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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 21:44

 

 

Joseph-Bendounga-2.jpg

 

 

Le général d’armée François Bozizé nous a conviés, les leaders politiques et les représentants de la Communauté internationale par un communiqué radio au palais de la Renaissance.

Deux points étaient inscrits à l’ordre du jour, à savoir :

-         

Le Le compte-rendu de son voyage aux Etats-Unis d’Amérique

-         

L L'avancement du processus électoral en cours   

 

Le président de la République a donné la parole tour à tour au ministre de l’Administration du Territoire, au ministre délégué à la Présidence chargé du DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion), au président de la CEI, a Mme Sahle Work Zewde du BINUCA, et bien d’autres représentants du système des Nations Unies et de l’Union Européenne. Quant à nous, les représentants des partis politiques, le président de la République ne voulait pas nous demander notre avis. Pourquoi nous –a-t-il invités ?

 

Le choix du nouveau président de la République et des futurs députés de la nation concerne en premier lieu les leaders des partis politiques. C’est la Constitution qui le dit. Nous étions conviés pour discuter de la tenue des élections, mais les partis politiques n’avaient-ils pas voix au chapitre ? Après avoir entendu les uns et les autres, le président François Bozizé a voulu prendre la Communauté internationale comme un bouc-émissaire. Il a commencé par l’accuser, c’est pourquoi nous lui avons demandé pourquoi il nous a fait appel ! C’est d’un.

 

De deux, le problème des élections est une question de souveraineté nationale, c’est comme la prise en charge d’une famille. Il n’appartient pas aux parents du chef de famille de le faire, mais à ce dernier. Tout le monde dans la salle avait peur du président Bozizé et personne n’osait le contredire. Les ambassadeurs et représentants des différents organismes étaient attristés. Je suis assis à côté de Mme Sahle Work Zewdé du BINUCA à qui Bozizé a donné plusieurs fois la parole. Ils sont là pour nous accompagner certes, mais il n’appartient pas au système des Nations Unies de tout dire, de tout faire à notre place. Je lui ai dit non.

 

C’est ainsi que le président de la République va me dire que si je continue, il va me faire sortir de la salle. Je lui ai répliqué que j’ai choisi moi-même de sortir. Je me suis levé pour sortir et c’est à ce moment qu’il a donné l’ordre aux militaires de me prendre de gré ou de force. Il m’a qualifié de voyou. Dès qu’ils m’ont fait sortir, ils se sont rués sur moi pour me passer à tabac. Ils ont voulu me projeter par terre, mais je me suis battu comme j’ai pu. Dieu merci. J’ai reçu des coups de crosse partout jusqu’à la sortie du palais de la Renaissance où ces militaires vont me signifier clairement que si je bronche, ils vont me tuer.

 

Tout ensanglanté, je suis parti me faire soigner à la clinique du Dr Kado. J’étais entièrement rasé afin que mes multiples plaies dont certaines sont visibles à la tête, soient nettoyées et soignées. De là, je suis sorti sur l’avenue Barthélemy Boganda pour rentrer chez moi au quartier Plateau à pied, marchant au milieu de la chaussée pour que les Centrafricains voient de quoi Bozizé est capable.


 

Propos recueillis et publiés dans le quotidien Le Citoyen n° 3480 du 20 octobre 2010

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