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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 00:00

 

 

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Source : Le Citoyen du 9 juin 2010

L’interview publiée ci-après a été accordée par la BBC (British Broadcasting Corporation) à Ali Souleymane, le 5 juin dernier à Yérémo, village situé à 25 km de Bossembélé. C’est l’un des éléments de la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et paix) qui était aux côtés de Charles Massi, lors de l’arrestation de ce dernier en décembre 2009.

Nous publions cette interview parce que la fin se termine par une menace grave qui mérite une attention particulière de la part des Centrafricains.

 

BBC : Pouvez-vous dire qui est le colonel Charles Massi ?

Ali Souleymane : C’est un grand monsieur qui a été de beaucoup dans les événements du 15 mars 2003. C’est lui qui a payé des armes et notre contrat d’engagement. C’est lui qui payé les frais. Il est l’un des acteurs non négligeable et le président Idriss Déby le sait bien et le respecte pour ça.

BBC : Est-ce que le colonel Massi a une bonne relation avec les autorités tchadiennes ?

A.S : Comme je vous l’avais dit, Idriss Déby et Charles Massi se connaissent très bien. Il est l’un des grands acteurs des événements qui nous a conduits à Bangui, le 15 mars 2003. Nous étions appelés libérateurs. Après, le colonel Charles Massi est rentré en maquis contre Bozizé avec le colonel, nous sommes restés six mois au Tchad et sous la protection des autorités tchadiennes qui sont ses amis de longue date.

BBC : Mais comment est-il mort ?

A.S : Le 19 décembre 2009, nous étions 15 éléments aux côtés du colonel Charles Massi, Centrafricains et Tchadiens. Nous étions à Nour, un village situé à 3 km, côté tchadien. Nous étions arrêtés là par des militaires tchadiens.

BBC : Les militaires tchadiens vous reprochaient quoi ?

A.S : Le colonel nous avait amenés à Nour, parce que nous avions des matériels de guerre à récupérer. Nour devait nous faciliter la descente sur Bangui.

BBC : Et après, que s’est il passé ?

A.S : A Nour comme je viens de vous dire nous sommes attaqués par l’armée tchadienne qui a fait des sommations. Le colonel nous a demandé de ne pas riposter et nous avons obéi. Ils ont capturé le colonel et six éléments. Le reste et moi, nou nou sommes évaporés dans la nature. On ne pouvait pas riposter parce que les autorités tchadiennes sont ses amis et aussi, il nous a demandé de ne pas riposter devant les tirs de l’armée tchadienne.

BBC : Il était tué le 19 décembre 2009 à Nour ?

A.S : Non ! Non ! Il n’a pas été brutalisé ni tué à Nour. Les militaires tchadiens l’ont amené sur une moto accompagné de six éléments à destination de N’djaména, dit-on.

BBC : Et que s’est-il passé après ?

A.S : Nous nous sommes pas dérangés parce que le colonel Charles Massi que nous avons servi depuis longtemps a une bonne relation avec les autorités tchadiennes et nous avons gardé espoir.

BBC : Avez-vous gardé espoir sur le territoire tchadien ou centrafricain ?

A.S : Nous sommes revenus sur le territoire centrafricain, d’abord à Bédaya et ensuite à Ngaoundaye.

BBC : Donc le colonel Charles Massi a été tué après mais par qui ?

A.S : Il a été trahi par l’un de ses amis qui a l’habitude de nous fournir les armes, M. Mahamat Coumbra. Ce n’est qu’après qu’on l’a su.

BBC : Mais qui l’a tué ?

A.S : Il n’a pas été tué à Nour. Les six éléments et le colonel ont été embarqués à bord d’un véhicule. Ce que nous savons, c’est que le colonel a été remis aux autorités centrafricaines. Les six éléments ont été liquidés à N’djaména, le colonel a été conduit à Bossembélé où il a trouvé la mort après des tortures.

BBC : Quel est votre état d’esprit ?

A.S : Les sept éléments et moi, nous sommes resté solidaires et nous poursuivons le combat avec les amis de Charles Massi qui sont Tchadiens, Centrafricains, Européens etc. La CPJP je vous dis, ne cèdera pas, ce n’est qu’une question de temps.

 

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