Massalbaye TENEBAYE Président de la Ligue Tchadienne des droits de l’Homme(LTDH)

Tél : +235 66 29 23 26 / +235 99 83 66 11 E mail : mastenebaye@yahoo.fr

M. Baidal OYAMTA, Coordonnateur National de la Ligue Tchadienne des droits de l’Homme (LTDH)

Tél : +235 66 29 39 56 E mail : vbaidail@yahoo.fr

 

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