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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 00:38

 

 

 

 

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La rencontre de Martin ZIGUELE avec la communauté des Centrafricains de Montpellier a eu lieu le samedi 24 mars 2012

 

 

 

 

1- SITUATION POLITIQUE

 

L’histoire politique de notre pays est jalonnée de coups d’Etat militaires, dont le dernier fut celui de François Bozizé le 15 Mars 2003. Cette instabilité a été un handicap pour le développement de notre  pays en dépit de ses nombreuses richesses potentielles.

         Conscients de cette histoire difficile, les partis politiques de  l’Opposition Démocratique dont le MLPC, avions tout  mis en œuvre pour préserver la stabilité politique et sociale, dans une sous-région troublée depuis plus d’une décennie.

 C’est ainsi que pour éviter une crise institutionnelle résultant de l’expiration du mandat du Président de la République et de celui des Députés le 11 Juin 2011, du fait de l’état d’impréparation des élections,  nous avons proposé  en toute responsabilité de prolonger le mandat du Président de la République, jusqu’aux élections groupées de 2011 sur la base d’un Accord Politique permettant une préparation consensuelle et apaisée des élections.

Notre proposition a été rejetée avec mépris par le Général François Bozizé qui, en lieu et place de cette solution  politique, a préféré instrumentaliser les institutions (Cour Constitutionnelle et Assemblée Nationale) afin de  modifier les dispositions relatives à la durée du mandat du Président de la République et celui des Députés, alors que celles-ci sont non modifiables selon les termes de cette même Constitution.

    S’étant ainsi affranchi, à la faveur de cette manipulation constitutionnelle, de toute obligation de respect de tous ses engagements antérieurs, le général François Bozizé s’emploiera à déstructurer et à caporaliser la Commission Electorale indépendante, pour s’assurer de la victoire avant même les scrutins. La traduction concrète de cette volonté délibérée du pouvoir à été la mauvaise organisation,  à dessein, de  ces élections du 23 janvier 2001 qui se sont déroulées dans un désordre « organisé » afin de faciliter des fraudes massives au profit de François Bozizé.

         Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, nous avons  véritablement assisté à un simulacre d’élections.  Il ne nous restait plus d’autre choix que de demander le  27 Janvier 2011 le départ de nos représentants de la Coordination Nationale de la Commission Electorale Indépendante (CEI), et ne pas reconnaître les résultats de ces simulacres d’élections. Il faut souligner qu’en dehors de l’opposition démocratique,  différentes rapports des experts de l’Union Européenne (UE), de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de l’Electoral Institute of South Africa (EISA) et de l’Observatoire National des Elections (ONE,  ont entretemps conclu que ces élections ont été émaillées de  dysfonctionnements tels qu’ils leur  ôtent tout caractère régulier et rendent leurs résultats  « sujets à caution ».

 Déterminés à demeurer dans le cadre de la loi, nous avons  introduit des requêtes motivées en annulation, auprès de la Cour Constitutionnelle. Les décisions rendues par cette juridiction nous ont apporté la preuve supplémentaire que seule la volonté de François Bozizé était la base du droit dans notre pays.

C’est donc devant la fermeture hermétique de toutes les voies de recours, que nous avons décidé de nous retirer définitivement du processus électoral, et de créer  le 4 Mars 2011 le FARE -2011dont les objectifs sont la défense de la Constitution de la République Centrafricaine et la préservation de ses acquis démocratiques ; l’annulation et la reprise des élections groupées du 23 Janvier 2011 dans le strict respect de la Constitution, du Code Electoral et des Recommandations du Dialogue Politique Inclusif ; la dissolution de la Commission Electorale Indépendante et sa recomposition ; et enfin la sensibilisation  et la mobilisation de l’ensemble des populations centrafricaines en vue d’atteindre ces objectifs.

 

Pourquoi ces  objectifs ?

 

·        La défense de la Constitution de notre pays et la préservation de  nos acquis démocratiques

 

      Devant les menaces répétées et persistantes de retour à l’autocratie et à l’autoritarisme, nous avons décidé d’inscrire en priorité notre lutte  dans la sensibilisation et la mobilisation de l’opinion nationale et de la Communauté Internationale, pour que notre peuple, comme partout ailleurs aujourd’hui, puisse choisir librement ses dirigeants et représentants.

 La démarche hégémonique et  brutale de François Bozizé pour gagner «  à tout prix» les élections présidentielle et législatives de janvier 2011 avec une majorité absolue à l’Assemblée Nationale est motivée par sa volonté non dissimulée de modifier la Constitution, afin de lever la limitation actuelle à deux du nombre de mandats présidentiels et de se donner ainsi la possibilité de se représenter à un troisième mandat présidentiel, puis enfin au-delà de cet horizon, d’assurer sa succession dynastique au pouvoir.

Coutumier des violations impunies de la Constitution, du Code Electoral et des lois et Règlements de la République, et se considérant au-dessus des  décisions de justice tel que l’Arrêt rendu en septembre 2010 par le Conseil d’Etat sur le découpage électoral suite à sa saisine par l’Opposition Démocratique, François Bozizé a démontré à plusieurs reprises son allergie à toute forme de contre-pouvoirs, et il semble vivre l’architecture constitutionnelle, institutionnelle et législative de notre pays comme un corset dont il doit se défaire.

 

·        L’’annulation et la reprise des élections groupées du 23 Janvier 2011

 

    Outre la prétendue réélection de François Bozizé à plus de 66% au premier tour,  la farce électorale de janvier 2011 a accouché d’un fait inédit dans notre pays. En  effet, pour la première fois depuis notre retour au multipartisme en octobre 2003, l’ensemble de l’opposition démocratique est exclue de l’Assemblée Nationale. Ce  lieu universel du débat démocratique, qui dans notre pays a toujours été représentative des forces politiques nationales depuis 2003, est désormais transformée en une chambre d’enregistrements composée ainsi qu’il suit :

-          Nombre total de sièges : 105

-          Nombre de sièges occupés par le KNK, Parti au pouvoir : 79

-          Nombre de sièges occupés par les alliés du KNK : 10

-          Nombre de sièges occupés par les indépendants : 10

-          Nombre de sièges occupés par les non inscrits : 05

 

Cela se passe de commentaires, surtout que bon nombre de ces prétendus « députés » sont membres de la famille même de François Bozizé. Ainsi, dans cette institution banalisée et ramenée au niveau d’un Parti Unique, les débats contradictoires sont inexistants.

 Comment la fonction constitutionnelle de contrôle de l’action de l’exécutif pourra t’elle s’exercer par une telle assemblée dite nationale ?

Comment peut-on prétendre améliorer la gouvernance et lutter contre la pauvreté dans un pays où les institutions de contre-pouvoirs sont vidées de leur contenu et de leur substance ?

Où doivent s’exprimer les partis politiques ? N’avons-nous pas le droit  d’être représentées à l’Assemblée nationale pour y parler de notre pays et de notre peuple ? Où devons nous exercer notre action politique et exercer notre droit de contrôle de l’exécutif?

C’est devant ce déni éhonté de représentation, que nous exigeons l’annulation des élections présidentielle et législatives du 23 Janvier 2011 et leur reprise conformément aux dispositions de la Constitution, du Code Electoral, des lois et Règlements de la République, ainsi que des recommandations pertinentes du Dialogue Politique Inclusif.    

 

 

·        La  mise en place d’un dispositif électoral neutre et indépendant des partis en compétition :

 

         Après avoir atteint ses objectifs premiers, François Bozizé a procédé à la dissolution de la Commission Electorale Indépendante par décret présidentiel, sans autre forme de procès.

Puis, toujours constant dans sa démarche, il a commencé à dérouler depuis quelque mois la deuxième étape de sa stratégie, qui n’a qu’un seul objectif : exclure les partis politiques de la structure qui devra gérer les prochaines échéances électorales et, en confier de fait la totalité de la gestion au Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.  Dans cette nouvelle structure de gestion des élections, le Ministre de l’Administration du Territoire s’est attribué l’essentiel des compétences organisationnelles des élections, reléguant ainsi les Partis Politiques (toutes tendances confondue) au rang passif d’observateurs.

Fidèle à ses habitudes , François Bozizé, après avoir fait financer une mission d’études par les bailleurs de fonds qui souhaitaient un dispositif consensuel, les a pris de vitesse pour mettre en place  son propre projet de loi mettant en place cette nouvelle organisation, pire à tous points de vue que la précédente, et l’a fait transmettre derechef, à l’assemblée nationale qui siège à compter de ce 1er mars 2012.

Ce projet de loi rejeté par toute la classe politique et la société civile centrafricaines, et qui confie la gestion des élections au Ministère de l’Administration du Territoire c’est à dire aux seuls militants du KNK  nommés par le Général Bozizé dans ce département, consacre définitivement l’option antidémocratique et dictatorial d’un pouvoir aux abois.

            Ce projet de loi qui a supprimé le deuxième tour pour l’élection des députés, porte les germes d’une grave crise politique dont le régime a mal mesuré les conséquences.

Dans l’histoire politique de la RCA, il n’a jamais été organisé une élection à un seul tour. Le Rassemblement Démocratique Centrafricain, à l’époque parti unique, avait organisé un scrutin législatif à 2 tours.

 

Le principe majoritaire étant le fondement de la démocratie, l’élection des députés avec un suffrage minoritaire est la plus grave atteinte à la gouvernance démocratique.

Ce projet de loi inique et scélérat est le test avant-coureur d’une modification de la Constitution afin de faire sauter le verrou constitutionnel de la limitation du mandat présidentiel.

Il avait pourtant prévenu : pendant tout le processus électoral qu’il régulait à coup de réunions publiques incantatoires, il disait tout haut que tous les problèmes liés aux élections découlaient de la présence des partis politiques à la Commission Electorale Indépendante, et de ce qu’il considérait comme la mise à l’écart du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

 Désormais, nous serons le seul pays au monde à légiférer en matière électorale à contre-courant du mouvement de l’histoire. L’ultime étape de cette démarche, ne l’oublions pas, est la modification prochaine de la Constitution.

        

·        La sensibilisation et la mobilisation  des populations centrafricaines en vue d’atteindre ces objectifs

 

La problématique fondamentale aujourd’hui en République centrafricaine est  l’existence même de la démocratie pluraliste. L’exercice de la vie démocratique devient chaque jour, au gré de François Bozizé, de plus en plus squelettique, dans un contexte  de négation délibérée des principes universels admis de toute société humaine.

         Dans toute démocratie, les partis politiques concourent à l’animation de la vie politique et à l’expression du suffrage populaire, base incontestable de toute légitimité. La série des violations impunies et répétées par le pouvoir de François Bozizé de la Constitution, des lois et règlements de la République, les graves atteintes quotidiennes des libertés individuelles et collectives, l’exclusion de l’opposition des institutions et du cadre politique formel, sont autant d’actes graves pour la paix et la sécurité dans notre pays, et expliquent grandement nos contreperformances économiques et sociales.

              

2- SITUATION ECONOMIQUE ET SOCIALE

 

Un an de confiscation du suffrage populaire, un an d’échec pour le pouvoir au quintuple plan politique, sécuritaire, économique, social et culturel. Le Général Bozizé a dressé lui- même un bilan calamiteux de son propre régime.

Déjà Président du Comité de trésorerie qui décide des dépenses quotidiennes de toute la République en lieu et place du Directeur général du trésor qui est comptable public,  il a dissous en janvier dernier les conseils d’administration de toutes les entreprises et offices publics, pour instaurer un Conseil Spécial de surveillance et de redressement des entreprises et offices publics dont il est naturellement le Président.

Donc au total, le général BOZIZE est tout à la fois Président de la République, Ministre de la défense, Ministre des Mines, Ministre de l’Aviation Civile, Président du Comité de trésorerie de l’Etat, et enfin, Président Directeur général de toutes les entreprises et offices publics.

La vie des centrafricains aujourd’hui se résume à ces points : pas d’eau, pas d’électricité, circulation des biens et des personnes cahoteuse sur l’étendue du pays, pénurie de la viande de bœuf, flambée des prix des matières premières, malnutrition infantile dans plusieurs régions, etc.

L’espérance de vie du centrafricain est passé de 54 ans à 46 ans, reculant d’une année tous les six mois. La corruption a plombé notre pays, pour la troisième année consécutive, au dernier rang du classement « Doing Business » de la Banque Mondiale.

           

          Les dictatures prospèrent à cause du silence des démocrates, c’est pour cette raison que nous ne devons pas nous taire.

C’est pourquoi, le MLPC  lance un appel à tous les centrafricains sans distinction à s’opposer par des moyens démocratiques aux dérives autocratiques en cours dans notre pays du fait régime illégitime du Général Bozizé qui, se trouvant dans l’incapacité de sortir le pays de la crise dans laquelle il l’a plongé, pratique une politique de fuite en avant..

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique