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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 21:00

 

 

 

 

Doriano-Boris-Pougaza.JPG

 

 

Si la possibilité théorique de reconstruire des images dites « 2D » ou « 3D » de structures anatomiques, en mesurant l’absorption des rayons X par les tissus avant de numériser, par traitement informatique, les données ainsi collectées, a été décrite dès les années 1910, ce n’est pourtant qu’en 1972 que le premier scanner à rayons X a vu le jour. Entre temps, il a fallu en effet qu’émerge l’informatique qui allait permettre le développement des ordinateurs nécessaires au fantastique essor de cette technique d’imagerie, connue également sous le nom de tomodensitométrie. Les recherches que développe actuellement Doriano- Boris Pougaza dans le cadre de sa thèse s’inscrivent dans le prolongement de ces travaux mathématiques sans lesquels les différentes techniques d’imagerie, utilisées en médecine mais aussi dans beaucoup d’autres domaines, n’existeraient pas aujourd’hui.

Qui sait si les équations de ce jeune mathématicien centrafricain ne déboucheront pas à terme sur une nouvelle technologie d’imagerie encore plus performante ?

 

Il suffit de jeter un oeil sur l’histoire des sciences pour observer qu’il s’écoule souvent beaucoup de temps entre la théorie et l’application, même si cette période a de plus en plus tendance à se raccourcir , note D.-B. Pougaza qui rappelle que le principe de la tomodensitométrie repose sur le théorème de Radon qui doit son nom au mathématicien autrichien du même nom (1887-1956).

Propose en 1917, ce théorème établit en effet la possibilité de reconstituer une fonction réelle à deux variables, assimilable à une image, à l’aide de la totalité de ses projections selon des droites concourantes . Pourtant, il faudra attendre encore 55 ans avant qu’un ingénieur britannique, Sir Godfrey Newbold Hounsfield (1919-2004), développe le premier scanner médical, alors baptise scanographe , pour le compte de l’entreprise britannique EMI (Electronical Musical Instrumental) pour laquelle il travaille. Le plus curieux est que lorsqu’il conçoit cet instrument, cet ingénieur ignore totalement qu’un physicien sud-africain, Allan MacLeod Cormack (1924-1998), devenu citoyen américain en 1966, a déjà développe les fondements théoriques de la tomodensitométrie.

Quelques années plus tard, en 1979, ces deux hommes recevront le prix Nobel de Médecine pour le développement de la tomographie axiale calculée .

Retour au pays après un post-doc

Depuis, les techniques d’imagerie se sont multipliées et n’ont cessé d’évoluer avec les progrès rapides de l’informatique.

Cependant, beaucoup de problèmes restent à résoudre pour permettre notamment une meilleure détection. D’où la nécessité d’imaginer d’autres méthodes grâce auxquelles nous pourrons franchir de nouvelles étapes , résume ce doctorant qui termine aujourd’hui sa dernière année de thèse au sein du Laboratoire des Signaux et Systèmes (CNRS/Supélec/Université Paris-Sud11) ou il s’intéresse plus particulièrement a la tomographie, une technologie d’imagerie utilisée dans le médical, mais aussi en géophysique ou dans le domaine des matériaux.

Un secteur assurément passionnant et très prometteur pour un jeune mathématicien qui a commencé son cursus universitaire dans l’unique université de son pays, l’Université de Bangui. Pays de 4,5 millions d’habitants, la République Centrafricaine ne compte en effet qu’une seule université. Pas facile dans ces conditions de se lancer dans des études supérieures, qui plus est scientifiques, y compris parmi les jeunes qui sont motivés.

Beaucoup tiennent à faire des études, mais peu en ont l’opportunité. Quant à ceux qui comme moi parviennent à décrocher une maîtrise de mathématiques, les débouchés sont inexistants , explique-t-il. Et pour ceux qui souhaiteraient faire un Master a l’étranger, voire une thèse, cela relève du défi, les obstacles à franchir étant nombreux. Pour un étudiant qui suit tout son cursus à l’Université de Bangui, il est très difficile par exemple de savoir quelles sont les possibilités qu’offrent les coopérations avec d’autres pays comme la France , précise-t-il.

C’est par l’intermédiaire de l’un de ses professeurs de l’Université de Bangui que D.-B. Pougaza a découvert l’existence de l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS) en Afrique du Sud, situe près du Cap. Fonde en 2003, a l’initiative du cosmologiste sud-africain Neil Turok, cet institut d’enseignement supérieur indépendant, parraine par plusieurs universités étrangères, dont celle de Paris-Sud 11, est finance par le gouvernement sud-africain et des entreprises privées. Ici, des étudiants sélectionnés sur tout le continent africain et pris en charge a 100 % reçoivent une formation scientifique prédoctorale de haut niveau. Comme j’étais parmi les meilleurs étudiants de l’Université de Bangui, j’ai posé ma candidature et c’est ainsi que j’ai été le premier Centrafricain à intégrer AIMS , se rappelle-t-il avec émotion.

Car pour lui, il s’agissait d’un changement total. C’était en effet la première fois qu’il quittait son pays, qu’il prenait l’avion, qui plus est qu’il allait parler l’anglais au quotidien, alors qu’en Centrafrique on privilégie le Sango, la langue locale, et le Français. La, pendant un an, en compagnie de la crème des étudiants africains, il allait pouvoir travailler dans des conditions exceptionnelles.

A AIMS, nous étions logés avec les professeurs, nous prenions nos repas ensemble, nous échangions au quotidien, tout cela dans une atmosphère propice à la recherche. Le plus extraordinaire est sans doute la disponibilité de ces professeurs. Ce sont des conditions idéales pour travailler , observe-t-il. Il décroche ainsi son Master décerne par l’University of the Western Cape.

Entre temps, D.-B. Pougaza, par l’intermédiaire d’une représentante de l’Université Paris-Sud 11, en visite a AIMS, a appris qu’il existe des opportunités de faire une thèse en France. Envoi de CV, prise de contact, et c’est ainsi qu’il finit par être accepte au Laboratoire des Signaux et Systèmes. C’est en juillet prochain qu’il doit achever la rédaction de sa thèse, aboutissement de trois années de travail intense. Il lui restera ensuite a la soutenir publiquement avant de se lancer dans des études postdoctorales.

Certes il souhaite rentrer dans son pays pour essayer d’y initier des projets, mais il estime qu’il doit encore parfaire ses connaissances. Une situation a laquelle sont confrontés beaucoup d’étudiants africains qui, apres avoir pu bénéficier d’un environnement scientifique de qualité, tant sur le plan humain que matériel, même si leurs conditions de vie ne sont pas toujours au même niveau, doivent retourner dans des pays ou les moyens nécessaires a la pratique de la recherche font souvent défaut. C’est un peu difficile alors de retourner brutalement dans son pays , lâche le thésard centrafricain.

Pour autant, pas question de ne pas rentrer et de s’installer a l’étranger. Si tout le monde quitte le pays et ne revient pas ensuite ce sera difficile de le faire décoller , ajoute-t-il. A cet instant il se souvient de quelques- uns de ses professeurs de l’Université de Bangui qui, eux-mêmes, avaient poursuivi des études en France avant de revenir au pays, pour nous motiver .

Investir prioritairement dans l’enseignement

Ce jeune mathématicien espère ainsi pouvoir dispenser des cours a l’Université de Bangui, afin de former de futurs enseignants et chercheurs, tout en poursuivant ses travaux en parallèle, même si la recherche en Centrafrique est helas quasiment inexistante faute de moyens. Il est indispensable que nous puissions disposer d’accès efficaces et performants à Internet afin de ne pas être déconnectés de la communauté scientifique internationale dernière année de these au sein du Laboratoire des Signaux et Systèmes (CNRS/Supélec/Université Paris-Sud

11) ou il s’intéresse plus particulièrement a la tomographie, une technologie d’imagerie utilisée dans le médical, mais aussi en géophysique ou dans le domaine des matériaux.

Un secteur assurément passionnant et très prometteur pour un jeune mathématicien qui a commencé son cursus universitaire dans l’unique université de son pays, l’Université de Bangui. Pays de 4,5 millions d’habitants, la République Centrafricaine ne compte en effet qu’une seule université. Pas facile dans ces conditions de se lancer dans des études supérieures, qui plus est scientifiques, y compris parmi les jeunes qui sont motivés.

Beaucoup tiennent à faire des études, mais peu en ont l’opportunité. Quant à ceux qui comme moi parviennent à décrocher une maîtrise de mathématiques, les débouchés sont inexistants , explique-t-il. Et pour ceux qui souhaiteraient faire un Master a l’étranger, voire une thèse, cela relève du défi, les obstacles a franchir étant nombreux. Pour un étudiant qui suit tout son cursus à l’Université de Bangui, il est très difficile par exemple de savoir quelles sont les possibilités qu’offrent les coopérations avec d’autres pays comme la France , précise-t-il.

Faire de la recherche implique aussi pour les chercheurs centrafricains de pouvoir participer a des conférences internationales mais aussi d’en organiser et d’y faire venir des collègues étrangers. Il est également indispensable de pouvoir publier dans des revues internationales a comité de lecture et d’initier des coopérations avec des équipes étrangères. Autant d’activités qui nécessitent de travailler dans la tranquillité et de ne pas avoir de soucis. Or mon pays est confronté à beaucoup de problèmes relativement préoccupants ce qui empêche les chercheurs de concentrer toute leur énergie sur leurs travaux , indique-t-il.

Cela dit, D.-B. Pougaza reste optimiste. Si vous observez l’histoire des grands pays occidentaux, vous verrez que tous ont connu des débuts difficiles avant de pouvoir disposer d’une recherche de qualité. AIMS Afrique du Sud est un exemple dont nous devons nous inspirer si nous voulons être capables de mettre en place un solide outil de recherche au cours des dix ou vingt prochaines années . Dans les Misérables , Victor Hugo a écrit : l’homme a un tyran, l’ignorance (…) Ouvrez une école et vous fermerez une prison . Dans le prolongement de cette recommandation si vraie, l’étudiant centrafricain et l’un de ses collègues congolais, qui réalise sa thèse à Londres, prenant la parole le 15 avril dernier, lors d’une conférence de l’Unesco à Paris sur le thème de la science en Afrique, n’ont pas hésité à déclarer : Si nous pouvions avoir beaucoup de professeurs ce serait mieux que de recevoir des militaires en Afrique. Dans certains pays africains, vous allez trouver beaucoup de soldats. En revanche, il n’existe quasiment pas de professeurs, d’ingénieurs ou de chercheurs .

Aussi est-il urgent de changer les mentalités en investissant prioritairement dans l’enseignement et en favorisant le partage des connaissances entre les pays occidentaux et les pays en développement. AIMS Afrique du Sud a montré la voie en réussissant à faire venir en Afrique des professeurs du monde entier, des professeurs qui m’ont permis de grandir dans la recherche , constate D.-B. Pougaza. N’était-ce pas l’objectif de Neil Turok qui, lorsqu’il créa AIMS, avait affirmé : Nous découvrirons une multitude de jeunes Africains dotés d’un véritable génie créatif qui, après leur passage à AIMS, deviendront d’excellents professeurs et chercheurs, capables de produire des avancées révolutionnaires non seulement de la science, mais aussi dans les domaines de l’économie ou de la politique . La pompe est amorcée. Reste à présent a généraliser cette démarche originale a l’ensemble des pays d’Afrique afin que ce continent puisse a terme montrer son vrai visage, prometteur, au travers des compétences et de la motivation de sa jeunesse.

 

Jean-François Desessard,  La Lettre de la Coordination pour l’Afrique de Demain (CADE) n° 141 - Mai 2011

journaliste scientifique

Contact : Doriano-Boris Pougaza

Courriel : pougaza@gmail.com

 

Commentaires du Pr Gaston Mandata Nguérékata

 

Doriano Boris Pougaza, un jeune mathematicien centrafricain. Je lui donne un avenir brillant. Si on pouvait avir plus de profs que de militaires en RCA comme il le dit si bien, on aurait plus de scientifiques, d'ingenieurs, pour construire le pays. car je sais que les centrafricains sont doues pour les Sciences et les Maths.


Cela remonte aux aines tels que Mete Yapende, Jean-Pierre Lebouder, Nali Nestor, mon Prof de Maths en Terminale C, Theophile Kouassi, le premier Centrafricain a enseigner les maths en TC au Lycee Boganda, Jean Eudes Teya premier Docteur d'Etat en Chimie, mon promotionaire de TC, Sylvain Dindy Ph.D. en genie Nucleaire travaillant a San Francisco, Celestin Kokonendji, le Premier mathematicien centrafricain Professeur des Universites en France, le biologiste Frederick Ganapamo  chercheur a Tulane University aux USA, etc...(la liste est loin d'etre exhuastive)... et ce jeune Doriano qui me semble porter le flambeau pour l'avenir de la Science en RCA. Je voudrais par ce message lui souhaiter bonne chance, perseverance et succes.


Il faudra qu'un jour, quelqu'un ecrive un article/livre sur les mathematiciens et scientifiques Centrafricains.
Pour l'histoire.

 

Prof. Gaston M. N'Guerekata
Chief Editor
Journal of Nonlinear Evolution Equations and Applications
http://www.jneea.com

 

 

 

NDLR : Bravo à ce digne fils du pays ! Que les mathématéciens centrafricains cherchent à nous résoudre l'épineuse équation qui se pose à notre pays depuis le 15 mars 2003 et qui fait qu'un nullard, dictateur sanguinaire qui se prend pour un général d'armée est venu s'emparer du pouvoir suprême, gère très mal les affaires du pays, ne fait que s'accaparer et s'enrichir des ressources du pays avec sa famille, vole les élections pour conserver le pouvoir, réinstaure le parti unique, veut modifier la constitution pour demeurer président à vie et prépare son fils pour lui succéder. Ils auront ainsi rendu un grand service à la patrie !    

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