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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 03:17


Massi.jpg

Depuis soixante douze heures, d’insistantes et préoccupantes informations, parfois contradictoires, circulent tant à Bangui qu’à l’étranger sur le sort de Charles Massi, qui a été de nouveau arrêté il y a quelques jours dans la région de Ngaoundaye dans des circonstances troubles et controversées par les autorités tchadiennes. Ces rumeurs font état de ce qu’il aurait été livré à Bozizé à Bossangoa et qu’il aurait été soit froidement liquidé dès le lendemain soit placé en détention à la prison spéciale de Bozizé de Bossembélé dénommée « Guantanamo ».

Interrogée à Paris sur la situation de son conjoint, son épouse reconnaît en effet avoir reçu des informations contradictoires tout en cherchant à effectuer des vérifications. Une chose est sûre : il y a tout lieu de craindre pour la vie de Charles Massi qui aurait très bien pu faire l’objet d’un échange de bon procédé entre Bozizé et Déby. On se souvient encore qu’il y a environ deux mois, le chef rebelle tchadien Baba Laddé du FPR avait été enlevé en plein Bangui par Jean Francis Bozizé, le ministre délégué à la défense et non moins fils de Bozizé et le ministre de la sécurité le général Jules Bernard Ouandé, et livré sans autre forme de procès aux autorités de N’djaména. Jusqu’à présent, on ignore tout de ce qui est advenu à ce monsieur.

S’agissant de Charles Massi, il n’est pas exclu que son cas ait pu être abordé par Bozizé et le ministre tchadien Ahmat Bachir qui a fait un déplacement éclair à Bangui il y a trois jours, pour remettre entre autre, une invitation officielle à Bozizé de la part du président Idriss Déby afin qu’ils puissent passer ensemble le réveillon du nouvel an dans une caserne militaire de l’armée tchadienne dans la ville de Sahr. Bozizé, flanqué du chef d’état major adjoint des Faca, le colonel Ludovic Ngaiféi, a quitté Bangui pour N’djaména ce mercredi 30 décembre.

D’autres informations font également état de ce qu’une bonne partie de l’état major de la rébellion de la CPJP aurait été décimée ces jours derniers par les Faca, prouvant ainsi que Bozizé aurait choisi la plutôt la méthode forte à la négociation pacifique que réclamait depuis longtemps la rébellion de la CPJP. C’est pour cette raison que toutes les informations vérifiées ou non, qui circulent au sujet de Charles Massi sont à prendre au sérieux, connaissant le côté sanguinaire de Bozizé et sa soldatesque. Si Charles Massi est prisonnier et encore en vie, que Bozizé le présente publiquement et officiellement à la presse. Que les partis de l’opposition politique regroupés au sein de l’UFVN l’exigent également !

Sans toutefois partager les opinions politiques de Massi ni être adhérer forcément à sa stratégie de lutte, on ne peut accepter que Bozizé puisse se permettre de lui ôter gratuitement et délibérément la vie, fût-il un chef rebelle. Il ne peut impunément assassiner Massi et signer tranquillement le décret ordonnant aux Centrafricains de prier et jeûner le premier jour du nouvel an. Si Bozizé a commis l’irréparable, il se sera définitivement disqualifié sur l’échiquier politique et aggravé son dossier vis à vis de la CPI. Cela ne contribuera point, bien au contraire, à l’indispensable apaisement et climat de sérénité préalables à la tenue des élections.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique