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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 02:10

 

 

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Source: International Committee of the Red Cross (ICRC) 30 Avr 2010


La situation sécuritaire précaire qui prévaut dans le centre-nord, le nord-est et le sud-est du pays pose un défi continu pour l'action humanitaire en faveur des populations affectées, explique Simon Ashmore, chef de délégation du CICR en République centrafricaine.

Comment se présente la situation humanitaire dans le sud-est du pays ?

Après l'arrivée des hommes de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), une grande partie de la population rurale s'est déplacée pour trouver refuge dans les villes de la région. L'année dernière, ces populations ont perdu l'accès à leurs champs juste au moment de la récolte ; et cette année, elles pourraient avoir des problèmes à semer à temps. Sachant que c'est la campagne qui nourrit les villes, le manque de production agricole a forcement un impact sur les résidents des zones urbaines.

Dans le nord-est, quel impact ont eu les attaques de 2009 pour l'accès des acteurs humanitaires ?

La situation y est plus que préoccupante. En juin 2009, il y a eu deux attaques sur la ville de Birao. Depuis lors, on constate un certain nombre d'affrontements entre groupes armés, braqueurs, et « coupeurs de route ». Puis en novembre, deux collaborateurs de l'ONG Triangle Génération Humanitaire ont été enlevés par des hommes armés, et relâchés seulement en mars dernier. On voudrait vraiment voir une amélioration de l'environnement sécuritaire pour que les humanitaires, CICR compris, puissent évaluer l'impact des récents affrontements sur la population et fournir une assistance appropriée.

Quelle est votre lecture de la situation dans le centre-nord et le nord-ouest ?

Dans le centre-nord, la situation est également très instable, comme le montre l'attaque sur la ville de Ndélé en avril dernier. Dès que la situation le permettra, le CICR essaiera de pousser pour avoir accès au plus vite à Ndélé et aux axes nord de la ville. Cela permettra d'évaluer les besoins des populations affectées par la violence et de répondre de manière pertinente.

Concernant le nord-ouest, depuis la signature des accords de paix et la tenue du « dialogue politique inclusif » en 2008, une certaine sécurité est revenue, permettant à des personnes auparavant déplacées ailleurs dans le pays ou réfugiées au Tchad de retourner chez elles après une absence de parfois deux ou trois ans. Le CICR aide la population à relancer la production agricole et à améliorer son accès à l'eau, à l'hygiène et au logement ; en un mot, à un environnement sain.

Les problèmes du pays sont-ils tous liés à l'insécurité actuelle ?

Il est parfois difficile de distinguer clairement les besoins qui découlent du conflit de ceux liés au sous-développement, qui existent depuis des décennies. C'est la raison pour laquelle une large part de nos actions se concentre sur la reprise de programmes visant à soutenir la transition entre l'urgence et le développement.

La population centrafricaine n'a pas accès aux moyens qui pourraient générer des ressources leur permettant de sortir de la simple subsistance. L'accès à l'eau potable et aux soins de santé est limité et extrêmement difficile. Les besoins prioritaires des populations sont essentiellement des besoins de base.

Entre la pauvreté, les violences armées et le banditisme, quelle est la réponse préconisée par le CICR ?

La priorité, pour le CICR, c'est de pouvoir accéder aux populations directement affectées par le conflit. Grâce à ses contacts avec les parties au conflit, le CICR a souvent plus de possibilités de répondre à temps, de façon pertinente et cohérente, aux besoins des gens qui sont touchés par les affrontements armés. Après, il y a la période post-conflictuelle, elle aussi souvent chargée de problèmes humanitaires. Là, il s'agit d'aider les gens à regagner leurs lieux d'habitation d'origine, à rebâtir leurs maisons, à relancer la production agricole et à pouvoir accéder à l'eau potable et à un environnement sain.

L'assistance est très importante, que ce soit l'aide d'urgence ou le soutien à la relance des activités agricoles. Cependant, il y a aussi souvent des problèmes liés à la protection de la population civile et des personnes détenues en lien avec le conflit. Le CICR vise à faire connaître et respecter le droit international humanitaire auprès des parties au conflit. On visite également des centres de détention et on entretient un dialogue avec les autorités afin d'améliorer les conditions de détention.

Et puis nous travaillons étroitement avec la Croix-Rouge centrafricaine, qui assume de plus en plus ses responsabilités. Elle veut être pleinement capable de déployer des secouristes, d'agir en premier lieu en cas de catastrophe naturelle, et côte à côte avec le CICR dans les situations de conflit. Ceci justifie l'importance de notre de soutien actuel au renforcement des capacités de la Croix-Rouge centrafricaine

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire