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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 21:45

 

 

Saragba F

 

 

 

Bozizé, Patassé, Demafouth, Wilité, Ziguélé, Nakombo sont désormais les heureux élus qui figurent sur la liste des candidats autorisés par la cour constitutionnelle à se présenter aux prochaines élections  présidentielles de 2011, tandis que certains prétendants ont été recalés pour des raisons administratives ou de conformité à la loi et au code électoral. Cette liste, restreinte, vient mettre un terme aux tâtonnements, aux maintes immixtions et autres encombrantes interventions du pouvoir exécutif pour influencer à tort l’autorité judiciaire.

Pour la première fois dans notre pays depuis l’instauration de la démocratie, les centrafricains auront à choisir au premier tour parmi un aussi petit nombre de candidats le meilleur d’entres-eux. Si le nombre restreint des candidats dont on pense à tort ou à raison que les plus représentatifs en termes de notoriété dans le pays sont tous présents sur cette liste, ce qui est plutôt une bonne chose en matière de crédibilité dans la représentativité du corps électoral mais aussi du point de vue de l’organisation et des coûts de revient,  il  n’en demeure pas moins que cette liste n’offre pas de véritable alternative à notre pays quelque soit le vainqueur de cette élection. Les principaux candidats qui ont une chance de remporter ces élections sont les produits de la même école, du même fonctionnement. Parents et Amis hier, alliés et collaborateurs puis ennemis-jurés aujourd’hui. Aussi, la renaissance centrafricaine n’aura pas lieu en tout cas pas cette fois-ci. Au moment où nous fêtons les cinquante ans de notre indépendance. Le pays ne renaitra pas de ses cendres comme l’espéraient nos compatriotes. Il va falloir attendre et attendre encore jusqu’à ce qu’il se consume entièrement.

D’autant plus que tous les candidats sans exception  aucune se sont inscrits  tantôt dans une cinglante logique égoïste de collaborationniste avec un régime et un système qui sont honnis par la majorité des centrafricains, tantôt  ils se sont inscrits dans une posture de compromission et de perpétuelle soumission. Chaque candidat espère secrètement se rallier au régime en place dans une hypothétique deuxième tour pour une éventuelle place à la primature. Car, l’on ne voit pas comment en l’état actuel des choses avec entre autre l’insécurité qui règne à Birao et l’insuffisance des moyens logistiques mises en place, la commission électorale indépendante déjà dépassée par les évènements puisse organiser des élections justes et transparentes. On ne voit pas comment le général Bozizé bien qu’allégé en partie et contre sa volonté de ses lourdes armures de général cinq étoiles sous la pression de la communauté internationale et des vrais patriotes pourrait perdre ces élections, tant que les conditions de garantir le déroulement de ces élections ne sont pas réunies. On sait que le manque de garantie dans une élection présidentielle quelconque  profite souvent et généralement au pouvoir en place. Les candidats le savent parfaitement, mais pourquoi veulent t-ils allés coûte que coûte à ces élections ?  Veulent t-ils seulement accompagner le général Bozizé main dans la main pour son second mandat ?

Nos compatriotes avertis ont bien vu et bien compris que cette liste est révélatrice d’un fonctionnement désuet, digne de ces stratégies qui ont foiré dans le passé et qui maintient encore et toujours notre pays dans la misère. Elle confirme malheureusement la volonté d’une classe politique groggy et pas du tout audacieuse qui  fait semblant de vouloir véritablement changer les choses dans notre pays. La marche en arrière est désormais amorcée à défaut d’une véritable alternative pour notre pays alors que le monde avance à grand pas.

Des candidats adeptes d’un grossier rétropédalage scandaleux.

Unanimement les principaux candidats à ces élections présidentielles ou bien leur parti politique respectif ont promis d’apporter le changement dans le pays. Faille t-il  encore l’apporter ici et maintenant dans leur parti politique respectif ou dans leur entourage immédiat pour montrer à nos compatriotes leur volonté et capacité à vouloir changer les choses. Or, on peut constater avec beaucoup de regrets que les mêmes acteurs entourés des mêmes personnages qui ont fait péricliter leur régime autrefois sont toujours là, les mêmes  partis politiques au fonctionnement dépassé et décalé qui ont exercé hier le pouvoir de l’état et qui ont lamentablement échoué essaient de revenir avec les mêmes pratiques pour reprendre la place d’un régime irresponsable à plusieurs titre. Le tout dans un grossier rétropédalage scandaleux. Le renouvellement de la classe politique toute tendance confondue n’a pas eu lieu. Tous les candidats et partis politiques sont unanimes pour faire de la place aux jeunes mais où sont ces nouveaux visages ? On appelle cela tout simplement « se foutre de la gueule de nos compatriotes ».

Autant dire que rien de bon pour le pays et pour la population centrafricaine  ne sortira à l’issue de ces élections présidentielles si jamais on arrivait un jour à organiser une élection juste et transparente quelque soit le vainqueur.

Le rétropédalage remis au goût du jour par les candidats.

Les uns veulent demeurer au pouvoir  au bout de sept ans, malgré un bilan catastrophique pour accomplir l’œuvre de destruction nationale entamée au lendemain du 15 mars 2003, tandis que d’autres veulent revenir aux affaires pour se venger, alors que certains se positionnent pour faire alliance avec le diable si ce n’est pour faire une entrée opportuniste dans un gouvernement d’union. Nous autres, citoyens centrafricains sommes fatigués et en avons marre. Nous sommes pris en otage dans une querelle surannée et surréaliste entre cette bande de copains et de « parents ». Versatiles et ingrats envers la république, ceux-ci n’hésitent pas à se trahir entres-eux portant ainsi un coup fatal à l’intérêt général. En attendant le pays se meure par la faute de cette classe politique incompétente et irresponsable, prête à trahir pour 5 franc CFA.

Même si l’heure n’est plus à la plaisanterie, qu’il nous soit permis ici de faire un peu d’humour. Nos anciens, enfin, les rares personnes d’un certain âge encore vivantes dans un pays où l’espérance de vie n’atteint que très rarement 45 ans se souviendront longtemps et peuvent témoigner de ces bicyclettes. Vous savez, Ces engins aux châssis aussi hauts que longs comme des girafes sur lesquels se déplaçaient de nombreux centrafricains que l’on pouvait qualifier de «  nantis ». Nostalgie d’une époque prospère et insouciante à jamais révolue ou simple description de coquetterie d’une classe sociale privilégiée. Nos compatriotes avaient la possibilité  encore de se l’offrir. Tant, le niveau de vie de la population de notre pays était parmi les meilleurs du continent. Ces vélos, pour ceux d’entres-nous qui s’en rappellent encore étaient dotés de la dernière technologie du moment. Elle consistait, au prix d’un ultime et magistrale effort à rétropédaler pour freiner. C’est dire que le rétropédalage en matière de cyclisme est connu et maitriser de nos anciens. Nous pensions alors que le rétropédalage, une technologie bien qu’utile et efficace en son temps était néanmoins aujourd’hui dépassé. Il était à ranger définitivement au rayon des antiquités.

Hélas ! Groggy et pas du tout audacieux, le parti politique au pouvoir, toute l’opposition démocratique ainsi que les candidats indépendants dans un consensus de « gbérè kodé » en cours d’imagination ont décidé de pratiquer le rétropédalage en matière politique pour  éviter que la vraie alternative qui est synonyme de prospérité ne se fasse aux dépens de leurs intérêts égoïstes et partisans. Où est le sérieux ? 

 

Franck SARAGBA

Fini kodé

La troisième voie

 

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