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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 19:04

 

 

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Par Carine Frenk

Prévues le 13 août 2010, les cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance de la République centrafricaine ont été finalement reportées au 1er décembre, jour de la proclamation de la République centraficaine en 1958. Frappé par de nombreuses crises politico-militaires au cours des cinquante dernières années,  le pays est en proie à d'énormes difficultés économiques.

Enclavée au cœur de l’Afrique centrale, la République centrafricaine est un trait d’union entre la zone sahélo-soudanienne et le Bassin du Congo d’une superficie de 622 980 km2, le pays forme un vaste plateau couvert de savane dont l’altitude varie de 600 à 900m. Depuis Bangui, la capitale, on gagne l’océan Atlantique par voie fluviale jusqu’à Brazzaville puis par chemin de fer jusqu’à Pointe-Noire (Congo), distante de 1 815km. Le pays est peu peuplé (4 422 000 habitants selon les statistiques de la Banque africaine de développement et les Nations unies), avec un taux de croissance annuelle de 2,2% pour 2008. Sa population est concentrée à l’ouest, laissant de vastes zones inhabitées, alors que près de 43% des Centrafricains vivent en milieu urbain, concentrés surtout à Bangui (620 000 habitants). Le groupe Banda et Gbaya-Mandja, au nord et à l’ouest, forme plus de la moitié de la population tandis que les Yakoma et les Sango, les «gens du fleuve», ont longtemps dominé une vie politique et économique marquée par l’influence française.

 

La colonie française de l’Oubangui-Chari est créée en 1903. Intégrée en 1910 à l’Afrique équatoriale française (AEF), elle est utilisée comme réservoir de main-d’œuvre. Travail forcé pour la cueillette du caoutchouc ou la construction du Congo-Océan, portage, épidémies, enrôlement dans les troupes coloniales, font périr la moitié de sa population entre 1890 et 1940.

Créée en 1958, la République centrafricaine a pour figure emblématique Barthélemy Boganda, mort dans un accident d’avion en 1959. Son successeur, David Dacko, proclame l’indépendance le 13 août 1960.

 

Le lieutenant-colonel Jean-Bedel Bokassa s’empare du pouvoir le 31 décembre 1965 : président à vie, puis maréchal, il fait de la République un empire en 1977 et organise un sacre très médiatisé. Il est déposé en septembre 1979 lors de l’opération «Barracuda» menée par un contingent français

Remis en selle, David Dacko est élu en mars 1981, puis renversé en septembre par le général André Kolingba. En 1992, celui-ci est contraint d’accepter le multipartisme. Le 19 septembre 1993, Ange-Félix Patassé est élu au terme d’un processus électoral pluraliste, puis réélu en 1999 au premier tour d’un scrutin contesté.

Entre temps, le président Ange-Félix Patassé a essuyé trois mutineries entre 1996 et 1997. Les Accords de Bangui, en 1997, portent création d’une mission interafricaine de paix, remplacée en 1998 par une mission des Nations unies en République centrafricaine (MINURCA), réduite en 2000 à un bureau des Nations unies en Centrafrique (BONUCA).

La restructuration des forces armées (2 250 hommes) s’engage, mais plusieurs tentatives de putsch ont lieu en 2001, qu'Ange-Félix Patassé déjoue dans le sang avec l’aide des troupes libyennes et du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.

Dans les jours qui suivent le coup d’Etat réussi de François Bozizé (15 mars 2003), l’envoi de 300 militaires français, aux côtés des forces de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), déployées depuis 2002, marque le retour de la France, quatre ans après la fermeture totale de ses bases.

Après une période de transition où le leader de l’opposition parlementaire, Abel Goumba (qui dirige le Front patriotique pour le progrès - FPP) devient chef de gouvernement, puis vice-président, avant d’être écarté, François Bozizé légitime sa prise de pouvoir à l’occasion de l'élection présidentielle qu’il remporte en mai 2005 avec 64,6% des voix. La coalition rassemblée pour le soutenir conquiert 42 sièges (sur 105) à l’Assemblée nationale.

Quelques mois après l’élection du président Bozizé, de nouveaux groupes rebelles voient le jour dans le Nord du pays. Dans le quart nord-ouest, l’APRD (l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie). Dans le quart nord-est, l’UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement). Birao, dans l’extrême est du pays, aux confins du Tchad et du Soudan est attaquée à reprises.

A deux reprises, l'armée française intervient pour stopper l’avancée rebelle.

Dans un rapport de 2007, l’organisation Human Rights Watch accuse les Forces armées centrafricaines d'avoir tué depuis mi-2005 des centaines de civils, incendié plus de 10 000 maisons et provoqué un exode massif dans le nord du pays, également en proie aux rebelles et aux coupeurs de route. Selon l’ONU, 200 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays (la plupart sont des villageois contraints de quitter les villages pour vivre en brousse, dans leur champ, sans eau, sans soin, sans école), 50 000 sont réfugiées dans les pays voisins, notamment au Tchad et au Cameroun.

 

Après plusieurs accords de cessez-le-feu séparés, est signé en juin 2008, à Libreville, un accord de paix global ente le gouvernement, les rebelles de l'APRD et de l'UFDR. Un autre groupe rebelle, le FDPC d’Abdoulaye Miskine, l’ancien bras armé d’Ange-Félix Patassé, refuse d’apposer sa signature sur le document. Cet accord ouvre la voie à l’ouverture en décembre 2008 à Bangui du dialogue politique inclusif. Pour l’occasion, l’ancien président Patassé rentre du Togo où il vivait en exil depuis le coup d’Etat du 15 mars 2003. Tous les groupes politico-militaires et les partis d’opposition participent à ce forum de la paix. Mais au-delà de la réaffirmation de quelques grands principes, ce rendez-vous n’aboutit à rien de très concret (voir le compte-rendu). Le programme  de démobilisation, désarmement et réinsertion  (DDR) des ex-rebelles prend du retard.

Dans ce contexte, un nouveau groupe rebelle apparaît, la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) dans la zone de Ndélé, dans le nord-est du pays. C’est Charles Massi, un ancien ministre du président François Bozizé, qui prend la tête du mouvement. Depuis la fin décembre 2009, il est porté disparu. Denise Massi, son épouse, affirme que Charles Massi a été torturé à mort par les autorités centrafricaines. Son mouvement, la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), qui a attaqué Birao en juillet dernier, exige une preuve de vie de Bangui. Charles Massi aurait été arrêté en fin d’année dernière par des militaires tchadiens, avant d’être transféré en Centrafrique, ce que dément le président François Bozizé.

Autre difficulté, le sud-est du pays subit les attaques de la Lord Resistance Army (Armée de résistance du Seigneur). Les rebelles ougandais de la LRA sont présents sur le territoire centrafricain depuis 2008. Leurs multiples incursions dans les villages de ces régions ont causé la mort d'au moins 200 personnes et fait plusieurs milliers de déplacés. La LRA est particulièrement active dans depuis le mois de février 2010. Devant les fréquentes attaques des rebelles de la LRA contre les régions du sud-est de la Centrafrique, les autorités locales ont appelé en avril les civils à s'organiser en milices d'autodéfense.

L'armée ougandaise intervient depuis juin 2009, dans le sud-est centrafricain pour traquer les rebelles de la LRA, avec l'autorisation de Bangui.

L’année 2010 devait être une année électorale avec une présidentielle et des législatives très attendues. Fixées tout d’abord au 25 avril, les élections ont été repoussées au 16 mai, ce qui n’a pas suffi à rassurer les opposants qui dénonçaient l’absence de garanties d’un scrutin transparent et libre. Après avoir fait modifier la constitution pour prolonger son mandat qui a expiré le 11 juin, le chef de l’Etat accède à la demande de ses détracteurs. Les élections se dérouleront le 23 janvier 2011, ainsi en a décidé le chef de l’Etat centrafricain.

Une économie ravagée

Pillages et insécurité ont ruiné l’économie du pays, qui ne manque pourtant pas d’atouts. Dans le secteur primaire, les quatre activités traditionnellement créatrices de richesse que sont le diamant, le bois, le coton et l’élevage (au Nord), sont sinistrées du fait de l’insécurité et de la mauvaise gouvernance. Or ce secteur contribue à 55% du PIB et environ 90% des exportations. La production de coton, qui a atteint 2 000 tonnes en 2008, a été divisée par six depuis 2005. Le bois industriel et le diamant, principales sources d’exportation, alimentent un trafic dont l’Etat n’est pas bénéficiaire. Avec un Revenu national brut (RNB) de 410 dollars par habitant (2008), le service de l’importante dette extérieure  représentait 48,7% (2008) des ressources budgétaires du pays. Seuls les dons ponctuels des partenaires traditionnels permettent au pays de survivre, alors que l’Etat s’est montré longtemps incapable de payer ses fonctionnaires. Ballon d’oxygène pour le pays, en juillet 2009, la Centrafrique a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en faveur des pays pauvres très endettés. Le FMI et la Banque mondiale approuvent un allégement de la dette multilatérale

Aujourd’hui, la Centrafrique est le quatrième pays le plus pauvre du monde selon l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). C’est le dixième pays au monde le plus infecté par le virus du Sida (le premier en Afrique centrale). En 2008, l’espérance de vie était estimée à 47 ans.

Source :Les 100 clés de l'Afrique.  Philippe Leymarie et Thierry Perret. Co-édition Hachette Littératures/RFI. 2006.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20100812-republique-centrafricaine-cinquante-ans-independance

 

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