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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 01:53

 

 

 

Gabirault                       

             

DECLARATION CONCERNANT LE RENVERSEMENT DU REGIME BOZIZE

              ________________________________

 

 

Le 24 mars 2013, la coalition de la rébellion « SELEKA » a renversé le régime au pouvoir, dirigé par le général François BOZIZE.


Au-delà de tout coup d’Etat qui est toujours un recul de la démocratie, l’irréductible entêtement de l’ancien Président François BOZIZE était devenu un grave danger pour la nation centrafricaine, pour son propre régime, et pour  la stabilité de la sous-région, étant donné qu’un conflit local a toujours tendance à s’étendre en dehors des frontières nationales.


Au-delà de ce coup d’Etat, la nation centrafricaine a l’impérieux devoir de se réconcilier, de se reconstituer, de s’engager sur une nouvelle voie, sur des bases consensuelles sûres et durables.


La République centrafricaine ne doit pas sortir d’un chaos caractérisé par la période la plus sombre, la plus triste, la plus misérable, la plus humiliante de son histoire, pour s’engager immédiatement dans un autre chaos débutant par des scènes inquiétantes de pillages, d’exactions, de destruction de biens meubles et immeubles tant publics que privés.


La coalition SELEKA a certes pris les armes pour renverser l’ancien régime. Ces armes doivent désormais se taire car elles ne règleront pas à elles seules les immenses défis économiques, sociaux, humanitaires, politiques et diplomatiques du pays.


La République centrafricaine  doit au contraire se mettre sur une  bonne voie de manière consensuelle à partir d’une plus  large concertation (peu importe son appellation).


 Les Accords de Libreville ne constituent pas un cadre suffisant pour les bases véritables et durables de la reconstruction du pays. Ils ont été signés précipitamment dans un contexte donné, beaucoup plus pour permettre de préserver la paix, favoriser une transition en maintenant au pouvoir l’ancien Président BOZIZE parallèlement à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.


Ces Accords n’ont jamais été ratifiés par le parlement pour entrer réellement dans la législation centrafricaine et ne peuvent pas être une référence juridique dans un contexte nouveau, après le départ de l’un des principaux acteurs de la crise à l’origine de leur conclusion.


La coalition SELEKA désormais au pouvoir doit prendre en compte plusieurs pièges et préjugés défavorables qui sont des obstacles importants  à vaincre pour tenter d’obtenir l’adhésion de la population et créer les conditions de la cohésion nationale, de la paix, notamment :


La méfiance de la population par rapport aux mêmes conditions d’accession au pouvoir, en référence au coup d’Etat du général BOZIZE de 2003, aux pillages, exactions et à la catastrophique gestion dont les conséquences l’ont marquée dans son âme et dans sa chair ;


Les mêmes promesses du début tendant à quitter le pouvoir à la suite d’une transition, mais qui n’ont jamais été tenues, l’ancien Président BOZIZE étant sur le point de modifier la constitution pour un troisième mandat après en avoir exercé deux, malgré des engagements pris devant le monde entier ;


Les comportements inciviques, perfides consistant pour les compagnons du coup d’Etat de 2003 à se placer au-dessus de tous les autres citoyens, à ne pas respecter la loi, les institutions, bref avec l’esprit d’être sur un  terrain conquis etc. ;


Le tribalisme, le clanisme, le régionalisme, le clientélisme et surtout la discrimination sur la base de l’appartenance à des sectes ou groupes philosophiques ;


La remise en cause du caractère laïque de la République Centrafricaine au cours de la crise actuelle, se traduisant d’une part par l’amalgame de l’ancien régime au pouvoir contre les musulmans et d’autre part les attaques, exactions contre les églises et serviteurs chrétiens ;


La course à l’enrichissement rapide, scandaleux par de flagrants détournements, la corruption en ramenant le pouvoir à cette seule opportunité, au détriment de la vie de la population ;


Les préoccupations de se maintenir ou d’accéder au pouvoir par des manœuvres perfides contre les autres formations politiques, les élites politiques pour les étouffer, ce qui constitue toujours une source de tensions, donc de crises ;


Le piège des mêmes hommes politiques spécialistes de ruses, à la fois incendiaires et pompiers ;


Le piège du charme des griots politiques qui  passent très rapidement, sans scrupule d’un régime à un autre ;


L’impunité, l’injustice, la division, la vengeance, le non respect des droits de l’homme etc.;


Le destructeur état d’esprit selon lequel « les autres l’ont fait, c’est aussi notre tour » ;


Ce petit rappel est certes amer, mais  il s’agit seulement d’une partie des défis à affronter, à relever, d’où la nécessité de partir sur de bonnes bases afin de briser progressivement le  scepticisme, les préjugés de la population pour  obtenir son adhésion en vue de la reconstruction nationale.


Tout ceci ne peut être facilité que par une prise de conscience générale, dans un cadre consensuel plus large pour un nouveau départ de la République Centrafricaine et non uniquement sur les Accords de Libreville dont la caducité est évidente.


A mon avis, dans la situation actuelle de la République centrafricaine, la priorité ne devrait pas être un gouvernement d’union nationale qui attire toujours les centrafricains comme le sucre attire les mouches, mais une concertation préalable pour faire l’autopsie du pays, cibler les causes des crises à répétition, arrêter les grandes orientations pour remodeler notre société une fois pour toutes.

 

                                                                                                                        Un Gouvernement d’Union Nationale ne devrait avoir une feuille de route claire qu’à la suite d’une telle concertation élargie.


Les élections présidentielles ne peuvent avoir de sens,  d’intérêt pour la nation que dans un environnement ainsi qu’un esprit assainis et non pour des profits personnels, la gloire, l’honneur d’être au sommet de l’Etat, le plus riche avec les siens, comme ce que le pays a vécu ces dix dernières années, désastre à bannir unanimement, définitivement.


Les Centrafricains  ne doivent surtout pas  rater encore l’occasion de se ressaisir, de tirer les leçons de la triste expérience du passé, afin de repartir sur des bases nouvelles et durables pour la reconstruction nationale.

 

                      Fait à PARIS le 25 mars 2013

 

                     Emmanuel Olivier GABIRAULT

                 Personnalité Politique Indépendante

 

 

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